Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Avril 2019

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/04/2019

 

De Linda Williams, professeur d’études cinématographiques à Berkeley :

 

"Historiquement, les Américains ont toujours eu un rapport complexe avec la libido (…). Le puritanisme religieux hérité des pères fondateurs règne encore."

 

De même les Musulmans ! Et comme par hasard, ce sont ces Américains et ces Musulmans qui emmerdent le monde entier avec leurs phantasmes débiles de "pureté".

 

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D'Anaïs Nin :

 

"Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont.

Nous les voyons telles que nous sommes."

 

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De Brice Couturier :

 

"Ce sont les médias numériques qui sont en phase avec le populisme (…). Ils permettent de court-circuiter les médias classiques. La presse imprimée exige le développement logique des arguments, le respect des faits, la cohérence intellectuelle. Les réseaux sociaux s’en moquent. Ils encouragent la polarisation (j’aime ou je déteste), l’irrespect des formes et la violence verbale. Au règne du structuré et du construit, ils opposent leurs phénomènes de coalescence instantanés, mais fugaces. Et c’est beaucoup à cause de leur montée en puissance que nous affrontons l’une des pires crises que la démocratie a connues."

 

Les réseaux sociaux montrent et démontrent les limites du suffrage universel : laisser la parole à la majorité crétinisée, c'est prôner la dictature imbécile d'un crétinisme majoritaire.

Le bêtise et l'ignorance populaires n'ont jamais été des sources d'intelligence et de sagesse.

 

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De François Introvigne :

 

"Et si on permettait aux retraités d’améliorer leur pouvoir d’achat et leur retraite en favorisant la poursuite de l’activité ? Beaucoup d’entreprises réembauchent comme consultants leurs anciens ingénieurs et techniciens. L’industrie nucléaire a été obligée d’avoir recours à 'ses' retraités pour développer ses nouveaux réacteurs ... Mais aussi, L’Oréal, Safran, Airbus ou Thales."

 

C'est l'évidence même. L'allongement de l'espérance de vie et la baisse de fécondité nette implique nécessairement l'allongement de la vie active si l'on veut préserver le PIB donc le pouvoir d'achat et la paix sociale. De plus, les humains n'étant pas égaux entre eux, ils ne sont pas interchangeables et l'ignorance crasse des jeunes générations ne fera rien pour résoudre les énormes problèmes d'embauche que connaissent les entreprises actuelles qui devront garder plus longtemps leurs collaborateurs expérimentés et compétents.

 

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La populace est stupide : moins elle a à dire, mieux ça se passe.

La populace est violente ; moins elle a à dire, plus elle casse.

L'antidote à la violence est la démocratie.

L'antidote à la stupidité est l'aristocratie.

Pour sortir de l'impasse et éviter les pièges des démagogismes et populismes : la stochastocratie (tirage au sort) technocratique (parmi les hyoer-compétents).

 

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Il faut inventer une éthique de l'œuvre (une éthique des devoirs contributifs) au-delà de l'éthique de la personne (une éthique des droits existentiels).

N'a de droit que celui qui assume ses devoirs de contribution.

 

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Les mâles américains et musulmans ont un profond problème avec la libido et la sexualité, qui les amène à un machisme primaire et les empêche de voir une femme autrement que comme une sainte (la mère, l'épouse) ou comme une pute (de la viande à baiser).

Et les femmes, tant américaines que musulmanes, jouent ce jeu : de 15 à 25 ans, elles jouent de tous leurs charmes pour se trouver un mari  (ou plutôt, un père pour leurs gosses) ; à partir de 30 ans, elles sont obèses et acariâtres.

D'où leur vient donc, à tous, cette tare manifestement héréditaire ? De leur éducation et de leurs relations d'enfant avec leur mère (frustrée et pudibonde, puritaine et moralisante).

 

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En France, la plupart des gens croient que l'argent est fabriqué par l'Etat, à la demande, sans contrepartie, et que la seule question est de le distribuer soit aux riches, soit aux pauvres selon qu'on est de droite ou de gauche.

Il est peut-être plus que temps que l'on apprenne l'économie aux Français et qu'ils comprennent, par exemple, que pour partager un gâteau, il faut qu'il y ait un gâteau, vrai produit du vrai travail.

Trois chiffres : 50% des ménages français ne  paient pas d'impôts ; 35% des français qui sont salariés (je n'ose pas dire "qui travaillent") sont des fonctionnaires ; la dette nationale est de loin supérieure au PIB national.

Cela s'appelle du suicide socioéconomique.

 

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Elle est curieuse - et passablement ridicule - cette obsession de Levinas à vouloir fonder la réalité humaine profonde sur une éthique de la relation sociale directe à autrui (le "visage" de l'autre), sur ce refus obsessionnel de voir autrui comme "objet" du monde au même titre de tout ce qui existe, moi-même y compris.

La posture de Levinas est totalement "hors sol", incapable de voir le Tout comme Un, obnubilé de sortir l'humain du Réel et de le fonder comme réalité en soi.

Levinas "vend" une idée ridicule : celle que la personne humaine possèderait une réalité en soi, qu'elle ne serait pas, comme tout le reste, le pur produit du processus cosmique en général et de son propre processus phylétique en particulier.

Il s'agirait, pour lui, de donner, à chaque humain, un être-en-soi qui n'existe nulle part : chaque humain, comme tout ce qui existe, n'est qu'une vague éphémère et sans consistance ni signification, à la surface de l'Océan.

Levinas est, sans doute, le point d'absurdité extrême de la coalescence de la phénoménologie, de l'humanisme et de l'existentialisme.

Il se dit grand lecteur de la Torah, mais y néglige l'essentiel. Par exemple, quand dans le Genèse, au moment où Adam qui a mangé le fruit de l'Arbre du Milieu, entend Dieu lui dire : "Adam, où es-tu ?", Levinas ne sais pas que la seule réponse est : "Nulle part", et que ce "nulle part" "est l'essence la plus profonde de ce qu'ailleurs il a été nommé : "la crainte de Dieu".

Le seul "Visage" au sens de Levinas, est celui du Divin, du Tout-Un, du Réel ; il n'y en a aucun autre.

Exit Levinas !

 

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Lorsqu'on parle des "Lumières", on parle, en fait, des lumières de la Raison comme libération et opposition radicales à la pensée préexistante. Comme libération de toutes les croyances (ce qui ne serait pas démontré "rationnellement", serait faux) et comme opposition à toute les formes de la Foi (sans s'apercevoir que la foi en la Raison n'est qu'une Foi comme les autres).

Et ce qu'on appelle "Raison", au 18ème siècle, n'est que la suite logique du doute méthodique et de la Tabula rasa de Descartes. Il faut tordre le cou à cette "Raison" qui n'existe pas et qui ne signifie rien.

Lorsque l'on prétend construire un édifice parfaitement "logique" ou rationnel, il faut rappeler trois principes essentiels :

 

  1. Il n'existe aucun édifice logique sans qu'il y ait pose de postulats préalables, logiquement indémontrables, qui sont de purs actes de Foi ;
  2. Pour construire "logiquement" cet édifice, il faut choisir "une" logique qui peut-être aristotélicienne ou pas (ce choix n'est pas logiquement fondable) ;
  3. Au sein de tout édifice logique, le théorème d'indécidabilité et d'indémontrabilité de Gödel s'applique.

 

Ces trois principes réduisent à néant toute velléité d'établir une Raison absolue et triomphante.

En fait, ce que l'on appelle "raison" n'est qu'une des modalités de fonctionnement de l'intelligence humaine ; seule, elle ne peut rien ; elle ne devient efficiente qu'en dialectique permanente avec les autres facultés mentales, toutes gouvernées par un principe de cohérence globale (et non de vérité analytique).

Toute la philosophie de Schelling et de Hegel est une tentative herculéenne de dépassement de cet horizon rationaliste aussi artificiel que bouché. Il s'agit alors de redéfinir, contre Descartes et les "Lumières", une rationalité (qui sera galvaudée et ironisée sous le nom de "romantique") fondée sur la cohérence globale et non sur la déduction "logique" (laquelle ?).

Le grand principe leibnizien de la "raison suffisante" balaie le nombriliste "cogito" cartésien.

 

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Même si le vocabulaire de l'époque et la tradition académique parlaient d'idéalisme (certes, allemand), à propos de la pensée de Schelling (dans sa maturité, celle de la Naturphilosophie) et de Hegel, il est nécessaire, aujourd'hui, de laisser le vocable "idéaliste" à la doctrine qui va de Pythagore et Platon, à Kant, et de parler de "spiritualisme" (prééminence et antériorité de l'Esprit sur tout le reste qui existe) pour qualifier les philosophies de l'âge romantique allemand (spinoziste et moniste) qui n'ont rien (tout au contraire) d'ontiquement dualiste.

 

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De Schelling, en mémoire de Caroline, sa jeune épouse défunte :

 

"Me voici abasourdi, abattu jusqu'aux tréfonds et encore incapable de saisir ma détresse (…). Il me reste l'éternelle douleur que seule la mort éteindra, douleur à jamais adoucie par le souvenir de ce bel esprit, de cette âme combien noble, du cœur le plus intègre, que naguère je puis dire mien au sens plein du terme. Mon éternelle gratitude accompagne cette femme magnifique jusque dans sa tombe prématurée. (…) Elle est maintenant libre et je le suis avec elle (…). Je promets de vivre et agir désormais pour ce qu'il y a de plus haut, aussi longtemps que je le pourrai. Accomplir l'œuvre que nous avons commencée est peut-être la seule raison que nous ayons de continuer à vivre, maintenant que tout nous a été pris en ce monde (…)."

 

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Le 03/04/2019

 

Le plus important des critères permettant de détecter toutes les formes d'Intelligence Amplifiée, c'est la totale absence de bon sens.

D'où cela vient-il ? Du simple fait que l'IA est totalement incapable d'appréhension holistique d'une problématique, d'une situation ou d'un contexte. N'oublions jamais qu'un programme informatique, quel qu'il soit et quel que soit son degré de complication, ne peut qu'être analytique que ce soit sur le plan objectal (l'informatique classique) ou sur le plan processuel (l'informatique algorithmique).

Un système-expert est globalement très stupide face à la complexité réelle d'un monde, quel qu'il soit.

En gros, un système d'IA peut exceller comme spécialiste sur un domaine très restreint, mais sera toujours nul en tant que généraliste là où est indispensable la transdisciplinarité, l'intuition, la vision globale, la perception holistique, etc …

 

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Je crois que la révolution numérique va bigrement déplacer le centre de gravité des activités spécifiquement humaines. Mais le problème le plus aigu, lié à ce déplacement, est que toutes les tâches habituelles et banales vont être prises en charge par des robots ou de systèmes-experts.

Le monde qui vient ne sera plus le fruit du clivage matériel entre riches et pauvres, mais celui du clivage immatériel entre talentueux et médiocres.

Le monde qui vient ne laissera plus aucune place à la médiocrité humaine. C'est sans doute cela que ressentent, confusément, les mouvances de types populistes ou "gilets jaunes" (ce qui est, au fond, pléonastique).

 

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Il est flagrant que nos contemporains sont de plus en plus incapables de distinguer le court terme du long terme et, comble de bêtise, jouent l'un contre l'autre. Le plus bel exemple est celui-ci : l'appel à la croissance économique pour le sauvetage des pouvoirs d'achat et des niveaux de confort actuels implique une accélération du suicide collectif du monde de nos petits-enfants. Il en est des milliers d'autres : l'obstination des systèmes éducatifs de former à tour de bras des jeunes pour des métiers à la mode qui n'existeront plus dans dix ans. Ou encore : l'acharnement de l'aide humanitaire un  peu partout alors que la croissance démographique est proprement létale.

 

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Le paradoxe de Karl Polanyi :

 

"Nous savons davantage que nous ne pouvons exprimer."

 

Tout le perçu ou le su, n'est pas dicible.

 

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La vraie question sur l'avenir du monde face au numérique est celle-ci : l'holistique et l'analytique vont-ils cohabiter et illuminer la vie de toutes les complexités, ou la paresse , le confort et la facilité vont-ils tout sacrifier à l'algorithmique et appauvrir le monde jusqu'à le rendre totalement algo-compatible,  c'est-à-dire sans surprise et sans charme.

 

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Le 04/04/2019

 

L'anti-démocratisme, l'hyper-capitalisme et le macro-mercantilisme ont clairement sauvé la Chine entre 1978 et 2019, soit entre Deng-Xiaoping et Xi-Jinping, d'une mort assurée dans les boues nauséabondes du communisme maoïste.

Un travail herculéen a été réalisé qui impliquait le sacrifice global, sur tous les plans, de toute une génération de Chinois.

La Chine est aujourd'hui un immense colosse aux pieds d'argile auquel se pose deux questions :

  1. celle de l'écologie qui a payé le prix fort pour ce redressement : des investissements pharaoniques ont commencé en ce sens pour rendre sa belle Nature au pays de son amoureux le plus transi : le Taoïsme ;
  2. celle de la continuité de la dictature actuelle dont la puissance de coercition s'accroît chaque jour au fur et à mesure que grimpe l'opposition à cette emprise politique de plomb.

Autrement dit, l'effort est fait et est un succès ; la Chine peut redevenir "normale", à l'égal des autres nations civilisées et développées du monde humain.

 

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Très salubrement, on assiste aujourd'hui - enfin - à un retour en force des thèses malthusiennes quant à l'avenir de l'humanité. Sans accepter les thèses collapsologistes et les pires scénarii d'effondrement, ce retour malthusien est non seulement légitime, mais il est aussi indispensable.

