Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Juillet 2020

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/07/2020

 

Si l'on veut remettre la "démocratie" en selle, un virage à 180 degrés est indispensable : cesser de voter pour des personnes mais voter pour des projets.

Il faut éradiquer les partis, les idéologies, le vedettariat médiatique, l'électoralisme, les promesses, le clientélisme, les slogans, le militantisme, la politique-spectacle avec ses clowns pitoyables, ses dandies rhéteurs, ses va-t'en guerre, ses pervers narcissiques, ses excités du bocal. ses pin-ups et ses play-boys.

Il faut voter pour des idées anonymes et non pour des personnes visibles. Une fois le projet global choisi, il faut alors tirer au sort ceux qui sont, à la fois, les plus compétents et les plus éthiques pour le mener à bien.

 

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Nous vivons la montée d'une hystérie insurrectionnelle fomentée par des groupuscules qui ne représentent rien d'autre que leur propre psychose paranoïde.

 

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Après sa vaste enquête sur le numérique, intitulée "La fin de l'individu", Gaspard Koenig conclut que "la technologie nous prépare un monde normé, homogène, inhumain".

 

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Les pouvoirs publics n'ont toujours pas compris un principe simple : le moins-disant est aussi et automatiquement le moins-faisant.

 

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D'un inconnu, transmis par mon ami POG :

 

"Au fond, dans la vie, les fatalistes pensent que tout est écrit, les naïfs que rien n’est écrit et les optimistes écrivent leur propre histoire !"

 

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Les "sciences" cognitives et les neurosciences constituent un neuroscientisme matérialiste et vont à contre-courant de l'évolution des sciences complexes et de la cosmologie complexe qui, au contraire d'elles, ne tentent plus de réduire le Réel à un mécanicisme analytique simpliste, mais voient la Matière comme un stade intermédiaire entre le pré-matériel dont relève l'univers d'avant de le big-bang et le post-matériel qui est le dernier stade de la complexification universelle, après le vivant, et greffé sur lui, mais non réductible à lui (comme ce même vivant n'est pas réductible à la seule chimie matérielle).

Il paraît donc évident que ce neuroscientisme rétrograde n'aboutira à rien.

L'esprit n'est plus le cerveau que la vie n'est aucun des organes du corps.

 

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Le Réel est régi par deux puissances qui forment un dipôle universel et qui s'expriment et se manifestent de façons différentes sur les divers échelons de l'échelle de la complexité : la puissance néguentropique qui vise l'ordre par la complexité et la puissance entropique qui vise l'ordre par l'uniformité.

Ainsi …

Le Cosmos hylétique est régi par la gravitation locale et l'expansion globale [dimension volumique].

La Matière est régie par le magnéto-faible dans/ le protéus et par le nucléaire entre protéus [dimension eidétique].

La Vie est régie par l'encapsulation émergentielle (individuation) et par la coopération spécialisante (intégration) [dimension dynamique].

L'Esprit est régi par la reliance et la réminiscence [les trois dimensions].

 

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L'organisation cristalline d'atomes semblables est typiquement entropique, alors que l'organisation moléculaire d'atomes différents est typiquement néguentropique.

Etant donnée l'existence stable d'entités complexes, la puissance entropique, si elle ne peut pas les détruire, va tout faire pour les assembler uniformément dans de grands ensembles homogènes.

 

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L'évolution du Réel l'a fait passé d'un stade pré-matériel, à un stade matérialisé (la Matière), puis post-matérialisé (la Vie), puis dé-matérialisé (l'Esprit).

Cette montée en complexité exprime la logicité d'accomplissement du Réel qui montre, dans cette dynamique globale, la montée en puissance de l'eidétique (la Vie et plus encore l'Esprit) sur le volumique (surtout l'hylétique puis le matériel).

L'eidétique a besoin d'un support volumique (de plus en plus ténu), mais possède plus de dimensions d'états potentiels.

 

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Le causalisme donne préséance à la généalogie cosmique alors que l'intentionnalisme donne préséance à la téléologie cosmique.

De même, le mathématisme donne préséance à l'axiologie cosmique alors que le créativisme donne préséance à l'écosystémie cosmique.

Ces systèmes de préséances n'ont guère de sens puisque ces quatre pôles, par leurs antagonismes et leurs dialectiques, engendrent le processus cosmique que manifeste le Réel dans sa réalité profonde et dynamique.

 

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Comme on le sait en physique quantique depuis un siècle, la matière, au sens pragmatique, n'existe tout simplement pas ; elle est une pure vue de l'esprit. En conséquence, le matérialisme, en tant qu'idéologie, est donc une absurdité sotte.

 

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La culture est un vague sous-produit de la nature.

L'anthropologie est un vague sous-produit de la cosmologie.

La psychologie est un vague sous-produit de la physiologie.

Cessons de perdre notre temps avec les détails humains.

Laissons cela aux rétro-activistes et à leur urticaires rougeoyants concernant les classes, les races, les genres et les croyances.

L'évolution du cosmos est infiniment plus importante et passionnante que les prurits de ces groupuscules hystériques.

 

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Le 02/07/2020

 

De l'historien Pierre Vermeren :

 

" Trois grandes traites des Noirs ont frappé l’Afrique au cours des siècles : la traite interne à l’Afrique subsaharienne, la traite arabo-musulmane et la traite européenne. La guerre et l’esclavage appartiennent de manière continue à la longue histoire des sociétés humaines. Il faut un très haut niveau de civilisation et de conscience morale, allié à la reconnaissance de la personne humaine, pour les faire disparaître. Que l’on en juge : selon la Fondation Walk Free, il subsiste en 2016 près de 46 millions d’esclaves dans le monde, dont la moitié en Asie (Chine, Inde et Pakistan) et près d’une autre en Afrique, au Sahel notamment. Les sociétés de la péninsule Arabique sont également concernées."

 

Et de l’historien Jean-Christian Petitfils :

 

"Juger le passé à l’aune de la morale d’aujourd’hui, c’est s’interdire de le comprendre et se donner bonne conscience à peu de frais."

 

Esclavage n'est en rien synonyme automatique de maltraitance ; comme salariat n'est en rien synonyme automatique d'exploitation. Mais, comme toujours, il y a des sales exceptions.

 

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Du philosophe américain Eric Hoffer :

 

"Toutes les grandes causes commencent comme un mouvement,

deviennent un business et finissent en racket."

 

Tous les rétro-activismes, aujourd'hui, en sont au stade du racket.

 

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Il n'a pas de demande s'il n'y a pas d'abord une offre. Pour qu'il y ait un acheteur, il faut qu'il y ait d'abord un vendeur.

Il n'y aurait pas d'obèses diabétiques s'il n'y avait pas d'abord des producteurs de malbouffe.

De même, il n'y aurait pas d'esclaves s'il n'y avait pas d'abord des esclavagistes.

Concernant l'esclavage noir au profit des colons européens dans les Amériques, ces esclavagistes vendeurs et offreurs ont été, pendant des siècles, et sont toujours d'autres Noirs, aidés par des Arabes.

S'il y a un procès à faire, c'est bien le leur.

 

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Comme le pensait Gilbert Simondon, l'univers technique émerge de l'univers magique. Dans les deux cas, il s'agit d'imposer l'artificiel humain au naturel cosmique, il s'agit d'imposer la domination humaine sur la réalité naturelle.

 

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D'Henri Bergson (in : "Les deux sources de la morale et de la religion"):

 

"Toute morale est d'essence biologique."

 

Ce qui est "Bien", c'est ce qui est bon pour la Vie.

Il est, dès lors, urgent, de fonder une éthique qui soit d'essence spirituelle : ce qui y sera "Bien", sera ce qui est bon pour l'Esprit.

 

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Le mathématisme est un platonisme, un idéalisme pythagoricien : il repose sur l'idée totalement fausse que les mathématiques existent par elles-mêmes, dans leur perfection, et constituent un "autre monde", idéel, parallèle et immuable, où Dieu comme les hommes vont puiser pour fonder leurs desseins.

La vérité est plus prosaïque : les mathématiques sont des langages humains, largement inadaptés aux réalités du Réel, mais dont les idéalisations irréalistes peuvent parfois être efficaces pour traiter des grandeurs mesurables au niveau le plus bas de complexité.

 

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On pense soit en mots (pensée objectale et analytique), soit en images (pensée conceptuelle et holistique). Le pont entre ces deux pensées est délicat.

La pensée imaginale se manifeste dans la pensée mystique, symbolique, poétique et schématique ; elle voit, mais ne dit pas (ou, du moins, elle a bien difficile à se dire c'est-à-dire à se communiquer).

 

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Les outils mathématiques ne sont inscrits nulle part. Ils s'inventent au fur et à mesure des besoins ; ainsi, la géométrie euclidienne qui paraissait "évidente et naturelle" a disparu sous les géométries riemanniennes lorsque les concepts de la relativité générale l'ont exigé.  Tout ce qui est analytique et quantitatif est mathématisable puisque, les mathématiques, comme tout langage, peut inventer des lexiques et des syntaxes ad hoc à tout moment. Le fond du problème est que le Réel n'est ni analytique, ni quantitatif.

 

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De FOG :

 

"Quand on ne crois plus en rien, tout se vaut."

 

Indifférentisme (ne plus croire en rien) et indifférencialisme (tout se vaut) sont les deux faces d'un même nihilisme.

Mais, face à ce nihilisme délétère, les rétro-activismes montrent leur sale groin et veulent saccager le Réel et l'Histoire au nom d'un absurde égalitarisme à rebours.

Oui, il y a eu du colonialisme ; et alors ?

Oui, il y a eu de l'esclavage ; et alors ?

Oui, il y a des homosexuels, des bisexuels et des transsexuels ; et alors ?

Oui, il y a un rejet de l'islamisme agressif et du salafisme terroriste ; et alors ?

Oui, il y a des races et des différences entre elles, et alors ?

Oui, il y a des classes sociales, et alors ?

Oui, il y a des différences de mérite entre les humains, et alors ?

Non, toutes les cultures et toutes les religions ne se valent pas, et alors ?

 

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Nous vivons la fin du salariat. Le problème n'est plus de trouver un emploi, mais de s'en créer un.

Aussi, toutes les statistiques concernant les offres et demandes d'emplois, le chômage, etc … ne signifient plus rien.

Surtout le "chômage des jeunes" : la génération Z ne veut plus d'un contrat d'emploi salarié et préfère clairement la multi-activité et l'autonomie.

 

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En ce qui concerne le financement des retraites, la solidarité intergénérationnelle est une monstrueuse fumisterie : chacun doit cotiser pour soi et l'entraide doit être familiale ou locale, et non nationale.

 

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Le mythe d'un "Etat palestinien" fut une fiction soviétique, portée par ce laquais des tsars rouges que fut l'égyptien Yasser Arafat.

Il est temps d'éradiquer ce mythe et cette fiction.

Les "Palestiniens", ça n'existe pas ; ce sont des "indigénistes" israéliens, descendants d'une main-d'œuvre arabe immigrée en Israël dans les années 1950 et 1960, et manipulée par l'OLP (puis par le Fatah et le 'Hamas).

 

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Le 03/07/2020

 

Dans l'univers, rien n'est le centre de rien.

Sur la surface d'une sphère, il n'y a pas de centre. Le centre de la sphère n'appartient pas à sa surface.

Tout tourne autour de tout. Rien n'est fixe.

Plus c'est gros, plus c'est lent ; c'est tout … Et l'on a pris l'habitude, par facilité, de se repérer sur ce qui est gros et lent (le soleil comme "centre" du système solaire, par exemple - héliocentrisme plutôt que géocentrisme). Mais cela est une pure question de convention afin d'obtenir des équations du mouvement plus aisées à traiter.

Répétons-le : rien n'est le centre de rien.

 

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Un paradigme scientifique, parce qu'il est une façon de "regarder" le Réel (une grille de lecture), est fondé par une esthétique (en grec : aïsthêsis signifie "sensibilité").

Une mutation paradigmatique, comme celle que nous vivons aujourd'hui, est donc un changement de sensibilité : nous ne cherchons plus et ne voyons plus les mêmes choses lorsque nous scrutons le Réel.

Nous étions sensibles aux objets et à leurs mouvements ; nous devenons sensibles aux processus et à leurs émergences.

Ces deux "regards" ne sont pas du tout les mêmes ; le second est infiniment plus profond que le premier qui se contente des apparences.

Nous passons des "vagues" à "l'océan".

 

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Le 04/07/2020

 

De Catherine Millet :

 

" On vérifie chaque jour à quel point une grande partie de la presse, en tout cas en France, est soumise à l’activisme des mouvances identitaires apparues ces derniers temps et qui, en particulier lorsqu’il s’agit de sexualité et de genre, sont particulièrement intolérantes."

 

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Le 05/07/2020

 

Florilège de Confucius :

 

La joie est en tout. Il faut savoir l’extraire.  

 

Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle.  

 

Agis avec gentillesse mais n’attends pas de reconnaissance.  

 

Ne te crois pas si important que les autres te paraissent insignifiants.  

 

Ce que nous gagnons en richesses, nous le perdons en repos et bonheur.  

 

Le silence est un ami qui ne trahit jamais.  

 

Une impatience capricieuse ruine les plus grands projets.  

 

L’homme supérieur fait de l’équité et de la justice la base de toutes ses actions.  

 

Le plus grand voyageur est celui qui a su faire le tour de lui-même.  

 

Tous les hommes ne peuvent pas être grands mais tous peuvent être bons.  

 

La modestie dirige l’homme supérieur. La sincérité et la fidélité lui servent d’accomplissements.  

 

L'arrogance est pire que l'avarice.  

 

Qui montre un air grave et austère est à comparer aux hommes les plus vulgaires.  

 

Écouter et choisir entre les avis, voilà le premier pas de la connaissance.  

 

Il est difficile pour le pauvre de n'éprouver aucun ressentiment. Il est facile pour le riche de ne pas s'enorgueillir.  

 

Rendez le bien pour le bien, et la justice pour le mal.  

 

Le sage est calme et serein. L'homme de peu est toujours accablé de soucis.  

 

Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte. Sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte.  

 

Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve.  

 

Ne vous souciez pas de n’être pas remarqué. Cherchez plutôt à faire quelque chose de remarquable.  

 

Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson.  

 

Celui qui déplace une montagne est celui qui commence à enlever les petites pierres.  

 

L’homme de bien est droit et juste mais pas raide et inflexible. Il sait se plier mais pas se courber.  

 

Oublie les injures, n’oublie pas les bienfaits.  

 

Je ne peux rien pour qui ne se pose pas de questions.  

 

Le tout est plus grand que la somme des parties.  

 

Ceux qui ne peuvent pas pardonner aux autres brisent le pont sur lequel ils doivent eux-mêmes passer.  

 

Notre plus grande gloire n'est pas de tomber mais de nous relever chaque fois que nous tombons.  

 

Le bonheur n'est pas toujours un ciel éternellement bleu, mais dans les choses les plus simples de la vie.  

 

Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.  

 

Si tu as un problème et que tu n'as pas la solution à ton problème, tu es le problème.  

 

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Le 06/07/2020

 

D'après mon amie Néa …

Comme le disait justement François Roddier : en votant pour Trump, l'Amérique profonde des cow-boys a franchi le pas. Elle a montré qu'elle était lasse des mensonges de marketing de l'élite financière et a préféré élire un richissime américain se présentant pour ce qu'il est.

Il faut bien admettre que les Américains sont plutôt désinhibés quant à leurs opinions politiques qu’ils conjuguent avec un puritanisme assez déroutant.

