Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Décembre 2018

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/12/2018

Globalement, nous devons, planétairement parlant, revenir à un taux de prélèvement dans la Nature, toutes ressources confondues, équivalent à celui de 1926 (date où la démographie humaine a passé le cap des deux milliards).

Cela signifie qu'en 2050, la quantité de ressources disponibles par humain sera divisée par cinq par rapport à celle de 1926, puisque nous serons cinq fois plus nombreux (dix milliards en 2050).

En gros, si nous voulons partager le "gâteau planétaire" avec les dix milliards d'humains de 2050, nous devrons adopter un train de vie équivalent à celui du 12ème siècle.

Il n'y a jamais de miracle. Il n'y a que de l'arithmétique : comme la quantité totale de ressources disponibles étant finie (et décroissante avec des rendements de transformation toujours bien inférieur à 1), la conclusion est évidente : plus il y a d'humains, plus la part de chacun diminue.

Il y a donc urgence à mettre en place des dispositifs drastiques de limitation des naissances, surtout dans toute l'Afrique (du nord, du centre et de sud), mais aussi en Asie du sud-est et en Inde.

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Au dernier semestre de 2018, le cours de Bourse des dix "géants" du numérique (AliBaba, Alphabet-Google, Amazon, Apple, Facebook, Microsoft, Netflix, Tencent, Tesla et Uber) ont perdu, en gros, un cinquième de leur valeur boursière ; cela représente plus de 1.000 milliards de dollars US, partis en fumée.

Et ce n'est qu'un début !

Ces grosses firmes ne produisent que très peu de valeurs d'utilité et d'usage, perdent de l'argent à longueur de temps et ne survivent qu'à gros coups d'augmentations de capital. Elles ne fonctionnent que sur le dos d'une économie spéculative hypnotisée par ses phantasmes technologiques.

Ce sont des chimères et elles vont bientôt disparaître.

 

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Un peu partout, en Europe, on voit surgir des mouvements populaires qui ne traduisent qu'un nauséabond cocktail de nostalgie et de ressentiment.

Nostalgie d'une prospérité et d'un progrès matériel liés à une abondance définitivement révolue qui a fait place à des pénuries définitives … bref : ils refusent la fin de leur monde …

Ressentiment envers tous ceux qui, d'une part, sont accusés (à tort, ils n'y sont pour rien … comme le maître-nageur n'est pour rien dans le montée de la marée) d'avoir provoqué le changement de paradigme et envers tous ceux, d'autre part, qui ont développé leurs aptitudes et leurs intelligences, et qui sont devenus capables de construire ou d'adopter le nouveau monde émergent …

Tous ces crétins sont incapables de comprendre que l'histoire ne se commande pas, que les Etats et leurs appareils (ni personne, d'ailleurs) sont incapables de la contrôler, que les paradigmes se suivent mais ne se ressemblent pas, que personne ne peut échapper à la mutation en cours, ni le Président de la République, ni l'assisté professionnel.

Le problème est que ces mouvements stupides font masse et que les pratiques démagogiques et médiatiques ambiantes leur donnent beaucoup trop de poids.

Le risque est immense que cette nostalgie et ce ressentiment triomphent et conduisent le monde européen à sa perte, laissant l'espace libre à l'envahissement par des prédateurs venus financièrement de Chine ou de Russie, et venus migratoirement d'Afrique.

On ne va nulle part avec de la nostalgie et du ressentiment !

 

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J'aime être détesté par les gens détestables !

 

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Le 03/12/2018

 

Les masses commencent à ressentir, intuitivement, instinctivement, inconsciemment, le changement de paradigme. Et cela les effraie intensément parce que, par définition, les masses sont réactionnaires.

Contrairement à ce que les idéologues ont toujours prétendu ou espéré, les masse ne sont pas progressistes : l'homme de la rue accepte ou exige toujours plus de ce qu'il a déjà, mais il refuse de vouloir autre chose.

Tous les groupuscules révolutionnaires se sont toujours appuyés sur les manques des masses pour tenter d'imposer leurs phantasmes dont personne ne veut ; s'ils réussissent et prennent le pouvoir, ils commencent à instituer leurs "réformes" et les masses se retournent contre eux car elles ne voulaient pas "autre chose", mais elles voulaient "plus de ce qu'elles avaient déjà". La "révolution", alors, doit recourir à, la violence et à la terreur pour se maintenir (les Parisiens de juillet 1789, voulaient du pain, pas la révolution ; ce sont des fils de bourgeois ou de noblions qui ont récupéré cette faim du ventre pour jouer leur petite farce pendant deux ou trois ans avant que Maximilien - lui aussi noblion - n'impose sa dictature et sa Terreur … on connaît la suite funeste).

C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui : les ressources manquent, la planète s'appauvrit toujours plus, un changement de paradigme s'impose (ce n'est pas un choix, mais une obligation) vers plus de frugalité, notamment ; et cela n'est pas acceptable pour des masses qui veulent consommer plus, gagner plus, dépenser plus, tout en travaillant moins et en produisant moins.

Cette peur panique populaire se retourne alors et cherche un coupable : les "élites", l'Union européenne, les "complotistes", les islamistes, … ou encore Trump, Poutine, Xi Jinping ou Macron …

Et il y a toujours, bien sûr, des crapules pour tenter de récupérer, à leur profit, ces peurs et mécontentements populaires : les populistes, les salafistes, les gauchistes, les souverainistes, les anarchistes, les néo-boulangistes, etc … comme, en France, Mélenchon, Le Pen ou Dupont-Aignan, entre autres.

La seule question du moment est celle-ci : les masses populaires sont-elles capables d'entendre et de comprendre le changement de paradigme en cours avec ses conséquences (frugalité, continentalité, intériorité, flexibilité, virtuosité, immatérialité, etc …) ?

Si l'on croit pouvoir répondre par l'affirmative, alors il faut faire œuvre de pédagogie pour expliquer encore et encore, et de fermeté pour clore le bec aux imbéciles.

Si l'on croit devoir répondre par la négative, alors le démocratisme devient létal car le refus obstiné des masses populaires d'engager ce changement de paradigme, ne peut se traduire que par un immense suicide collectif.

 

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Le mouvement des "gilets jaunes", aujourd'hui, démontre sept choses :

  1. L'insondable imbécillité des masses.
  2. La capacité de quelques milliers de crétins de bloquer et saccager un pays.
  3. La puissance d'amplification de la Toile.
  4. L'existence d'un tas d'enragés crapuleux, connus et inconnus.
  5. La mort des partis et des syndicats.
  6. L'opportunisme nauséabond des médias.
  7. L'impuissance coupable des institutions.

 

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D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

"Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir

mais de le rendre possible."

 

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De Stephan Goetz, financier allemand :

 

"Notre économie est exportatrice, alors le morcellement du monde est une très mauvaise nouvelle. Pour l’instant, nos entreprises gagnent beaucoup d’argent, mais la tempête arrive, il va falloir se focaliser sur la compétitivité, sur un projet européen. Le retrait américain est un événement très important, nous devons nous réinventer une identité."

 

Jusqu'il y a peu, l'identité dominante, ici, pour nous, était nommée "Occident" qui unifiait la mosaïque européenne (hors Russie) et la pieuvre anglo-saxonne (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, etc …).

Mais cet Occident est mort avec la fin de l'américanisation du monde (faussement appelée "mondialisation"). Trump a rompu (avec raison !) l'alliance occidentale et la mosaïque européenne se retrouve face à un vide : qui est-elle ? qu'est-ce qui va la fédérer face aux autres continents actifs (grande Chine, grande Inde, grande Russie et vague hinterland islamique … le reste du monde ne joue pas ou plus avec).