La viabilité de l'humanité sur Terre dépend de quatre paramètres :

  1. Premier paramètre : la démographie humaine qui évalue le nombre de consommateurs vivants et qui évolue selon deux paramètres :
    1. la fécondité nette qui mesure le nombre moyen d'enfants par vie de femme (ce nombre varie de 1 à 9 selon les régions, mais recule doucement partout) ;
    2. l'espérance moyenne de vie qui, en moyenne augmente sur la planète mais qui diminue déjà dans les pays développés pour cause d'obésité, de diabète, de maladies auto-immune, de cancers liés aux pollutions et empoisonnements domestiques, etc …
    3. La conjonction de ces deux paramètres induit une baisse de la population humaine après 2050 (où elle culminera autour des 10 milliards) pour atteindre, vers 2100, 7 milliards environ (ce qui est encore cinq milliards de trop, nous le verrons).
  2. Le deuxième paramètre : la réserve de ressources nécessaires pour couvrir les besoins de cette population humaine ; il faut ici distinguer ce que l'on appelle les ressources renouvelables et les ressources non renouvelables ;
    1. les ressources non renouvelables proviennent de la Terre qui les a produites et accumulées pendant 4 milliards d'années :
  1. elles sont soit inertes : eau, roches, charbon, minerais métalliques, pétroles, gaz hydrocarburés, argiles, kaolins, ciments, terres arables (qui diminuent rapidement tant en surface qu'en fertilité) …
  2. soit vivantes : toutes les espèces vivantes où nous puisons sans vergogne et dont la biodiversité tant végétale qu'animale s'effondre, sans oublier les indispensables forêts (productrices de l'oxygène que nous respirons), sans oublier non plus les insectes pollinisateurs sans lesquels il n'y aura plus ni fruits ni légumes dans nos assiettes, etc ….
  • 80% du stock total des ressources non-renouvelables contenues dans la Terre, ont été consommés entre 1850 et 2000 avec une accélération terrible depuis 1985 et une baisse spectaculaire des découvertes de nouveaux gisements exploitables.
    1. les ressources renouvelables cristallisent aujourd'hui les illusions et mythes de la "transition", mais, dans les faits, cachent sournoisement que pour transformer un "carburant gratuit" de très mauvaise qualité entropique (le vent la lumière solaire, par exemple) en électricité utilisable au bon moment, il faut des machines travaillant avec un très mauvais rendement thermodynamique (ce rendement n'est bon qu'avec des "carburants" de haute qualité entropique) ; de plus, ces machines requièrent l'utilisation exclusive de quantité pharaoniques de matériaux non-renouvelables et non-recyclables (le meilleur exemple en est ces absurdes et monstrueuses éoliennes qu'EDF et des politiques débiles imposent, aujourd'hui, aux paysages et aux portefeuilles des contribuables et qui seront abandonnées dans deux décennies au plus). Sans entrer dans le détails, l'indice thermodynamique TRE (taux de rendement énergétique) montre que toutes les filières dites "renouvelables" ou "douces" (éolien, photovoltaïque, hélio-concentration, etc …) ont un TRE inférieur à 7 c'est-à-dire inférieur au seuil d'utilisabilité durable ; bref, ce sont des gadgets technologiques, idéologiquement correct, mais économiquement inutilisables.
  1. Le troisième paramètre : la consommation humaine (sans oublier les désastreuses calamités collatérales de cette consommation). Lorsqu'il n'y aura plus du tout de ressources non-renouvelables disponibles et/ou accessibles, l'humanité entière devra se contenter de vivre exclusivement sur les ressources dites renouvelables et accorder sa propre évolution au taux de renouvellement desdites ressources. Aujourd'hui, tout confondu, les ressources renouvelables (c'est-à-dire des dérivés de la trop entropique énergie solaire pour 94%) satisfont seulement 15% des besoins humains actuels et, par simple application du principe de Carnot et de son rendement maximal indépassable, elles ne pourront pas satisfaire plus de 20% des besoins actuels. Cela signifie deux choses :
    1. le premier paramètre d'ajustement est la population humaine totale sur Terre : aujourd'hui, il y a 80% d'humains en trop sur Terre et il faut donc que la démographie humaine globale redescende et se maintienne sous la barre des 2 milliards d'âmes (c'était la population mondiale en 1926) ; en gros, nous avons deux siècles pour réussir cet atterrissage en douceur (si nous ne le faisons pas sérieusement, ce seront les catastrophes naturelles ou guerrières qui le feront) ;
    2. l'autre paramètre d'ajustement est la consommation moyenne de ressources par tête qui est, aujourd'hui, dans beaucoup de continents (Amérique du Nord, grande Chine, grande Inde, Amérique du Sud et Europe), beaucoup trop élevée. Il s'agit donc d'accepter d'urgence ce fait simple que nous sommes déjà en pénurie de presque tout, et que nous devons discipliner radicalement nos modes de vie afin d'instaurer une grande frugalité "tous azimuts" : en tout, il faut faire MOINS, mais MIEUX, cultiver la décroissance matérielle et quantitative, compensée par une réelle croissance immatérielle et qualitative.
    3. Ces deux paramètres d'ajustement doivent être activer constamment et conjointement car l'un sans l'autre est insuffisamment puissant.
  2. Le quatrième paramètre : la technologie est béatement regardée, aujourd'hui, par les ignorants, comme la grande salvatrice de nos conforts et habitudes consommatoires : on nous dit que lorsqu'il n'y aura plus grand' chose, la technologie en fera des miracles (souvenir, sans doute, de la multiplication des pains et des poissons selon l'Evangile). Trois considérations fondamentales peuvent être faites quant à l'évolution technologique :
    1. la technologie, quoique puisse en penser l'orgueil humain, est totalement soumise aux lois de la physique pour lesquelles "il n'y a jamais de miracles" : les lois de conservation sont telles que tout ce que l'on construit ici, implique de la destruction ailleurs, et à plus forte dose (tous les rendements de transformation doivent être inférieur à 1 ; c'est le second principe de la thermodynamique) ;
    2. L'histoire de la technologie montre que la quasi-totalité des techniques mésoscopiques - qui concernent et fondent le monde humain - ont déjà adopté presque toutes les améliorations possibles et qu'il n'y a plus de gros progrès à attendre de ce côté ; tout progrès futur sera très petit, mais nécessitera de très gros efforts … somme toute inutiles.
    3. la technologie de résout jamais les problèmes ; elle les déplacent : pour les voitures, passer des moteurs thermiques à essence aux moteurs électriques diminuent les émission de gaz de carbone en ville, certes, mais nécessite le quasi doublement du nombre des centrales électriques (nucléaires, au charbon, au gaz, etc …) à la campagne ; de plus, ces mêmes véhicules électriques exigent des piles et batteries de stockage qui sont des catastrophes écologiques (elles impliquent la mise en œuvre de produits chimiques à la fois extrêmement nocifs et terriblement rares). En toutes ces matières, le leitmotiv doit radicalement changer : non pas produire autrement, mais consommer beaucoup, beaucoup moins !

On le voit, l'ensemble de ces quatre paramètres permet de dessiner quelques scénarii de sortie dont l'effondrement "maximal" est un des possibles. Mais jamais le pire des possibles n'est certain pour autant que les humains entrent en lucidité et cessent de croire aux mythes et aux miracles ; pour autant qu'ils sachent que la "solution" ne viendra jamais ni de l'Etat, ni des "autorités", ni de la Loi. Il faut apprendre rapidement à sortir du paradigme actuel (celui de la modernité) et construire un nouveau paradigme radicalement différent qui se constituera, peu à peu par concrétions successives des initiatives que chacun prendra pour vivre autrement dans son monde.

Il faut entrer dans une logique de la responsabilité personnelle : ce que chacun ne fera pas dans son propre monde, à sa propre mode, personne ne le fera à sa place … et ceux qui paieront ces paresses, ce seront nos enfants et nos petits-enfants.

 

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Ce que l'on nomme "autisme" se spécifie, généralement, par cinq caractéristiques récurrentes :

  1. le goût du silence et le dégoût du bavardage,
  2. le goût de la solitude et le dégoût de la socialité,
  3. le goût de l'intelligence et le dégoût de la stupidité,
  4. le goût de l'intériorité et le dégoût de l'extériorité,
  5. le goût de l'indifférence et le dégoût de l'émotivité.

L'autiste vit sa vie à l'intérieur de lui-même et s'intéresse très peu à autrui.

L'autisme n'est ni une maladie, ni un handicap, mais il relève au contraire de l'émergence d'un humain supérieur, libéré de la socialité et de la médiocrité qui l'accompagne.

L'autisme n'est considéré comme pathologie qu'en regard de critères (surtout américains) liés à l'apologie artificielle et conventionnelle de la socialisation des comportements (convivialité, empathie, pitié, socialisation, communication, camaraderie, fête, amusement collectif, etc …).

Il me paraît clair qu'au vu de ces cinq caractéristiques, l'humanité n'a d'avenir qu'en devenant toujours plus autiste.

Selon ces mêmes critères, je me considère résolument comme autiste (de type Asperger) !

Il ne faut pas néanmoins négliger les formes extrêmes de l'autisme (de l'asocialité radicale) qui, elles, peuvent devenir dramatiques, traumatisantes et destructrices et ce, selon deux voies :

  1. le fait que l'autiste est incompris et rejeté par la société environnante qui, elle, attend des comportements sociaux qui ne l'intéressent pas ; cette incompréhension et ce rejet peuvent conduire à l'amplification du repli total sur soi ou au suicide.
  2. le fait que l'enfant autiste refusant toute forme de contact avec le monde extérieur, s'exclut des processus d'apprentissage du langage, de la culture et de la morale en vigueur autour de lui ; il devient alors totalement incapable de "vivre au monde".

 

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Le 07/04/2019

 

De mon complice Luc B. :

 

"Le vide intérieur est la condition de l’hyperconsommation. (…)

L’Ego est un outil indispensable de réussite sociale et un toxique de la réussite personnelle. (…) "

 

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Les trois traits horizontaux, symbole du shivaïsme, forment la tripundra qui pointe les trois obstacles à la libération : Anava (l’Ego), Karma (le Gain), Maya (l’Illusion).

Ces trois traits n'en forment qu'un, au fond, car l'Ego et le Gain sont des Illusions, l'Illusion et le Gain nourrissent l'Ego, et l'Illusion et l'Ego fabriquent le Gain.

 

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De Platon :

 

"La perversion de la cité commence avec la fraude des mot."

 

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De Patrick Tudoret :

 

" Il y a aujourd’hui encore plus de sophistes, de démagogues et autres 'complotistes' qu’au temps d’Alcibiade ou de Démosthène car les médias de masse ou les médias dits sociaux sont pour eux des chambres d’écho sans précédent. (…) La philosophie occidentale a trop longtemps été du côté de la déconstruction. Il est grand temps de rebâtir et l’Homme dispose pour cela de trois armes de construction massive: l’amour, l’art et le sacré. Le savoir, la science, sont indispensables, bien sûr, mais ne sont que des outils."

 

Oui, Monsieur Tudoret, à ceci près que vous confondez malheureusement la science et la connaissance qui relèvent de l'art, et la technique et les savoirs qui, eux, ne sont que des outils.

 

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Parallèlement à la triste confusion entre science et technique, il en est une autre, ravageuse : celle entre économie et mercantilisme.

 

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Le 08/04/2019

 

Le travail salarié, c'est bon pour ceux qui n'ont rien à faire de leur vie ...

 

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De plus en plus de jeunes (de 25 à 35 ans) décident de "ne pas perdre leur vie à la gagner" (cfr. Boris Vian).

Rien de neuf sous le soleil ! Des jeunes qui, parce que sans attaches, croient qu'ils sont sans contraintes. Le "travail" qu'ils refusent ou rejettent, c'est le travail salarié ; et je leur donne totalement raison. Mais leur "oisiveté frugale" dûment choisie, vire rapidement au parasitisme éhonté. L'équation de vie est très simple : le rejet des contraintes sociétales n'est possible que dans une vie totalement solitaire, qu'elle soit individualiste (nombrilisme) ou personnaliste (spiritualisme). La vie de bohème n'est possible que solitaire, sans conjoint (même en couple, elle est difficile car elle devrait être totalement partagée ce qui n'est jamais le cas longtemps) et, bien sûr, sans enfants.

Ce qu'il faut retenir des multiples études sur ce thème, c'est moins le goût de l'oisiveté que le dégoût du travail salarié. Voilà la vraie nouvelle donne sociétale que je proclame depuis longtemps : "Ne chercher plus du travail, créez-le". Tous free-lances, tous indépendants, tous entrepreneurs. Il faut comprendre que nous vivons la fin du salariat, du droit prudhommal, de la sécurité sociale, des pensions de retraite, etc …

 

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Il me faut reprendre un notion évoquée juste ci-dessus : " (…) une vie totalement solitaire, qu'elle soit individualiste (nombrilisme) ou personnaliste (spiritualisme) (…)", afin de bien comprendre que le rejet de la socialité peut prendre deux directions radicalement différentes à savoir : celle du nombrilisme narcissique purement égotique que l'on appelle, généralement, l'individualisme … et celle du choix d'une vie purement intérieure en quête de spiritualité profonde que l'on peut appeler (en dépassant Emmanuel Mounier, j'en conviens) le personnalisme.

 

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De Marguerite Bérard :

 

"Si vous pensez que c’est dur pour vous mais que cela sera mieux pour vos enfants, vous ne perdez pas foi dans l’avenir. Si, au contraire, vous estimez que vos enfants vivront moins bien que vous, alors vous commencez à douter, à craindre le lendemain, avec le risque de chercher des boucs-émissaires."

 

C'est là tout le fondement des mouvances et factions populistes ("gilets jaunes" inclus) : nostalgie et ressentiment … avec un gros zeste d'antisémitisme et de xénophobie pour faire bonne mesure.

 

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Lorsqu'un migrant illégal débarque dans un pays lointain, il n'a, pour survivre, que trois possibilités :

 

  1. vivre aux crochets de ses congénères déjà installés là-bas (ce qui ne dure guère longtemps),
  2. parasiter tous les "systèmes sociaux" du pays et "traire les vaches à lait",
  3. se livrer à des trafics aussi divers que variés.

 

Il convient donc de renforcer les contrôles aux frontières et de refouler les illégaux, de cesser toutes les formes de "charité publique" (le fonds de commerce de la bien-pensance catho-socialo-gauchiste) et de développer la lutte policière contre tous les trafics (les zones de non-droit commencent à pulluler dans les quartiers à forte concentration d'immigrés).

Je ne suis pas contre les migrations. Je suis pour les migrants utiles et acceptés, et je suis contre les migrants illégaux.

 

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De Georges Bernanos (in : "Les grands cimetières sous la lune" - 1937) :

 

"La colère des imbéciles m'a toujours empli de tristesse, mais aujourd'hui elle m'épouvanterait plutôt. Le monde entier retentit de cette colère. Que voulez-vous ? Ils ne demandaient pas mieux que de ne rien comprendre, et même ils se mettaient à plusieurs pour ça, car la dernière chose dont l'homme soit capable est d'être bête et méchant tout seul (…). Ne comprenant rien ils se rassemblaient d'eux-mêmes, non pas selon leurs affinités particulières, trop faibles, mais d'après la modeste fonction qu'ils tenaient de la naissance ou du hasard et qui absorbait tout entière leur petite vie."

 

Quelle magnifique analyse et description des … "gilets jaunes" et des populistes.

 

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Malgré mon amour fraternel indéfectible pour Nietzsche et parce que celui-ci me semble par trop anthropocentrique, Schelling est, sans doute, le philosophe moderne dont je me sens le plus proche : panenthéisme ou cosmothéisme, immanentisme, processualisme, intentionnalisme, … tout y est déjà.

Hegel, son ami-ennemi, est de la même veine, mais tellement abstrus et également trop anthropocentrique.

 

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J'aimerais forger un mot clair qui se définirait comme "étude du Réel en tant que Réel".

Le mot "ontologie" me gène car il parle de l'Être qui n'existe pas et point du Devenir qui seul existe.

Le mot "théologie" me gène aussi puisqu'il pointe vers un Dieu personnel bien plus que vers le Divin impersonnel.

Le mot "métaphysique" a perdu sa précision et sa force dans les débats kantiens et postkantiens du 20ème siècle.

Le mot "hénologie" me plait bien mais il se concentre sur l'étude de l'Un sans inclure l'Un-en-Devenir.

Le mot "cosmologie" me plairait beaucoup, mais il a été phagocyter par les physiciens pour en faire une branche de leur science et non la faîtière de toutes les sciences.