 

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Mes Cœur, Esprit et Âme n'ont pas vieilli, en fait ; ils sont immatériels et ce qui est immatériel meurt parfois, mais ne vieillit jamais ; mais ils se sont accomplis en intégrant (au sens mathématique d'une "intégrale") tout mon vécu, en le synthétisant (au sens de la chimie) , en le transcendant (au sens métaphysique), en le capitalisant (au sens économique).

Le Cœur a appris à aimer mieux … sans exubérances.

L'Esprit a appris à penser mieux … sans illusions.

L'Âme a appris à vouloir mieux … sans fantasmes.

 

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L'intoxication mentale malsaine est flagrante dans tous les domaines …

Intoxication malsaine des Cœurs par les mauvaises passions, par les haines, par les rejets, par les racialismes et les racialisations les plus abjects, par des tsunamis d'émotionnel reptilien sur les réseaux sociaux, par les sensationnalismes infects dans tous les médias, par toutes les sensibleries idiotes qui tuent les sensibilités fécondes, etc …

Intoxication malsaine des Esprits (où l'on a de plus en plus désappris, inhibé ou déconstruit l'esprit critique) par les infox en tous genres, par les complotismes, par une bien-pensance gauchisante qui, depuis Sartre et sa clique, pratique un terrorisme intellectuel sournois, mais criminel (cfr. Jean Sévillia ou Benoît Rayski), par les censures que les rétro-activismes imposent au nom de l'indigénisme, du racialisme, du décolonialisme, de l'hyperféminisme, des soi-disant luttes contre l'homophobie ou l'islamophobie, etc …, par l'inculture générale et la montée de l'illettrisme et de l'innumérisme (qui ont plus que doublé entre 1970 et 2010), par le discrédit montant de ceux qui savent au profit de ceux qui gueulent, etc …

Intoxication malsaine des Âmes à qui l'on a fait croire qu'il ne fallait plus désirer autre chose que consommer, et que l'Etat s'occuperait bien de tout le reste avec pour conséquences mécaniques : infantilisation, déresponsabilisation, déspiritualisation, assistanat généralisé, dépendances, … Le mot "autonomie" est devenue une quasi insulte. Les seuls projets de vie qui demeurent sont généralement nombrilistes et hédonistes.

 

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De ma copine Néa, avec tant de justesse :

 

On lit et relit que nombre d'entreprises versent des dividendes avec de l’argent qu’elles n’ont pas, et que ces mêmes entreprises rachètent leurs propres actions pour faire monter les cours. Les banques prêtent à presque rien des milliards pour ce type d’opérations... L'objectif étant de faire monter artificiellement les cours de bourse.

 

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Le 08/07/2020

 

De Luc de Barochez :

 

" Erdogan, Poutine ou Xi : leurs propagandes historiques diffèrent mais leur objectif est le même, consolider leur mainmise sur leur pays et ses richesses. Leur ennemi aussi est commun, ce sont les valeurs libérales que le président russe a dépeintes comme 'obsolètes'. Eux prétendent défendre des 'civilisations' distinctes, ancrées dans un passé fantasmé et que l'Occident n'aurait de cesse de corrompre. Cible d'une offensive idéologique, l'Europe doit comprendre qu'elle ne trouvera pas son salut dans la complaisance avec les dictateurs mais dans la défense sans compromis de ses principes. Pour cela, ses meilleurs alliés sont les populations qui se battent avec courage pour la liberté et la démocratie, qu'elles soient à Hongkong, à Moscou ou à Istanbul. Elle gagnerait à les soutenir."

 

Mais Luc de Barochez oublie les petits tyranneaux européens, musulmans, sud-américains et africains qui prônent et pratiquent un illibéralisme délétère, nourri de socialo-populisme

 

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Les chiffres sont connus et reconnus, inutile d'encombrer ces pages avec eux. Partout dans le monde, même dans les pays en développement, l'âge moyen de la population augmente, plus ou moins rapidement selon le niveau de richesse.

La démographie évolue en fonction de deux paramètres : la fécondité nette (le nombre d'enfants vivants moyen par femme) et l'espérance de vie (la durée moyenne de vie d'une personne dans les conditions de l'année de sa naissance).

Après 2050, la population humaine mondiale va commencer à diminuer, surtout du fait de la décroissance de la fécondité nette, mais aussi, du fait du ralentissement de l'allongement de l'espérance de vie. Mais cette diminution sera beaucoup trop lente au vu de la pénurisation accélérée de toutes les ressources naturelles. Et la technologie n'y changera rien : ce n'est pas une problématique technique, mais une évidence thermodynamique (un rendement est toujours plus petit que un). Malthus ne s'est pas trompé sur le principe, il s'est trompé dans ses calculs.

Deux questions philosophiques surgissent alors.

Primo : comment faire comprendre à l'Afroland, à l'Islamiland et à l'Indoland qu'il faut faire beaucoup moins d'enfants ?

Secundo : comment faire comprendre à tout le monde l'idée simple que l'essentiel n'est pas de vivre plus longtemps, mais de vivre plus heureux ?

Si nous ne réussissons pas à faire comprendre tout cela, la Nature va résoudre elle-même le problème humain de façon aveugle, violente et brutale : la récente pandémie du coronavirus n'en a été qu'une toute petite démonstration.

 

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De Michaël Shellenberger :

 

" L'enthousiasme pour la modernité n'a duré que de la fin du 19ème siècle à 1945. Il a commencé par les Expositions universelles et la tour Eiffel, et allait de pair avec l'idée que nous pouvions tous avoir accès au progrès. Il s'est éteint à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand on a considéré la modernité comme responsable d'Auschwitz et Hiroshima."

 

En bon Américain, notre brave Michaël ignore qu'il y avait une histoire humaine en Europe avant le 19ème siècle … mais il a raison de dire que l'effondrement de la Modernité s'est accélérée après 1945 pour entrer en phase chaotique vers 1970. J'aime ce bonhomme parce qu'il est un des rares écolos à prétendre, avec raison, que l'énergie nucléaire est la seule, avec l'énergie hydroélectrique, qui ait un vrai avenir.

 

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On ne croit plus ceux qui écrivent des livres ou des articles scientifiques, dûment validés par "ceux qui savent", mais on croit ceux qui étalent leurs ignorances, leurs peurs, leurs bêtises, leurs inepties, leurs fantasmes sur les réseaux sociaux. La popularité (par le bruit et l'esbroufe) a remplacé la notoriété (par le travail et le mérite).

Où cela nous mène-t-il ?

Comment évolue la notion même de "vérité scientifique" ?

 

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La crise pandémique et le "cas Raoult" ont été l'occasion de comprendre la réalité de la recherche et de l'expertise en matière médicale, la réalité du lobbying du "big-pharma", l'incompétence des administrations en matière scientifique et tant d'autres choses …

Où donc sont passés les sacro-saints devoirs de déontologie et d'éthique dont les sciences, depuis deux siècles, ont fait leur socle (apparent ou réel) ?

 

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Consultation populaire : autant demander l'avis d'un aveugle sur un tableau de Van Gogh ou l'avis d'un sourd sur une symphonie de Beethoven !

 

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La population est le Corps des sociétés humaines ; ses paradigmes en sont le Mental fait de Mémoire et de Volonté (l'Âme), de Sensibilité (le Cœur), d'Intelligence et de Conscience (l'Esprit).

Le Corps de l'humanité est en train de sacrément grossir (démographie galopante) et de sacrément vieillir (vieillissement généralisé des populations). Et son Mental ? Aussi !

 

En gros, l'humanité d'aujourd'hui vit sur la base d'un même paradigme globalisé, mais selon deux modalités : l'une socialo-populiste (tous les petits et gros tyranneaux européens, musulmans, asiatiques, sud-américains et africains qui prônent et pratiquent un illibéralisme délétère, Xi, Poutine et Erdogan en tête) et l'autre écolo-libérale (surtout en Euroland et en Angloland avec quelques beaux îlots fragiles en Extrême-Orient).

 

Ce paradigme commun possède, comme tous les paradigmes, cinq composantes :

 

  • Dimension politique : Etatisme.
  • Dimension économique : Financiarisme
  • Dimension noétique : Technologisme.
  • Dimension philosophique : Nihilisme.
  • Dimension historique : Idéologisme.

 

Or, toutes ces doctrines sont des enfants de la Modernité, née à la Renaissance, à la fin du 15ème siècle et ont atteint leur maturité aux 18ème et au 19ème siècles.

Nous sommes à présent au 21ème siècle, sur la première marche du troisième millénaire.

La Modernité est à présent morte. A partir des années 1970, le monde a connu un saut de complexité notamment du fait de la révolution numérique, de la pénurisation de toutes les ressources, de l'effondrement des idéologies marxistes, de la mondialisation des marchés, de la financiarisation de l'économie et de l'accélération démographique.

En 2000, nous avons définitivement quitté le bourgeoisisme du 19ème siècle qui avait forgé le paradigme jusqu'alors dominant.

 

Alors, de deux choses l'une : ou bien nous osons nous lancer dans la construction d'un nouveau paradigme (Cfr. dans cette même collection : "Qu'est-ce qui nous arrive ?"), ou bien nous laissons la sénilité gagner la bataille et scléroser notre Mental global.

 

Quel sera ce nouveau paradigme ? En voici les cinq dimensions :

 

  • Dimension politique : Continentalité.
  • Dimension économique : Frugalité
  • Dimension noétique : Complexité.
  • Dimension philosophique : Spiritualité.
  • Dimension historique : Identité.

 

A nous de choisir : renaissance ou sénescence.

 

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Le 09/07/2020

 

Les Français ont élu Macron non parce que "libéral" (la France est allergique au libéralisme) mais parce que prometteur d'un "monde d'après" … sans comprendre que ce "monde d'après" doit nécessairement être libéral  … sinon il sera socialo-populiste.

 

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Les réseaux sociaux sont la pire des pollutions mentales.

 

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Quand l'Histoire ne convient plus à des groupuscules rétro-activistes, ceux-ci ont le choix : ou bien ils la réécrivent, ce qui est bien trop difficile pour des incultes analphabètes, ou bien ils détruisent les traces, ce qui est plus spectaculaire et bien moins fatigant.

 

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Il est temps que les laïcards comprennent que leur laïcisme est une religion comme les autres ; mais une religion vide, stérile et inféconde.

 

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Uchronie : croire que l'évolution du monde humain est conjoncturelle et non structurelle.

S'il n'y a pas de déterminisme historique, il y a bien un logicisme historique.

L'événement ne fait pas l'Histoire, mais il déclenche ce qui est latent et qui doit se passer, tôt ou tard.

 

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Le 10/07/2020

 

Tout est voyage dans la Vie, même sans quitter sa chambre. (cfr. Blaise Pascal)

 

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Oubliez votre Moi et mettez-vous au service de la Vie et de l'Esprit ... que vous pouvez appeler "le Divin" si ça vous aide.

 

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Lorsque l'on part, on emporte tout ce que l'on a en soi, même ce que l'on veut fuir.

 

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Le 11/07/2020

 

Un florilège de Lao-Tseu :

 

L'échec est le fondement de la réussite.

 

L'homme qui ne tente rien ne se trompe qu'une fois.

 

Si quelqu'un t'a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre.

 

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.

 

Souciez-vous de ce que pensent les autres et vous serez toujours leur prisonnier.

 

Chaque vague sait qu'elle est la mer. Ce qui la défait ne la dérange pas car ce qui la brise la recrée.

 

Trop loin à l'est, c'est l'ouest.

 

Ceux qui savent ne parlent pas, ceux qui parlent ne savent pas. Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles.

 

Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.

 

Le sage venge ses injures par des bienfaits.

 

Le ciel arme de pitié ceux qu'il ne veut pas voir détruits.

 

Tu es le maître des paroles que tu n'as pas prononcées, tu es l'esclave de celles que tu laisses échapper.

 

La nature fait les choses sans se presser, et pourtant tout est accompli.

 

La rigidité et la dureté sont les compagnons de la mort. La douceur et la délicatesse sont les compagnons de la vie.

 

Je traite avec bonté ceux qui ont la bonté ; je traite avec bonté ceux qui sont sans bonté. Et ainsi gagne la bonté.

 

Le sage, sans agir, œuvre.

 

Le grand homme est celui qui n'a jamais perdu la vision de ses petitesses. 

Plus le sage donne aux autres, plus il possède.

 

De l'argile, nous faisons un pot, mais c'est le vide à l'intérieur qui retient ce que nous voulons.

 

La façade d'une maison n'appartient pas à celui qui la possède, mais à celui qui la regarde.

 

Le plus grand conquérant est celui qui sait vaincre sans bataille.

 

Il n'est rien qui ne s'arrange par la pratique du non-agir.

 

Sois content de ce que tu as : réjouis-toi de la réalité telle qu'elle est. Quand tu comprends que rien ne manque, le monde entier t'appartient.

 

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Dans un réseau, chaque entité doit être autonome. Avec la génération Z montante, chaque individu revendique d'être autonome. Le contrat d'emploi salarié est mort. Le salariat est mort … et avec lui le droit du travail et les mouvements syndicalistes. On passe à d'autres relations entre l'entreprise et ses collaborateurs qui seront soit associés, soit sous-traitants, soit partenaires, soit free-lances. Les relations de subordination et les obligations de lieu et d'horaire n'ont plus aucun sens à l'heure du télétravail, de la multi-activité, de la virtuosité, de la numérisation et des organisations en réseaux collaboratifs.

 

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Le prix n'est pas la valeur. "Ce qui a un prix, n'a pas de valeur" retoquerait Nietzsche. Toute la logique économique financiaro-industrielle (encore dominante) était fondée sur le prix qui devait être le plus bas possible, … pour vendre plus que les concurrents. Ce modèle-là est mort parce qu'il a dépassé toutes ses limites tant en masse qu'en prix bas. Ce qui importe, ce n'est pas le prix d'achat, mais la valeur d'utilité. Et celle-ci mesure, pour l'utilisateur final (et non pas pour l'intermédiaire ou pour l'acheteur), la difficulté qu'il y aurait à devoir s'en passer.

Les concepts d'utilité, d'usage et d'utilisabilité seront cruciaux comme jamais dans le nouveau paradigme socioéconomique.

 

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La pyramide hiérarchique est bien trop pauvre, lente et lourde pour affronter la complexité croissance du monde. L'ère des bureaucraties, des procédures, des normes, des plans, des budgets et des ratios est révolue. L'heure est aux réseaux collaboratifs. Mais le dire est une chose, le pratiquer en est une autre. Nous n'avons pas le choix, il nous faut nous convertir aux réseaux … et c'est une défi énorme, particulièrement difficile.

Mais il y a des modèles, des techniques, des concepts, des règles, des principes qu'il faut comprendre et connaître pour réussir ce périlleux mais exaltant virage organisationnel.

 

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A l'heure où le mythe de la productivité (produire et distribuer de plus en plus au moindre coût) s'effondre, il est temps de comprendre que l'heure a sonné de virtuosité, de la montée en excellence de tous nos savoir-faire, de remplacer "produire beaucoup" par "produire mieux", de quitter le "jetable" pour le "durable", de quitter la croissance des chiffres d'affaire pour entrer dans la croissance des marges, de quitter le "facile" que tout le monde sait faire pour le "difficile" que peu savent faire.

 

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Que vaut un idée ? Que vaut une bonne ambiance de travail ? Que valent les talents de nos collaborateurs ? Que vaut une réelle intelligence collective ? Que vaut le courage et la volonté de ceux qui s'engagent dans un véritable projet entrepreneurial ?

Bref, que vaut l'immatériel ? Que valent ces patrimoines de plus en plus stratégiques mais non quantifiables et non comptabilisables, que sont nos patrimoines immatériels ? Comment les inventorier, les maintenir, les développer, les valoriser ?