 

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D’après la SICS ( Société Internationale de Conseillers de Synthèse) :

 

"Nous possédons tous un gène appelé PNMA6F. Mais personne ne sait à quoi il sert. Il n’est pas le seul. Des 20 000 gènes codant des protéines, 5 400 n’ont jamais fait l’objet de publication. Il en est de même de la plupart de nos gènes. Une infime fraction (2 000) est vraiment prise en compte. Les chercheurs ont tendance à se concentrer sur les gènes qui ont été étudiés depuis des décennies. S’attaquer à un inconnu comme PNMA6F, c’est mettre sa carrière en danger. Certes, les scientifiques disposent à présent d’une carte détaillée du génome humain et le séquençage de l’ADN est d’une puissance stupéfiante. Mais nommer un gène n’est pas comprendre son fonctionnement. Pourquoi ce déséquilibre ? En 1991, 16% de tous les gènes humains avaient été identifiés. Depuis 2015, ce sont toujours les mêmes qui font l’objet de la moitié des publications.

On pourrait penser que les chercheurs se concentrent sur les gènes directement utiles, par exemple ceux qui entrent en jeu dans le développement des cancers. Pas du tout : il y a énormément de gènes qui jouent un rôle dans les cancers et on n’en étudie qu’une infime fraction. L’explication est à chercher non dans les gènes eux-mêmes que dans les façons de travailler : il est plus facile de recueillir les protéines sécrétées par les cellules que celles qui en restent prisonnières ; il est plus commode d’étudier les gènes qui peuvent être modélisés avec les animaux de laboratoire, ce qui n’est pas le cas de tous.

'Nous espérions qu’avec le Projet du Génome Humain la situation allait changer, , mais notre analyse montre que presque rien n’a changé. Nous nous obstinons à regarder les mêmes gènes pour trouver des remèdes et ignorons la plus grande partie du génome' [Luis A. Nunes Amaral, chercheur en sciences des données à l’université Northwestern d’Evanston, et co-auteur de l’étude parue dans PLOS Biology qui fait l’objet du présent article].

Un biais problématique pour la médecine et que l’on devrait corriger en encourageant financièrement et en délais supplémentaires ceux qui explorent des territoires nouveaux."

 

Mais, encore plus dramatiquement, c'est le paradigme mécaniste qui fait obstacle à toute réelle progression dans ces domaines. Ce paradigme affirme, sans preuve et faussement, que l'on est là face à une logique programmatique : un gène = une fonction = un effet ! C'est la négation même de la complexité du vivant.

Il faudra bien un jour que tous ces "spécialistes" qui stagnent depuis plus d'un demi siècle comprennent que ni la Vie, ni l'Esprit ne fonctionnent comme une machine, en conformité avec leur analogie informatique.

La cellule vivante n'est pas une mécanique et ne connaît ni fonctions, ni programmes.

Ni l'esprit, ni la pensée, ni même le cerveau qui n'en est qu'un des organes, ne fonctionnent comme un ordinateur.

On ne comprendra jamais rien ni à la Vie, ni à l'Esprit, tant que l'on restera prisonnier du paradigme mécaniste !

Il est temps que tous les Dennett, Changeux et autres nostalgiques du défunt matérialisme mécaniste et athée, soient enfin remisés dans les oubliettes de l'histoire de la pensée.

 

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La liberté n'est pas un fait, n'est pas quelque chose que l'on possède ou pas, que l'on cultive ou pas. La liberté est un processus. Si l'on voulait être pointilleux, il faudrait écrire : la liberté n'existe pas, seule la libération est possible.

Et qu'est-ce donc que cette "libération" ? Certainement pas l'opposition aux déterminations qui sont ce qu'elles sont ; mais bien leurs dépassement, leurs intégration, leurs englobement en inventant une action au-delà d'elles. La libération est un processus de création : une sortie des contraintes "par le haut", une transcendantalisation des pressions, une quête d'émergence pour dissiper "vers le haut" les tensions entre déterminations intérieures et extérieures.

Il s'agit d'un processus de résolution - permanente, lucide et créative - de la dialectique entre possibles et souhaitables (c'est-à-dire, aussi, entre les potentialités et pressions intérieures, et les opportunités et contraintes extérieures : les potentialités intérieures et les contraintes extérieures circonscrivent les possibles, alors que les pressions intérieures et les opportunités extérieures expriment les souhaitables).

Une bonne métaphore, sans doute, pour comprendre mieux tout ceci est le jeu d'échec. Le souhaitable pour les deux joueurs est de gagner la partie, la contrainte est constituée par les deux configurations des pièces noires et blanches, à chaque moment. Les possibles sont les divers mouvements réciproques que les règles du jeu autorisent. La liberté propose un grand nombre de choix que chaque joueur peut poser pour faire évoluer la partie (à noter ceci : meilleur est le joueur, plus grand est le nombre de ses choix possibles - la liberté croît avec l'intelligence et la connaissance). Les tensions s'expriment par les mises en danger de chaque pièce. Etc …

 

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L'art de notre libération commence par l'énoncé lucide de nos servitudes, surtout volontaires, de nos idoles.

 

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De Michel Onfray, parlant de sa vie en monastère pour l'écriture de "La Stricte Observance" :

 

"Ce que j’ai aimé dans cette expérience, c’est la compagnie lointaine d’hommes qui vivent leur foi de façon incandescente sans avoir envie de l’imposer à autrui et ce dans le silence et le rituel, le dépouillement et l’austérité, en y ayant mis toute leur vie. C’est le contraire de la foi bourgeoise de ceux qui ont des certitudes dominicales qui sont rarement suivies d’effets concrets dans la vie réelle le restant de la semaine ... Dans un monastère, personne ne peut tricher. Dans la vie, tout le monde triche ou presque …"

 

Peut-être ce cher Michel ne sait-il pas que la "Stricte Observance (dite Templière)" était un mouvement maçonnique illuministe allemand du 18ème siècle, dont Schelling, Novalis et bien d'autres fondateurs de la pensée romantique, étaient membres.

Et c'est bien là une belle et vraie définition de la Franc-maçonnerie régulière spiritualiste : des "hommes qui vivent leur foi de façon incandescente sans avoir envie de l’imposer à autrui et ce dans le silence et le rituel, le dépouillement et l’austérité, en y ayant mis toute leur vie". Et, de même : dans une Loge, personne ne peut ni ne veut tricher.

 

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La calamiteuse erreur du christianisme est d'avoir voulu personnifier l'Impersonnel, passer du "on" au "tu", migrer du "Divin impersonnel" au "Dieu personnel", transformer l'Âme impersonnelle qui anime le cosmos, en une âme personnelle qui mendie l'immortalité.

C'est le propre de toutes les traditions populacières que de vouloir tout "égotiser" afin de faire de l'individu minable et insignifiant l'égal du Dieu glorieux et lumineux (moyennant certaines conditions, cela va sans dire …), plutôt que de montrer à chaque personne qu'elle n'existe que par et pour et dans sa contribution à ce qui la dépasse.

En fait, c'est là tout le contenu diabolique du "mystère" de l'incarnation, de la descente de Dieu dans l'humanitude (alors que la révélation du Sinaï est une montée de l'humain vers le Divin), du "Dieu fait homme".

Quelle impardonnable erreur ! Le christianisme a creusé le chemin de la dilution du Divin dans l'humain avec, pour conséquence, l'humanisme du 16ème siècle, le rationalisme du 17ème, le criticisme du 18ème, le positivisme du 19ème et le nihilisme du 20ème … et avec, comme dommages collatéraux les socialismes, les communismes, les gauchismes, les nazismes et les fascismes qui, tous en chœur, ne font que chanter le même cantique méphistophélique : l'humain est le centre, l'humain est le sommet, l'humain est le but (leur divergences ne portent que sur la définition de ce qui est "humain" : par nature, par classe sociale, par race ou par raison).