En latin, "réel" se dit verus et "réalité", res ("chose" qui existe). En grec, le "réel" est gégonos (ce qui arrive ; du verbe guignomaï : "naître") ou pragmatikos (ce qui existe en tant que "chose") : seules les racines gégonos ou guignomaï pourraient être utilisées car elles ne concernent pas les "choses" et se concentrent sur ce qui arrive, sur ce qui naît, sur ce qui advient. On pourrait forger "gégonologie" … mais le mot sonne bizarrement.

Derrière le verbe guignomaï, on trouve la racine substantive : génos ("naissance, origine, âge, lignée, …") qui a déjà donné "généalogie" et qui pourrait donner, avec risque de confusion, "génologie" …

Même si son étymologie est un peu "trafiquée", le mot "gonologie" est sans doute celui qui me déplairait le moins : l'étude du Réel en tant qu'il advient (étude que Schelling et Hegel ont fondée et que Nietzsche a poursuivie avant Bergson et Teilhard de Chardin).

 

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Schelling instaure une différence notoire entre les "philosophies logiques" qui parlent de l'Être et de ses structures, et les "philosophies historiques" qui parlent du Devenir et de ses processus.

Ce distinguo est essentiel : tout est processus en marche tant la Matière, la Vie ou l'Esprit, que le Divin qui en est la source unique ou que l'humanité qui n'en est qu'un avatar anecdotique.

 

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L'élaboration de la philosophie est un processus trimillénaires ayant connu quelques grandes bifurcations (l'après Socrate, l'après Descartes, l'après Kant, l'après Nietzsche, etc …) ; elle est un édifice qui se construit au fil des siècles avec des salons somptueux, des appentis et des remises délabrées, de long corridors obscurs, des baies lumineuses, des clochetons très élevés et des combles poussiéreux, des caves où vieillit le bon vin et des fondations qu'il faut surveiller de près …

Cet édifice possède un jardin, aussi, parfois à la française, parfois à l'anglaise, parfois en friche, avec ses grands arbres et ses massifs fleuris, ses bassins où l'on se noie et ses fontaines où l'on s'abreuve. Loin des allées vastes et belles, dans les coins sombres, sous les grands arbres qui les cachent, on découvre parfois l'un ou l'autre pavillon, interdit au public, fermé à clé, persiennes baissées où quelques initiés s'infiltrent nuitamment …

Ce beau domaine est en chantier perpétuel ; jamais il ne sera achevé.

 

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Affirmer la "liberté de l'Esprit" … Jean Scot Erigène, Joachim de Flore, Lessing, Schelling.

 

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Aller voir d'urgence sur le site https://jerusalem.consulfrance.org/ pour comprendre que le consulat de France à Jérusalem est un groupuscule pro-islamiste, pro-salafiste et pro-terroriste.

 

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Ce que l'on appelle "chosification" ou "réification" traduit, en fait, un passage du Devenir à l'Être, du processus à l'objet, de l'advenir à l'illusion.

 

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Le 09/04/2019

 

D'Erwan Le Noan :

 

"Les Français perçoivent ce que les élites ignorent : l’Etat Providence est dans une situation d’échec lamentable depuis des années."

 

Le "grand débat" aboutit à des injonctions contradictoires : plus de liberté (moins d'Etat, moins d'impôts, moins de normes, règlements, formalismes, …) et plus de sécurité (plus de "providence").

Décidément, les Français ne comprennent rien au B-A BA de la réalité économique : le beurre et l'argent du beurre. Il est peut-être temps que les Français (mais pas qu'eux en Europe) sortent de l'infantilisme.

 

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Le départ à la retraite doit être et rester une décision personnelle où ni l’État, ni la Loi ne doivent intervenir. Le contrat d'emploi est un contrat privé entre une personne physique et une personne morale. L’État n'a pas à s'en mêler !

 

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Le 10/04/2019

 

De Nicolas Baverez :

 

"L'Europe joue aujourd'hui sa survie. Dès lors que les Etats européens ne sont plus de taille à répondre isolément aux nouveaux empires ou aux enjeux globaux du 21ème siècle, le défi consiste à réinventer l'Union autour de la souveraineté et de la sécurité. Une prise de conscience aussi salutaire que tardive se fait jour."

 

Il est plus que temps de comprendre que la notion d'Etat-Nation est surannée et doit être jetée aux poubelles de l'histoire humaine.

 

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Fin de l'éthique. Triomphe de la violence.

La barbarisation est en marche !

 

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D'Alexis de Tocqueville :

 

"Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."

 

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Le 11/04/2019

 

Un sédentaire a ses racines dans la Terre.

Un exilé a ses racines dans le Ciel.

Un nomade n'a pas de racines.

 

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Pourquoi préférer le goût de la socialité au goût de la solitude ? Et pourquoi faire de la solitude un signe ou un état négatif ?

Pourquoi confondre science (désir de comprendre et de connaître le Réel) et technique (désir de dominer et d'exploiter le Réel) ?

Pourquoi confondre individualisme (désir infantile de dominer sans frein l'extériorité) et personnalisme (désir mystique d'approfondir l'intériorité dans le silence) ?

Pourquoi refuser l'idée que la vraie vie est tout intérieure et que l'autonomie réelle puisse être cette quête de la libération de toute extériorité (donc des autres aussi) ?

Pourquoi s'obstiner à faire de la ville commerçante et de la promiscuité urbaine, les symboles de la civilisation, alors que ces modèles sont clairement dépassés ?

 

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Le 12/04/2019

 

De Néa B. :

 

"Il serait temps de comprendre que ce n’est pas en tirant le monde vers le bas et en stigmatisant ceux qui le tirent vers le haut que la situation s’améliorera. "

 

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Hier soir,  la première capsule privée israélienne s’est posée sur la lune sous le nom de B'rèshit ("Au commencement") afin de léguer une mémoire universelle de langues et de sciences … pour que le souvenir de l’Homme soit sauvegardé. Malheureusement, au dernier moment, l'alunissage a raté. Sur la capsule étaient écrit ces mots, en anglais :

 

"Israël

Small Country

Big Dreams."

 

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Sur le conseil d'une amie, sans rien y connaître, mais souffrant de lombalgies récurrentes, j'ai fait une séance d'ostéopathie, en toute inconnaissance de la chose. J'ai été pris en mains (c'est le cas de la dire) par une très jolie jeune ostéopathe nommée Alice. J'ai joué le jeu sans tricherie ni a-priori.

 

Le premier constat est que cette technique est manifestement holistique puisque les manipulations ont vite déserté les lombes pour les hanches, les épaules, de genoux, les doigts, les orteils (droits) et, surtout les masses viscérales et intestinales (avec une main dans le dos).

 

Le deuxième constat est que cette technique vise à réenclencher les multiples circulations fluidiques et nerveuses au sein de l'organisme, surtout là où elles se sont "endormies". Comme tout système complexe, à la longue, le corps prend des paresses avec lui-même et accumule, un peu partout, des zones pseudo-passives, quasi à l'arrêt, où s'accumulent des toxines diverses qui, autrement, seraient lavées par les flux somatiques s'ils étaient bien activés.

 

Le troisième constat est que l'ostéopathe remet ainsi cette masse de toxines en route dans les canaux fluidiques du corps, induit une belle intoxication globale (douleurs, nausées, céphalées, spasmes, tournis, …) pendant deux à trois jours. Désagréments qu'il faut combattre en buvant beaucoup d'eau, en jeûnant et en faisant du bon exercice (de la marche tranquille, essentiellement), afin que ces toxines libérées puissent être éliminées (par l'urine, la respiration et la suée) dans les meilleures conditions.

 

Du point de vue thérapeutique, les bienfaits de l'ostéopathie sont souvent décrits comme très discutables (l'ostéopathie est décrite par le monde scientifique comme une pseudoscience dont les résultats cliniques sont du même ordre de grandeur que l'effet placebo). J'accepte que l'on puisse parfaitement dire cela de l'homéopathie qui n'est que croyance pure et dure, sans aucun effet physique ou physiologique.

Ici, les choses sont un peu différentes : l'ostéopathie ne guérit rien … mais elle relance une hygiène vitale globale réveillant ce qui était endormi et libérant les toxines emprisonnées dans les tissus ; tout ceci, par voie de conséquence indirecte, dénoue souvent ce qui aurait été noué (contractures, nodosités, occlusions, crampes, blocages, atrophies, …) et permet "physiologiquement" - et non psychosomatiquement - de relancer une bonne dynamique viscérale, musculaire, articulaire, etc …

 

L'ostéopathie, pour moi, n'est pas une technique thérapeutique ou médicale ; elle est une technique de dynamisation et d'hygiène holistiques. (comme le sont, probablement, les approches acupunctique, ayurvédique, yogi, …).

Ce sont des approches holistiquement préventives et réparatrices des dysfonctionnements globaux, des déséquilibres internes entre zones suractives et zones sous-active, toutes basées, essentiellement sur la redynamisation globale des flux vitaux.

 

La médecine occidentale classique est essentiellement mécaniciste : le corps y est vu comme une machine composée d'organes fonctionnels construits de tissus cellulaires spécialisés, interagissant entre eux par des mécanismes de déclenchements et d'inhibitions essentiellement nerveux ou hormonaux.

Dans la réalité, le corps est un organisme unitaire et unifié, purement organique, fait à 90% d'eau, dont les aspects mécaniques sont les moins importants.

L'essentiel de la "bonne santé" relève des processus de stimulation, régulation, circulation, drainage, purification, désintoxication, …

Dans une grande usine, ce ne sont pas les postes de travail qui produisent la valeur d'utilité des produits, Il faut encore et bien plus que se développe et se maintienne le bon agencement des flux d'énergie, de matière, le courage, de compétence, de souplesse, etc … entre ces postes afin que s'y produise la bonne valeur d'utilité !

 

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Le marché des puces est dans des niches … (humour canin)

 

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Le13/04/2019

 

De Nicolas Baverez :

 

"Le modèle d’Internet est ainsi devenu insoutenable, car il aboutit à la suppression des libertés individuelles, par le contrôle étatique en Chine, par la construction de géants monopolistiques aux Etats-Unis.

Insoutenabilité pour les utilisateurs qui concluent un pacte faustien en aliénant leurs données sans protection contre une illusoire gratuité.

Insoutenabilité pour les collaborateurs des plateformes, qui sont instrumentalisés au service de projets éthiquement douteux ou réduits au statut de travailleurs pauvres.

Insoutenabilité pour les Etats, qui se trouvent contournés et privés des ressources fiscales liées à l’économie numérique.

Insoutenabilité pour la démocratie, avec l’atteinte aux droits individuels et les programmes de contrôle de la population, comme l’espace ouvert aux discours violents – des djihadistes aux suprémacistes blancs – et aux interventions des démocratures, avec les fermes de trolls et de robots russes qui ont biaisé l’élection présidentielle américaine de 2016 ainsi que les référendums sur le Brexit ou l’indépendance de la Catalogne.

 

Cinq domaines. Dès lors qu’il est démontré que l’industrie numérique ne peut ni s’autoréguler ni gérer les risques qu’elle génère par des algorithmes, l’intervention du pouvoir politique est à la fois inévitable et indispensable. Et ce dans cinq domaines.

  1. Le rétablissement de la concurrence, qui ne passe pas par la multiplication des amendes mais par le démantèlement de Google, par la cession par Facebook de ses autres messageries, Instagram, Messenger et WhatsApp, par l’interdiction du rachat systématique par les Gafam des start-up qui pourraient devenir leurs concurrents.
  2. Le partage de la valeur ajoutée et des revenus publicitaires avec les éditeurs de contenu, mais aussi avec les auteurs et les artistes, ainsi que le prévoit la nouvelle directive européenne sur le droit d’auteur.
  3. La réintégration des plateformes dans le droit fiscal et social, via la définition de règles mondiales de taxation du numérique par l’OCDE prévue pour 2020.
  4. La responsabilité des réseaux sociaux sur les contenus qu’ils diffusent et l’encadrement de la publicité politique, à l’image du projet de loi de Singapour sur les infox.
  5. Enfin et surtout, la reconnaissance du droit de propriété des personnes sur leurs données, seul à même de permettre leur protection effective.

 

Il reste à imaginer le bon modèle de régulation pour l’économie numérique, qui ne peut être remis ni à des tiers de confiance sans légitimité politique ni aux seuls Etats-nations et doit rester compatible avec l’innovation. Internet pourrait ainsi devenir le laboratoire de la gouvernance des risques mondiaux du XXIe siècle, notamment en matière d’environnement. L’Europe peut jouer un rôle décisif en proposant une alternative au marché dérégulé américain comme au totalitarisme chinois, fondée sur un Etat de droit applicable au grand marché.

 

Cette remarquable synthèse de Nicolas Baverez me convient parfaitement !

Aujourd'hui, les GAFAM ne sont que des pillards hautement organisés : des pillards de données, d'œuvres, d'idées, de marchés, de produits, de relations, de secrets, de tendances, de profils, … Ils vivent de leurs razzias permanentes et éhontées. Des pirates de haute mer devenant parfois, au gré des pavillons de grande complaisance des corsaires dûment patentés.

 

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L'immense défi métaphysique actuel revient à trancher, une bonne fois pour toutes, entre le "je" de Descartes et le "il" de il-y-a comme fondement ultime de toute réflexion philosophique. Le "je" cartésien - repris de Socrate - a aujourd'hui fait assez de dégâts dans toutes les branches de la pensée. Il est temps de jeter aux poubelles de l'histoire toutes ces doctrines aussi vaines que creuses, aussi narcissiques que nombrilistes : phénoménologie, existentialisme, subjectivisme, personnalisme, humanisme, philosophie analytique, psychologisme, idéalisme, kantisme, anthropocentrisme, monothéisme, dualisme, etc …

Une fois pour toute : tout "je" est une illusion locale dépourvue de tout être.

Tout "je" est une illusion d'interface entre l'Un absolument transcendant (englobant, contenant, unifiant, fédérant, dépassant) à tout ce qui existe (à tous les "je" qui s'en croient), le Soi absolument immanent qui fonde tout ce qui existe et l'Intention dialectique d'accomplir la plénitude du Soi dans l'Un et la plénitude de l'Un dans le Soi.

 

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Mon Divin impersonnel et ineffable est bien plus puissant que tous vos Dieux puisqu'il les réduit tous à des expressions de Lui-même et puisqu'il fait de chacun une modalité de ses propres manifestations.

 

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Certains (Patrick Cerutti, par exemple) oppose le "dogmatisme" (dissolution totale du "je" dans l'Un - cfr. Lao-Tseu, Shankara, Schelling, …) au "criticisme" (dissolution totale de l'Un dans le "je" - cfr. Descartes, Kant, Fichte, Husserl, Kierkegaard, Heidegger, …).

Si le mot "criticisme" peut éventuellement renvoyer vers Kant, je ne vois pas de bien-fondé à l'usage du mot "dogmatisme" pour désigner le monisme radical ou, plutôt, l'impersonnalisme moniste (on pourrait encore parler de cosmothéisme, de théomonisme, etc ….).