 

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Nous ne sommes plus dans une logique d'abondance. Toutes les ressources naturelles (dont notre survie humaine dépend) sont en voie de pénurisation et les "ressources renouvelables" sont largement mythiques (le vent est gratuit, mais une éolienne consomme, pour sa construction et son fonctionnement, des quantités phénoménales de ressources non renouvelables). En physique en général et en thermodynamique en particulier, il n'y a jamais de miracle. La technologie déplace les problèmes, mais ne les résout jamais : on ne peut jamais créer quelque chose à partir de rien.

 

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Les technologies numériques se sont désormais et irréversiblement placées entre les humains et les anciennes technologies mécaniques qui nous sont quasi inaccessibles. Et la numérisation du monde humain ouvre bien des voies positives (robotisation et algorithmisation des travaux pénibles, fastidieux, inintelligents ou dangereux), mais aussi bien des voies de crétinisation (réseaux sociaux, jeux vidéos, infox, manipulations des opinions, etc …).

Il faudra donc apprendre à discerner le "bon" numérique du numérique "délétère".

 

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La pyramide hiérarchique a été, depuis des millénaires, le modèle organisationnel standard tant chez les humains, que chez les poules, les vaches et les bonobos. Mais dans notre monde devenu extraordinairement complexe ne serait-que du fait de l'augmentation exponentielle du nombre de nos interlocuteurs et de nos interactions avec eux, ce modèle est trop pauvre et trop rudimentaire pour "absorber" les sollicitations exponentiellement foisonnantes. Il faut enrichir nos organisations les rendre plus réactives, plus agiles, plus souples, plus créatives. Il nous faut passer au modèle de fonctionnement en réseaux collaboratifs.

 

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Depuis la révolution industrielle du début du 19ème siècle, nous sommes passer d'un modèle économique artisanal à un modèle économique financiaro-industriel. Depuis les années 1985, ce modèle qui fut longtemps créateur de richesses, est devenu destructeur du richesses en épuisant les ressources naturelles, en abrutissant les humains par l'hyper-consommation et l'hyper-productivité, en rendant l'économie réelle esclave de l'économie spéculative et financiariste, en sacrifiant la qualité sur l'autel de la masse et du prix bas. Un nouveau modèle économique est en émergence construit sur trois concepts : la valeur d'utilité (au lieu du prix d'achat), la virtuosité (au lieu de la productivité) et la frugalité (au lieu de la jetabilité)

 

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Donner du sens ! Le 20ème siècle fut nihiliste : rien ne vaut la peine et tout se vaut. Au nom de l'égalitarisme, ile faudrait nier toutes les différences et renoncer à toutes les évaluations. Plus rien n'est sacré donc ne mérite que l'on s'y consacre et que l'on y sacrifie quoique ce soit. Le nombrilisme et le narcissisme (que les hypocrites appellent "humanisme"), le culte du caprice et l'adoration du dieu "consommation" ont rendu le monde humain proprement absurde.

Plus rien n'a ni sens, ni valeur. L'ère du vide, disait Gilles Lipovetsky.

Donner du sens ! Voilà le nouveau leitmotiv de notre époque, ne plus subir l'absurdité des pseudo-philosophies du sujet (kantisme, phénoménologisme, existentialisme, …) et se reconnecter au cosmos et à sa logique d'accomplissement global et local. Ne plus seulement exister, mais commencer à vivre vraiment.

 

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L'ancien paradigme meurt sous nos yeux. Il nous laisse un territoire de chaotisation : les anciennes régulations ne fonctionnent plus et les nouvelles n'existent pas encore. La dérégulation de tous les écosystèmes est devenue la règle tant entre les humains qu'entre ceux-ci et la biosphère.

Un nouveau paradigme est en émergence. Il sera construit (par chacun et non par les institutions obsolètes) sur cinq mots-clés : frugalité matérielle, intelligence technologique, réseau collaboratif, valeur d'utilité et spiritualité éthique.

 

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La durée moyenne de vie d'un paradigme est de 550 ans. La dernière bifurcation, en Europe, a eu lieu à la Renaissance, à la fin du 15ème siècle. Il y a en eu d'autres : la fin des cités grecques, la chute de l'empire romain, l'effondrement de le la christianité carolingienne.

L'effondrement des paradigmes obsolètes est un phénomène connu. Pour nous, c'est la modernité c'est-à-dire la religion du "progrès", de la "négation"  et de la "raison" qui s'effondre. Cela a commencé avec la guerre 14-18. On est ensuite entré en zone chaotique vers 1975. On en sortira vers 2025 ou 2030 … si nous (nous et non les institutions) décidons enfin de voir la réalité en face et de renoncer à nos caprices puérils. Si nous laissons faire, nous donnerons raison aux "collapsologues".

 

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Le 13/07/2020

 

D'Eric Delbecque :

 

"Nous vivons dans une réalité totalement schizophrène. D'un côté, un climat idéologique de plus en plus pesant s'acharne à vouloir nous faire croire que nous sommes des victimes en puissance, des dominés, des preuves ambulantes d'une injustice quelconque, peu importe laquelle. Bien évidemment, pour qu'il existe des opprimés, il faut des 'méchants', des bourreaux, des oppresseurs. Les activistes de tout poil – au sens propre parfois, au sens figuré en permanence – canardent donc l'État, le gouvernement et les forces de sécurité en poussant des cris d'orfraie lorsque les pouvoirs publics font leur travail : maintenir l'ordre public, condition élémentaire du système démocratique."

 

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De quoi le "communautarisme" est-il le nom ? De l'islamisme  et de rien d'autre. Le communautarisme accusé de violences, de guerres contre les institutions, de caillassages, de replis identitaires, de haines de l'autre, … c'est l'islamisme.

Depuis des siècles, bien des pays d'Europe connaissent de véritables communautés qui vivent en paix avec les lois civiles : les communautés juives, monacales, franc-maçonnes, italiennes, polonaises, portugaises, vietnamiennes, indiennes, … vivent depuis longtemps un communautarisme paisible et citoyen, ouvert et accueillant.

Il n'est que l'islamisme qui soit un communautarisme arrogant et agressif, fermé et haineux.

Le communautarisme est une excellente chose (une communauté authentique est un ensemble de personnes partageant un projet et un patrimoine commun, et qui s'accomplit non pas contre, mais avec et/ou au-delà de la société civile) ; l'islamisme en est le cancer.

 

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Le cancer sociétal, au-delà de son avatar actuel qui est l'islamisme des banlieues, est l'activisme, c'est-à-dire l'émergence de réseaux de conventicules fermés, construits autour de la haine du "système" et de l'obsession de la victimisation.

Les cellules communistes ou "révolutionnaires", marxistes-léninistes, trotskistes ou maoïstes en furent l'incarnation dans les années 1960, 1970 et 1980, au nom de l'oppression des "classes laborieuses" par la "tyrannie bourgeoise".

Aujourd'hui, ce sont les groupuscules rétro-activistes (racialistes, indigénistes, genristes,  sexualistes, …), au nom de la prétendue "oppression" des "musulmans", des "racisés", des "non-hétérosexuels", des "féminicides", etc …

 

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Le TLF donne cette définition de l'activisme politique : "Doctrine ou méthode d'action d'un mouvement politique ou syndicaliste préconisant l'action directe".

L'expression "action directe" renvoie, naturellement, aux idées de violence et d'illégalité, d'insurrection et de sédition.

 

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Tout activisme est nécessairement totalitaire.

 

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La tolérance ne peut jamais tolérer l'intolérance.

 

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Chaque contrée a le droit imprescriptible de vivre selon ses propres traditions et de sommer ses immigrants de s'intégrer ou de partir : dans l'espace public, tu vis comme moi ou tu vas ailleurs.

Chacun a l'imprescriptible droit de vivre dans sa maison comme il l'entend.

Lorsqu'on y est invité, chacun a le devoir d'adopter les usages de la maison qui l'accueille.

 

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Aujourd'hui, les "maisons" humaines sont continentales.

 

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L'universalisme, s'il a jamais existé ailleurs que dans les utopies, est aujourd'hui mort.

 

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Le "chacun chez soi" n'exclut nullement la coopération ; mais il exclut l'invasion.

 

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De Denis C. :

 

"Il est un fait que je suis 'né' au Grand Orient de France et que sa perspective essentiellement sociétale, qui me convenait au début en tant quathée rationaliste curieux de science, m’insupporte de plus en plus de par son étroitesse d’esprit et son dogmatisme antidogmatique !"

 

Ah, enfin un qui a compris !

 

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Le 14/07/2020

 

La naissance de la tradition kabbalistique est à fixer à Alexandrie au tout début de l'ère vulgaire. Elle a été reprise dans les Talmuds. Puis s'est développée en Provence (12ème siècle avec Abraham de Posquières et son fils Isaac l'Aveugle) avant de passer  en Catalogne (13ème et 14ème siècles avec Na'hmanide, Ibn Ezra, Moïse de Léon, etc ...). Elle est devenue yoguique avec Abraham Aboulafia (14ème s.) et messianique avec Isaac Louria (16ème s.). La Kabbale est une tradition essentiellement sépharade, même si elle a connu de beaux moments dans le monde ashkénaze (les 'Hassidim rhénans et le Maharal de Prague).

Il faut éviter toute confusion entre Kabbale mystique et Kabbale magique (cette dernière, bien plus récente, n'a aucun intérêt et n'a été qu'une déviance passagère - cfr. Charles Mopsik).

 

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Da'at est une fausse séphirah, artificiellement surajoutée, qui rompt toute l'harmonie numérologique de l'Arbre de Vie (en fait Kétèr et Da'at ne forment qu'une seule et même séphirah).

 

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Une grande erreur commune est de considérer la Kabbale comme un mouvement monothéiste. D'abord, le Judaïsme originel (celui du Lévitisme porté par l'orthodoxie sadducéenne jusqu'à la destruction du Temple en +70) était une monolâtrie (YHWH) dans un contexte polythéiste (les Elohim). Le monothéisme juif n'est né qu'au travers du rabbinisme (après le 2ème siècle de l'ère vulgaire) et du talmudisme (plus tardif, encore).

La Kabbale a toujours opposé le monothéisme religieux, populaire et exotérique, au monisme mystique, élitaire et ésotérique. Pour la Kabbale, il n'y a pas de Dieu personnel hors de l'univers, mais un Divin impersonnel dans l'univers (immanentisme) ; il n'y a pas "création" mais "émanation".

 

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Je ne comprends pas cet engouement actuel pour le bouddhisme en général (il refuse toute métaphysique et n'est qu'une ascèse psychosomatique sans grand intérêt spirituel) et surtout pour le bouddhisme tibétain en particulier (il est certes exotique et spectaculaire, mais son magico-animisme est assez vide).

En revanche, je comprendrais mieux un élan vers le taoïsme (dont le zen japonais procède bien plus que du bouddhisme) et vers l'hindouisme (surtout le shivaïsme et l'advaïta vedanta).

 

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Le 15/07/2020

 

Dans une éolienne, il y a :

  • 90 tonnes de matériaux composites (non recyclables),
  • 2,8 tonnes de terres rares,
  • 400 litres d’huile,
  • 300 tonnes d’acier (et 230 tonnes de charbon pour les produire),
  • 500 tonnes de béton et d’acier enfouies pour toujours dans le sol.

 

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Avec raison, mon ami Jean-Marc Jancovici démontre la parfaite corrélation entre le PIB et la consommation d'énergie.

 

Le PIB mesure la production néguentropique globale qui, par définition, est proportionnelle à la quantité d'énergie consommée pour la produire.

Plus on veut vendre, plus il faut produire et plus il faut consommer de l'énergie dont la pénurisation s'accélère.

Et pour produire de l'énergie utile concentrée (de l'électricité, par exemple), quelle que soit la technologie utilisée, il faut détruire de grandes quantités de ressources non renouvelables.

 

Un bel exemple en est donné par les éoliennes.

Dans une éolienne, il y a :

  • 90 tonnes de matériaux composites (non recyclables),
  • 2,8 tonnes de terres rares,
  • 400 litres d’huile,
  • 300 tonnes d’acier (et 230 tonnes de charbon pour les produire),
  • 500 tonnes de béton et d’acier enfouies pour toujours dans le sol.

 

La seule source d'énergie réellement durable est l'hydroélectricité (qui est de l'énergie solaire et gravifique transformée en énergie électrique). Or, en 2019, la puissance installée des centrales hydroélectriques atteint 1 308 gigawatts, produisant environ 4 306 térawattheures par an, soit 70 % de la production mondiale d'énergie renouvelable et 15,6 % de la production mondiale d’électricité en 2019.

 

Cela signifie que sur le moyen terme (lorsque toutes les énergies fossiles seront épuisées, soit vers 2100, sans doute), la production totale d'énergie sera divisée par 5 (ainsi que le PIB mondial, en conséquence), ce qui entraîne que la population mondiale devra, elle aussi, être réduite à 2 milliards d'humains.

 

Si cette réduction démographique ne se fait pas et comme la production globale sera divisée par 5, de deux choses l'une :

 

  • ou bien on entrera dans une "société du partage" où chacun devra consommer cinq fois moins de tout ;
  • ou bien on entrera dans une "société de l'accaparement" où un cinquième de l'humanité prendra tout et ne laissera quasi rien aux quatre cinquièmes restants (ceux-ci ne consentiront probablement pas à se laisser faire, ce qui induira des flux migratoires et des batailles continuelles, un peu partout).

 

Comme j'ai passé l'âge de l'angélisme, je ne crois absolument pas en l'instauration d'une "société du partage".

Il est donc urgent, si l'on veut éviter la guerre civile généralisée, de convaincre ou de contraindre les pays africains, musulmans et indiens de diviser leur natalité nette par cinq ; il faut que la fécondité nette moyenne, dans ces régions pullulantes, redescende à moins de deux enfants vivants par femme (au lieu des neuf enregistrés actuellement au Niger, par exemple).

 

Le choix est donc simple : ou bien la décroissance démographique, ou bien la décroissance économique. Il n'y a pas d'autres alternatives.

A bon entendeur …

 

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De Laetitia Strauch-Bonart :

 

"En s'adressant aux 'puissants' et aux 'dominants', la religion féministe et antiraciste rejoint de façon frappante l'enseignement fondamental du Christ : le faible est peut-être plus proche de Dieu que le fort, et il est en droit de lui demander des comptes. Ou encore, le statut de victime peut être une source paradoxale de pouvoir."

 

Une fois de plus, Nietzsche avait vu juste : avec ces mouvances victimistes et rétro-activistes, nous entrons dans le règne du "dernier homme", dans la religion de la faiblesse et dans la morale du ressentiment.

Il est donc plus que temps de réaffirmer la grande Santé (dépasser toutes les maladies), la volonté de Puissance (dépasser toutes les faiblesses) et la nécessité du Surhumain (dépasser l'humain en tout).

 

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* *

 

Le 16/07/2020

 

Les métiers qui vont disparaître :

  • tourisme lointain
  • hyper-marchés
  • transports aériens
  • recrutement d'employés
  • gestion des salaires
  • guichets de banque
  • comptables
  • clercs de notaire
  • pétrole
  • plastiques
  • disques
  • télévision
  • salle de cinéma

 

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"Pour Keynes, tout est simple. L’activité économique dépend du dynamisme de la demande donc du consommateur, donc de leur pouvoir d’achat. Si vous avez un acheteur, vous aurez un producteur pour lui offrir ce qu'il est prêt à payer. Face à ce diagnostic, la prescription est simple : distribuer du pouvoir d’achat sous forme de salaires, de crédit ou d’inflation et vous ferez repartir les moteurs.