 

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On voudrait faire de ces émeutiers imbéciles appelés "gilets jaunes", des révoltés de la "classe moyenne". C'est, ainsi, faire un insidieux hommage à Marx et à sa fumeuse et fausse théorie de la lutte des classes. Il n'existe pas de classes sociales. Ni moyenne, ni ouvrière, ni possédante. Il faut cesser de véhiculer ces modèles mécanistes et simplistes. Il n'y a pas de classes sociales. Il n'y a que des personnes différentes que l'on peut apprécier selon une multitude de critères tous soumis aux lois de la statistique, et qui appartiennent à une multitude de communautés de vie plus ou moins compatibles ou antagoniques entre elles.

Il y a surtout une masse de crétins incultes face à une élite démagogique qui tente, à tout prix, d'en capter les énergies (opératoires, électorales, consommatoires, émotionnelles, …) et à une élite aristocratique qui n'en a que faire.

 

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Le Rav Yossef Attoun ("Manitou") écrit ceci :

 

"C'est un grand conflit que nous [les Juifs] avons avec Rome.

Rome a substitué la légalité à la moralité."

 

Les Romains ont codifié les lois des hommes. Ces codes fondent toujours le droit actuel. Ils fondent la légalité.

Dans le Torah, il n'y a pas de "Loi", de "code légal" ; il n'y existe que des mitzwot (613 pour être exact) qui sont des commandements, des ordonnances, des préceptes pour construire et conduire son comportement intérieur et extérieur, pour se façonner une éthique au service de l'Alliance. Et ces mitzwot n'ont rien d'univoque ; à preuve, l'ampleur de la 'halakhah qui a pour mission de les interpréter, est infinie au travers des commentaires, commentaires des commentaires et nouveaux commentaires encore …

La légalité est un cadre formel, évolutif, certes, mais surtout rigide.

La moralité (je préfère le mot "éthique") est une intention informelle, une quête, une montée, une aspiration qui tend vers le Sacré et le Divin par la pureté et la sainteté.

Un Sage authentique n'a pas besoin de Loi pour faire ce qu'il y a à faire.

La légalité n'existe que parce qu'il existe des crétins.

 

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Dieu a commis une immense erreur : en permettant l'existence des crétins sans leur imposer la stérilité sexuelle, il a favorisé leur prolifération.

On voit où ça nous mène.

 

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Le 04/12/2018

 

Le regard qu'a l'occident sur le bouddhisme ne me semble pas tout à fait adéquat. Originellement, le bouddhisme naît en Inde de la rencontre entre une rébellion contre l'hindouisme des castes, une pratique de la méditation (dhyâna) et un concept : celui de vacuité.

Ce bouddhisme authentique s'appelle "bouddhisme theravâda" (ou avec un accent péjoratif hinayana : "petit véhicule") et est pratiqué, aujourd'hui encore, essentiellement dans l'Asie du sud-est.

De sa rencontre avec le taoïsme chinois au temple de Shaolin, porté par le moine indien Bodhidharma, la méditation (dhyâna) fut adoptée comme technique de travail pour donner le ch'an chinois ; celui-ci s'exporta d'abord vers la Corée, puis vers le Japon où, par sa rencontre avec le shinto (les "voie des dieux"), il donna le zen (déformation japonaise de ch'an, lui-même déformation chinoise de dhyâna) ; le zen est surtout du taoïsme méditant dans un monde plein de kami.

Reste encore le bouddhisme tibétain ou vajrayana (basé sur le "soutra du diamant" - vajra) qui est beaucoup plus tibétain que bouddhique, et qui est la forme "méditante" du chamanisme tibétain traditionnel : le bön.

Enfin, il faut clore ceci en parlant de ce "bouddhisme" californien des années 1950 (cfr. Alan Watts ou Allan Ginsberg) qui se répandit partout en Amérique du nord avant de s'implanter en Europe, et qui n'a gardé du bouddhisme que ses techniques de relaxation (appelées "méditation") [il est arrivé la même mésaventure au yoga hindouiste qui, ici, dans sa version hatha-yoga, est devenu une gymnastique … de même pour les techniques du bushido japonais qui sont devenues des "sports" … de même, plus récemment, pour le qi-gong ou le tai-chi-chuan … art occidental consommé de transformer le religieux en ludique].

 

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Qu'on le veuille ou non, dès que l'on parle de grands nombres (comme pour des foules, des masses, des peuples), les lois de la statistique jouent, en particulier celle de Pareto dite des 20/80. Par exemple, 20% d'une population concentre 80% de l'intelligence ce qui laisse 80% de crétins. J'ai même tendance à croire, dans ce cas, à un 15/85 (car la courbe de Gauss est asymétrique du fait des pratiques éducationnelles).

 

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Ne l'oublions jamais : le fascisme italien et le nazisme allemand (national-socialisme) sont deux socialismes (comme l'étaient tous les communismes russe, chinois, vietnamien, khmer, albanais, panarabe, etc …) ; ils étaient obsédés d'étatisme et d'ordre social rigide, et haineusement opposé à tout individualisme, à tout libéralisme et à tout capitalisme : les Juifs étaient d'ailleurs, pour eux TOUS, le symbole du capitalisme banquier, du cosmopolitisme et de l'internationalisme diasporique, de l'élitisme intellectuel et du particularisme communautaire … Toutes les formes de socialisme ont toujours été antisémites pour ces raisons-là (cfr. en France, de l'abbé Grégoire et Jaurès à Mitterrand en passant par le socialisme populiste et nationaliste de De Gaulle et son "peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur").

 

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De Patrick Artus à propos de la stupidité macroéconomique des revendications des Gilets Jaunes :

 

"Il n'est jamais populaire de plaider l'effort, mais il faut accepter qu'une hausse du pouvoir d'achat n'est possible en France que s'il y a parallèlement une hausse de la productivité, donc des compétences et du niveau de gamme."

 

De la même eau, de Philippe Tesson en parlant de l'incroyable ambiguïté du mouvement des Gilets Jaunes :

 

" Tout, il est vrai, a contribué à entretenir cette ambiguïté. Tout, à commencer par la naïveté, feinte ou réelle, du gouvernement, qui a agi dès les premières manifestations comme s'il estimait dérisoire et éphémère le destin de ce mouvement populaire. Tout, et surtout l'appui, la bienveillance, apportés à ce mouvement dès son apparition par l'ensemble de l'opposition, et plus exactement l'hostilité de l'ensemble de l'opposition à Emmanuel Macron et à sa politique. On ne dénoncera jamais assez le mal qu'aura fait à notre pays depuis l'élection de Macron la coalition des revanchards haineux auxquels il a ravi le pouvoir (…).[Avec pour conséquence] dans tous les cas de figure, le risque d'un renoncement obligé du chef de l'État à son ambition réformatrice. C'est-à-dire l'espoir que caresse le 'vieux monde', celui de droite et celui de gauche."

 

Pour ma part, je l'ai maintes fois écrit, ce mouvement (marginal) est le fruit de l'hybridation du ressentiment et de la nostalgie face à l'inéluctabilité de l'effondrement de l'ancien paradigme pour lequel il cherche des coupables (ressentiment) et qu'il aimerait éviter (nostalgie).

Pas de chance, il n'a pas de coupable et il n'est pas évitable.