 

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Le terme "hénothéisme", forgé par Schelling, pointe un polythéisme où un seul, parmi tous les dieux, est honoré ; ainsi le judaïsme biblique, originel et orthodoxe (celui des lévites et des sadducéens, était non pas un monothéisme, mais un hénothéisme).

 

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Lorsqu'on parle, par raccourci, des "Lumières" ou de la philosophie des "Lumières", on confond, par paresse ou rouerie, trois champ de pensée radicalement différents voire singulièrement opposés. Il y a les "Lumières" allemandes de l'Aufklärung couronnée par Immanuel Kant (avec Wolff, Mendelssohn, Jacobi), il y a les "Lumières" britanniques de l'Enlightenment, héritières de Hobbes (plagié par Rousseau) et de Locke (plagié par Voltaire), portées par Hume, Smith, Bentham et Stuart Mill … et il y a les tristes "Lumières" françaises illustrées par des idéologues (Montesquieu, Rousseau, Condorcet) ou des polémistes (d'Holbach, Voltaire, Diderot, d'Alembert, la Mettrie), mais par aucun philosophe sérieux.

 

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Il me semble que tout le mouvement dit des "Lumières" n'a cherché et promu que l'émancipation radicale de "l'individu absolu" dans les deux dimensions essentielles de l'horizontalité (rejet des contraintes et pouvoirs politico-économiques) et de la verticalité (rejet des lois divines et naturelles).

Cette idée de "l'individu absolu", totalement maître de son destin et de son existence, aboutit à la terrible impasse actuelle : le refus du réel (ce que l'on est et le monde tel qu'il est) au profit de l'imaginaire (ce que l'on voudrait être et le monde tel qu'on voudrait qu'il soit).

 

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Quelques exemples flagrants de "l'individu absolu" d'aujourd'hui …

Le cas des "transgenres" (et toutes les autres formes de bovarysme) en est l'illustration la plus absurdement criante.

La mode des automutilations (piercings, tatouages, scarifications, implants, auto-amputations, brûlures volontaires, etc …) en est une autre, tout aussi absurde.

Le slogan de base est : "regardez-moi ; voyez-moi" (les "gilets jaunes" ne disent pas autre chose).

Comme s'il y avait quoique ce soit à regarder ou à voir dans le vide abyssal de ces olibrius débiles !

 

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Il existe, je pense, une tripolarité symptomatique et fondatrice de l'identité profonde de l'Europe : Allemagne, Angleterre, France ; germanisme, celtisme, latinisme ; protestantisme, anglicanisme, catholicisme ; social-démocratisme, traditio-libéralisme, socialo-étatisme ; économisme, écologisme, politicalisme ; ancrage forestier, maritime, paysan ; etc …

Il faut, vitalement, maintenir cette tripolarité à l'Europe de demain !

 

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Le 14/04/2019

 

D'Eric Zemmour :

 

"Comprenons bien la logique : le démocratisme des 'Lumières' engendre l’égalitarisme, qui engendre le juridisme, qui engendre le légalisme, qui engendre l’idéologisme, qui engendre le républicanisme, qui engendre le politicalisme, qui engendre l’étatisme, qui engendre le fonctionnarisme, qui engendre le totalitarisme bureaucratique."

 

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La réponse aux impasses actuelles de la Modernité consiste à renouer les liens, rompus, du fait l'individualisme absolu, surtout avec la verticalité (le Divin et la Nature) mais aussi avec l'horizontalité (les Activités et les Communautés).

 

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Je vois le monde humain à venir comme un très dense tissu de liens numériques entre des myriades de petites communautés (ou sous-réseaux de communautés) dont chacune possèderait un siège légal sur un et un seul continent (après cooptation et reconnaissance, avec l'obligation de se conformer strictement aux règles prévalant sur ce continent), mais regroupant des personnes vivant dans n'importe quel endroit du monde.

Ce ne serait plus l'individu qui serait attaché à un lieu politiquement et légalement défini (les continents), mais bien le siège numérique de sa(ses) communauté(s) d'appartenance.

Un individu isolé n'aurait aucun droit de connexion et chaque communauté reconnue serait totalement responsable des agissements de ses membres (la sanction ultime étant l'expulsion du membre délinquant).

 

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Tout est processus (projet et trajet). Rien n'est chose (ni objet, ni sujet).

Et cela change tout !

 

La Matière comme processus de matérialisation.

La Vie comme processus de vivification.

L'Esprit comme processus de spiritualisation.

 

La Nature comme processus de naturation.

L'Homme comme processus d'humanisation.

Le Sacré comme processus de sacralisation.

Le Divin comme processus de déification.

 

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N'en déplaise à John Rawls et consorts, le concept de "Justice" n'a strictement aucun sens pour moi. Rien n'est ni juste, ni injuste. Quelque chose peut être "correct", "conforme", "équilibré",  … toujours relativement à des critères forcément artificiels, conventionnels ou subjectifs, mais rien n'est jamais ni "juste", ni "injuste" dans l'absolu.

Il n'existe aucune "Justice" (ni divine, ni naturelle, ni humaine) ; il n'existe que des "lois" (artificielles, conventionnelles et subjectives) appliquées plus ou moins correctement.

Comme ni "Justice", ni "Egalité" n'ont de sens, on comprend l'absurdité d'affirmer que la Justice, c'est l'Egalité … ou que l'Injustice, c'est l'Inégalité.

 

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La raison d'exister de l'Etat (symbole et moteur du politique) n'est pas la Justice (ni quelque autre "idéal" que ce soit, d'ailleurs).

La seule raison d'exister de l'Etat est la Paix !

Un Etat qui ne réussit pas à maintenir et garantir la Paix réelle, tant intérieure qu'extérieure, est illégitime par essence.

Qu'est-ce que la Paix ? L'éradication de toute forme de violence réelle, c'est-à-dire de tout acte de brutalité ou de dégradation, volontairement commis aux détriment d'une personne ou de ses biens.

Tout acte de violence est illégitime et doit être interdit et réprimé ; seul l'Etat a droit au recours à la violence, mais seulement contre une autre violence, selon le principe de la légitime défense commune.

La Paix est la seule condition sine qua non de la prospérité économique, du développement culturel et de l'accomplissement spirituel, tant personnels que collectifs.

 

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La plupart des philosophies de l'Art définissent celui-ci comme la voie de l'Imaginaire permettant d'échapper au Réel tel qu'il est et va.

Si tel est le cas, alors "l'Art" n'est qu'une vaste fumisterie … ce que je crois profondément.

Les voies de la Sublimation ou de la Sacralisation du Réel (dans un monastère roman, dans une cathédrale gothique, dans un haïku japonais, dans un jardin anglais, dans un ode naturaliste ou dans un texte mystique) n'appartiennent pas à cette définition de "l'Art".

 

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L'imagination doit être au service du Réel et non de son reniement.

 

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L'idée de Liberté me pose problème car, au fond, cette idée est vide. Rien n'est libre. On peut être libre de penser, dire ou faire ceci ou cela, mais rien ni personne n'est jamais "libre". Autrement dit, toute liberté est relative, à la fois, à des potentialités intérieures et à des opportunités extérieures. Une pensée, une parole ou un acte libres sont toujours relatifs aux limites d'une personne et aux contraintes (naturelles ou artificielles) d'un milieu.

Le problème de la "Liberté" se réduit alors à celui de la minimation des contraintes artificielles (celles de l'Etat, de la "loi", de la "morale", etc …), ce qui n'élimine nullement ni les contraintes naturelles (la réalité physique du monde), ni les incapacités personnelles (la débilité des gens).

 

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L'étude et la solitude sont les voies de la liberté personnelle.

 

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Dans le "Système de l'Idéalisme Transcendantal", Schelling s'enlise dans les erreurs de Fichte, en suite de Kant (les mythes du "moi", du sujet et de l'objet, de l'esprit et du monde, etc …). Dans ses "Idées pour une Philosophie de la Nature", il s'en libère enfin pour fonder un cosmothéisme au-delà de la dialectique kantienne.

Hegel suivra aussi ce chemin-là.

 

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Les questions sempiternelles et lassantes sur le "moi" s'évanouissent dès lors que l'on comprend que ce "moi" n'est qu'un processus local d'accumulation participant d'un processus global d'accomplissement …

Comme toujours : la vague à la surface de l'océan.

Le "moi" n'est pas un sujet objectivable ou un objet subjectivable ; il est l'expression locale d'un processus global. Il n'est pas un "être" en réalité, mais bien un "devenir" en marche, localement défini par une histoire propre, anecdotique.

Il n'y a pas d'autre "moi", pas d'autre identité, que cette "histoire" locale, que cette mémoire accumulée comme une taupinière à la surface du jardin : le "moi" n'est que le déchet de ce qui se construit là.

 

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Chaque "siècle" paradigmatique dure environ cent-dix ans. Chaque paradigme dure, en moyenne, six "siècles" y compris sa période d'avant son avènement (au milieu de son premier "siècle") et sa période d'après son effondrement (au milieu de son sixième siècle). La durée de vie "active" d'un paradigme est donc de 550 ans.

Ainsi pour la Modernité, tout commence vers 1430 mais bascule vers 1485 (après une "amorce" de 55 ans). Puis viennent les cinq étapes de 1540 (apogée de l'humanisme), 1650 (apogée du rationalisme), 1760 (apogée du criticisme), 1870 (apogée du positivisme) et 1980 (apogée du nihilisme). Puis vient la période d'effondrement qui se terminera vers 2090 avec un point de bascule vers 2035 (avant une "queue" de 55 ans).

A chacun de ces quatre "siècles" paradigmatiques entiers, a correspondu une idéologie claire :

  • de 1540 à 1650 : l'aristocratisme,
  • de 1650 à 1760 : l'absolutisme,
  • de 1760 à 1870 : le bourgeoisisme,
  • de 1870 à 1980 : le socialisme.

 

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L'individualisme est l'inéluctable aboutissement de l'humanisme.

Dès que l'humain devient le centre du monde, le "moi" devient le centre de l'humain.

 

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On dit (Ernst Cassirer) que le cœur palpitant du paradigme moderniste est la Raison. En conséquence, il est légitime de supputer que l'ère médiévale était sans Raison et que nous vivons aujourd'hui la rupture d'avec la Raison.

Mais qu'est-ce que la "Raison" au sens moderniste ? Et quelle était, surtout, la place "hiérarchique" de cette Raison par rapport aux autres dimensions de l'esprit ou de la pensée ?

La seconde question obtient facilement réponse : pour la Modernité, la Raison doit dépasser, sublimer et écraser toutes les autres dimensions de l'esprit.

La première question reste plus ardue puisque les pères fondateurs de la pensée moderniste et rationaliste (Galilée, Descartes, Leibniz, Pascal, Spinoza, Bacon) n'en donnent pas la même définition positive. En revanche, un accord apophatique semble se dessiner : le contraire de la Raison est unanimement décrit comme le superstitieux, le surnaturel, le magique, le miraculeux, l'imaginaire, le fabuleux, le merveilleux, etc …

La pression moderniste fut telle qu'on en vint à identifier "philosophie" et "rationalité" : la philosophie fut définie comme l'exercice de la Raison en toute matière. Mais cela sans que l'idée même de Raison ne fut vraiment définie … ce qui ouvre les portes à toutes les irrationalités.

On l'a compris : la "Raison" (avec le Progrès qui se définit comme "progrès de la Raison") est la mythologie fondatrice de la modernité.

Il n'en demeure pas moins un antagonisme de fond entre rationalité (cartésienne ou spinoziste) comme logicité axiomatique, et rationalité (leibnizienne ou newtonienne) comme cohérence systémique.

 

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L'importance supposée du "débat", socle proclamé de toute démocratie, comme affrontement rationnel et dépassionné des opinions selon les lois de la logique rhétorique, est un pure mythe moderniste.

En démocratie - c'est-à-dire en démagogie -, il n'y a jamais de débat : il n'y a que pugilats, invectives, slogans, manipulations, mensonges, dissimulations, … face à des océans d'ignorance et de bêtise.

 

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Le 15/04/2019

 

De Julien Delhez :

 

"Le QI est positivement corrélé à de nombreux traits et autres facteurs de qualité de vie, parmi lesquels l'altruisme, la créativité, les performances professionnelles, la longévité, le sens de l'humour, la réussite socio-économique (…). Il existe également une corrélation négative entre le QI et de nombreux éléments (…) comme la prédisposition aux accidents, la criminalité et la délinquance, l'impulsivité, la mortalité infantile, l'extrémisme politique et les préjugés à l'égard des minorités raciales."

 

De plus, toutes les études (voir notamment ici : https://www.intelligence-humaine.com/differences-intellectuelles-entre-les-ethnies/ ) indiquent clairement que l'intelligence est essentiellement génétique (et marginalement sociologique) et inégalement distribuée selon les ethnies (ce qui heurte la bien-pensance et ses gardiens) : en gros, le QI moyen est bas pour les "noirs", médian pour les "basanés", haut pour les "blancs" et les "jaunes". Voilà qui est bien vérifié par la composition des populations carcérales, en Europe et aux Etats-Unis, par exemple.

 

Il s'agit de constater ces différences et non d'en prendre prétexte pour adopter des positions racistes, eugénistes ou suprémacistes (ce qui serait un indicateur de QI lamentable).

 

L'intelligence est le plus souvent définie comme "une capacité mentale très générale impliquant, entre autres choses, la capacité de raisonner, de planifier, de résoudre des problèmes, de penser de manière abstraite, de comprendre des idées complexes, d'apprendre rapidement et de tirer des leçons de l'expérience".

Plus précisément, selon moi (cfr. "Les autres dimensions de l'Esprit"), l'intelligence est cette faculté qui permet de relier, de façon cohérente, des éléments qui, jusque là, étaient disjoints ; elle est, ainsi, le siège du raisonnement, de l'anticipation, de l'organisation, de la compréhension, de l'imagination, de la créativité, de la synthèse, de l'interrelation, de l'abstraction, de l'idéation, etc …

 

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L’ignorance, l’inculture et l’envie : armes de destruction massive de la démocratie.

 

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On confond trop souvent "optimisation" et "rationalisation".

L'optimisation vise à obtenir le meilleur (qualitatif) résultat avec le moins (quantitatif) de ressources.

La rationalisation vise à éliminer ce qui n'est pas quantifiable.

Le Réel est optimisant, mais pas forcément rationnel.

 

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Le juste et l'injuste …

Au sein de la populace, est juste ce qui est bon pour soi et est injuste ce qui est bon pour un autre.

Tout cet égoïsme, masqué mais retors, a pour cause unique le rôle "redistributif" que s'est octroyé l'Etat. L'Etat n'a pas à compenser, artificiellement, les inégalités naturelles entre les humains. Dura lex sed lex !

 

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Plus la communauté est contributive voire indispensable aux (sur)vies individuelles, plus les individus sont "sociaux" et solidaires.

Plus la communauté est inutile voire nuisible aux (sur)vies individuelles, plus les individus sont "asociaux" et solitaires.

Voilà deux truismes que devraient méditer sérieusement tous les apprentis idéologues.

La socialité et la solidarité sont des moyens, mais ne sont jamais des buts … et encore moins des impératifs moraux.