 

Pour Schumpeter, l’activité économique ne dépend pas du consommateur, elle dépend du dynamisme de l’entrepreneur, de sa capacité à innover et à proposer une offre de produits et de services qui viendront séduire des consommateurs. La clef du succès, de la croissance et de l‘emploi dépend donc de la qualité et de la quantité de l’offre."[1]

 

L'économie est-elle tirée par la demande (Keynes) ou poussée par l'offre (Schumpeter) ? Les moteurs de l'économie, donc, sont-ils les ménages ou les entreprises ? L'économie politique doit-elle, en conséquence, être socialo-populiste ou libérale ?

Le réponse est évidemment schumpétérienne : ce sont les entreprises qui engendrent l'économie puisque ce sont elles qui forment la force d'innovation donc de création de nouveaux marchés.

Le keynésianisme, après une courte euphorie populaire, a toujours été catastrophique pour l'économie, sur le fond et dans la durée ; c'est l'illustration frappante du vieil adage taoïste : "Si quelqu'un a faim, ne lui donne pas de poisson, mais apprends-lui à pécher".

L'offre précède la demande ; toujours. L'erreur keynésienne est de confondre "besoin" et "demande".

 

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De Winston Churchill :

 

"L'optimiste voit l'opportunité dans chaque danger,

le pessimiste voit du danger dans chaque opportunité."

 

*

 

De Patrick Pouyanné (PDG de Total) :

 

"Depuis deux décennies, le monde a connu sept pandémies,

donc une tous les trois ans en moyenne."

 

Et celle du covid19 n'est de loin pas la plus meurtrière.

Et avant cela, il y a avait eu la grippe espagnole (encore un coronavirus) en 1916, la grippe asiatique (encore un) en 1957 et la grippe de Hong-Kong (et un autre) en 1968, sans oublier les virus du sida et d'Ebola, etc …

La destruction massive des écosystèmes naturels (surtout en Asie) prive les virus de leurs porteurs multimillénaires ; ils se raccrochent alors à de nouveaux porteurs faiblement immunisés : les humains. Logique virale !

 

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 Je crains que l'ancien paradigme et le nouveau ne soient inconciliables et que tenter d'en faire une synthèse harmonieuse soit illusoire dans le simple mesure ou, par définition, une bifurcation avec émergence est une rupture catégorique et catégorielle : avant et après ne sont plus sur le même niveau de complexité.

 

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Thermodynamiquement, grâce à la photosynthèse, les végétaux transforment de l'énergie solaire (de très basse qualité) en néguentropie (de la complexité moléculaire et de l'organisation organique) au départ du dioxyde de carbone de l'air et des sels minéraux de la terre (qui sont ses nutriments).

C'est cette néguentropie produite par les végétaux qui permet aux animaux de maintenir le propre niveau de néguentropie et, ainsi, de survivre.

Toute néguentropie (organisation complexe), si elle veut perdurer, doit s'alimenter d'énergie (chaleur, lumière, etc ...) et de néguentropie externe (ses nutriments).

 

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* *

 

Le 18/07/2020

 

La bonté fait le bon thé.

Mieux vaut descendre mon thé que monter des cendres.

 

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Il nous faut réapprendre l'unité. Tant intérieure qu'extérieure. Tant matérielle que spirituelle.

Car il n'y a pas d'intériorité sans extériorité, ni de matériel sans spirituel.

La Vie (matérielle) est cosmique et une, tout comme l'Esprit (spirituel) est cosmique et un. Nous, les hommes, nous y participons totalement. Nous, les hommes, nous en participons totalement.

Nous participons intégralement à et de la Vie matérielle, à et de l'Esprit divin, mais nous l'avons oublié … ou, plutôt, notre orgueil nous l'a fait oublier.

Et l'Esprit est la Vie comme la Vie est l'Esprit.

Tout cela est absolument indissociable. Ce fut la colossale erreur cartésienne de croire le contraire.

Il est temps, comme le disait le grand kabbaliste Isaac Louria, d'opérer la grande réunification par la "réparation du vase" (tiqoun kélipah). Le "retrait" (tzimtzoum) du Divin doit déboucher sur la réintégration du Divin.

 

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La Révélation est celle, précisément de la Sacralité. Le monde n'a pas changé, mais notre regard, lui, est profondément transformé. On ne peut que penser à Moïse, seul, en haut de la montagne du désert de Sin qui, sur deux tables de pierre, grave les dix points de sa Loi c'est-à-dire le nom des dix ponts qui permettent de sacraliser la Vie et l'Esprit.

Cinq pour l'Esprit, d'abord : reconnaître le Divin, comprendre l'Unité du Réel, ne pas profaner ce Réel, respecter le Shabbat (c'est-à-dire la consécration de soi) et honorer sa généalogie (c'est-à-dire la Vie qui engendre les vies).

Cinq pour la Vie, ensuite : ne pas tuer (casser la Vie), ne pas mentir (maudire la Vie), ne pas voler (détourner la Vie), ne pas mentir (trahir la Vie), ne pas jalouser (dénigrer la Vie).

La Révélation mosaïque n'est évidemment pas la seule. Il en est bien d'autres. A chacun de choisir la sienne, de s'y tenir et d'y persévérer sachant que : "Toutes les rivières mènent au même océan ; suis celle qui passe devant ta porte".

 

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Le long chemin de la Purification de soi et de l'autour de soi. Le long chemin de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de la Vie et de l'Esprit.

Le fronton du Temple d'Apollon à Delphes s'ornait de plusieurs phrases, dont celle-ci : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux" … dont on n'a, malheureusement,  retenu que le très narcissique premier segment : "Connais-toi toi-même".

Sur la voie de la Purification, il faut inverser l'aphorisme : "Oublie-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux".

Il ne s'agit pas de tuer le "moi", mais de le mettre au service de ce qui le dépasse. Il ne s'agit pas d'une abnégation sacrificielle, il s'agit d'un dépassement : dépasser l'ego pour devenir soi au service du Soi. Nietzsche, inspiré par Pindare, avait écrit ceci : "Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire". Le "moi" a ce rôle à jouer d'être le dépositaire d'une mémoire, d'une intelligence, d'une sensibilité, d'une volonté et d'une conscience uniques et spécifiques, capables de se mettre au service de la Vie et de l'Esprit, plutôt que de lui-même.

C'est cela qu'il faut apprendre à changer.

 

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D'un jeune chef vendéen :

 

"Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi".

 

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De Rabbi Na'hman de Breslev :

 

"Il est interdit d'être vieux !"

 

La matériel (le Corps) s'use, mais l'immatériel (le Cœur, l'Esprit et l'Âme) s'accomplit. Parfois bien. Parfois moins bien. Certains Cœurs s'aigrissent. Certains Esprits délirent. Certaines Âmes s'infantilisent.

Comment éviter ces déchéances ? En pratiquant la "bonne santé" ou, mieux, comme disait Nietzsche, la "grande santé". Qu'est-ce à dire ?

 

La grande santé du Corps. On s'en préoccupe beaucoup, ces derniers temps : diététiques, alimentation bio, mode du végétarisme, jeûnes, massages, activités sportives, bains de forêt,  qi-gong, yoga, sauna, jacuzzi, nage, marche, … Chasse généralisée à la "malbouffe" et aux intoxications les plus variées … Le Corps a ses raisons que la raison ne connaît pas toujours. Et ses déraisons, aussi : le véganisme est un sale exemple de totalitarisme terroriste et autoritariste.

Voilà pour la grande santé du "matériel".

 

Quant à la grande santé de l'immatériel, c'est une tout autre histoire !

L'intoxication malsaine est flagrante dans tous les domaines …

Intoxication malsaine des Cœurs par les mauvaises passions, par les haines, par les rejets, par les racialismes et les racialisations les plus abjects, par des tsunamis d'émotionnel reptilien sur les réseaux sociaux, par les sensationnalismes infects dans tous les médias, par toutes les sensibleries idiotes qui tuent les sensibilités fécondes, etc …

Intoxication malsaine des Esprits dont on a de plus en plus désappris, inhibé ou déconstruit l'esprit critique, par les infox en tous genres, par les complotismes, par une bien-pensance gauchisante qui, depuis Sartre et sa clique, pratique un terrorisme intellectuel sournois, mais criminel (cfr. Jean Sévillia ou Benoît Rayski), par les censures que les rétro-activismes imposent au nom de l'indigénisme, du racialisme, du décolonialisme, de l'hyperféminisme, des soi-disant luttes contre l'homophobie ou l'islamophobie, etc …, par l'inculture générale et la montée de l'illettrisme et de l'innumérisme (qui ont plus que doublé entre 1970 et 2010), par le discrédit montant de ceux qui savent au profit de ceux qui gueulent, etc …

Intoxication malsaine des Âmes à qui l'on a fait croire qu'il ne fallait plus désirer autre chose que consommer, et que l'Etat s'occuperait bien de tout le reste avec pour conséquences mécaniques : infantilisation, déresponsabilisation, déspiritualisation, assistanat généralisé, dépendances, : le mot "autonomie" est devenu une quasi insulte. Les seuls projets de vie qui demeurent sont généralement nombrilistes et hédonistes.

 

Il faut être bien fort pour résister à toutes ces intoxications qui sont d'autant plus puissantes qu'elles sont terriblement amplifiées par les technologies numériques, en général, et tous les médias audiovisuels et les infects réseaux sociaux, en particulier.

Est-ce que "vieux" doit signifier "mentalement faible" ? Je n'en crois rien. Mais lorsque l'on vieillit et que l'on accuse toutes ces intoxications incantatoires, on se fait traiter de "réac", de "facho", de "vieux con", … ce qui finit par user !

 

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Ma vie personnelle est au service de la Connaissance de l'Esprit cosmique.

 

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L'Intelligence Amplifiée est habile pour traiter la complication (analytique), mais inapte à traiter la complexité (holistique).

 

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L'ordre mesure de degré d'organisation d'une configuration ; la néguentropie exprime ce degré d'ordre.

L'ordre peut être de deux types : structurel (ou mécanique, par construction) et processuel (ou systémique, par prolifération).

Toute prolifération est caractérisée par un ou plusieurs motifs (ou germes) initiaux et par un ou plusieurs opérateurs morphiques qui vont transformer de nombreuses fois ce(s) motif(s) selon leur logique propre.

 

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Le 18/07/2020

 

Notes inspirées par le livre

"Notre vie a-t-elle un sens ?"

de Philippe Constant.

 

Donner du sens à sa vie, c'est mettre son existence au service de quelque chose qui dépasse l'humain.

 

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L'humain est dérisoire.

 

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La connaissance est holistique et le savoir est analytique.

Plus on sait, moins on connaît.

Plus on connaît, moins on sait.

 

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L'accomplissement et l'adéquation sont deux notions spirituelles très complémentaires et très proches.

S'accomplir implique d'être en adéquation tant dans l'espace (intériorité et extériorité, sensibilité et intelligence) que dans le temps (antériorité et postériorité, mémoire et intention).

L'intérieur doit se mettre en adéquation avec l'extérieur. Et non l'inverse.

Le futur doit se mettre en adéquation avec le passé. Et non l'inverse.

Personne ne maîtrise réellement ni son extérieur (le monde est ce qu'il est), ni son passé (le vécu est ce qu'il est).

 

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L'idée taoïste d'adéquation implique, à la fois, reliance et résonance.

 

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De Philippe Constant :

 

"(…) l'homme est tellement imbriqué dans le cosmos qu'il le porte en lui."

 

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Il me paraît clair que les neuf niveaux de conscience décrits par Ken Wilber et ramenés à trois par Lawrence Kohlberg, traduisent en fait les trois degrés d'intensité existentielle (et d'élargissement de la conscience) : celui du Plaisir (individuel et animal), celui du bonheur (social et conventionnel) et celui de la Joie (universel et spirituel).

Ces trois degrés correspondent à ceux de l'égocentrisme de la satiété, du sociocentrisme de la reconnaissance et du cosmocentrisme de l'accomplissement.

 

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Les deux grandes voies spirituelles pour l'élargissement de la conscience sont celle de son extinction par la dilution entropique de la pensée au moyen de la méditation, et celle de son expansion par la construction néguentropique de la pensée au moyen de la contemplation (y compris l'étude, l'oraison, etc …).

 

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Le seul mystère est que rien n'est mystérieux.

 

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Le 19/07/2020

 

De mon ami Julien Louis :

 

"Nous avons tendance à délaisser l’immuable et à nous focaliser sur l’effervescence. Le rituel propose l’inverse : se focaliser sur l’immuable pour en savourer l’effervescence."

 

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Être inadapté à la vie sauvage, l'humain a dû inventer la technique pour amplifier ses capacités de survie.

 

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Pourquoi craindre la mort puisqu'elle est inéluctable et puisque c'est elle qui donne toute sa valeur à la vie.

L'immortalité serait la pire des punitions.

Plutôt que craindre la mort, sacralisons la Vie.

 

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De mon ami Michel Maffesoli :

 

"Ce que l’on oublie, par trop souvent, dans la réflexion sur le politique, la gestion de la cité, c’est la distinction entre pouvoir et puissance. Pour le dire vite, le pouvoir est institué, c’est l’organisation du vivre ensemble, la puissance est instituante. Elle est ce qui donne corps et sens à la vie sociale, elle est ce qui fonde l’être ensemble."

 

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Je hais le violence, sous toutes ses formes.

Je hais la guerre, sous toutes ses formes.

Je hais la domination, sous toutes ses formes.

Je hais les idéologies et les religions qui prônent la domination.

Je hais les gens qui aspirent à dominer les autres.

Je condamne absolument toute forme de relation dominant-dominé.

Je condamne absolument tout ce qui la prône : personne, religion ou idéologie.

Mais je réclame le droit absolu de chacun à être et vouloir être différent.

Et je réclame le droit absolu de chacun de jauger ces différences.

Car je condamne absolument toutes les formes d'égalitarisme.

Car l'égalitarisme, c'est la domination de la médiocrité.

C'est la tyrannie des médiocres.

 

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La femme n'est pas l'égale de l'homme.

L'homme n'est pas l'égal de la femme.
La reproduction sexuée a été une invention géniale de la Vie afin d'enrichir les patrimoines génétiques. Elle fonde l'incontournable différence et l'irréversible complémentarité des sexes, c'est-à-dire des genres.

Ce n'est pas à l'humain ni de la juger, ni de la détourner, ni de la contourner.

L'humain doit obéir à la Vie et à ses lois, et non l'inverse.

Les caprices et fantasmes humains n'ont absolument aucun poids face à la Vie.

 

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La socialité naît de la peur.

Dans un monde de tranquillité, l'humain est indifférent à l'immense majorité des autres humains.

Les humains ne font bloc que dans la peur.

Le populisme naît de la peur de l'immigrant.

Le nationalisme naît de la peur de l'étranger.

Le rationalisme naît de la peur de l'incertitude.

Le socialisme naît de la peur de manquer.

L'étatisme naît de la peur de l'insécurité.

Le théisme naît de la peur de la mort.

Le technologisme naît de la peur de la fatigue.

Etc …

 

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L'énarque ? Un planqué qui se prend pour un dieu.

 

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Pour distinguer la science authentique de ce qui le l'est pas, il faut clairement établir le distinguo entre les modèles axiomatiques et des conjectures idéologiques.

Toutes les soi-disant "sciences" humaines (économie, sociologie, ethnologie, psychologie, etc …) relèvent de la seconde catégorie. Ce ne sont pas des sciences.