En revanche, dès le départ je l'ai écrit, je ne crois pas un seul instant à la génération spontanée via les "réseaux sociaux" d'une telle organisation raffinée en termes de tactique militaire et de propagande guerrière. Tous les partis et syndicats traditionnels ont été pris de court et ne jouent d'ailleurs plus aucun rôle nulle part (et leurs tentatives de récupération du mouvement sont non seulement dérisoires et incrédibles, mais surtout ridicules et lâches - cfr. Le Pen, Wauquiez, Mélenchon, Royal, Dupont-Aignan, etc …) ; l'initiative ne vient pas d'eux.

L'objectif n'est pas de prendre le pouvoir, mais de le déstabiliser en profondeur. Qui donc y aurait intérêt ? Quels sont les piliers du macronisme ? Le libéralisme économique, le laïcisme spirituel et l'européanisme politique. Chacun de ces trois piliers connaît un ennemi ultra-extrémiste, respectivement : le gauchisme (l'ultra-gauche), le salafisme (l'ultra-islam) et le souverainisme (l'ultra-droite).

Vu l'organisation quasi militaire, à grande échelle, des mouvements de bloqueurs sur toutes les routes, je pencherais plutôt vers un groupuscule d'ultra-droite mené par des hauts-gradés de l'armée française, en active ou en retraite (dont certains, ces derniers temps, ont accumulé quelques désirs de vengeance à l'égard d'Emmanuel Macron). Mais ce n'est qu'une hypothèse … fragile.

On peut aussi songer aux Frères musulmans (qui avait minutieusement préparé, à l'instar de ce qui se passe ici, le soi-disant "printemps arabe") : la France est, de loin, le pays d'Europe le plus islamisé, où la population musulmane, surtout maghrébine, est toujours dans la rancœur tenace et haineuse d'un "colonialisme" réinventé. Rêver de faire de la France un nouveau Daesh est aussi une hypothèse plausible … mais aussi fragile.

Ce qui est en revanche clair, c'est que ce groupuscule ultra-extrémiste s'est contenté de mettre le feu aux poudres et que, depuis, il laisse aller les choses. Il ne contrôle plus rien … mais jette, sans doute, régulièrement de l'huile sur le feu. Répétons-le : son seul but était de "foutre le bordel" en déstabilisant l'exécutif et non de prendre le pouvoir.

 

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Le 05/12/2018

 

Il me semble évident qu'aujourd'hui, ce sont les idées mêmes de République, de Souveraineté et d'Etat-Nation qui sont profondément remises en cause. Il est temps qu'elles le soient. Ces idées sont révolues : nées avec la Modernité, à la Renaissance, elles doivent mourir avec elle, maintenant.

Mais la question qui se pose est celle du remplacement de ces idées dépassées ? Selon moi, le seul chemin possible est la fondation (en prenant exemple sur la Suisse) d'une Fédération européenne construite comme un réseau de communautés autonomes de vie (des entités géographiquement, économiquement, historiquement et culturellement cohérentes d'une taille moyenne de cinq millions de personnes). Les compétences fédérales seraient minimales : la paix intérieure (police, justice) et extérieure (armée, diplomatie), et les infrastructures collectives (ressources, réseaux) pour faciliter - sans les piloter - les développements socioéconomiques (entreprises, associations) et noétiques (recherche, enseignement) relevant, eux, des compétences locales.

Dans la même logique d'éradication des idées modernes, partout la démocratie serait remplacée par la stochastocratie (tirage au sort des mandataires parmi l'ensemble des éligibles ayant les compétences et l'éthique dûment reconnues par leurs pairs) : plus d'élections ni d'électoralisme, plus de partis, plus de militants, plus d'idéologies, etc …

 

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Se focaliser sur le "développement des inégalités" est une erreur. Ce n'est pas l'écart-type qui importe, mais la croissance de la moyenne : qu'importe si les riches deviennent plus riches, pourvu que les pauvres deviennent moins pauvres.

Mais ce n'est plus en ces termes-là que le problème se pose. Il est évident que le monde terrestre réel s'appauvrissant globalement, la partie humaine de ce monde sera de plus en plus soumise à une contrainte incontournable : la fin de l'abondance et la généralisation des pénuries. L'argent aussi s'appauvrira en perdant de sa valeur. Alors qui sera riche, qui sera pauvre ?

Il ne faudra plus, alors, parler d'inégalité à la seule aune de la richesse matérielle, mais commencer à parler des richesses culturelles, intellectuelles, spirituelles, etc …

Réduire un homme à la taille de son portefeuille est inacceptable.

 

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Dans le Talmud (Baba Kama), on lit cet étrange et profond conseil :

 

"En ma ville, mon nom.

En exil, mon vêtement."

 

Dialectique entre essence et apparence, entre identité et masque, entre ce que l'on est et ce que l'on montre. Le Talmud est le livre de l'exil, le livre qui traduit la réinvention du Judaïsme privé de sa terre, de sa ville, de son Temple et de son orthodoxie. Le Talmud - au contraire des infâmes mouvements salafistes et islamistes actuels - prône, en exil,  le déguisement, la discrétion, la non provocation, l'acculturation apparente, laissant, pour la sphère privée, les manifestations identitaires.

 

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Comme je le martèle depuis près de vingt ans, le divorce s'accélère entre la société civile ou l'économie réelle, d'une part, et les institutions de pouvoir (héritages d'une modernité obsolète), d'autre part.

Toutes ces institutions de pouvoir (politiques, bancaires, boursières, patronales, syndicales, universitaires et médiatiques) sont en train de s'effondrer, vidée de toute crédibilité, ne survivant que d'acharnements thérapeutiques somptuaires, financés par les impôts des contribuables (donc par la société civile).

Mais il faut sortir d'un divorce par le haut … et non pas, comme c'est en train de se faire, par le bas, sur les chemins de la violence, du ressentiment, de la barbarie et du crétinisme.

 

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Le 06/12/2018

 

Heidegger continue d'avoir raison en reposant, sans cesse, la question du mystère du Réel (Heidegger, dans sa formulation classique parle la question de "l'Être", mais ce verbe copule substantivé ne me convient pas).

La question du fondement ultime du Réel. Quel est son germe ultime ? De quoi le Réel procède-t-il ?

Ma réponse : à la source ultime du Réel, il y eut le Désir éternel (le fondement spirituel originel de tout ce qui existe). Et le Désir engendra le temps (sans durée, comme assouvir un désir ?). Et l'accumulation mémorielle du temps engendra la substance (la hylé immatérielle d'où jailliront, ultérieurement,  toutes les manifestations matérielles sensibles à l'homme). Et la substance, poussée par le Désir, se développa et força le temps à s'ouvrir en trois brins l'un, expansif, pour y inventer des volumes, l'autre, constructif, pour y inventer des formes et le troisième, pulsatile, pour y inventer des résonances.

Et le Réel advint, peu à peu, comme germe de tous les univers, porté par la substance mémorielle de la durée accumulée, poussé par la force du Désir originel sur les chemins de l'Accomplissement, disposant des trois domaines de déploiement des temps l'un vers l'expansion volumique, l'autre vers la complexification eidétique et le dernier vers l'harmonie holistique.

 

Le ternaire est indispensable à toute dynamique complexe.

Le temps est engendré par l'intention téléologique qui est le moteur de toute évolution.

Le temps s'accumule en produisant le sédiment mémorielle (la hylé) qui rend cette évolution possible et qui constitue la substance première du Réel.

Le temps engendre son espace de déploiement par pulsations.

Le temps aussi est ternaire et  chacun de ses trois brins engendre un domaine propre de déploiement, lui-même à trois dimensions

Le temps expansif engendre le domaine volumique que mesurent les trois dimensions (longueur, largeur et hauteur) de l'espace géométrique.