 

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Toutes les formes d'égalité sont utopiques, même celle des droits ou des chances.

 

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Il faut revenir d'urgence à cette idée spinozienne que l'âme et le corps sont identiques dans leur essence et ne sont que deux perceptions complémentaires de la même personne.

Toute personne est un processus en marche, unique, unitaire et unifié, dont le corps exprime la réalité volumique et dont l'âme exprime la réalité dynamique.

Les biologisme, neuroscientisme et transhumanisme ambiants doivent être radicalement combattus au nom de ce principe d'unité.

 

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Il est ahurissant de lire que Jean-Pierre Changeux (le chantre du neuroscientisme français)  affirme qu' "on peut abolir la frontière entre le mental et le neural" et que le neural fonctionne comme une chaîne algorithmique, qu'on peut tout réduire à des algorithmes.

Ce genre de mécanicisme archaïque est atterrant ! Non, l'esprit n'est pas réductible au seul cerveau et le cerveau ne fonctionne pas comme un ordinateur.

 

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Les théories du complot ont ceci d'insidieux qu'elles flattent l'ego de celui qui les colporte puisque : "lui, il sait ce que les autres ignorent" … Et qu'aucune argumentation ne peut l'en dissuadé puisque tous ces arguments font eux-mêmes parties intégrantes du supposé complot.

Toute théorie du complot est autoréférentielle donc inexpugnable.

 

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Le défi écologique ne sera pas relevé parce que l'idéologie consumériste et productiviste est encore chevillée au corps et à l'esprit des masses, enlisées dans la prévalence de l'extériorité sur l'intériorité et dans celle du quantitatif sur le qualitatif.

Nous fonçons de plus en plus vite vers un mur de plus en plus infranchissable.

Ce sont les masses - et non les élites - qui sont avides du "toujours plus".

De plus, il faut cesser de crier haro sur le capitalisme entrepreneurial qui n'a rien à voir avec le financiarisme car les marchés ne font que leur job : offrir ce qui est demandé.

 

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La philosophie des penseurs romantiques est moniste, holistique et organique, soit posée à l'exact opposé de celle de ceux que j'appelle les obscures "Lumières".

 

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Si le néant est le non-étant c'est-à-dire ce qui ne participe pas de l'Être, alors tout ce qui existe étant fondamentalement impermanent puisqu'en total Devenir, tout ce qui existe est "néant" ou, mieux, selon la terminologie indienne : vacuité.

 

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Marcel Conche, à juste titre, oppose le Bouddha et Nietzsche.

D'un côté, le retrait obstiné loin de la vie par refus de la souffrance ; de l'autre, l'engagement plein dans le torrent de la vie avec volonté de joie.

Il écrit que : "Nietzsche est donc un antibouddhiste". Moi aussi.

Le dionysisme et le bouddhisme s'excluent mutuellement.

 

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Le bouddhisme originel n'est pas une religion ; il n'est pas une mystique ; il est une philosophie de non-vie. Mais comme une philosophie de non-vie n'est ni viable, ni vivable, il a donné de nombreuses écoles, doctrines, pratiques et cultes qui tournent autour de principes hindouistes - prébouddhiques, donc - comme la compassion, la méditation, la non-violence, la non-dualité, … ou taoïstes comme  l'impermanence, le cosmothéisme, le naturalisme, le minimalisme, l'esthétisme … ou, alors, il sombre dans le chamanisme tibétain.

 

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La foi mystique s'oppose radicalement à la croyance religieuse. Le mystique est un sachant et non un croyant. Il n'y a rien à croire. On sait ou pas. Dieu est une évidence ou il n'est rien. Le mystique, comme tous les spirituels et tous les initiés, est un non-croyant ; il n'est jamais religieux.

 

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Le bouddhisme, le christianisme et le socialisme sont trois religions, trois croyances de la même veine nihiliste : le refus du Réel dans ce qu'il a d'âprement vivant avec son superbe mépris des peurs et rêves humains. Le refus de la Vie telle qu'elle est. Ces trois religions de faibles fuient le Réel, chacune à sa manière.

 

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De Nietzsche :

 

"Le nihiliste ne croit pas à l'obligation d'être logique."

 

Il ne l'est donc pas et devient, de ce fait, irrécupérable.

C'est le cas, aujourd'hui, notamment, des "gilets jaunes" qui tournent en rond non seulement autour de leurs ronds-points, mais aussi dans le bocal clos de leurs ressentiments alimentés de mensonges désastreux.

 

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Notre monde consumériste numérisé est un monde d'esclaves ; des esclaves consentants et volontaires.

Plutôt que d'esclavage, on préfère parler de dépendance, d'addiction ou d'assuétude, mais cela revient au même …

Et Nietzsche d'ajouter : "(…) les esclaves auront pour eux le socialisme (…)".

 

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Le plaisir est un esclavage.

Le bonheur est une médiocrité.

Seule la Joie est le feu de la Vie.

 

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La décadence de la pensée grecque commence avec Socrate et se prolonge avec Platon, avec Epicure, avec Pyrrhon …

 

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La souffrance est toujours liée à la croyance en l'existence d'un "moi", d'un "moi" qui souffre d'être moindre ou autre.

 

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Il est des douleurs positives : celles de tous les enfantements, de toutes les créations, de toutes les recherches …

Il est des douleurs négatives : celles de toutes les blessures, de toutes les déceptions, de tous les manques, de toutes les déchirures …

Les secondes se passent dans le "moi" ; les premières passent à travers lui, au-delà de lui.

 

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Le 16/04/2019

 

Il faut dresser "le constat accablant d’une humanité plongée dans la dépendance aux réseaux sociaux et dont la santé mentale se dégrade à toute allure".

Et Valérie Toranian d'ajouter : "L’utopie des premières heures d’internet a sombré définitivement avec le nouvel or noir des data. Le réveil est douloureux. Effrayant même. Ainsi nous serions tombés entre les mains d’escrocs géants dont nous avons été les idiots utiles, grisés par tous les outils, sites et applications qui ont modifié notre quotidien ? Faux, se défendent-ils. Nous fournissons des services gratuits dont plus personne ne peut se passer. Le marché s’autorégule, le consommateur est roi… Le roi est nu, en tout cas bien peu de chose face aux milliards investis par les GAFAM pour la mise au point d’algorithmes qui peuvent induire nos comportements. Le plus grand lavage de cerveau de l’histoire de l’humanité."

Tristan Harris, ancien de Google, affirma dans une interview que "le véritable objectif des géants de la Tech est de rendre les gens dépendants en profitant de leur vulnérabilité psychique".

Et aussi :

"L’addiction aux émotions est le cœur même du système.

La bataille pour la qualité de l’information est une urgence démocratique.

 

 

 

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Certains décrivent notre époque comme le lieu du post-modernisme, de l’individualisme, de l’archipelisation en tribus, de la mondialisation, de la critique de la raison et de l’universalisme, etc … C'est seulement partiellement vrai.

 

En disant "Post-modernisme", on ne dit rien d'autre que la fin de la Modernité et de son paradigme, ce qui est rigoureusement exact.

En disant "Individualisme", on se trompe ; il vaudrait mieux parler de "dépolitisation", de "fin des idéologies", de "triomphe du principe de plaisir sur le principe de réalité" (cfr. Freud).

En disant "Archipelisation en tribus",  on pointe la désagrégation des sociétés institutionnalisées et leur remplacement par des réseaux de communautés labiles de vie.

En disant "Mondialisation", on est en retard ; la mondialisation est morte et la continentalisation est en marche.

En disant "Critique de la raison", on veut signifier le triomphe de l'émotionnel sur le rationnel ; c'est tout-à-fait exact et désastreux !

En disant "Critique de l'universalisme", on signifie que plus personne n'est dupe des égalitarismes et que l'heure est au différencialisme.

 

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Le 17/04/2019

 

Les démonstrations par l'absurde ou par la négation de la négation, ne peuvent fonctionner que dans une logique du tiers-exclu.

Donc, dans le monde réel, elles sont inopérantes et trompeuses.

 

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De Pascal Séverac à propos du Dieu (moniste et réaliste) de Spinoza par rapport à celui (dualiste et idéaliste) de Descartes :

 

"La Nature ne doit pas être pensée comme Création, et Dieu comme Créateur. La Nature, identique à Dieu, a sa raison d'être en elle-même : elle est cause de soi et existe donc en vertu de la propre nécessité de son essence."

 

Les dualités ontologiques de Descartes (Créateur et Création, âme et corps) disparaissent totalement chez Spinoza pour qui Tout est Un.

La transcendance de Dieu, au sens classique, disparaît radicalement (ce qui fut, vraisemblablement, le motif de l'accusation en athéisme à l'encontre de Spinoza). Je reste, quant à moi, persuadé que ce cosmothéisme spinozien n'est pas étranger à son contact avec la Kabbale au travers de R. Abraham Cohen de Herrera qu'il côtoya, avant son 'hérèm, à Amsterdam.

Dire, avec Spinoza, que Dieu - donc la Nature - est infini, ne doit pas être pris au sens mathématique, mais au sens ontologique : il contient tous les possibles et aucun attribut (donc mot) n'est concevable hors de lui.

En plus de son "infinité", Spinoza dit du Réel qui est, à la fois Dieu et Nature, qu'il est cause de lui-même (il est sa propre source, son propre moteur, sa propre logique ; il "pousse" de l'intérieur) et qu'il est la substance unique dont tout ce qui existe (les phénomènes) procède.

Thibaut Gress dit d'ailleurs que, pour Spinoza : "(…) tout est un développement de Dieu".

 

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Chacun conçoit ce qu'il veut et chacun veut ce qu'il conçoit.

 

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L'esprit construit les idées ; il ne les capte pas.

L'esprit conçoit les idées au sens où un couple conçoit un enfant.

Les idées n'existent nullement hors de l'esprit qui les construit.

Exit Platon !

 

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On dit parfois que Spinoza serait le premier vrai philosophe de la modernité alors que Descartes ne serait que le dernier pont entre scholastique et modernité.

Je pense au contraire que la modernité n'a ni compris, ni reçu Spinoza, et qu'elle est bien cartésienne (donc bâtarde) c'est-à-dire idéaliste, dualiste, platonicienne et mécaniste.

Spinoza - comme Nietzsche - sera bien plutôt le premier philosophe de l'après-modernité, chantre du réalisme, de l'immanentisme, du monisme, du naturalisme, du spiritualisme, etc … Est-ce un hasard si notre époque redécouvre Spinoza au point de le mettre à toutes les sauces ?

 

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Dieu est-il libre ?

Et s'il l'est, sa liberté est-elle absolue ou relative aux seuls possibles ?

Autrement dit : le Réel est-il totalement, partiellement ou aucunement déterministe ?

S'il était totalement déterministe, il n'y aurait aucune complexification.

S'il était aucunement déterministe, il n'y aurait aucune cohérence.

Or, dans l'univers observable, il y a évidemment et complexification (donc créativité), et cohérence (donc logicité).

Dieu est donc libre de créer, mais à la condition de respecter ses propres règles.

Et parce que Dieu est le Réel et, donc, le tout de ce qui existe, tout ce qui existe participe, exprime et manifeste cette liberté, cette cohérence et cette créativité divines.

 

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L'Esprit est la confrontation, dans la Conscience, d'une Mémoire (le passé), d'une Volonté (le futur), d'une Sensibilité (l'extérieur) et d'une Intelligence (l'intérieur).

La conscience engendre de la Joie lorsque ces quatre moteurs fonctionnent en convergence, et de la Souffrance plus ou moins douloureuse, selon qu'ils divergent plus ou moins fortement.

 

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L'histoire n'est pas toujours de la mémoire.

La mémoire n'est pas toujours de l'histoire.

 

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Le Deutéronome (6;4-6) dit :

 

"Entends Israël YHWH de nos dieux : YHWH est Un. Et tu aimas avec YHWH de tes dieux par tout ton cœur et par toute ton âme et par toute ta force. Et ces paroles-là que moi-même je t'ordonnai ce jour, advinrent au-dessus de ton cœur".

 

"Aimer avec YHWH", est-il écrit et non "Aimer YHWH" … Cela indique que l'on doit construire un Amour mystique avec YHWH et non idolâtrer …

 

Que signifie "aimer YHWH" ? Comme il est suggéré : aimer YHWH, c'est faire descendre ses Paroles dans le cœur, c'est-à-dire dans ce lieu qui symbolise l'intelligence humaine (contrairement aux autres traditions, pour la culture juive, le cœur est le siège de l'intellect).

Faire descendre les Paroles divines dans l'intellect, c'est précisément "étudier".

Donc, étudier la Torah, c'est aimer YHWH.

 

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La Kabbale est l'herméneutique aggadique (mystique et ésotérique) de la Torah, alors que le Talmud en est l'herméneutique halakhique (pratique et exotérique).

 

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Pour une fois, le LEAP dit quelque chose d'intelligent :

 

"L'Otan est un baby-boomer de 70 ans … tout comme l'Organisation des États américains (69 ans), la République communiste de Chine par Mao Tse Tong, la République fédérale d'Allemagne, la République démocratique d'Allemagne, le Traité de Rome (72 ans), l'État d'Israël (71 ans), la Convention de Genève, le roman 1984 de George Orwell, Antonio Guterres, Bernard Arnault, Donald Trump (72 ans) et Benyamin Netanyahou. Il n'y a pas que les humains qui sont nés en masse après la Seconde Guerre mondiale ; les organisations nationales et internationales aussi. Parmi les structures nées dans les années 1940, il y a celles qui ont été inventées pour assurer la paix mondiale (ONU, Convention de Genève, Communauté européenne, …) et celles qui avaient pour mission de lutter contre le communisme (Otan, OEA). L'anachronisme de ces dernières constitue désormais une menace directe à la mission des premières ... "

 

La dernière phrase est à retenir …

 

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Le 18/04/2019

 

Les études scientifiques récentes (Simon Baron-Cohen, Jacques Balthazart, Fernando Nottebohm, Roger Gorski, …) sont à présent formelles et claires : comme tous les autres organes du corps, le cerveau des femmes et des hommes sont différents et présentent des aptitudes et des comportement préférentiels différents (i.e.: empathiques et humains chez les femmes, géométriques et objectaux chez les hommes).

Tout ceci confirme ce que je martèle depuis longtemps : la physiologie précède la psychologie et la nature précède la culture.

Exit définitivement Simone de Beauvoir, Edith Butler et autre Catherine Vidal !

La différenciation sexuelle (et comportementale qui s'ensuit) est biologique et non sociologique.

Mais "différence" ne signifie aucunement "hiérarchie". Les hommes et les femmes doivent être différents pour être complémentaires face aux fonctions vitales et sociales qu'imposent la Matière, la Vie et l'Esprit.

 

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L'unité bio-sociologique de base n'est pas l'individu, mais le couple homme-femme.

 

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Un binôme homosexuel peut sans doute être une association amoureuse de deux individus semblables, mais n'est jamais un couple réel au sens naturel profond.

Ainsi, le mariage homosexuel et le "droit parental" sont-ils des absurdités … heureusement plus comiques que tragiques, relevant des fantasmagories idéologiques humaines de cette fin de modernité.