 

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La métaphysique est conceptuelle et la spiritualité est intuitionnelles. Elles ont toujours - et heureusement - dialogué entre elles dialectiquement. La spiritualité pense en images et la métaphysique pense en mots. La spiritualité est holistique et anagogique (c'est dans "l'âme" que cela se passe) , et la métaphysique est analytique et logique (c'est dans l'esprit que cela se passe).

 

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Le christianisme n'a fait que tenter (assez mal) de récupérer et détourner des méthodologies spirituelles et initiatiques qui existaient bien avant lui, pour les mettre au service de son monothéisme dualiste (dont est issu l'islamisme).

 

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La conscience est le lieu de l'affrontement sempiternel et de la réconciliation éventuelle entre la mémoire, la volonté, la sensibilité et l'intelligence

 

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Le 20/07/2020

 

Ce mouvement d'individuation est né à la Renaissance avec l'humanisme ; quant au "contrat social", c'est une invention de Thomas Hobbes au milieu du 17ème siècle. Les "Lumières" française et la pseudo "révolution française" n'ont rien à voir dans la genèse de ces idées, ni dans la genèse de quoique ce soit, d'ailleurs, hors celle du totalitarisme).

 

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La nature des liens d'interdépendance entre les individus est duale.  A très petite échelle (moins de cinquante personnes), ces liens d'interdépendance sont immatériels (affectifs, intellectuels et/ou spirituels) et engendrent des communautés plus ou moins fermées ; à la plus grande échelle d'une société, ces liens d'interdépendance sont strictement matériels c'est-à-dire économiques).

Ce sont donc désormais les interdépendances immatérielles qui priment les interdépendances matérielles : la politique est devenue une logistique.

 

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Les "valeurs" qui expriment les règles de vie interdépendantielles au sein d'une communauté, dépassent et transcendent les caprices individuels ; mais il n'y a pas antagonisme entre l'autonomie individuelle et les valeurs communautales dès lors que celles-ci nourrissent celle-là.

 

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Le corps social, de pyramidal hiérarchique, devient réticulaire collaboratif. Ce sont les entités communautales qui, désormais, veulent être autonomes et l'autonomie individuelle s'exerce par le choix libre d'adhérer ou pas à telle ou telle communauté. Le "contrat sociétal" post-moderne régit les règles d'interactions entre les communautés, mais ne régit plus la vie interne des communautés qui ne regarde plus que leurs membres. D'ailleurs se "contrat sociétal" ne se placera plus au niveau national, mais au niveau continental (celui de l'Union Européenne, par exemple, qui doit devenir un réseau fédéré de communautés autonomes. Ce changement de modèle organisationnel (tant dans le corps social que dans les entreprises) n'est pas le fruit du hasard, mais la conséquence quasi-mécanique de la complexification du monde humain réel.

 

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Je trouve dommage d'appeler "élites" ces démagogues qui font carrière d'électoralisme et de partisanerie ; pour moi, les "élites" véritables sont ceux qui détiennent la connaissance et la sagesse … et qui ne veulent surtout pas du pouvoir (ni celui des urnes, ni celui de l'argent).

 

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La puissance sociétale qui serait, selon mon ami Michel Maffesoli, une "volonté de faire corps, d'éprouver ensemble un destin commun et d'y faire face", n'existe tout simplement pas ; c'est un pur rêve utopiste (d'inspiration chrétienne) d'intellectuel romantique (le Volksgeist de Herder et de Fichte). Hors de leur(s) communauté(s) de vie, l'immense majorité des humains se fiche du quart comme du tiers des autres humains.

 

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L'avenir de la communauté et la transmission de ses "valeurs" importe davantage que l'avenir de cette société anonyme qui, précisément, ne "fait plus corps".

 

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Encore une conséquence de la complexification du monde humain : le corps sociétal ne se construira plus de l'extérieur, selon des idéologies, par une gouvernance top-down qui serait "au-dessus" de lui, mais il se construira de l'intérieur, par des émergences bottom-up qui, comme un arbre, "pousserait" de lui.

 

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L'idée d'empire au-delà des "nations", comme réseau de communautés de vie, doit être revisitée.

 

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L'idée de "peuple" est un mythe, comme celle de "nation", car l'une comme l'autre sont des inventions artificielles de l'Etat pour se légitimer CONTRE les communautés de vie qui, elles, sont seules réelles et vécues.

 

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La notion même de parti politique n'a plus aucun sens. Ni celle d'idéologie qui fonde celle de parti politique. Ces notions relèvent d'une sociologie mécaniciste : celle d'une machine sociétale qui serait à construire à partir d'un plan préétabli pour durer toute l'éternité. Le corps social n'est pas une machinerie réductible à un plan (une idéologie) ; le corps social (comme tout ce qui existe dans le Réel) est un processus qui se construit de lui-même, de l'intérieur, par émergences complexes successives. Ces processus d'émergence commencent à être bien connus par les physiciens de la complexité ; il part d'une saturation tensionnelle pour aboutir à des structures dissipatives encapsulées (ce sont de tels processus émergentiels qui sont responsables de la naissance des particules matérielles à partir de l'activité bosonique primordiale, ou des cellules procaryotes à partir de la soupe biochimique volcanique, ou des organismes pluricellulaires à partir de colonies eucaryotes.

 

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Il faut donc, aujourd'hui, quitter les mythes (sociétaux) mécanistes et susciter, stimuler, favoriser, faciliter et réguler les émergences (sociétales) organiques.

 

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Toute émergence induit aussi une résistance. L'ancien paradigme ne peut pas accepter de voir couper la branche sur laquelle il est assis. Les mécanisme de cette résistance sont connus et se réduisent à deux : le "déni de réalité" (l'art de faire croire que les problème sont faux ou seulement passagers) et la "chape de plomb" (l'art de rendre les émergences impossibles en les étouffant dans l'œuf).

 

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Les premiers "gilets jaunes" n'étaient pas de émergences constructives, mais des résurgences conservatives et sécuritaires. Semblablement, les rétro-activismes (indigénisme, racialisme, hyperféminisme, activisme contre les supposées islamophobies ou homophobies, etc …) ne sont pas non plus des émergences constructives, mais bien des nihilismes extrémistes, subversives et insurrectionnelles.

 

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Relation entre l'Etat et les masse …

L'analyse transactionnelle parlerait de remplacer la relation "parent-enfant" par une relation "adulte-adulte". Mais pour cela, il faudrait que les masses entrent en maturité (adulte) et cessent d'osciller entre les divers rôles "enfant" (créatif, rebelle et soumis). Il faut faire cesser, par exemple, toutes les formes d'assistanats (relation de parent nourricier à enfant soumis qui devient rebelle dès que ses jouets se cassent). Et cela, ce n'est pas gagné. Les masses sont encore totalement immatures et le resteront, semble-t-il, encore longtemps. Cela implique que l'émergence du nouveau modèle réticulé et communautal devra être porté par les véritables élites (qui devront agir non comme "chefs", mais comme "ferments").

 

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La gouvernance politique globale doit être transférée au plan continental (un "continent" étant un réseau de communautés de vie, tant réelles que virtuelles, géographiques que numériques, transfrontalières donc, fédérées par une généalogie commune et une téléologie commune).

Les institutions futures, tant au plan continental (celui du réseau global) qu'au plan communautal (celui des entités "locales" spécifiques), peuvent déjà être entrevues au travers des modèles de la théorie des réseaux complexes (voir mon "Réseaux – Une autre manière de vivre" et mon "Pratique des réseaux", tous deux parus chez OXUS).

 

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Selon les élèves de l’ENA, les entreprises ne seraient que des machines à produire des recettes fiscales et rien d’autre.

Le rapport officiel (30/01/2020), transmis au premier ministre, exprime que les entreprises sont perçues, par ces crétins d'énarques, "exclusivement comme une source de financement de l'action de l'Etat par les recettes fiscales".

Cette vision du monde fait froid dans le dos !

Et Pierre Bentata de conclure : "Le problème n'est donc pas la vision de l'entreprise portée par l'ENA ; c'est l'existence de l'ENA qui pose problème".

 

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Pascal distingue l'esprit de géométrie de l'esprit de finesse, ce qui correspond, grosso modo, à la pensée déductive et à la pensée inductive

 

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Le positivisme d'Auguste Comte, enraciné dans l'empirisme de John Locke, puis de David Hume, réduit la science au seul "comment" et refuse, à la fois, le "pourquoi" et le pour quoi" de l'univers. Cette science-là se ramène à deviner les recettes, mais n'aiguise aucune faim.

En confondant métaphysique holistique et religion exotérique, et en refusant tout cela en bloc, le positivisme est à l'exact opposé de mon "IL n'y a pas de physique sans métaphysique".

En fait, derrière le positivisme, il y a une métaphysique ; celle du nihilisme qui triomphera, sur base du positivisme, pendant tout le 20ème siècle.

 

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Quelle est la différence entre les cosmologies mythologiques ou magiques, et la cosmologie scientifique ? La capacité de prédiction !

 

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Le 21/07/2020

 

Qu'est-ce que bien vivre ?

 

Depuis longtemps, telle est une des questions centrales de la philosophie.

Bien vivre, c'est dépasser le simple fait d'exister ou d'être jeté au monde (cfr. Heidegger) ; c'est prendre la vie au sérieux et décider de faire quelque chose de bien, de beau, de vrai, de sacré de cette vie.

 

Il existe trois niveaux existentiels où tâcher de bien vivre :

  1. Le premier niveau est égocentré (moi) ; c'est là que se développent des doctrines comme l'individualisme (la quête d'autonomie extérieure maximale) ou le personnalisme (la quête l'épanouissement intérieur maximal). Une bonne évolution sur ce niveau s'exprime par le Plaisir qui se prend dans la Satiété (celle du corps, du cœur, de l'esprit et de l'âme).
  2. Le deuxième niveau est sociocentré (les autres) : c'est là que se développent des doctrines, soit idéologiques comme le conservatisme ou le progressisme, soit politiques comme le libéralisme, le socialo-populisme, soit sociologiques comme le sociétalisme ou le communalisme, soit éthiques comme le juridisme ou le moralisme, soit anthropologique comme élitisme ou égalitarisme. Une bonne évolution sur ce niveau s'exprime par le Bonheur qui se reçoit dans la Reconnaissance (celle du corps, du cœur, de l'esprit et de l'âme).
  3. Le dernier niveau est cosmocentré (le Tout-Un) : c'est là que se développent des doctrines soit métaphysiques comme le spiritualisme ou le matérialisme, soit mystiques comme la contemplativisme (l'expansion de la conscience personnelle) ou le méditativisme (l'extinction de la conscience personnelle), soit initiatiques comme l'ésotérisme ou le symbolisme, soit religieuses comme le dualisme monothéiste ou le monisme panenthéiste. Une bonne évolution sur ce niveau s'exprime par la Joie qui se construit dans l'Accomplissement (celui du corps, du cœur, de l'esprit et de l'âme).

 

Chacun de ces trois niveaux permet de développer une intensité existentielle et ainsi d'élargir ou d'approfondir son niveau de conscience (dans son intériorité, dans son humanité, dans sa spiritualité).

 

Cet étagement des plans d'existence, permet de définir trois types humains, trois profils caractériels : l'égotique qui veut réussir sa vie, l'ambitieux qui veut réussir dans la vie et l'extatique qui veut magnifier la Vie.

 

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De Vladimir Jankélévitch :

 

"(...) devinez sans être devinés, déjouez le jeu d'autrui sans permettre à autrui de lire dans le vôtre ; autrement dit : défaites chez autrui l'œuvre d'artifice pour y retrouver la vérité, mais ne permettez pas à autrui de percer votre vérité propre ; (...)"

 

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En France, Alain de Benoist est devenu le chantre de l'illibéralisme après avoir été celui de la "Nouvelle Droite". Il écrit ceci :

 

"Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. Le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la « pensée unique » libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante.

Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. Le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver."

 

Evidemment son archaïque nationalisme populiste et étatiste n'a aucune compatibilité avec le culte de l'autonomie personnelle et de l'abolition des états-nations (au profit des communautés et des continents).

L'acharnement contre l'idée de marché est sidérante dans la mesure où toute interrelation entre des humains est forcément "échanges" et où le marché n'est que le nom abstrait donné à l'ensemble de tous ces échanges, quels qu'en soient la teneur, le niveau, la nature et la "monnaie".

L'obsession de combattre l'idée de marché cache, en fait, le désir morbide  de contrôler, de réglementer, de cadenasser les échanges (donc les relations) entre humains, et d'y imposer une lourde moraline bien-pensante.

Dès lors que deux humains adultes sont librement d'accord de s'échanger quelque chose de clair contre autre chose de clair, l'échange doit être licite, que cet échange concerne un sourire, une parole, une idée, un orgasme, un objet, un service, une utilité ou même de la drogue.

 

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Le libéralisme peut se définir aussi comme l'inaliénable liberté de chacun d'échanger ce qu'il veut donner contre ce qu'il veut recevoir, à deux conditions : la claire conscience et l'explicite accord des personnes impliquées, et la parfaite transparence, pour chaque acteur, de l'échange à réaliser.

 

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Le 22/07/2020

 

On a radicalement tort de confondre la nationalité administrative avec la nationalité culturelle ou réelle.

On peut très bien accueillir chaleureusement quelqu'un dans sa maison, sans nécessairement lui donner les bijoux de famille.

La nationalité administrative est strictement artificielle, elle n'oblitère en rien les identités culturelles parfois incompatibles ; elle est obère même parfois.

La carte d'identité ou le passeport n'effacent en rien les différences ethnoculturelles, ni les harmonies ou dysharmonies qu'elles peuvent engendrer.

 

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Le 23/07/2020

 

La solidarité doit être et rester un choix personnel, pas une obligation.

Il faut pratiquer la solidarité élective et sélective, et bannir la solidarité universelle car cette solidarité soi-disant "universelle" qui est imposée, n'est qu'une imposition taxatoire déguisée.

 

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De Florent Belon :

 

"L’objectif de l’impôt est de générer le maximum de ressources au Léviathan, sans souci de services collectifs efficaces ni de justifications fondées et sincères."

 

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Dans son "Léviathan", Hobbes construit son idéologie totalitaire sur trois postulats :

  • Les hommes sont foncièrement violents.
  • Les hommes sont foncièrement égaux.
  • Les hommes sont foncièrement sécuritaires.

Le Léviathan, alors, est l'autre nom de l'Etat, par tous les moyens,  qui doit s'approprier la violence, qui doit préserver l'égalité et qui doit assurer la sécurité. L'autonomie et la différence en doivent être bannies.

Hobbes, au 17ème siècle, a ainsi inventé le socialo-populisme. Et ce pignouf de Jean-Jacques Rousseau, au 18ème siècle, lui a emboîté le pas et l'a plagié éhontément. Voilà toute l'origine, au 19ème siècle, du socialisme, du marxisme, du communisme, du gauchisme et de toute cette lèpre mentale qu'on appelle "gauche".

 

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Selon le Trésor de la Langue Française, être "gauche", c'est être maladroit, malhabile, benêt, lourd, disgracieux, empoté, déviant et ridicule. Je confirme !

 

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L'entropie vise à augmenter l'uniformité globale c'est-à-dire à diluer les hétérogénéités dans un volume croissant, donc : c'est la mesure de la puissance volumique.

La néguentropie vise à augmenter la complexité globale c'est-à-dire à engendrer des émergences éphémères ou encapsulées, donc : c'est la mesure de la puissance eidétique.

L'entropie vise à augmenter l'activité globale c'est-à-dire à stimuler et nourrir les transformations processuelles, donc : c'est la mesure de la puissance dynamique.

Ce ternaire de puissances est le moteur fondamental et unique de l'accomplissement du Réel.