Le temps pulsatile ou cyclique engendre le domaine holistique/dynamique que mesurent les trois dimensions rotative (forme et volume invariants), pulsative (forme invariante, mais volume variable) et élastique (volume invariant, mais forme variable).

Le temps inertiel (à la fois immobile et disruptif) engendre le  domaine eidétique que mesurent les trois dimensions néguentropique, entropique et émergentielle.

 

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L'Un qui est devenir pur, fonde, à la fois, l'essence, l'existence et la volonté de tout ce qu'est et comprend le Réel.

Le Réel exprime la totalité de l'Un au travers d'une multiplicité d'essences, d'existences et de volontés.

Rien n'est volonté s'il n'a à la fois une essence et une existence.

Rien n'est essence, s'il n'a à la fois une existence et une volonté.

Rien n'est existence, s'il n'a à la fois essence et volonté.

Ces trois substantifs n'expriment pas autres choses que des modalités : une mémoire identitaire, une action efficiente et une raison de vivre.

Ces trois sont les attributs fondamentaux de toute réalité.

 

D'où ma devise personnelle …

 

Je veux devenir ce que je suis.

Je deviens ce que je veux être.

Je suis ce que je veux devenir.

 

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Ontologiquement, le Réel est absolument et radicalement Un.

Phénoménologiquement, le Réel est truffé de tripolarités.

 

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Le platonisme avait inventé la dualité.

L'hégélianisme l'avait dépassé en inventant la dialectique bipolaire.

Il est temps d'inventer la théorie de la tripolarité universelle.

 

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Le 07/12/2018

 

Mes Maîtres sont grecs, mais mes Pères sont juifs.

 

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On le devine de nombreuses définitions du Sacré sont envisageables. Je m'en suis forgée une depuis des années, déjà esquissée ci-dessus : le Sacré est le chemin vers le Divin. Tout processus d'initiation authentique est un processus de sacralisation. Même le banal y devient signifiant. Tout devient signe et symbole. Tout parle de Dieu, c'est-à-dire du Grand Architecte de l'Univers, c'est-à-dire du Logos, c'est-à-dire du moteur intime et immanent de l'évolution du Réel.

 

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Le 08/12/2018

 

La culture populaire française : "Je ne veux rien donner, mais je veux tout recevoir". Assistanat érigé en système.

 

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De Pierre-Antoine Delhommais :

 

"(…) les ressentis correspondent rarement au ressenti économique (…)"

 

Pour les débiles : perception is reality

 

Et du même :

 

"En appelant en même temps à des baisses d'impôts et à une réduction des inégalités à moins d'Etat-percepteur mais à plus d'Etat-providence, les gilets jaunes délivrent un message à l'image de leur mouvement : plein d'intentions louables et de revendications honorables, mais surtout pétri d'immenses contradictions et de totales incohérences."

 

Tout est dit …

 

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De Bernard-Henri Lévy :

 

"Au cas où, j'assène l'évidence. Le judaïsme, c'est l'étude. C'est le goût du paradoxe et de la pensée. Il n'a survécu, le judaïsme, qu'à cause de sa fidélité inflexible, pendant des siècles et des siècles, à cette vocation spirituelle."

 

Et d'en déduire, à très juste titre et à bon droit, que l'élitisme intellectuel et spirituel des Juifs ne peut avoir rien de commun avec les populismes de droite ou de gauche qui font de la bêtise, de l'inculture et de l'ignorance le fer de lance des droits de la populace.

 

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J'ai l'idée même de "connexion" technologique en sainte horreur. La seule connexion qui m'importe, est celle avec la Vie, avec la Nature, avec le Divin. La connexion avec les humains est tout entière dans les quelques milliers de livres qui m'entourent et me nourrissent. Tout a déjà été pensé et écrit ; les humains d'aujourd'hui n'apportent plus rien à la Sagesse et la Connaissance. Ils pérorent dans un culte ahurissant de leur propre nombril sans intérêt. La technologie qui devient la nouvelle idole, n'est qu'un Moloch qui exige le sacrifice de ses adorateurs. Être connecté n'apporte aucune valeur d'utilité réelle. Le luxe de demain sera la totale déconnexion : être enfin débarrassé des "autres", de leurs "opinions" débiles, de leurs regards inquisiteurs, de leur tyrannie médiocre.

 

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Pourquoi les petits oiseaux ont-ils si peur des hommes ?

 

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Le 09/12/2018

 

De Christophe Guilly, géographe (No Society) :

 

‘‘ « There is no society» : la société, ça n’existe pas. C’est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales. Il a pour

conséquence la grande sécession du monde d’en haut qui, en abandonnant le bien commun, plonge les pays occidentaux dans le chaos de la société relative. La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous fait basculer dans l’a-société. La crise de la représentation politique, l’atomisation des mouvements sociaux, la citadellisation des bourgeoisies, le marronnage des classes populaires et la communautarisation sont autant de signes de l’épuisement d’un modèle qui ne fait plus société. La vague populiste qui traverse le monde occidental n’est que la partie visible d’un soft power des classes populaires qui contraindra le monde d’en haut à rejoindre le mouvement réel de la société ou bien à disparaître.’’

 

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D’après SICS ( Société Internationale de Conseillers de Synthèse) :

 

"La plupart des scientifiques qui communiquent sur le climat pensent qu’il suffit de transmettre des connaissances à un public ignorant pour changer son état d’esprit et faire évoluer les comportements. Mais ça ne marche pas.

Paradoxe psychologique : plus les preuves scientifiques du dérèglement s’accumulent, moins les gens semblent préoccupés par les questions climatiques. Cinq barrières mentales nous empêchent de voir la réalité en face :

  1. La distance, qui nous fait envisager le réchauffement comme quelque chose de lointain, concernant avant tout les ours polaires.
  2. Le catastrophisme : la façon anxiogène dont le problème est présenté conduit notre cerveau à éviter totalement le sujet.
  3. La dissonance cognitive. Quand on sait que l’utilisation d’énergie fossile contribue au réchauffement, alors le fait de conduire, de manger du steak, de prendre l’avion crée en nous un malaise intérieur, que l’on tente de dissiper en se disant que notre voisin a une voiture plus polluante que la nôtre.
  4. Le déni : on fait comme si on ne savait pas, alors qu’on sait.
  5. Enfin, les mesures de lutte contre le réchauffement entrent parfois en conflit avec notre identité. La nécessité d’une régulation thermique peut, par exemple, venir heurter mes convictions conservatrices et anti-interventionnistes.

80% des articles ou des informations sur le changement climatique adoptent l’angle de la catastrophe. À force de voir des catastrophes, notre esprit s’habitue, la peur et la culpabilité diminuent. Les politiques savent qu’il faut taxer les émissions de CO2 mais ne le font pas par crainte de ne pas être réélus. Et le public se dit : si le problème climatique était vraiment important, les responsables politiques feraient certainement quelque chose …"

 

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De Hugues Serraf :

 

"Je casse, donc je suis.

Le modèle démocratique français : violence partout, neurones nulle part."

 

 

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Les quatre contre-vérités que l'homme de la rue ne peut plus croire :

 

  1. Le pays crève de ne pas être réformé (par un bon gestionnaire).
  2. Les pauvres en France bénéficient du meilleur système de sécurité sociale au monde.
  3. L'immigration est une chance pour l'économie et l'échange entre les cultures.
  4. Les élites politiques sont les garantes des principes républicains et de la devise : liberté, égalité, fraternité.

 

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On n'apprend pas à nager en marchant autour de la piscine.