 

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L'égalitarisme est tellement contre-nature qu'il en arrive à occulter les évidences naturelles au profit de purs fantasmes idéologiques.

Nous vivons la fin des temps de l'égalitarisme et le début des temps du différencialisme.

Et il faut le marteler : "différence" ne signifie pas "hiérarchie".

L'égalitarisme est une uniformisation entropique et mortifère ; le différencialisme est une complexification néguentropique et vitalisante.

 

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Le 19/04/2019

 

D'Olivier Frérot :

 

"Les humains sont des animaux profondément sociaux. (…) L'entraide est, avant la compétition, la première loi de la vie. Darwin l'avait signalé, mais nous avons davantage cru à Spencer et à sa théorie de la lutte pour la domination au sein de sociétés humaines de tous contre tous."

 

C'est terrible cette erreur récurrente de "gens de gauche" que de croire l'homme "naturellement" social, voire sociable. C'est faux. L'homme n'est "social" que s'il ne peut pas faire autrement, que si sa survie dépend fortement de la communauté des autres. Sinon, il vit dans son petit clan et se fiche éperdument du reste des humains.

De plus, opposer Darwin et Spencer est une étrange simplification binaire. Les deux mécanismes de régulation que sont l'entraide et la compétition, coexistent chez toutes les espèces, animales et végétales ; ils ne font que projeter les deux voies, entropique et néguentropique, sur les comportements vitaux.

 

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De Peggy Sastre :

 

"Selon David Buss et William von Hippel (…), quatre 'obstacles psychologiques' freinent l'appréhension scientifique de la psychologie sociale humaine. Le premier est d'ordre politique et idéologique : dans leur très grande majorité, les chercheurs en psychologie sociale penchent à gauche du spectre politique. Le deuxième relève de la philosophie sous-jacente à cette orientation idéologique, à savoir que l'esprit humain est une page blanche ; dès lors, ses travers sont les conséquences de défaillances culturelles, d'apprentissage ou encore de socialisation. Le troisième est le rejet que suscitent théories et recherches qui semblent contrevenir à cette appréciation de la nature humaine – notamment le champ scientifique dans lequel évoluent Buss et von Hippel, à savoir la psychologie évolutionnaire. Le quatrième est lié à toutes les adaptations psychologiques qui retardent une bonne compréhension de ce paradigme. En particulier, le fait que les humains sont plus susceptibles de faire primer la persuasion sur la recherche de la vérité et la propension à l'antagonisme et la conflictualité entre coalitions (…). La psychologie évolutionnaire n'est en rien déterministe, elle est interactionniste et probabiliste. L'évolution n'a pas façonné nos cerveaux pour produire en tout lieu et en tout temps les mêmes comportements 'dictés' par nos gènes. À l'inverse, nous possédons un ensemble complexe de modules cognitifs dépendant d'un contexte et susceptibles de produire des comportements conditionnés à des variables environnementales."

 

Ce texte mettra-t-il enfin fin à deux erreurs colossales : croire aux idéologies gauchisantes et croire aux mécanicismes scientistes ?

 

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Être de gauche, c'est croire en la prééminence radicale et définitive du "social" sur tout le reste.

Tout ce qui arrive à l'humain, serait le fait de la société ; comme l'humain est une sale bête, c'est donc la société qu'il faut changer pour la rendre conforme à sa vraie mission : fabriquer l'homme "idéal" qui, parce qu'il est "idéal", doit forcément être unique, le même pour tous, à égalité, dans un vaste mouvement uniformisant.

 

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De Pierre-Antoine Delhommais :

 

"A l'évidence, les leaders occidentaux (…) vont avoir du mal à convaincre les habitants des pays pauvres à passer du stade de la misère à celui de la frugalité."

 

Le problème de ces pays est donc moins la frugalité que la natalité. Leur slogan devrait être : "moins nombreux nous sommes, plus chacun aura à manger".

 

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Malgré que la paléoanthropologie ne cesse de faire des découvertes incontestables sur la diversité des branchements hominidés, la bien-pensance gauchisante continue d'imposer son idéologie : les races n'existeraient pas, si elles existaient, elles seraient égales, et si elles n'étaient pas égales, il faudrait faire semblant.

Quand donc ce sempiternel déni de réalité cessera-t-il ? Quand donc l'idéologie et la bien-pensance "du camp du Bien" s'anéantiront-elles devant la science ?

 

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Du très catholique Jean-Pierre Denis :

 

"Pour la première fois depuis des siècles, l'homme occidental ne se reconnaît plus comme blessé. Et, pour la première fois, une Eglise affaiblie n'ose plus prétendre le guérir."

 

Tout le catholicisme tient en ces deux petites phrases.

La première : l'humain est souffrant, blessé, malade, spirituellement s'entend : le péché (originel ou autre), la chute, la souillure, le drame de la vie et du monde, la maladie intrinsèque de l'âme, etc …

La seconde : pour guérir de tout ce purin, il faut en passer par intermédiation de  l'Eglise, du clergé, des sacrements ; pas question de faire soi-même face au Réel, à la Vie, à l'Esprit, au destin, au cosmos et à ses lois, au cheminement spirituel et initiatique qui peut conduire chaque homme qui le veut vraiment, à la paix de l'âme.

 

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De Néa Bernard :

 

" Décidément on a droit à tous les délires. On nous annonce que demain les ultra-jaunes vont tout casser. On a les ultra-hyperféministes ; on a les trans qui revendiquent le droit d'être un homme le matin au réveil, et femme au moment du petit déjeuner (ils ne précisent pas s'ils se sentent homme ou femme au moment de faire la vaisselle et de passer l'aspirateur) ... ; on a les animalitaires qui revendiquent le droit d'avoir des rapports sexuels avec leurs animaux ; on a les grand-mères qui portent l'enfant de leur fils avec la revendication de la légalisation de la GPA (une Américaine de 61 ans accouche de sa petite fille. Cette femme a porté l'enfant de son fils homosexuel qui a mélangé ses gènes et a fait un enfant in vitro avec la sœur de son compagnon et, ensuite, fait porter la cellule embryonnaire par sa mère pour qu'elle accouche de son propre fils). Mais si vous êtes contre la GPA ... on vous traite de facho ringard. Société en déconfiture qui patauge dans la choucroute ! Tant que l'on s’obstinera à fermer les yeux sur tous les délires du monde, on continuera à courir à notre propre perte et à celles des générations à venir. Quel monde immonde va-t-on leur laisser si on ne réagit pas, non pas en allant tout casser mais en acceptant de tourner la page sur tout ce qui ne fait plus sens ? C’est difficile mais à choisir entre ou bien le naufrage de la résignation et la mort lente, ou bien affronter quelques orages tumultueux pour sortir de la tempête, le choix semble évident."

 

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Le 20/04/2019

 

La définition d'un triangle philosophique : le Moi, le Monde et le Divin, suffit pour exprimer toutes les écoles métaphysiques. Il convient de tracer le diagramme de Venn de ces trois ensembles, en toute généralité, et de déclarer tel ou tel secteur "plein" ou "vide" pour aboutir à la conclusion qu'il n'y a que sept questions métaphysiques fondamentales possibles dont les réponses peuvent être combinées …

 

  1. Le Moi est-il Réel par lui-même ?
  2. Le Monde est-il Réel par lui-même ?
  3. Le Divin est-il Réel par lui-même ?
  4. Le Moi et le Monde ont-ils du Réel commun ?
  5. Le Moi et le Divin ont-ils du Réel commun ?
  6. Le Monde et le Divin ont-ils du Réel commun ?
  7. Le Moi, le Monde et le Divin ne forment-ils qu'un seul et même Réel ?

 

Les monothéismes chrétiens ou musulmans, par exemple, peuvent envisager, selon les doctrines, des réponses positives aux six premières questions, mais interdisent clairement (sous peine d'athéisme - cfr. Spinoza) de répondre affirmativement à la septième question.

 

En répondant affirmativement à cette septième question, mais en éliminant les six autres, on entre dans le monisme absolu et radical des mystiques hénologiques comme celle d'un Shankara, par exemple : tous les secteurs du diagramme sont vides, sauf le septième. Cette doctrine peut connaître une variante (celle de Spinoza, par exemple) qui donne une réalité profonde au septième secteur, mais aussi au troisième secteur qui affirme un Divin transcendant qui existe par lui-même, mais qui n'est pas réductible à l'unité du Tout qui n'est que sa manifestation.

 

Descartes exclut, bien sûr, le septième secteur, mais il affirme la réalité des quatrième (le corps) et cinquième (l'âme) secteurs : l'âme de l'homme participe de l'univers divin, mais elle est totalement étrangère à l'univers mondain auquel le corps appartient totalement. Ainsi, le premier secteur est totalement vide : le Moi n'existe pas par lui-même car il n'est que la juxtaposition d'un corps mondain et d'une âme divine. Kant (et toutes les philosophies du Sujet) suivra une voie semblable en affirmant la totale étanchéité entre le sujet (l'âme du Moi) et l'objet (le Monde).

 

Le solipsisme de Berkeley ne donne de réalité qu'aux seuls quatre secteurs du Moi. Les secteurs 2, 3 et 6 y sont déclarés totalement vides. Fichte et sa théorie du Moi n'est pas loin. En affirmant le liberté absolue du Moi mais en vidant le Divin, les existentialismes athées dont relève Sartre, ne donnent de réalité qu'aux premier et quatrième secteurs.

 

La position athée radicale, nie quelque contenu que ce soit à l'ensemble du Divin (secteurs 3, 5, 6 et 7) et ne laisse, ainsi, au Réel qu'un Moi et un Monde qui existent par eux-mêmes (secteurs 1 et 2), ainsi qu'un ensemble d'interactions entre eux (secteur 4). La variante matérialiste va jusqu'à éliminer aussi la part du Moi qui n'existerait pas par elle-même, ne conservant que le Monde dont le Moi ne serait qu'une manifestation.

 

Ma position personnelle (panenthéiste) est que les premier, deuxième et quatrième secteurs sont totalement vides (dont en opposition radicale et totale avec l'athéisme) ; il reste alors trois affirmations :

  • Seul le Divin existe par lui-même.
  • Le Divin se manifeste par le Moi, par le Monde, par l'Unité du Tout
  • Le Divin possède une part de Réel qui n'appartient pas à la manifestation (c'est l'Intention qui est antérieure à toute manifestation).

 

On peut encore imaginer beaucoup d'autres combinaisons à partir de ce schéma tout simple. C'est ce qui alimente la méditation métaphysique depuis Thalès de Milet.

 

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La fête de Pessa'h, lors de la première pleine lune du printemps, est la Pâque juive. Elle commémore le début de l'Exode et la sortie d'Egypte, pays des bornés et maison d'esclavage ; elle commémore la Libération , première étape du cheminement initiatique et spirituel de la Maison d'Israël, avant celles de la Révélation sur le mont du désert de Sin et avant la Purification durant les quarante années de traversée du désert.

Je ne reviendrai pas ici sur l'idée centrale qu'aucun cheminement spirituel n'est possible sans libération préalable de toutes les servitudes volontaires et de tout ce qui relève des esclavages et des idolâtries.

 

Il est intéressant de constater que les Pâques chrétiennes commémorent la Résurrection du Christ qui est, dit-on, une libération  … bien à l'envers : celle hors de la Vie, celle hors du Monde, celle hors du Réel. La "libération" y est un aboutissement … et non un point de départ, comme il se devrait. Jésus-le-Christ commence son chemin par la Purification (le baptême par Jean-le-Baptiste dans le Jourdain). Il escamote la Révélation car, outre la "bonne nouvelle" dont on peine à trouver le sens sinon le fait que, grâce à lui, les hommes seront sauvés, mais on ignore de quoi ; il ne révèle rien d'autre que ce qu'il croit être : le Fils de Dieu ; de plus, les béatifications du sermon sur la montagne ne sont que des énoncés idéologiques sans beaucoup d'intérêt, repris depuis par tous les gauchisants.

 

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Qu'est-ce que la prière ? Qu'est-ce que prier ? La sémiologie latine renvoie vers le verbe orare qui donna "oral" et "oraison", c'est-à-dire récitation orale d'un texte spirituel traditionnel dont on ignore souvent le sens. L'étymologie latine, elle, renvoie malheureusement plutôt vers prex : "demande", que vers prior : "plus près" : prier, c'est quémander.

En revanche, en hébreu, l'équivalent de la "prière", c'est la Bérakhah : la bénédiction, le fait de "dire du bien",  la louange pleine de gratitude pour le Monde, la Vie et l'Esprit, pour le Divin.

Mendicité et contrition contre émerveillement et gratitude …

 

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Le 21/04/2019

 

En politique, il n'y a que deux options.

Ou bien le social-étatisme sous ses deux formes : démagogique (gauche) ou paternaliste (droite).

Ou bien le libéralisme sous ses deux formes : entrepreneurial (libertarianisme) ou communautaire (libertarisme).

 

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Lors d'un séjour chez lui, un grand-père est heureux deux fois avec ses petits-enfants : quand ils arrivent et, surtout, … quand ils repartent.

 

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Pédagogie ? Dolto : non !!! Naouri : oui !!!

 

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L'Etat-Providence est l'institutionnalisation du parasitisme.

 

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Je crois vraiment qu'il faut cesser de parler du 18ème  siècle comme du "siècle des Lumières". Comme l'on sait, les "Lumières" françaises furent essentiellement de vagues reflets plus ou moins fidèles, plus ou moins plagiaires, des philosophes de l'Enlightenment anglais (Hume, Bentham et Mill comme héritiers de Locke et de Hobbes). Du côté allemand, les philosophes de l'Aufklärung (Wolff, Baumgarten, Kant, Mendelssohn) firent leur chemin tout autrement.

Je pense qu'il faudrait regrouper ces grands mouvements de pensée sous le titre générique de "criticisme" comme suite logique et critique du rationalisme du 17ème siècle (Galilée, Descartes, Spinoza, Hobbes, Locke, Leibniz, Pascal).

C'est incontestablement Kant qui en fut le porte-drapeau et le penseur le plus profond ; d'où l'idée de "criticisme" appliqué à toute cette mouvance qui veut, à toute fin, faire converger l'humanisme du 16ème siècle et le rationalisme du 17ème siècle, et aboutit à une forme de mécanicisme sociopolitique qui, encore aujourd'hui, est la source principale - et viciée - de toutes les idéologies et utopies politiques.

Ce qu'il faut bien voir, c'est que le romantisme s'oppose radicalement à ce criticisme et au positivisme qui en est l'héritier au 19ème siècle qu'il juge - à raison - parfaitement artificiel. Du côté anglais, on trouve Burke. Du côté allemand, ce sont Fichte, Schlegel, Schleiermacher, Novalis et surtout Schelling et Hegel qui construiront des philosophies de plus en plus contre Kant, contre l'absurde dualité du sujet et de l'objet, en vue de constituer une métaphysique moniste du Devenir.

 

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Il me semble clair que le suffrage universel n'exprime qu'une statistique des intérêts individuels à court terme et rend, de ce fait, impossible toute vision téléologique.