 

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L'ancien clivage entre droite et gauche s'est effondré et façonne un "ancien monde" perclus de conservatisme socialo-populiste bourgeois.

Le "nouveau monde", lui, s'incarne déjà et s'incarnera toujours plus dans un écolo-libéralisme répudiant radicalement le clivage gauche-droite ancien, complètement désuet, avec ses mythes absurdes de "lutte des classes", d'exploitation du "prolétariat", de "victimismes" pleurnichards, d'égalitarisme "contre-nature", etc …

 

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Le monde humain, c'est 85% de crétins (homo demens) et 15% de personnes plus ou moins encéphalisées (homo sapiens).

Et les 85% de crétins se divisent en 25% de crétins dangereux et de 60% de crétins seulement crétins.

Arithmétiquement, dans un système réellement démocratique, ce sont donc toujours les crétins dangereux qui emportent la mise, puisque l'on a appris aux 60% de doux crétins à, en tout, se méfier des élites.

Partout dans le monde, la densité de crétins au mètre carré est la même, seulement leur crétinerie s'exprime de façons bien différentes ; ce sont les crétins arrogants et violents qui, par exemple, dominent dans les pays musulmans.

 

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L'argent est à la fois nécessaire et corrupteur. Il n'est qu'un moyen, amoral tel qu'en lui-même ; c'est ce que les humains en font qui peut être exécrable ou constructeur.

Il en va de même pour les médias en général et les réseaux sociaux en particulier. Ce ne sont que des moyens et des amplificateurs ; aux mains des crétins, ce sont des amplificateurs de crétinerie … et c'est ce qui se passe actuellement.

 

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Le 24/07/2020

 

Être Juif, c'est considérer la Torah comme l'hologramme de tout le Réel, un hologramme a décrypter de plus en plus intensément , de plus en plus profondément.

Est Juif celui qui dit, tenant la Torah en mains, : "Tout est là-dedans !".

 

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Il est urgent de ne plus confondre judéo-hellénisme et romano-christianisme. Les racines de la civilisation européenne ne sont pas à Rome avec Paul, mais bien à Alexandrie avec Philon (par la rencontre profonde entre la spiritualité juive et la philosophie grecque).

Le romano-christianisme a voulu prolonger une romanité impériale (l'Eglise remplaçant l'Empire) qui fut l'ennemie du judéo-hellénisme philosophique et spirituel.

Rome a transformé la spiritualité alexandrine en idéologie impérialiste. L'histoire musulmane, de même, repose sur la transformation de la spiritualité mecquoise en idéologie impérialiste lors de l'hégire à Médine.

 

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La prophétie naît naturellement de la communion intime et intégrale avec le Réel (le Tout-Un dont le prophète participe pleinement). Cette communion s'instaure par effet de résonance totale et profonde avec le Réel, par effet hologrammique entre un esprit et l'Esprit.

 

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Le kabbalisme est un naturalisme (un panenthéisme et un immanentisme).

Pour lui, il n'existe rien de surnaturel.

Le Sacré et le Divin sont au fond de tout ce qui existe ; il ne sont pas ailleurs puisqu'ils sont toujours ici-et-maintenant.

 

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Ecrire, c'est relier.

Ecrire, c'est créer.

Ecrire, c'est célébrer.

L'acte d'écrire relève de l'oraison, mais pas de la prière.

Car prier, c'est demander et c'est supplier.

Ecrire est oraison silencieuse par la bouche de l'Esprit.

 

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La magie de l'hébreu vient du fait que chaque lettre est, en elle-même et par elle-même, un triple symbole graphique, numérique et sémantique.

Ainsi, la lettre Beyt (première lettre du texte biblique) est, graphiquement, un plancher surmonté d'un toit rond tout ouvert sur l'avenir, elle vaut numériquement 2 et elle signifie, sémantiquement, "maison". Ainsi, l'émanation du Réel commence avec l'Esprit qui habite la Maison, elle est résolument tournée vers l'avenir et est irréversible et elle n'est possible que dans une bipolarité ontique.

En conséquence, lire ou écrire un texte hébreu (en alphabet carré et sacré) revient à pleinement participer à l'acte divin, sacré et éternel de création du Réel.

 

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L'exil est séparation qui exige réunification.

Il est trois niveaux d'exil : celui de l'intériorité (le moi séparé du Soi), celui de l'humanité (l'humain séparé du naturel) et celui de la spiritualité (l'esprit séparé de l'Esprit)

 

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De Shmuel Trigano :

 

"(…) toute l'histoire de la pensée sous toutes ses formes et dans toutes les civilisations se ramène à cette seule et unique question : quel est le rapport entre le monde d'en haut quel qu'il soit (idée, Dieu, perfection, …) et le monde d'en bas quel qu'il soit (réel, matière, corruptibilité, …) ?"

 

Que voilà une vision platoniquement idéaliste et ontiquement dualiste. Le rapport qui pose question est celui de la partie (l'humain) au Tout (le divin) ; il n'y a pas "deux mondes séparés" dont l'un serait en haut et l'autre en bas.

Le monde (le Réel) est Un dans toutes ses dimensions ; mais l'humain n'est que partiel et partial tant qu'il n'a pas trouvé et développé cette dimension intime hologrammique qui lui permet de se mettre en résonance et en reliance, directes et profondes, avec le Tout-Un.

On pourrait dénommer cette dimension, la dimension hologrammique. C'est sur elle que repose toutes les démarches mystiques, extatiques et initiatiques.

 

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L'opposition radicale entre le YHWH des juifs (le Devenir) et le Ba'AL des idolâtres (le Maître) est flagrante dans la tradition biblique.

Le Maître symbolise la fixité pyramidale et hiérarchique du dogme figé, celle de la cléricature.

En revanche, le Devenir symbolise la construction et le cheminement, tous deux incertains, vers l'accomplissement porté par le sacerdoce.

Cette opposition entre sacerdotal et clérical est cruciale.

 

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Selon Abraham Aboulafia, les sept chemins de la Torah …

Les trois voies profanes :

  1. Le sens littéral strict.
  2. Le sens explicité (Mishnah et Talmud).
  3. Le sens critique (Midrash et 'Agadot).

La voie érudite :

  1. Le sens allégorique.

Les trois voies mystiques :

  1. Le sens graphique (formes et sens des lettres).
  2. Le sens séphirotique (tsérouf, guématria, notariqon, témourah).
  3. Le sens extatique (reliance et résonance directes, absolues, immédiates)

 

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Le 25/07/2020

 

On dit que l'individualisme gangrène nos sociétés. Rien n'est plus faux de deux points de vue :

  • d'abord, l'individualisme, au sens vrai, est la revendication de l'autonomie personnelle qui est une posture tout à l'opposé de celle de nos sociétés d'assistanats et de dépendance aux institutions ;
  • ensuite, au sens erroné mais courant, l'individualisme pointerait vers l'égoïsme radical, ce qui est encore faux puisque jamais, le poids des communautés et réseaux divers n'a été plus prégnant qu'aujourd'hui.

Donc, l'individualisme ne règne pas sur nos sociétés ; en revanche, le narcissisme en est devenu le roi. Beaucoup ne vivent plus que pour s'admirer (les "selfies" perpétuels) et pour attirer l'attention afin d'être admiré (tatouages, piercings, vêtements "originaux" – tout le monde à les mêmes marques et les mêmes déchirures du jeans -, coiffures - teintures absurdes ou rasages partiels -, …).

La laideur fait office d'élégance.

 

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Le narcissisme contemporain ne s'exprime pas seulement par l'apparence physique. Il s'exprime aussi par l'apparence numérique, c'est-à-dire par les informations ou opinions, le plus souvent fausses ou déguisées ou inventées ou délirantes, que chacun se croit autorisé de "balancer" sur ces dépotoirs psychotiques que sont devenus les "réseaux sociaux".

Ce narcissisme de l'opinion passe, le plus souvent, par un ou plusieurs avatars c'est-à-dire par la lâcheté de l'anonymat.

 

Plus ces informations ou opinions sont spectaculaires, délirantes, méchantes ou agressives, plus vite et plus fort elles proliféreront viralement et feront, de leur "auteur", un "héros" admiré de la Toile.

Ce phénomène explique pourquoi la Toile est devenue le temple des complotismes les plus paranoïdes, des rumeurs les plus absurdes, des contre-vérités les plus sordides, des lynchages médiatiques les plus cruels : l'expertise ou la connaissance, réelles et avérées, n'y jouent plus aucun rôle. L'esprit critique non plus.

 

Bien au contraire, les avis autorisés et validés des experts authentiques sont perçus comme castrateurs puisqu'ils empêcheraient les ignares de jouer les héros avertis. Le complotisme ambiant retourne sournoisement la situation en désignant ces experts comme les activistes, voire les moteurs du mensonge officiel et institutionnalisé contre lequel les "héros" de l'infox luttent avec délectation : voici venue l'ère de la discréditation et de la décrédibilisation systématiques des experts authentiques au profit des charlatans de la rumeur, de l'infox et du complotisme.

 

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La dictature de la transparence et le procès de la privance sont à l'ordre du jour de nos sociétés numériques.

Deux phénomènes se conjuguent pour expliquer le bafouement systématique de la vie privée.

 

Primo : les deux modes de financement des applications dites "gratuites" qui submergent la Toile, passent :

  • d'une part, par la publicité dont les budgets sont proportionnés au taux de fréquentation c'est-à-dire au produit de la fréquence de connexion par la durée de chaque connexion et par le nombre de clics (FxDxN) ;
  • et, d'autre part, par les informations qui sont pompées sur l'ordinateur de l'internaute, sans son accord explicite, et qui sont revendues à des fins statistiques, commerciales (ciblages, téléventes, mailing-lists, …), bancaires, assurantielles, voire politiques ou policières.

Dans les deux cas, la soi-disant gratuité est doublement payée par celui à qui on l'offre, soit au travers de ses achats qui financent la publicité, soit au travers des données qu'on lui vole et que l'on revend à son détriment.

 

Secundo : le narcissisme délétère de notre époque tend à faire de la Toile un point de rencontre entre exhibitionnisme et voyeurisme ; tout le monde s'y étale de la façon le plus voyante, voire choquante, possible, tout se montre sans pudeur et sans honte. Ce mouvement induit la surenchère, d'une part, mais aussi, d'autre part, la culpabilisation (et parfois la "conversion") de ceux qui ne veulent pas jouer ce jeu de l'exhibition permanente

On voit là se développer une guerre insidieuse et larvée contre la vie privée, au nom d'un principe délétère : "si tu ne te montres pas, c'est que tu as des choses à cacher !". La non-transparence est devenue signe de turpitude, voire de criminalité.

 

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Tout le monde peut-il ou doit-il tout savoir sur tout et sur tout le monde ?

La réponse est catégoriquement négative.

D'abord, parce que, comme le dit l'adage, "toute vérité n'est pas bonne à dire", surtout aux esprits faibles incapables de la comprendre intelligemment et enclins à la déformer, l'altérer ou la détourner.

Ensuite, parce qu'il est essentiel de garder une cloison bien étanche entre vie privée et vie publique, simplement parce que la privance n'a de sens, de valeur et de compréhensibilité que pour ceux qui la vivent.

Enfin, parce que la vraie vie est toute intérieure et n'est pas communicable : chacun ne vit pas "pour soi", mais chacun vit "en soi", et cette vie-là ne regarde personne.

 

La guerre déclarée à la vie privée est un nouvel avatar des idéologies collectivistes et socialo-populistes qui prétendent que le "collectif" doit primer et dominer le "personnel" : pour ces gens-là, l'individu doit être intégralement au service de la collectivité. On nage là dans les eaux poisseuses de l'illibéralisme, aux antipodes du libéralisme qui affirme, au contraire, que la collectivité n'a de sens que si elle favorise, facilite et promeut le libre accomplissement de chacun de ses membres.

 

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D'Anthony de Mello :

 

"Y a-t-il une vie avant la mort. C’est cela la question."

 

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Quand on a besoin des choses, on est prisonnier des choses.

Quand on a besoin des gens, on est prisonnier des gens.

Le besoin engendre l'esclavage.

L'abolition des manques engendre l'autonomie.

 

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Raconter des histoires serait-il le privilège exclusif des conteurs à la veillée ou des mamans au soir tombant ? Je ne le pense pas.

 

En tant que physicien cosmologiste, j'aimerais raconter toute l'histoire de l'Univers, depuis avant l'émergence de la Matière, lors du big-bang, jusqu'à … bien plus loin que maintenant. Et pour conter cette histoire, la plus longue, la plus miraculeuse, la plus cohérente de toutes, j'userais d'un langage multiple fait de mots et d'équations, de concepts métaphysiques et de lois physiques, d'images et de graphes.

A l'ère préscientifique, Hésiode l'avait déjà tentée, cette histoire, autour de trois personnages intemporels : Gaïa qui est la fécondité, Chaos qui est l'ensemble de tous les possibles non encore advenus, et Eros qui, malgré sa stérilité, stimule toutes les émergences et toutes les émanations … dont Ouranos, le ciel, Erebos, la ténèbre, Nyx, la nuit, Chronos, le temps, … et tant d'autres.

Aujourd'hui, les noms de ces principes fondateurs seraient différents, mais ils seraient toujours trois : l'Energie qui est la puissance d'activité, l'Entropie qui est la puissance d'uniformisation et la Néguentropie qui est la puissance de complexification. De ces trois naquirent aussi tous ce qui existe : la Matière, puis la Vie, puis l'Esprit.

Toujours ce ternaire. Comme dans le premier verset - traduit littéralement de l'hébreu - du livre de la Genèse : "Dans un commencement, il engendra des Elohim avec le Ciel et avec la Terre". Les Elohim (pluriel de Eloha : "déité") qui sont les "Puissances", le Ciel qui est l'étendue des possibles et la Terre qui est la substance-mère.

 

En tant que philosophe - ce que j'ai la chance d'être aussi -, je rêverais de raconter toute l'histoire de la Sagesse des humains ; cette Sagesse qu'ils guettent et recherchent, mais qu'ils sont si loin de posséder. Je rêverais d'en décrire tous les linéaments dans l'épaisse forêt de toutes les doctrines … Certaines somptueuses comme un châtaignier et d'autres rabougries comme un buisson épineux, certaines fructueuses comme un figuier et d'autres vénéneuses comme le mancenillier, certaines droites et claires comme un mélèze et d'autres tortueuses et tordues comme un vieil olivier, certaines parasites comme le gui ou le lierre et d'autres solitaires comme les acacias ou les candélabres de la savane.

J'aimerais raconter cette forêt, parfois dense, parfois clairsemée, selon les époques et les lieux. J'aimerais aussi raconter ces oiseaux parfois beaux, parfois ternes qui y nichent et que l'on appelle des "philosophes" ou des "professeurs de philosophie". J'aimerais aussi raconter ces bestioles fouisseuses qui creusent des terriers vides et creux entre les racines millénaires (je peux citer des noms dans le paysage philosophiques français d'aujourd'hui …).

 

Au fond, toute la pensée humaine n'est qu'une vaste collection d'histoires que l'on raconte … voire d'histoires que l'on se raconte.

Car nous, les humains, nous ne racontons pas que des histoires aux autres, pour les instruire ou les amuser ; nous nous en racontons beaucoup aussi à nous-mêmes pour nous faire croire aux chimères et nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Car le conteur sait être parfois joli menteur et bonimenteur.

Le Réel est au-delà de notre regard et au-delà de nos mots ; alors nous l'inventons pour nous faire croire que nous le maîtrisons.