 

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Le 11/12/2018

 

La robotisation et l'algorithmisation vont déplacer le centre de gravité des activités proprement humaines vers de nouveaux métiers pas seulement numériques (loin de là) dont les caractéristiques majeures seront d'être imaginatives et holistiques, mais où la virtuosité sera indispensable (là où aucune virtuosité n'est nécessaire, triompheront les robots et les algorithmes).

 

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Les cours boursiers du pétrole s'envolent (81 dollars le baril, hier - il y a 10 ans, j'avais prévu un cours à 200 USD avant 2025) …

L'exploitation des "pétroles non conventionnels" - c'est-à-dire les extractions calamiteuses - s'amplifient (surtout aux Etats-Unis et en Argentine) …

L'Allemagne recule son moratoire sur le charbon …

La France se vautre dans la folie éolienne …

Bref : le confort à court-terme prévaut sur la survie à long-terme !

Rien de nouveau sous le soleil !

La fin de la civilisation thermique s'approche de plus en plus vite.

 

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Les monothéismes sont tous confrontés au même problème : comment concevoir le contact entre le Dieu étranger, extérieur, ineffable, inconnaissable, irreprésentable et infiniment lointain … et les hommes qui doivent obéir à sa Loi morale pour sauver leur existence.

L'Islamisme répond : le Coran, reçu par le Prophète, est l'exacte parole de Dieu  et il est le seul, l'unique et l'irrévocable pont entre Dieu et les hommes (cette réponse pose problème face à la critique historique et textuelle qui démontre, sans peine, que le Coran est une élaboration humaine impliquant de la durée notable et des auteurs divers).

Le Christianisme répond : le Christ, incarnation de Dieu dans l'humain, est ce pont (cette réponse aussi est problématique - quoique dans une moindre mesure que la réponse musulmane -, non pas tant des points de vue symboliques et métaphysiques, mais surtout du point de vue historique : le Christ n'est connu qu'au travers des Evangiles qui, tous, sont apocryphes, canoniques ou pas).

Le Judaïsme aussi répond : la Shékhinah est la présence immanente de ce Dieu-Un qui n'est pas étranger au monde des hommes, mais qui en est le fondement (il n'est donc point besoin de pont) ; le Judaïsme, contrairement à ce que l'on dit, n'a jamais été un monothéisme, mais bien un monisme (la Bible hébraïque est polythéiste et monolâtre - le Dieu tutélaire de la Maison d'Israël, YHWH, n'est devenu le Dieu-Un qu'assez récemment, dans ce creuset philosophique et mystique que fut Alexandrie) : Dieu n'est pas extérieur au monde, mais bien dans le monde.

 

*

 

Dieu ne se dit pas, mais il se vit !

 

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L'histoire humaine, selon le Judaïsme, est globale : elle va de la Création (l'émergence de l'humain hors de l'animalité, au sortir du jardin d'Eden) au Salut (l'accomplissement en plénitude de l'humanité prise comme un tout … et non de chaque humain pris individuellement, au contraire du Christianisme et de l'Islamisme).

Et entre Création et Salut, il y a la "Marche" (en hébreu, Halakha) c'est-à-dire le cheminement dans l'Alliance, selon la Loi.

Il y a là deux idées déterminantes :

  • le première est la flèche du temps qui est typiquement un invention juive (toutes les autres cultures conçoivent le temps soit comme immobile, soit comme cyclique, hors de tout constructivisme) ;
  • la seconde est celle d'un destin commun à toute l'humanité (ou, à tout le moins, à toute la Maison d'Israël) qui est considérée comme un vaste organisme vivant et non comme une collection d'individus (la notion de "salut collectif" est capitale).

 

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De Marcel-Jacques Dubois (S.J.) :

 

"Le Talmud est le témoin de cette passion d'accomplir

la volonté de Dieu en toutes choses."

 

Accomplir la volonté de Dieu : tout est là, tout est dit ! Mais il faut encore reformuler l'idée : l'accomplissement de la partie n'est possible que par participation à l'accomplissement du Tout.

L'homme ne peut pas s'accomplir contre la Nature, la Vie et l'Esprit ; l'homme ne peut s'accomplir qu'en participant pleinement à l'accomplissement de l'Esprit, de la Vie et de la Nature. L'homme ne prend sens et valeur qu'au service de l'Esprit, de la Vie et de la Nature. L'homme au service de l'homme, au mieux, n'est rien et, au pire, est un fou dangereux, pilleur, saccageur, prédateur, dévastateur.

 

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Le Réel est Un mais ses modalités sont multiples.

 

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Le Sage n'a plus besoin de Loi.

 

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Chaque faux pas de chaque homme nuit directement à Dieu qui en souffre.

Chaque acte ou parole d'accomplissement, accomplit Dieu qui s'en réjouit.

 

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La Loi est le chemin de l'Accomplissement.

La Torah est le chemin de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit, c'est-à-dire de Dieu.

Ce chemin ne se dit pas ; il se vit.

 

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Le mot hébreu Kawanah signifie "intention", mais aussi "ferveur". Ces deux sens très différents ouvrent une méditation capitale car tous deux pointent une "disposition de l'âme" : l'une tendue vers le futur, l'autre enracinée dans le présent. L'une sans l'autre est caduque. La piété fervente sans l'intention d'accomplissement n'est que bigoterie. La ferveur est au service de l'intention.

 

*

 

Les trois moments de tout cheminement initiatique sont clairement ceux, d'abord, de la Libération (la sortie de tous les esclavages et de toutes les idolâtries), ensuite de la Révélation (la réception de tout le nécessaire pour réaliser l'accomplissement spirituel) et, enfin, la Purification (le long voyage intérieur en quête de la pureté essentielle).

 

*

 

De mon ami Edgar Morin dans une interview :

 

Dans la lutte interminable entre Eros et Thanatos (…), tout ce qui vient du premier m'inspire et ce qui est lié au second m'incite à réagir."

 

Comment ne pas être en accord avec ça, cher Edgar. Mais je crains que notre monde qui vit la fin du paradigme moderne, ne soit bien plus porté par le Thanatos des suicidaires que par l'Eros des entrepreneurs.

 

*

 

Ce qui me sidère toujours dans les revendications des uns et des autres, surtout dans les pays latins, c'est l'impéritie économique : on veut tout plein de choses, tout plein de changements, tout plein d'avantages, mais en en ignorant, avec superbe, le prix à payer.

Ceux-là veulent tout pour eux à la condition que ce soient d'autres qui paient.

Celui qui exige et celui qui paie ne sont pas la même personne.

Cela qui ne va pas du tout.

Il y a ceux qui exigent (la Grèce, l'Italie, les Gilets jaunes, …), il y a ceux qui ne veulent plus payer (Brexit, Trump, les évadés fiscaux, …), et il y a ceux, de moins en moins nombreux, qui acceptent encore de se laisser tondre la laine sur le dos.

La règle est pourtant simple. C'est celle du bistrot : celui qui consomme, paie ce qu'il consomme, au prix plein.

Solidarité ? Non !

Quand on n'a pas les moyens de sa politique, il faut avoir la politique de ses moyens. Vivre au dessus de ses moyens est toujours une faute grave.

Depuis trente ans, c'est la faute que commet la majorité des Latins d'Europe.

 

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Le monde humain doit, à présent et urgemment, se libérer des esclavages et des idolâtries de la modernité moribonde.

Tout paradigme se construit sur des mythes. Il faut arriver à se débarrasser bien vite des mythes modernes : progrès, abondance, nation, peuple, machine, croissance, force, pouvoir, droit, solidarité, égalité, liberté, humanité, universalité, etc ... Il faut arriver à s'en départir par le haut.

 

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De quoi "Dieu" est-il le nom ?