Tant que les individus seront au service de leur nombril (ce qu'ils semblent bien décidés à rester longtemps encore), la démocratie empêchera la société de se mettre au service de la Vie (écologie) et de l'Esprit (gnoséologie).

Si la mission gnoséologique de l'humanité est un concept inaccessible à 90% des humains, l'impératif écologique est bien concrètement là : nous fonçons dans le mur et la Vie globale doit impérativement prendre le dessus sur les intérêts, fantasmes et égoïsmes individuels.

Mais qui osera forcer la main à ces hordes de crétins hyper-consommateurs, incapables de faire la différence entre le nécessaire et le superflu ? Qui osera faire taire, une bonne fois pour toute, ces imbéciles de "gilets jaunes", ces idiots nostalgiques d'un paradigme de l'abondance qui est définitivement et irréversiblement révolu, suranné et obsolète.

 

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La bipolarité entre le principe de plaisir et le principe de réalité est particulièrement utile pour comprendre notre époque.

Ces principes sont dus à Gustav Fechner et ont été plagiés, comme d'habitude, par Sigmund Freud.

Définition : "Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation."

Autrement dit, le principe de plaisir dit : "j'ai l'envie de", alors que le principe de réalité dit : "j'ai la nécessité de".

On l'a compris, sans doute pour ne pas voir et devoir assumer la mutation paradigmatique en cours, la grande majorité de nos contemporains n'obéit plus qu'au principe de plaisir et enterre, au plus profond, le principe de réalité.

Il s'ensuit une société d'addiction à toutes les formes de ludisme, totalement aveugle aux conséquences de la frénésie consommatoire et numérique.

 

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Le 22/04/2019

 

Osons le dire : rien d'humain n'a de sens s'il n'est au service de ce qui dépasse l'humain.

Voilà la source profonde et unique de la Joie authentique : vivre au service de ce qui nous dépasse. Vivre au seul service de nos nombrils peut, certes, procurer des plaisirs (toujours éphémères) et les addictions et esclavages qui s'ensuivent. Mais la Joie est ailleurs.

La Joie de vivre jaillit lorsque cette vie est utile au sein d'un projet qui pousse l'individu vers le haut, vers le sublime, vers le sacré, vers le divin.

Oui, osons le dire : la Joie naît de l'utilité !

 

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Le Romantisme philosophique s'est élaboré, surtout avec Schelling et Hegel, contre le Rationalisme mécaniciste issu de Descartes, contre le Criticisme dualiste issu de Kant et contre le Positivisme scientiste issu de Comte. Il ne s'agit nullement de nier la Raison et ses puissances, il s'agit seulement de la remettre à sa juste place aux côtés de la sensibilité (la capacité de percevoir le Réel) et de l'intuition (la capacité d'entrer en résonance avec le Réel).

Mais le Positivisme du 19ème siècle a mené et gagné (pour notre malheur) une telle guerre au Romantisme qu'il n'en a laissé, dans les mémoires, que l'image fade des mièvreries de Chopin ou des pleurnicheries de Lamartine.

Ce n'est pas cela le Romantisme ! Le Romantisme, c'est la guerre contre la réduction du Tout à une seule partie, contre la réduction du Réel au seul humain, contre la réduction de l'Esprit à la seule raison.

 

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Dans l'Esprit, la Conscience est le lieu de la confrontation et de la mise en cohérence entre la Sensibilité qui perçoit, la Mémoire qui conserve, la Volonté qui meut et l'Intelligence qui pense. Cette Intelligence (capacité de reliance) est elle-même un lieu de confrontation de plusieurs "logiques" : celle de l'Intuition holistique qui résonne, celle de l'Imagination créatrice qui fabrique, celle de la Raison déductive qui logicise, celle du Jugement équilibré qui évalue, et celle de l'Analogie structurelle qui comprend.

 

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Dans la tradition juive, il y a la Torah écrite ou Miqra (la Torah au sens strict, les Nabiim et les Kétoubim du Tanakh) qui est la source de toute sagesse (c'est cela la Foi juive qui fonde l'incessante étude de la Torah), et il y a la Torah orale ou Mishnah (l'univers herméneutique du Midrash) qui se subdivise encore en une voie éthique (la 'Halakhah) et en une voie mystique (la Aggadah dont participe toute la Kabbale).

Tout cela forme un ensemble cohérent et unitaire, terriblement fractal.

C'est sans doute cet aspect fractal de la pensée et de la tradition juives qui est le plus déroutant pour les esprits formés à "l'ordre militaire romain" c'est-à-dire à ce que Pascal appelait l'esprit de géométrie, à la fois hiérarchique, logique et axiomatique.

 

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On n'y insistera jamais assez : tout cheminement spirituel doit commencer par une Libération, une sortie radicale de tout esclavage et de toute idolâtrie.

L'esprit doit se libérer de toutes les servitudes et de toutes les croyances. Alors seulement il peut s'envoler.

Quelles sont ces servitudes ? Les valeurs et convictions habituelles ou conventionnelles.

Quelles sont ces croyances ? Les fables et fantasmes qui masquent les vraies questions.

Ensuite viendra la Révélation initiatique, symbolique et mystique : c'est la Graine que l'on plante dans ce terreau enfin libéré des ronces et fougères.

Alors commencera le lent et long travail de Purification pour atteindre la parfaite nudité, la totale simplicité, la rigoureuse limpidité : c'est l'Arbre de Vie qui pousse.

Enfin surviendra la Mort du vieil homme et l'entrée dans la Promesse de Vie et d'Esprit : c'est l'Arbre qui donne ses Fruits dont la nature est autre que le bois dont il est fait.

 

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Au cœur de toute tradition spirituelle, il y a le processus vivant du développement lui-même (ce que le Judaïsme appelle la "Torah orale") et il y a ses manifestations tangibles (la "Torah" écrite).

Une tradition spirituelle se sclérose en dogmatisme dès lors que les manifestations tangibles priment le processus vivant.

Mais il est essentiel de bien comprendre qu'à tout moment, ce processus vivant accomplit une logique interne (dont les manifestations tangibles sont les traces et les signes) qu'il importe de préserver quoi qu'il en coûte … sous peine de dévoiement.

Dans la tradition juive, cette logique profonde a son noyau dans l'Alliance indéfectible entre la Maison d'Israël et YHWH, son dieu tutélaire.

Et qui est ce YHWH ? Il se définit lui-même (Ex.:3;14) : "Je deviendrai ce que je deviendrai" ; il est le moteur ultime et suprême du Devenir. Il est la loi de l'accomplissement cosmique.

L'Alliance est donc réception et assomption de cette loi de l'accomplissement cosmique que la Maison d'Israël doit, en tout, promouvoir, souvent contre les Nations qui récusent tout Devenir et s'installent dans l'Être.

 

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Les Nations, enlisées dans leur concept de l'Être immuable comme fondement de tout ce qui existe, ironisent sur l'accomplissement du Devenir en parlant d'errance.

On se gausse du "Juif errant" ; mais il ne s'agit nullement d'errance, il s'agit d'exil. C'est une tout autre histoire …

Mettre le Devenir vivant au fondement de tout ce qui existe, s'oppose radicalement à l'Être immuable en ceci que l'Être est (de toute éternité, intemporellement) et qu'il n'y a plus rien à y créer, hors des manifestations anecdotiques. Tout au contraire, l'Alliance dans le Devenir implique une co-création perpétuelle du cosmos qui est un processus en marche et non un objet achevé.

Il s'agit de faire advenir le Divin dans toute sa plénitude au sein même du Réel ; il s'agit de diviniser le Réel ; il s'agit de sacraliser le Réel pour qu'il se divinise.

 

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La Révélation est continue et perpétuelle pour qui s'adonne à l'étude (qui n'est pas invention, mais bien déploiement créatif).

 

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L'histoire du pharisaïsme, ancêtre du judaïsme post-lévitique et post-sadducéen, montre l'existence de deux institutions très différentes, voire concurrentes. Il s'agit du Beyt-ha-Midrash (la Maison de l'Etude) où officient les Rabbis (les maîtres d'école) et du Beyt-ha-Knéssèt (la Maison de la Communauté c'est-à-dire la synagogue) qui est un lieu de culte populaire, étranger à la tradition rabbinique et où trône le Targum, la traduction "augmentée" du Tanakh en araméen, accompagné d'une tradition homilétique.

Je pense, quant à moi, que :

  • la tradition de la Maison d'Etude (dont procède la communauté essénienne de Qumran) est originaire d'Alexandrie (reprise, ensuite, par Hillel dont les deux maîtres étaient alexandrins) et avait pour mission d'approfondir l'étude de la Torah avec l'aide de certaines catégories philosophiques grecques (dans la filiation de Philon d'Alexandrie),
  • alors que la tradition de la Maison de la Communauté est typiquement judéenne (peut-être héritière d'une tradition issue de l'exil babylonien), issue des milieux populaires pharisiens comme lieu d'opposition à l'élitisme sadducéen.

Bien sûr, la catastrophe de 70 et la destruction du Temple qui mit fin à l'orthodoxie lévitique des sadducéens, furent à l'origine du mouvement de rapprochement de ces deux traditions, l'une élitaire, l'autre populaire, pour finir par former les institutions synagogales et rabbiniques que nous connaissons encore aujourd'hui.

Originellement, la tradition rabbinique (midrashique) portait sur l'herméneutique du Tanakh selon diverses techniques et écoles, plus ou moins imprégnées d'hellénisme. Parallèlement, la tradition synagogale (pharisienne) introduisit dans le judaïsme (surtout populaire) des notions nouvelles qui lui étaient totalement étrangères et qui relevaient d'un souci sotériologique : la Messie, la fin des temps, le Jugement dernier, la vie après la mort, l'immortalité de l'âme individuelle, l'autre-monde, la résurrection des morts, etc … Il est à noté que ces notions étrangères au judaïsme ont formé la charpente intime du christianisme (Jésus étaient un pharisien issu des couches populaires artisanales, ayant fréquenté la dissidence pseudo-essénienne de Jean-le-Baptiste et les mouvances zélotes).

 

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De mon cher ami Paul Matthys :

 

" Le vrai miracle se tient partout devant nous, mais la multiplication de ce miracle le banalise. S’il n’y avait qu’un seul Chat dans l’Univers, on le considérerait comme un incroyable miracle. Le fait qu’il y a des centaines de millions de chats rend 'Chat' banal … C’est là l’humour de Dieu qui cache le miracle partout en le rendant invisible, en le répétant partout, ce qui le banalise … Mettre le miracle  du Sacré  en évidence partout le dissimule"

 

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Une "bonne" guerre, cela n'existe pas, cela ne peut pas exister. Il y a, sans doute, des guerres légitimes ou justes (comme celle qui oppose l'Etat d'Israël aux mouvances islamistes du Fatah, du Hezbollah et du Hamas, depuis plus de 70 ans). Mais il n'y a pas de "bonne guerre".

 

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Au contraire de la tradition sépharade qui vise une codification unique et universelle de la Loi, la tradition ashkénaze vise à accumuler des controverses et des désaccords, des arguments et des contrarguments, des interprétations et des contre-interprétations, afin de nourrir le sempiternel déploiement de cette Loi à jamais vivante et foisonnante.

On retrouve exactement la même divergence entre le droit romain et le droit coutumier, entre le droit codifié et le droit jurisprudentiel.

 

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Le 23/04/2019

 

La Toile ludique, dont participent les réseaux sociaux, les jeux, les sites de divertissement ou de rencontre, etc …, exploite à fond le cerveau reptilien et joue sur le registre émotionnel le plus basique ; elle permet, anonymement et impunément, d'étaler toutes les addictions les plus abjectes au voyeurisme, à l'exhibitionnisme, à l'infantilisme, au narcissisme, au nombrilisme, à la mythomanie, à l'érotomanie, à la mauvaise foi, à la calomnie, à l'agressivité, à la violence, …

De plus, les firmes qui l'exploitent, ont développé des techniques très pointues pour capter l'attention de ceux qui s'y rendent et de les emprisonner dans des rets d'addiction de plus en plus serrés, les transformant en zombies mentaux et en esclaves débiles et béats.

Tout cet immense processus de crétinisation par la Toile répond à un besoin du plus grand nombre : celui d'obéir au principe de plaisir et d'oublier le principe de réalité, celui de fuir le Réel de crainte de devoir l'assumer, celui d'être gavé d'émotions primaires, celui d'être rassuré par une tribalisation aussi labile qu'artificielle, celui d'être illusoirement connu et reconnu, celui de s'inventer une fausse vie par procuration,

 

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Le numérique pose deux questions : celle de la dépendance et celle de l'utilité.

La plus grosse part de l'activité numérique, aujourd'hui, concerne le vie personnelle ; elle induit des dépendances de plus en plus puissantes et profondes, alors qu'elle y produit extrêmement peu de valeur d'utilité réelle.

En revanche, on voit s'intensifier sa valeur d'utilité dans la vie professionnelle où robots et algorithmes remplissent des missions de plus en plus sophistiquées, permettant ainsi au centre de gravité de l'activité professionnelle humaine de se déplacer vers des tâches plus intéressantes mettant en œuvre des processus physiques et mentaux qui investissent le non-analytique et le non-linéaire.

On voit donc s'installer une forme de schizophrénie où chacun vit deux vies numériques contradictoires l'une ludique (les addictions à l'inutile), l'autre technique (les professions de l'utile).

La seule voie de guérison possible, me semble-t-il, est de refuser radicalement l'entrée du numérique dans la vie personnelle ; de se construire une vie personnelle totalement déconnectée ; de consacrer cette vie personnelle au réel, intérieur (la Culture) et extérieur (la Nature).

Cela consiste à se rappeler les sévères avertissements, notamment de la part de Blaise Pascal, contre le divertissement sous toutes ses formes.

Le but de la Vie n'est pas de s'amuser dans l'instant, mais bien de construire une œuvre dans la durée.

 

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Le plus puissant levier d'addiction (la dépendance à la dopamine : la molécule du plaisir immédiat), repose sur l'inextinguible désir de "gagner" quelque chose ; plus ce gain est aléatoire, plus la propension addictive est forte (cfr. expériences de Skinner).

 

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Le but ultime de tous les sites et réseaux de la Toile ludique est d'obliger l'utilisateur à rester connecté le plus longtemps possible (T) à ce site ou réseau et à y cliquer le plus grand nombre de fois (C).

Le produit TxC doit être le plus grand possible car il déterminera l'efficience supposée des publicités exposées sur ce site ou réseau. Bien que cette "efficience" soit un leurre complet et que ces publicités, dans la majorité des cas, ne servent pas à accroître les ventes, l'annonceur s'obstinera à payer chèrement ces publicités afin "d'être présent et vu" et de créer une accoutumance à sa marque.

 

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Le nœud gordien du marasme de notre époque tient en un seul mot : "plaisir immédiat". On le sait depuis longtemps, le plaisir induit l'escalade, la dépendance, l'addiction, l'esclavage.

Aujourd'hui, le plaisir que le monde réel ne donne pas forcément toujours et pas forcément tout-de-suite, le monde numérique doit le donner. Toujours et immédiatement.

Nous vivons l'ère du caprice généralisé !