 

Nous nous racontons notre propre vie, faute, parfois, de l'avoir véritablement vécue. "C'est l'histoire d'un mec …" disait Coluche. Oui, nous sommes tous l'histoire d'un mec …

 

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Le 26/07/2020

 

Qu'est-ce qu'une histoire vraie ? Un mythe qui colle à la réalité. Car tout ce qui peuple l'esprit humain n'est, en fait, que mythes. Même la science la plus dure est une invention de l'esprit pour raconter ce qui n'est que l'apparence du Réel.

Rien n'est plus mythique que les mathématiques : un édifice purement conceptuel et conventionnel, construit sur des postulats ou axiomes qui, par définition, sont indémontrables. Pour absolutiser les mathématiques et ainsi les arracher des griffes du relativisme et du conventionnalisme humains, Pythagore et ceux qui l'ont suivi avait inventé un autre mythe : les objets mathématiques (les nombres arithmétiques et le figures géométriques) existeraient bel et bien, en eux-mêmes, dans un "autre monde" parfait, éternel, immuable. Ils ne seraient donc plus de pauvres productions caduques de l'esprit humain, mais le langage même des dieux. L'idée fut reprise par Platon puis, plus tard, par Descartes et Galilée ; elle traîne encore dans le tête de bien des mathématiciens théoriciens et de quelques physiciens.

 

Mes instituteurs répétaient souvent que l'on ne peut pas "additionner des pommes et des poires" puisque l'on ne peut additionner que des choses qui sont identiques. Très bien ! Mais alors, dire qu'une pomme plus une pomme font deux pommes, est faux, puisque deux pommes ne sont jamais identiques. Rien n'étant l'égal de rien, en  toute rigueur, rien ne peut être additionné à rien. CQFD.

Les mathématiques sont dès lors mythiques. Et, par conséquent, les sciences qui utilisent les mathématiques pour exprimer leurs théories et leurs modèles, sont tout aussi mythiques que le langage qu'elles emploient. CQFD.

 

Que dire, alors, des douze travaux d'Hercule ou du petit chaperon rouge ?

Pourtant, même si toute production de l'esprit humain est œuvre imaginaire, et même s'il faut, en conséquence, abandonner le mythe de la vérité vraie, il est des histoires qui sont en cohérence avec le Réel tel qu'il nous apparaît. Cette idée de cohérence remplace celle, inaccessible de vérité.

L'apparence du Réel valide parfois les récits que l'on en fait ; il y a alors cohérence entre l'esprit humain et l'Esprit cosmique (le Logos des philosophes grecs). C'est alors, et alors seulement, que l'on peut véritablement parler de science, non pas au sens de vérité absolue, mais de cohérence validée.

Et les récits ainsi validés et cohérents, peuvent échapper, temporairement, au procès en mythologie que l'on serait tenté de leur faire (qu'ils soient quantitatifs et mathématiques, ou pas – ce n'est pas le langage qui fait la véridicité).

 

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Je trouve que l'émotion, lorsqu'elle envahit tout, lorsqu'elle n'est plus esclave de l'intelligence, est signe de décadence civilisationnelle. Nous vivons une telle époque. Une époque qui fuit la réalité en la déniant et qui transforme des émotions primaires en opinion, malgré les faits avérés. Les médias et les réseaux sociaux en sont remplis, ad nauseam !

Les émotions sont le degré "zéro" de la sensibilité. Elles sont reptiliennes : peurs, colères, jalousies, besoins, manques, ruts, … Le propre d'une civilisation est de dompter ces émotions-là et de monter dans l'échelle de la sensibilité, vers le sublime, vers l'extase, vers la sacralité.

Oui, Thierry à raison, il faut que l'histoire que l'on raconte, parle à la sensibilité, mais seulement à la haute sensibilité et non aux basses émotions.

 

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A propos de l'efficacité de l'histoire que l'on raconte : les histoires les plus longues ne sont pas forcément les meilleures, au moins pour moi.

Je leur préfère l'aphorisme percutant, la phrase ou le croquis qui tuent ou qui édifient, qui ébranlent ou qui sacralisent.

Les interminables sagas hollywoodiennes dont d'empiffrent les gens immatures, jeunes et moins jeunes, touchent les émotions les plus primaires ; elles peuvent être longues puisqu'elles sont basses. On les étale, on les tartine.

En revanche, l'aphorisme ciselé est court, parfois très court, et c'est ainsi qu'il vise au plus haut de la noble sensibilité (qui n'est jamais sensiblerie).

 

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Les humains ont besoin de vivre "une belle histoire" car la plus belle des histoires n'est jamais celle qu'on vous raconte, mais bien celle que vous vivez … à la condition que vous compreniez que l'humain ne prend sens et valeur qu'au service d'un projet – donc d'une histoire – qui le dépasse radicalement.

 

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Le nombrilisme est un très mauvais – et très ennuyeux - conteur.

 

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Une vie n'est rien. La Vie est tout !

 

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Le marxisme est un mécanicisme puéril.

 

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Tout le gauchisme n'est qu'une vaste révolte contre la réalité du Réel tel qu'il est et va. Il est contre-nature et tout ce qui est contre-naturel fait farine à son moulin (cfr. Le s rétro-activismes actuels).

 

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Le gauchisme repose sur deux piliers : l'égalitarisme et l'étatisme. Deux artefacts contre-nature qui voudraient nier, l'un, le différencialisme (rien n'est l'égal de rien), l'autre l'autonomisme (chaque vie se construit pour elle-même).

 

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Le marxisme est le paroxysme obsessionnel de l'humanisme, de l'anthropocentrisme, de la "haine de Dieu" et donc du rejet de toute forme de sacralité au-delà de l'humain.

 

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Il n'y a que trois postures métaphysiques.

L'athéisme : il n'y a que ni question, ni réponse.

Le théisme : il n'y a que des réponses.

Le panenthéisme : il n'y a que des questions.

 

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Le 27/07/2020

 

Lu sur Atlantico :

 

"Face à l’impuissance des pouvoirs publics à éradiquer le trafic de drogue et à libérer des banlieues des bandes armées qui contrôlent le marché, l’idée de légaliser le commerce du cannabis refait surface (…)"

 

IL en est amplement temps …

Il est temps que l'on comprenne que tout ce qui est interdit, fait le fonds de commerce des malfrats et des maffias (notamment islamistes).

Il est temps que la Loi cesse de protéger les crétins et les suicidaires contre eux-mêmes.

Il est temps que l'adulte lambda redevienne responsable de ses actes et de ses choix, ainsi que de ses enfants.

Il est temps que les institutions étatiques renoncent à leur paternalisme sécuritaire.

Il est temps que l'on sache que la société n'est responsable de rien et que les individus sont responsables de tout : la bêtise ou l'ignorance sont des explications, jamais des excuses !

 

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Il est de plus en plus clair que :

  1. Via l'empire byzantin, les traductions latines des textes grecs ont amplement circulés du côté catholique durant tout le haut moyen-âge ; la culture grecque a irrigué les monastères et les Arabes n'y sont pour rien.
  2. Les Arabes qui ne sont que des pilleurs de cultures, n'ont rien apporté à l'occident en matière de culture grecque (il faut cesser de parler à tout bout de champ d'Averroès qui, non seulement, n'a pas compris grand' chose à Aristote, mais qui, de plus, a été condamné par les autorités musulmanes).
  3. Il n'y a jamais eu de culture arabe, seulement une culture persane (chiite) qui s'est développée sur un fond zoroastrien et non musulman. Les musulmans arabes n'ont jamais rien ni produit, ni inventé. Le chiffres arabes sont indiens et le Coran est chrétien.
  4. La magnificence d'Haroun-al-Rachid et du califat de Bagdad n'a jamais été qu'un fastueux banquet de pillards et de parasites qui se sont empiffrés de tout ce qu'ils avaient volé ailleurs.

Il faut que la gauche universitaire cesse de réinventer et de réécrire l'histoire au seul profit des islamophiles.

 

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La médecine n'est pas du tout une science ; elle est un art purement empirique, même pour sa partie la plus mécanique.

La science, aujourd'hui, est incapable de modéliser convenablement le fonctionnement d'une seule cellule vivante ; que dire alors d'un organisme de quatre-vingts mille milliards de cellules vivantes et de ses myriades de sous-systèmes de régulation complexe ?

La pandémie coronavirale que nous venons de subir, démontre à loisir l'impuissance foncière de la médecine qui en est toujours à jouer les apprentis-sorciers et à s'enliser da      ns ses propres ignorances et ses propres contradictions.

La seule chose qui ait été bien démontrée, c'est la fatuité du corps médical, avec ses relents nauséabonds de mandarinats, de vedettariats et de lynchages médiatiques.

Mais les arrogances prétentieuses ne masquent pas longtemps les ignorances.

 

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De Wittgenstein :

 

"Le monde est la totalité des faits, non des choses."

 

Il n'y a pas d'objets. Le monde n'est pas une collection d'objets interagissants. Le monde n'est pas un assemblage.

C'est notre grille de lecture du monde, parce qu'elle agit dans un spectre étroit, qui présente des objets isolés : à force de ne voir que la crête des vagues, on finit par oublier l'océan.

Dans la formule si exacte de Wittgenstein, il faut remplacer le mot "faits" par le mots "processus" … et tout prend sa place.

 

Dans le même sens, Nicholas Rescher dans son "Process metaphysics", écrit :

 

"(…) things are the stability patterns of variable processes."

 

Les objets sont des figures de stabilité de processus variables … Des encapsulations de configurations locales émergeant des interférences tensionnelles entre processus antagoniques.

La figurine est un processus encapsulé qui résulte de l'interférence entre le processus "glaise" et le processus "mains du sculpteur".

 

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La carte et le territoire …

Toute connaissance est une re-présentation (présentation du Réel à nouveau, par et dans la pensée). Et toute représentation implique un espace de représentation et un langage de représentation.

L'espace de représentation devrait posséder le même nombre de dimensions que le Réel [la carte a deux dimensions alors que le paysage en possède quatre, avec le temps ; une maquette à trois dimensions serait donc plus pertinente – mais moins pratique – qu'une carte, mais ne pourrait, malgré tout, pas traduire les évolutions du territoire dans la durée].

Le langage de représentation devrait être holistique [ce qu'est la carte du territoire] et non analytique (puisque le Réel est un Tout-Un organique) et sa logique (sa "grammaire") doit être isomorphe à la logique du Réel (au Logos ou Esprit cosmique) [ce à quoi participent les conventions cartographiques comme l'échelle, les courbes de niveau, les couleurs des routes, forêts, maisons, prés, rivières, …].

Il faut bien comprendre que toute représentation est toujours idéalisante et simplificatrice [le territoire est toujours beaucoup plus riche que la carte car celle-ci ne contient qu'un nombre fini d'informations, nombre infiniment inférieur à celui du contenu informationnel réel du territoire].

Toute la recherche scientifique n'est que l'immense entreprise de dessiner la carte évolutive du Réel en tant que processus créatif, global et organique.

Le nombre des dimensions d'état du Réel étant inconnu, celui de l'espace de représentation l'est également.

De plus, il faudrait un langage de représentation qui soit holistique [ce que ne sont ni le langage mathématique, ni les langages vernaculaires] et dont la logique soit isomorphe à celle du Réel, c'est-à-dire  soumise à des principes de cohérence et d'optimalité, et mue par trois puissances complémentaires : entropique (volumique), néguentropique (eidétique) et énergétique (dynamique) [alors que les langages humains sont dialogiques et non trilogiques].

 

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L'espace-temps des physiciens est un pur espace de représentation qui ne correspond à aucune réalité, qu'il soit absolu comme chez Newton ou relatif comme chez Einstein. De plus, cet espace de représentation quadridimensionnel est un pur produit de nos sens humains (vue et ouïe, surtout) et il exclut toutes les autres dimensions d'état, pourtant indispensables à la représentation du Réel.

Il faut donc impérativement considérer les quatre dimensions spatiotemporelles comme un pur artefact humain, et comme un simple sous-système de l'espace des états qui en contient beaucoup d'autres.

 

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Le positivisme a malheureusement eu une longue carrière qui n'est pas encore tout-à-fait morte : précursive avec Locke, Bentham et Hume, scientiste avec Comte, phénoménologique avec Husserl, sémantique avec Wittgenstein, logique avec Carnap et le "cercle de Vienne", pragmatique avec Peirce, empirique avec James, analytique avec Quine, neuroscientiste avec Dennett, …

Pour le dire d'un mot : le positivisme, c'est la négation de toute forme de métaphysique c'est-à-dire le renoncement à comprendre ce qu'il y a derrière les apparences.

Le positivisme ferme donc la porte à tout ce qui pourrait avoir de l'intérêt.

 

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La plupart des questions épistémologiques deviennent de faux problèmes dès lors que l'on comprend que c'est l'Esprit cosmique qui se pense au travers des esprits humains.

Les problèmes de l'induction, de l'intuition, etc … s'évanouissent, alors, comme par enchantement. Kant explose en vol puisqu'il n'y a plus ni objet, ni sujet.

 

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Le principe de la raison suffisante de Leibniz est la vérité la plus géniale et efficace qui soit : tout ce qui existe ou arrive a une bonne raison d'exister ou d'arriver.

Ce principe de rationalité du Réel fonde son principe de cohérence.

Les "lois" (évolutives) de la Nature ne sont que les représentations humaines de ce principe cosmique de cohérence globale.

Dès lors que ce principe de cohérence est établi, est établi du même coup l'existence d'un Logos universel (Héraclite, Aristote, Zénon de Kition, …), d'un Esprit (Hegel) ou d'une Âme (Schelling) cosmiques, d'un Divin immanent que la Kabbale appelle YHWH (le tétragramme indicible) et que Lao-Tseu appelle le Tao, etc …

 

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Les monothéismes (dualistes et exotériques) sont des panenthéismes (monistes et ésotériques) pour esprits faibles, paresseux ou limités.

 

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La connaissance transcendante (théorie) et la connaissance immanente (empirie) doivent toujours converger. Si elles ne font pas, l'une des deux, voire les deux, sont fausses (ou parfois, simplement mythiques).

 

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Lorsque des philosophes, des épistémologues, des mathématiciens ou des logiciens, parlent de "logique", ils désignent implicitement la "logique aristotélicienne" avec ses deux valeurs absurdes (vrai et faux) et avec ses trois axiomes artificiels (identité, non-contradiction et tiers-exclus).

Cette logique-là est rassurante mais fausse en ce sens qu'elle n'est pas celle du Réel. Il faut dès lors cesser de construire des philosophies des sciences et des épistémologies en usant de cette fausse logique.

Rien n'est identique à rien.

Bien des propositions sont à la fois vraies et fausses.

Tout peut valoir autre chose que vrai ou faux.

La logique ne démontre rien. Il faut cesser d'argumenter et de laisser croire que "si ceci, alors cela". Il faut suivre Nietzsche sur les chemins  de sa "philosophie à coups de marteau" : asséner des convictions fortes et attendre qu'elles entrent en résonance avec l'esprit de l'autre. Résonner et non plus raisonner.

 

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Une preuve expérimentale est toujours sujette à caution puisque, dans toute expérience physique, entrent en résonance un phénomène et un instrument. Le fait qu'une expérience ne confirme pas la prédiction théorique du résultat, peut signifier que la théorie en question est fausse OU que l'instrument de mesure (construit à partir d'autres modèles théoriques) est faux OU que le tout est faux.

De la même manière, une expérience pour prouver une théorie, construite avec des instruments imaginés sur la même théorie, ne prouve absolument rien (cfr. les absurdités de la physique des particules dans les collisionneurs bâtis sur elle).

C'est, en quelque sorte, une reformulation de la "loi de Duhem-Quine", mais avec une interprétation différente.