Bien des religions, de ce côté-ci du monde, en nomme un Dieu personnel, immunité garantie contre l'anxiété de la souffrance et de la mort, contre l'angoisse de la liberté et de la solitude, aussi. Un Dieu extérieur et étranger qui, pour des raisons obscures, aurait créé ce monde dont sa Perfection n'avait nul besoin et, qui plus est, le créa si imparfait qu'il est devenu le lieu refuge du Mal et de ses conséquences funestes.

De quoi "Dieu" est-il le nom ? De nos infirmités humaines ? Mais aussi, de nos orgueils humains. Dieu ne possède-t-il pas, par définition, toutes les puissances et forces dont nous, les humains, ne pouvons jouir : omniprésence, omnipotence, éternité, immortalité, béatitude, …

Oui, la question est, aujourd'hui, au beau mitan de notre changement de paradigme et de la fin de la chrétienté : de quoi Dieu est-il le nom ?

 

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Si l'on veut bien prendre au sérieux la distinction capitale entre "secret" (taire ce qu'on sait) et "mystère" (reconnaître ce qu'on ne sait pas), il vaudrait infiniment mieux parler du "mystère maçonnique" que du "secret maçonnique".

 

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Le 12/12/2018

 

De Ralph Waldo Emerson (dans : "La Nature" - 1836) :

 

"Une chaîne subtile de maillons innombrables

Mène du proche au lointain ;

Où qu'il se pose, l'œil aperçoit des présages,

Et la rose parle tous les langages -

Et luttant âprement pour être un homme, le ver

S'élève le long des spirales de forme."

 

Mais aussi :

 

"Accueillis pour une courte saison au sein de la Nature, dont les flots de vie coulent autour et à travers nous et nous invitent, par les pouvoirs qu'ils donnent, à agir conformément à celle-ci (…)

 

J'aime beaucoup cette idée des "flots de Vie" qui coulent et irriguent … qui donnent des pouvoirs magnifiques … si l'on vit en conformité avec eux.

 

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L'Univers n'est pas une machine fabriquée, par assemblage, à partir de multitudes de pièces.

L'Univers est un arbre fractal qui pousse, nourri par trois systèmes racinaires profonds ; il possède un tronc pré-matériel unique et commun à tout ; de là jaillissent des myriades de branches galactiques qui, chacune, éclatent en myriades de rameaux stellaires desquels émergent des bourgeons de toutes sortes dont beaucoup donnent des feuilles de Matière, mais dont certaines offrent des fleurs de Vie et, parfois, deviennent des fruits d'Esprit.

Cet arbre est né d'une graine unique où travaille l'accumulation mémorielle. Seule sa surface est vivante et active, et s'appelle le présent. Tout son intérieur est inactif, s'accumule, couche après couche, et s'appelle le passé c'est-à-dire la mémoire qui forme sa substance.

Les trois racines de cet arbre cosmique sont le temps qui coule, le temps qui pulse et le temps qui garde.

 

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Quand la "fin" est à l'envers et au milieu,

le "magique" devient "magnifique".

 

Comprenne qui pourra …

 

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La Beauté est ce nom flou que l'on donne à ce qui enchante la Sensibilité.

La Vérité est ce nom flou que l'on donne à ce qui vivifie l'Intelligence.

La Bonheur est ce nom flou que l'on donne à ce qui adoucit la Mémoire.

Le Sacré est ce nom flou que l'on donne à ce qui nourrit la Volonté.

La Joie est ce nom flou que l'on donne à ce qui illumine la Conscience.

 

Ce sont les cinq essentialités …

 

Il vaut mieux renoncer à tenter de définir ces essentialités dans l'absolu. Les philosophes l'ont essayé et cela n'a aboutit à rien. Il faut partir de soi, des cinq facultés qui constituent l'esprit et de ce qui, pour chacune, exprime la sublimité.

Rien n'est Beau, Vrai, Sacré, etc … en soi. C'est notre rapport au monde, aux êtres et aux choses qui engendre, en nous, des sentiments de Beauté, de Vérité, de Sacré, de Bonheur et de Joie …

 

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De Branko Milanovic :

 

"Je pense que tous les mouvements d'insatisfaction de la classe moyenne au sein des démocraties occidentales, qu'ils soient exprimés par le Brexit, l'élection de Donald Trump, ou par des manifestations plus énergiques comme en Allemagne et maintenant en France, peuvent être liés, de manière générale, à deux facteurs.

 

Le premier est la faible croissance des revenus observée au cours des vingt dernières années et le sentiment d'insécurité lié aux emplois de la classe moyenne, à la difficulté de trouver de bonnes écoles pour les enfants des familles vivant avec des moyens modestes et à l'évolution du paysage culturel de ces pays en raison de l'immigration.

 

Le deuxième facteur est le sentiment pour les classes moyennes que de telles préoccupations sont ignorées par les politiciens de toutes tendances. Ceci, à mon avis, explique l'incapacité des principaux partis politiques à trouver des alternatives. Cette incapacité à trouver une alternative découle du fait qu'ils ne sont guidés par aucune idéologie claire. Les électeurs semblent chercher - presque au hasard - un parti ou un individu qui sera différent des partis traditionnels afin de voter pour lui."

 

Mais, mon pauvre monsieur l'économiste, de la croissance il n'y en aura plus jamais :nous sommes en voie d'appauvrissement général parce que toute la richesse disponible de la Terre, accumulée durant trois milliards d'années, a été consommée à tire-larigot.

Il n'y a pas d'alternative ; pas la peine de chercher d'autres idéologies ou des hommes providentiels : il n'y en a aucun.

L'humanité a mangé tout son pain blanc ; il n'y a en aura plus jamais. Les hommes ont été des crétins qui ont tout bouffé, et maintenant ces mêmes crétins pleurnichent pour que ça continue.

Tous les stocks de richesse de la planète Terre ont été dilapidés … et il est impossible de produire quelque chose avec plus rien.

Seuls survivront à peu près, ceux qui seront capables de produire de la richesse noétique avec leur esprit. Cela exclut les 85% de crétins dont l'humanité est constituée, "Gilets jaunes" compris.

 

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"Gilets jaunes" : la révolte de la bêtise aveugle contre l'inéluctable annoncé …

Quand on a dilapidé toutes les richesses, il ne reste plus que la pauvreté.

Rien ni personne ne pourront y faire quoique ce soit.

Et ceux qui ne sont riches qu'en argent, aujourd'hui, seront pauvres en tout, demain ; comme tout le monde. L'argent n'est qu'une convention. Et on ne vit pas au moyen de conventions.

 

*

 

La Matière, la Vie et l'Esprit, c'est tout Un : trois hypostases ou modalités du même Réel unique et unitaire. Trois champs de manifestation totalement continus, sans ruptures. La Matière, la Vie et l'Esprit sont partout, tout le temps, actifs ou passifs. Tout ce qui existe les manifeste, de façon locale et singulière.

Toujours cette même image des vagues sur le triple océan. Aucune vague n'existe en soi ; elle n'est que manifestation locale et éphémère d'une Unité absolue sous-jacente possédant trois modalités complémentaires de manifestation.

 

*

 

Ce qui existe (ce qui prend place), c'est la Matière ; la même depuis toujours, partout présente.

Ce qui vit (ce qui évolue), c'est la Vie ; la même depuis toujours, partout présente.

Ce qui pense (ce qui organise), c'est l'Esprit ; le même depuis toujours, partout présent.

 

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L'Âme du Réel : voilà ce qu'il faut atteindre pour la vivre.