 

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Il faudrait écrire une "philosophie du plaisir" …

 

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Je le proclame depuis longtemps, : la Joie seule importe ; le plaisir n'en est que la scorie, la miette, l'ersatz, la poussière …

Le plaisir est à la Joie, ce que la photo d'une jolie femme est à la vie d'un couple réussi. L'un n'exclut pas nécessairement l'autre ; mais cet autre apparaît vite comme tellement dérisoire.

 

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De Thomas Jefferson :

 

"Seule l'erreur a besoin de l'aide du gouvernement.

La vérité peut se débrouiller toute seule."

 

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James Surowiecki prétend que l'on est : "plus intelligent à cent que seul". Rien n'est plus faux ! L'intelligence collective ne dépasse l'intelligence individuelle que dans quelques rares cas, très particuliers et bien connus (cfr. David Böhm).

En revanche, les cas où la foule bêtifie les individus font légion.

Les "sagesses des foules" ou les "intelligences des peuples" n'existent pas ; ce ne sont que des mythes idéologiques.

 

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Je suis persuadé que, dans moins de dix, la Toile va s'effondrer, entraînant, dans sa déchéance, ces immondes pilleurs d'informations que sont FaceBook, Google, Amazon, Instagram, Twitter et tous les autres.

Tout cela détruit l'Esprit sur une vaste échelle et induit une dégénérescence régressive et infantilisante de l'humanité.

 

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L'industrie numérique n'a qu'un seul objectif : capter gratuitement de la connexion active. Et tous les moyens sont bons pour faire se connecter les gens et tous les moyens sont bons pour les faire cliquer.

Ce qu'ils vendent : de l'attention, d'une part, des données, de l'autre. A qui ? A tous ceux qui sont prêts à en acheter.

 

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La fonction première des algorithme est de simuler afin de prédire, sur base statistique, les comportements individuels très profilés, les plus probables. Ensuite, d'autres algorithmes, construits sur les mêmes profiles individualisés, vont stimuler les personnes en usant de leurs points faibles (émotionnels et profils reptiliens) afin de tenter d'influencer l'évolution de leurs comportements.

Il faut donc bien distinguer les trois maillons consécutifs de la même chaîne d'addiction : profilage, prédiction, manipulation.

 

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Google et FaceBook vivent (encore, mais pour peu de temps) de la publicité. Mais la publicité ne sert fondamentalement à rien. Quand donc les annonceurs s'en apercevront-ils et couperont-ils le robinet délétère de cette la manne scélérate qui inonde le monde et pollue, salit, empoisonne et dénature la Toile.

 

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Le numérique redeviendra un bon outil efficace, crédible et fiable lorsqu'il aura rompu tous les liens avec la publicité sous quelque forme qu'elle soit, commerciale ou politique, idéologique ou ludique, démagogique ou narcissique, érotique ou pornographique, etc …

La guerre de la Toile, dès aujourd'hui, est la guerre des contenus !

La Toile doit redevenir un outil de construction, de propagation et de partage de connaissances scientifiques et professionnelles, validées par des experts, et s'abstenir d'être  le champ de prolifération de délires et fantasmes personnels ou collectifs de quelque nature soient-ils.

Ce que pense, croient penser, veulent penser, voudraient penser, font semblant de penser … tous les crétins du monde, n'a absolument aucun intérêt - sauf, bien sûr, pour un sociologue ou un anthropologue du crétinisme.

 

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L'interface entre la vie personnelle et le monde numérique devrait être strictement nul !

 

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Le 24/04/2019

 

Pour une clarification du concept "Economie".

 

L'économie est l'espace de rencontre de toutes les offres et de toutes les demandes au sein de la sphère humaine.

On distingue :

  • L'économie non monétaire :
    • Celle du bénévolat (demande et offre de temps)
    • Celle du troc (demande et offre d'objet)
    • Celle de la mission (demande et offre de mandats, notamment politiques)
    • Etc …
  • L'économie monétaire : c'est le capitalisme ; il a l'argent pour axe central, l'argent étant l'unité conventionnelle d'échange lors d'une transaction offre/demande ; l'argent peut être public (c'est-à-dire de la monnaie fiduciaire garantie par une institution greffée sur une banque centrale) ou privé (cryptomonnaies, monnaies locales, etc …). L'économie monétaire (le capitalisme, donc) tourne autour de l'argent :
    • L'argent pour entreprendre,
    • L'argent pour investir :
      • avec retour financier (économie spéculative)
      • sans retour financier (mécénat)
    • L'argent pour prêter et placer (banques),
    • L'argent pour accumuler et préserver (assurances)
    • L'argent pour aider, faciliter, promouvoir, susciter, etc …
    • Etc …

 

Une fois de plus, il faut le répéter : il est ridicule de stigmatiser perpétuellement le capitalisme (qui n'est que le versant monétaire de l'économie générale, celui qui travaille et fait travailler avec du capital) au prétexte qu'une de ces branches, l'économie spéculative, engendre des mécanismes néfastes et parfois délétères. Ce n'est pas le capitalisme qu'il faut conspuer, mais bien le financiarisme c'est-à-dire l'économie spéculative, sans foi ni loi, sans éthique, n'ayant que le profit immédiat en vue et qui n'est, somme toute, qu'un parasitisme économique (comme un ténia dans ses boyaux ou comme une tumeur cancéreuse dans ses tissus sains) : c'est "l'argent pour l'argent".

Dès lors qu'une activité économique quelconque n'a pour seul  but que de produire de l'argent pour l'argent lui-même, c'est de l'économie folle, du capitalisme malsain, déviant, parasitique.

 

Toute économie saine repose sur trois piliers indispensables : du capital, du travail et de l'intelligence. L'un sans les autres est vain et tourne à vide :

 

  1. Du capital c'est-à-dire des ressources pour alimenter le processus de transformation, par le travail, de ces ressources en utilités que l'on peut offrir face à une demande existante ou à venir.
  2. Du travail c'est-à-dire ce processus de transformation même qui intègre du travail transformatif de la part des hommes et des machines (robotiques ou non, algorithmiques ou non) ; ce travail transformatif est le cœur thermodynamique du système économique qui transforme de la néguentropie moyenne, de l'énergie et du temps en néguentropie haute (les utilités) et en néguentropie basse (les déchets au sens large) ; le rendement d'une transformation économique est donné par le rapport entre, au numérateur, les utilités produites et, au dénominateur, la somme des ressources, temps, énergies et déchets. Ce rendement est toujours inférieur à un et, moyennant la meilleure technologie peut, au mieux, se rapprocher asymptotiquement de son rendement de Carnot (rendement théorique maximal indépassable et toujours inférieur à un).
  3. De l'intelligence (dans tous les sens de ce mot : raison, intuition, imagination, analogie et jugement dont la synthèse, en somme, est bien qualifiée par le mot "management") dont le but unique est :
    1. d'optimiser le rendement du processus de transformation (cfr.2 - optimisation technique),
    2. d'optimiser la qualité de la rencontre et de l'échange entre la demande et l'offre (optimisation commerciale),
    3. d'optimiser la rémunération des ressources consommées (capital et travail, matériels et matériaux),
    4. d'optimiser le retraitement et le recyclage des déchets.

 

L'économie, c'est tout cela. Elle est le métabolisme des sociétés humaines dont les institutions politiques ne sont que des superstructures avec une seule mission cruciale : assurer la paix, intérieure et extérieure, pour que l'économie puisse engendrer de la prospérité et du bien-être globaux.

Le politique doit se mettre au service de l'économique … et non l'inverse.

Et l'économique doit se mettre au service de la Vie et de l'Esprit … L'argent n'est jamais un but : il est une condition antérieure et une conséquence ultérieure ; rien d'autre !

 

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Le 27/04/2019

 

Apparences : appâts rances.

 

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De Donah :

 

"Une perruque, c'est une kippah à poils."

 

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Vae victis !

Nous sommes entrés dans l'ère de la tyrannie des minorités, l'ère de la victimologie et de la victimolâtrie, l'ère des rétro-activismes (rétro-racisme anti-blanc, rétro-sexualisme anti-hétéro, rétro-féminisme anti-mâle, rétro-sionisme antisémite, etc …), … bref : nous sommes à l'ère des "mauvais perdants".

Cette mode ridicule nous vient des campus américains (vous savez, ces institutions navrantes du culte de l'ignorance et de l'imbécillité).

 

Il s'agit de blâmer les vainqueurs et d'aduler - en pleurnichant - les vaincus. Il s'agit de conspuer la civilisation européano-chrétienne parce qu'elle a conquis le monde entier et qu'elle a absorbé, assujetti ou éliminé des peuplades ou des cultures trop faibles, trop arriérées, trop stupides, trop lâches, trop veules pour lui résister (alors que certaines, les Juifs, les Indiens, les Chinois, les Japonais, et bien d'autres ont non seulement résisté, mais se sont grandi dans l'épreuve). Il s'agit de cultiver toutes les nostalgies et tous les ressentiments. Il s'agit d'encenser nostalgiquement les plus grands assassins socialistes de l'histoire de l'humanité, sous prétexte qu'ils haïssait le Réel et ses lois : Lénine, Staline, Mussolini, Hitler, Mao, Pol-Pot, Guevara, Castro, Chavez … et, en leur nom, de pousser l'intolérance à son paroxysme et d'empêcher scientifiques et philosophes de parler (Scruton, Finkielkraut, Gauchet, etc …). Il s'agit de revendiquer agressivement une "pureté" et un "bon vieux temps" que la marche de l'histoire a relégué à ses oubliettes : la pureté de l'islam pour les salafistes (Ramadan), la pureté de la nation pour les populistes (Le Pen), la pureté du marxisme pour les facho-gauchistes (Mélenchon), etc …. Il s'agit de pleurnicher crapuleusement sur le paradigme perdu (les "gilets jaunes"). Il s'agit de prôner l'animalisme, le véganisme ou l'antispécisme contre la nature omnivore de l'humain.

Il s'agit de louer la barbarie au nom des faux pas de la civilisation.

 

Il est temps de rappeler à tous ces débiles que l'on ne fait jamais d'omelette sans casser d'œufs  et qu'il faut cesser d'empoisonner l'omelette au nom des coquilles vides et perdues.

Il est temps de se rappeler que toute apparition induit une disparition, que toute émergence induit une bifurcation, que toute production induit une destruction, etc … cela ne s'appelle pas de l'idéologie, cela s'appelle de la thermodynamique.

Il n'y a jamais de positif sans négatif … mais, bien sûr, ce n'est pas une raison pour ne pas faire l'effort éthique maximum pour minimiser ce négatif. Il n'empêche : il n'y a jamais de transformation sans déchets.

 

Nous vivons la montée d'une idéologie de la "pureté" qui est une idéologie de l'hypocrisie, une idéologie du déni de réalité, une idéologie du refus de l'histoire réelle, une idéologie de bisounours où l'on veut que l'omelette se fasse sans casser les œufs, où l'on veut que l'évolution se fasse sans dégâts, sans victimes, sans erreurs, sans chocs, où l'on veut le triomphe absolu du "principe de plaisir" sur le "principe de réalité".

Cette idéologie de la "pureté" est une idéologie infantile de l'immaturité. Le Réel n'est pas, ne sera jamais un monde sans "victimes" (même s'il faut, évidemment, qu'il y en ait le moins possible). Toute victoire a, nécessairement, ses perdants.

L'idéologie de la "pureté" est l'idéologie des "mauvais perdants", c'est-à-dire une idéologie de la violence gratuite qui ne construit rien, une idéologie de la haine et du ressentiment (ainsi que Nietzsche l'avait dûment prédite comme expression dernière du nihilisme).

 

Il est temps que les majorités se ressaisissent. Il est temps que l'on fasse taire ces minorités scélérates et barbares. Il est temps d'arrêter l'auto-flagellation, les actes de contrition et la lâcheté honteuse. Il est temps de cesser de tolérer l'intolérance, sous quelque forme qu'elle se présente.

Stop ! ça suffit !

Les minorités sont minoritaires ; tant pis pour elles. La loi de la majorité est la seule qui vaille. C'est cela la démocratie.

 

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Entre 1603 et 1867, la politique du shogunat Tokugawa (l'époque Edo ou ère des Samouraïs ou Bushis) offrit au Japon deux siècles d'isolement et de stagnation économique, mais aussi deux siècles de paix intérieure profonde et de développement culturel et spirituel sans égal.

Cette période exceptionnelle prit fin avec le délire moderniste de l'empereur Mutsuhito qui inaugure la funeste restauration Meiji avec dénaturation profonde du Japon.

 

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Le maître bushi Miyamoto Musashi énonçait ainsi les cinq principes éthiques du samouraï ("celui qui est au service") :

 

    N'être jamais cupide durant toute la vie. (Indifférence à la fortune)

    N'avoir aucun regret dans les affaires. (Indifférence à l'échec)

    Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal. (Indifférence à autrui)

    Éviter toutes pensées perverses. (Indifférence aux tentations)

    Ne rien faire d'inutile. (Souci constant de l'utilité)

 

Le dernier de ces cinq préceptes me parle tout particulièrement : être constamment au service exclusif de l'accomplissement sans jamais s'en laisser distraire.

 

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Tout ce qui n'est pas utile est futile.

 

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Le terrorisme intellectuel des minorités de la "bien-pensance" devient effrayant.

 

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Partout, il existe des identités régionales ou locales, parfois très marquées, enracinées dans une histoire réelle longue. Mais il n'existe pas d'identité nationale. Il existe bien des Basques ou des Bretons, des Alsaciens ou des Provençaux, des Bourguignons ou des Picards ; mais il n'existe pas de Français ou, plutôt, l'idée de "Français" est une pure invention artificielle, imaginée et imposée par les pouvoirs parisiens, royaux puis républicains.

Comme il existe des Flamands et des Wallons, mais pas de Belges, invention typiquement bruxelloise. Comme il existe des Catalans, des Castillans, des Basques, des Andalous, des Galiciens, … mais pas d'Espagnols. Comme il existe des Bavarois, des Rhénans, des Prussiens, des Souabes, etc …

Il faut en finir avec les "Nations" et les nationalismes.

 

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Le 28/04/2019

 

Le gilet jaune, ça sert exclusivement à être vu de loin ; ça ne sert ni à devenir intelligent, ni à écouter ce que l'on dit, ni à comprendre la réalité des choses socioéconomiques ; ça sert juste à aller se faire voir !

 

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Le 30/04/2019

 

Le socialisme est une calamité sociale, économique et culturelle.

Du point de vue social, il impose le règne de l'assistanat généralisé et de la dépendance totale à l'Etat.

Du point de vue économique, il est l'antithèse du libéralisme  et décourage toute initiative entrepreneuriale à coups de taxes, règlements et normes aussi absurdes que sclérosantes.

Du point de vue culturel, il prône un égalitarisme délétère et contre-nature qui induit un terrible nivellement par le bas ; ce qu'il appelle la "culture populaire" n'existe pas et n'est que les défoulements et distractions des masses abruties.

 

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NOUVEAU (depuis ce 2/4/2019) : Le Tome 19 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (370 pages à télécharger gratuitement).