 

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La philosophie analytique américaine n'est qu'une stérile scholastique du langage.

Sans le moindre intérêt (comme toutes les formes de soi-disant "intellectualité" américaine … il suffit, pour s'en convaincre, de considérer la peste nauséabonde des rétro-activismes qui y inondent les campus).

 

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Ce que j'aime chez Karl Popper, c'est sa dénonciation, comme imposture, par application du critère de falsifiabilité ou de réfutabilité, du marxisme et de la psychanalyse (entre autres). Ces "théories" sont des conjectures artificielles et stériles, sans aucun fondement … mais, très logiquement, causes de dégâts considérables.

Ainsi de toutes les idéologies et de toutes les religions. Ainsi de toutes les fausses sciences et de toutes les pratiques pseudo-ésotériques et pseudo-spirituelles.

Bref : haro sur les charlatans, Marx et Freud en tête !

 

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La science vraie n'est pas inductive, partant des observations et échafaudant, par induction, des modèles.

La science est hypothético-déductive, ce qui est le mot technique pour dire que le champ empirique appelle des intuitions globales, des Weltanschauungen, des visions quasi-mystiques du Réel dont on déduit, patiemment, des conclusions locales, partielles et pratiques.

La science est une herméneutique du Réel. La science fondamentale est une vision "top-down", pas une construction "bottom-up".

Cela ne signifie nullement qu'il faille jeter le bébé avec l'eau du bain : les deux méthodologies doivent finir par converger ; mais la priorité, au plan fondamental,  est mystico-déductive. Einstein en fut l'exemple parfait !

Ce n'est pas l'expérimentation qui construit la compréhension, mais l'intuition et l'imagination ; l'expérimentation intervient, en amont, pour apporter des paradoxes et, en aval, pour contribuer à la validation.

 

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La science est d'abord une mystique avant d'être un rationalisme.

 

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Le travail scientifique, pour l'immense majorité des chercheurs, ne fait que développer, décliner, appliquer des théories existantes.

L'autre travail scientifique qui consiste à fonder un nouveau paradigme scientifique et les théories nouvelles qui l'expriment, est le fait d'une infime minorité : Aristote, Galilée, Newton, Maxwell, Carnot, Einstein, Bohr, Prigogine …

Presque tous les autres "scientifiques" ne sont que des fonctionnaires laborieux, parfois utiles.

 

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La science n'a d'intérêt que si elle dit la "pensée de Dieu" (cfr. Einstein).

Une science purement phénoméniste n'a pas d'autre intérêt que technologique.

Toujours le "pour-quoi" avant et au-dessus du "comment" !

C'est la cosmologie fondamentale et paradigmatique qui m'intéresse, pas ses applications.

 

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De Gaston Bachelard :

 

"La généralisation par le 'non' doit inclure ce qu'elle nie."

 

Il s'agit de rupture par le dépassement et non par la destruction. Ce qui dépasse doit inclure ce qui est dépassé. C'est cela l'émergence.

 

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Tout est substantiel (volumique), tout est cohérent (eidétique) et tout est vivant (dynamique).

Matière, Esprit et Vie sont les trois pôles indissociables du Réel.

 

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Le 28/07/2020

 

Faire la fête … quelle absurdité !

Faire la fête chez beaucoup, surtout chez les plus jeunes, est une véritable obsession.

Mais à quel besoin cela correspond-il ?

Ce n'est plus comme aux bals de naguère une question de chercher à rencontrer une jolie personne du sexe opposé pour "plus si affinité". Ce n'est donc plus une question de sentimentalité ou de sexualité ; c'est une question de défoulement collectif.

Mais de quoi ont-ils donc tant besoin de se défouler ?

Pour beaucoup – surtout parmi ceux qui veulent faire la fête -, on travaille de moins en moins, on peine de moins en moins, on souffre de moins en moins, …

Il me paraît, alors, que la fête collective tente de créer un paradis artificiel et superficiel dont la seule fonction soit de combler un immense vide intérieur. Lorsqu'on a donné du sens à sa vie et que l'on a donc une œuvre à construire en s'y consacrant, en s'y sacrifiant, la fête apparaît pour ce qu'elle est vraiment : une perte de temps ennuyeuse, bruyante, médiocre, plébéienne, sociosphérique, vulgaire, etc … A proscrire !

 

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Les cinq sens analytiques humains (je ne compte pas ici le sixième sens, l'intuition, qui est holistique) se répartissent – très inégalement – sur les trois catégories d'état :

  • La vue et l'ouïe s'attachent aux variations volumiques ou entropiques.
  • Le goût et l'odorat s'attachent aux variations eidétiques ou néguentropiques.
  • Le toucher s'attache aux variations dynamiques ou énergétiques.

Le fait que la vue et l'ouïe dominent largement notre perception du Réel, a induit une prééminence manifeste du volumique (l'espace géométrique) dans l'espace des état.

Il est par exemple clair que notre vocabulaire soit extrêmement riche et précis pour décrire des formes géométriques ou des sons (qui sont des fluctuations volumiques), mais extrêmement pauvre pour décrire des saveurs ou des odeurs (qui relèvent des dimensions eidétiques).

Pour les chiens, par exemple, c'est exactement le contraire.

 

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Tout ce qui vit, a son propre cycle de vie : naissance, croissance,; maturité, déclin et mort.

Cela est vrai pour les galaxies et les étoiles, pour les cellules et les organismes, pour les paradigmes et les civilisations.

Et tous les systèmes d'une même catégorie ont des durées de vie semblables (par exemple : entre 80 et 85 ans pour l'homo sapiens, ou de l'ordre de 550 ans pour un paradigme historique et de l'ordre de 1650 ans pour une civilisation comme l'Antiquité ou la Christianité).

 

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De Schelling :

 

"La considération des changements généraux de la Nature (…) conduit (…) à un principe commun qui (…) renferme la cause première de tous les changements (…) et la raison ultime de toute activité (…)."

 

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De Schelling :

 

"Non qu'il y ait un organisme là où il n'y a pas de mécanisme,

mais à l'inverse, là où il n'y a pas d'organisme, il y a du mécanisme."

 

Cette remarque est capitale, le mécanique n'est en fait que le niveau "zéro" de l'organique, l'échelon le plus bas sur l'échelle néguentropique des complexités.

 

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Le processus d'encapsulation, quelque mystérieux qu'il puisse encore apparaître, est crucial et fondateur de la nouvelle cosmologie qui est en gestation au-delà des modèles standards relativiste et quantique (et de leurs contradictions et incompatibilités).

 

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Ce n'est pas la logique dans l'absolu que j'attaque, mais seulement la logique aristotélicienne qui est une logique humaine de base, simpliste et idéaliste, mais qui n'est pas la logique du Réel.

Il faut regarder du côté de la logique indienne du quadrilemme fondée par Shankara (vrai et pas faux, faux et pas vrai, vrai et faux, ni vrai ni faux). Une logique du tiers-inclus qui me paraît être bien plus proche du Réel ...

Toute la tradition helléno-européenne est basée sur des binaires (vrai-faux, beau-laid, bon-méchant, juste-injuste, sacré-profane, ...) ; or la logique du Réel est toujours ternaire comme le susurre la tradition maçonnique. La cosmologie, aujourd'hui, connaît l'entropie, la néguentropie et l'énergie c'est-à-dire la dilution volumique, la construction eidétique et l'activité énergétique : trois puissances qui s'opposent et coopèrent en même temps, (comme "Force Beauté Sagesse").

 

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Le quinaire cosmologique est composé d'un binaire temporel (mémoire accumulative et intention constructive) et d'un ternaire instantané (puissance volumique, puissance eidétique et puissance dynamique) qui sont les trois moteurs de la logique processuelle. Cette logique est régulée par les deux principes de cohérence mémorielle et d'optimalité intentionnelle.

Ce ternaire peut prendre de très nombreuses valeurs que rappellent le tableau ci-dessous :

 

Puissance volumique

Puissance dynamique

Puissance eidétique

Entropie

Energie

Néguentropie

Uniformité

Activité

Complexité

Effondrement

Emergence

Encapsulation

Intégration

Transaction

Individuation

Dilution

Construction

Structuration

Motif

Itération

Opérateur

Gravifique et électrique

Magnétique

Nucléaires F et f

Vue et ouïe

Toucher

Goût et odorat

 

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Le 30/07/2020

 

Le cœur passe aussi par le ventre …

 

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Bien sûr que les individus ne sont pas égaux ; bien sûr que les ethnies, les cultures, les religions, les doctrines, les idéologies ne sont pas égales.

Il y a celles qui veulent construire ; il y a celles qui veulent dominer ; et il y a celles qui veulent parasiter.

Ce sont les trois comportements universels …

 

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De l'inégalité de tout et en tout …

 

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La philosophie des sciences possède deux versants qu'il faut s'abstenir de confondre.

D'un côté, l'épistémologie étudie le bien-fondé, l'efficacité et la véridicité des méthodes scientifiques.

De l'autre, la métaphysique cosmologique pose les principes premiers sur lesquels tout édifice scientifique peut et doit être construit.

Selon moi, ces principes premiers sont les suivants :

  • Le Réel est unique, unitaire et unifié.
  • Le Réel est fini, continu et organique.
  • Le Réel est animé par une dialectique temporelle de la rationalité entre cohérence (inertie mémorielle) et d'optimalité (accomplissement intentionnel).
  • Le Réel est animé par une dialectique permanente de l'ordonalité entre uniformité (volumique et entropique) et complexité (eidétique et néguentropique).
  • Le Réel résout ses tensions dialectiques par une dynamique processuelle dont les mouvements cruciaux sont l'émergence et l'encapsulation.

 

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L'idéalisation gomme les différentiels et ne conserve que le commun. Mais ce commun n'est pas l'essentiel. Tout au contraire : toute la richesse du Réel naît dans des détails infimes mais uniques, germes d'incroyables effets "papillon" et d'inédites émergences. L'idéalisation permet l'égalité, tant mathématique que politique ou sociale ; le Réel ne la permet jamais.

 

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Le développement de toute pensée digne de ce nom est tripolaire : intuition, rationalisation et expérimentation.

 

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Le 31/07/2020

 

La danse est, selon moi, toujours, soit une simulacre sexuel de la plus haute vulgarité (dirty dancing américain, lambada brésilienne, tango argentin, etc …), soit un exercice exaspérant de narcissisme exhibitionniste (danses classiques, primitives, collectives ou solitaires), soit les deux à la fois.

 

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De mon ami Benoît F. :

 

"Lorsque des minables attaquent des minables,

cela engendre des guerres 'inter-minables' !"

 

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Autant j'aime le rouge (vin) qui réjouit dedans, autant je hais le rouge (idéologie) qui braille dehors.

 

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Une communauté de vie est plus (ou moins) que la somme des personnes qui y adhèrent. Elle est un Tout non réductible à ses membres. La différence entre la communauté et la simple juxtaposition de ses membres, s'appelle l'égrégore communautal. Cet égrégore peut être positif (communauté constructive et accomplissante pour ses membres) ou négatif (communauté destructive et désagrégeante pour ses membres, c'est-à-dire une secte).

 

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La politique est à la sociologie ce que la technologie est à la science : le mise en œuvre des lois naturelles en vue d'une domination.

 

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Le holisme est une évidence, surtout lorsque l'on monte dans l'échelle des complexités : le Tout n'est pas la somme de ses parties.

Un livre est autre chose qu'une collection de mots ; un mets est autre chose qu'une collection d'ingrédients ; une communauté est autre chose qu'une collection d'individus ; une doctrine est autre chose qu'une collection de concepts ; etc …

Mais le non-réductionnisme (le holisme, donc) va dans les deux sens : une entité est irréductible à son système autant que le système est irréductible à ses entités. Le holisme pose que les parties qui le constituent et le Tout qui les transcendent, fonctionnent dans une relation dialectique créative qui les accomplit mutuellement. Le Tout et ses parties se construisent (ou se détruisent) réciproquement.

 

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Combien de temps encore faudra-t-il s'opposer aux inepties du "neuroscientisme" :

  • l'esprit ne se réduit pas au cerveau,
  • l'esprit est coextensif et consubstantiel au corps tout entier,
  • le cerveau est un hologramme de l'esprit, mais il n'est pas l'esprit,
  • chaque cellule, chaque tissu, chaque organe contribue à toutes les dimensions de l'esprit,
  • le cerveau n'est qu'un organe parmi tous les autres : un organe nerveux qui n'est qu'un standard téléphonique, une plateforme de logistique informationnelle.

 

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L'économie est un processus enraciné dans les atavismes humains (leurs histoires, généalogies, cultures, etc …) et visant leur réplétion dans toutes les dimensions de leurs besoins ou de leurs souhaits.

L'économie trouve son chemin processuel dans des dialectiques permanentes avec des territoires (des ressources, des infrastructures, des relations, des échanges, etc …) et avec des règles pratiques (juridiques, sociologiques, noologiques, politiques, idéologiques, technologiques, etc …).

 

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Les mathématiques ne sont pas une science ; elles sont un langage conventionnel, forgé sur un lexique axiomatique et une syntaxe logique.

Les mathématiques, en tant que langage, n'ont de sens et de valeur que pour exprimer autre chose qu'elles-mêmes.

Autrement dit : les mathématiques doivent être, seulement et intégralement, au service du Réel tel qu'il est (c'est-à-dire fini et continu, où rien n'est ni nul, ni infini, et où rien n'est ni vide, ni disjoint de quoique ce soit), et non au service des délires mathématiciens sans utilité pratique.

 

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La théorie des ensembles est de la pure masturbation mathématicienne qui ne sert strictement à rien, mais qui embrouille tout quant aux applications pratiques des mathématiques, notamment en physique théorique.

 

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Rien n'est plus artificiel que la théorie des nombres. Dans le Réel, il n'existe que des nombres réels dont la cardinalité est infiniment infinie (par exemple, il y a une double infinité d'entiers et, entre deux entiers, il y a des infinités de réels). Il est donc évident qu'il y aura toujours moyen d'inventer une propriété totalement artificielle et farfelue (par exemple d'être "premier" ou "rationnel", etc …) dont jouira un sous-ensemble de l'ensemble des réels.

 

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Dans le Réel, les trois axiomes de la logique aristotélicienne (identité, non-contradiction et tiers-exclus) sont déniés. Plus profondément, les notions mêmes de "vrai" et de "faux" n'ont pas de sens : tout ce qui existe est "construit" ; il n'y a pas d'objets ou de faits distinguables ou distincts, cernables ou isolables, fixes et objectivables, il n'y a que des processus qui sont ce qu'ils sont et qui se construisent de façon, à la fois, holistique et erratique, tensorielle et émergentielle, indéterministe et stochastique, créativiste et opportuniste.

La logique aristotélicienne est une idéalisation simpliste du Réel qui passe à côté de l'essentiel : de la Vie cosmique.

La Vie n'est jamais réductible à du "vrai" et à du "faux" : il y a seulement des possibles, plus ou moins possibles selon les circonstances.

 

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Logique constructiviste …

Le problème n'est pas de savoir si A est vrai ou faux.

Le premier problème est de savoir si A existe ou pas dans le Réel.

S'il existe, la question de la véracité ne se pose pas.

S'il n'existe pas, alors le second problème est :

  • de démontrer qu'un processus P construisant A est possible,
  • de voir si la logique interne de P est imaginable en cohérence avec la réalité du Réel.

Si ces deux conditions sont satisfaites, alors A est possible et c'est tout ce que l'on peut en dire.

 

[1] Extrait d'un article anonyme d'Atlantico

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NOUVEAU (depuis ce 2/1/2020): Le Tome 22 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).