 

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En hébreu, le verbe 'ABD signifie "servir" (comme dans Gén.:3;15 : "Et YHWH des dieux prendra avec l'humain et il le placera dans un jardin d'Eden pour le servir et pour le garder.") et donne le mot 'Ebèd que les multiples traductions rendent par "servant", "serviteur", "serf" ou même "esclave". On pourrait aussi songer à "desservant" … pour y donner une note sacralisée et religieuse. C'est la formulation que je préfère …

L'homme doit se libérer de tous ses esclavages afin de devenir desservant de la Vie et de l'Esprit.

 

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De Pascal Bruckner :

 

"Celui qui commet des violences n'est plus une victime, c'est un barbare."

 

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L'occident s'est goinfré pendant deux siècles. L'orient va se goinfrer pendant cinquante ans au grand maximum. Le reste ne se goinfrera jamais. Puis ce sera la fin.

 

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Le délire moderniste a débuté autour de 1800. Depuis, il a contaminé le monde entier par colonisations successives, avec une terrible accélération après 1945.

 

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Avec le prégnance de la bien-pensance actuelle, il n'est plus admissible de désigner l'immense médiocrité de la grande majorité des humains. Nous assistons, partout, au triomphe de cette médiocrité qu'il faut taire ou flatter.

La médiocrité se définit par l'insuffisance notoire de chacune des cinq facultés de l'esprit : mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience.

Le médiocre, par essence, est enfermé dans son tout petit monde nombriliste et narcissique : il ne comprend rien ni ne veut comprendre, il ne connaît rien ni ne veut connaître quoique ce soit du Réel sur lequel son petit monde bullaire flotte.

 

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* *

 

Le 13/12/2018

 

Il y a corrélation palpable, de nos jours, entre montée des incivilités et montée des nombrilismes. Le mépris des autres naît de la surestimation de soi. Et la surestimation de soi croît avec la médiocrité du bonhomme.

 

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Les "gilets jaunes" n'ont aucune légitimité puisqu'ils ne représentent que quelques dizaines de milliers de Français sur 67 millions, mais, malgré cela, ils osent contester la légitimité des pouvoirs en place, démocratiquement élus ; ils agissent en totale illégalité dans un pays de droit qui n'ose pas imposer la loi et la paix civile ; ils représentent la lie sociale des parasitaires dont le QI est une insulte à l'intelligence moyenne ; ils ne vivent que de la publicité gratuite et constante que leur font les médias en quête de sensationnel et de violence, avec, pour corollaire, l'escalade sensationnaliste de ladite violence ; ils jouent à fond sur l'effet d'amplification que fournissent les "réseaux sociaux", purs produits du mercantilisme qu'ils conspuent ; ils pestent contre les évolutions du pouvoir d'achat et des inégalités alors que ces deux indicateurs économiques ont évolués positivement ; ils renient toute forme de démocratie et empêchent le plus grand nombre de jouir des droits les plus élémentaires, comme le liberté de circuler ; ils sont des  ferments épouvantables de violence dans un pays de paix sociale ; ils surfent sur la vague bien française du "mythe sentimentaliste de l'insurrection populaire" dont on sait que jamais rien de bon n'est sorti, mais qui ressuscite l'âme franchouillarde, amoureuse de barricades et de brûlots ; etc … etc.

L'heure de la répression dure a sonné. Il est plus que temps que ces crétins paient, au prix fort, les dégâts et pertes qu'ils ont, directement ou indirectement, induits.

 

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Pour la démocratie directe ?

La démocratie directe prétend avoir l'avantage de court-circuiter toutes les instances idéologiques (partis, syndicats, etc …), ainsi que le carriérisme politique y associé, et de permettre à chacun de s'exprimer librement et directement sur la question posée. Les technologies numériques permettent, aujourd'hui, d'organiser ce type de fonctionnement à grande échelle. Il faut cependant refroidir très vite les enthousiasmes.

Primo : le court-circuitage de la machinerie représentative et donc partisane, transfèrera, sans la supprimer, la foire d'empoigne idéologique vers les médias (traditionnels, mais surtout numériques) qui, ainsi, seront les vrais détenteurs des vrais pouvoirs d'influence et de décision. Basculer du pouvoir des partis au pouvoir des médias, ne me semble pas du tout souhaitable.

Secundo : le principe même de la démocratie est à revoir de fond en comble ; il faut revenir à la définition athénienne : la démocratie, c'est le pouvoir POUR le peuple et non pas le pouvoir PAR le peuple. Le "peuple", c'est-à-dire la populace, est totalement incapable de comprendre et de piloter quoique ce soit dans le monde complexe qui est le nôtre. N'oublions pas la loi de Pareto : 80% de l'intelligence se concentre dans 20% de la population. La démocratie en général et, plus encore, directe n'est que la tyrannie des crétins.

Tertio : promouvoir la démocratie directe, c'est, dans les faits, donner le vrai pouvoir à celui ou ceux qui ont le pouvoir de formuler les questions et de convoquer les suffrages. Une telle concentration est un bon chemin vers tous les totalitarismes.

Quarto : l'exemple suisse le démontre à souhait : la démocratie directe ne fonctionne bien que dans un tout petit monde (le canton) et sur les questions relevant de la vie quotidienne ; les questions de diplomaties ou de guerres (qui concernent peu la Suisse) ne peuvent pas être traitée démocratiquement, ni, de même, les questions globales des infrastructures et des politiques de ressources matérielles et énergétiques.

 

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Pour les referenda d'initiative populaire ?

Certainement pas. Le "peuple" est absolument incapable de voir plus loin que le bout de son nez (ou, plutôt, que le bout de son portefeuille ou de son sexe). Depuis presque toujours, on sait que le "peuple" n'a qu'un seul moteur : panem et circenses, "du pain et des jeux". Ses seules revendications sont : plus de pain (de revenu à travail égal ou moindre) et plus de jeux (de loisirs et de distractions). Et le tout, dans l'immédiateté, à court-terme. Je ne crois ni au bon sens, ni à l'intelligence, ni à l'instinct populaires.

L'actuelle farce des "gilets jaunes" le démontre. Depuis cinquante ans, nos pays vivent largement au-dessus de leur moyens (cfr. l'endettement national) et épuisent, à toute vitesse, les stocks de richesses naturelles qui ne se renouvelleront jamais et qui sont indispensables pour produire le nécessaire et le superflu. Aujourd'hui, nous entrons en pénurie et n'aurons bientôt plus les ressources indispensables, même pour le nécessaire. Le "peuple" s'est gavé pendant soixante-dix ans (et plus que jamais depuis trente ans) et, maintenant que la fête est finie, il bloque le pays pour que ça continue comme avant. C'est juste absurde. Et Macron n'y est pour rien. De plus, il est sociologiquement démontré que  les "riches" consomment beaucoup moins et beaucoup mieux que les "pauvres". Le taux d'obésité - donc de diabète - et la consommation de fast-food, de plats préparés, de drogues, de cigarettes, de téléphones portables, de jeux vidéos et de télévision "grand écran" sont bien plus importants chez les "pauvres" que chez les "riches". En fait, c'est contre leur propre bêtise que s'insurgent les "gilets jaunes" et leurs émules. Nous changeons de paradigme (pénurie oblige), et ils ne l'acceptent pas. Ils veulent que ça continue comme avant et que l'Etat - c'est-à-dire ceux qui travaillent vraiment - paie à leur place. Que se passerait-il en cas de débridement du "référendum populaire" : une seule litanie unique qui martèlerait, sans trêve, qu'il faut donner plus de sous en échange de moins de travail !

 

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De "Futuribles" :

 

"Causal Layered Analysis (CLA) assumes four levels of reality, each equally important: the litany or the day-to-day unquestioned reality — headlines and data ; the systemic or social causation level in which reality is accounted for and solutions offered ; the worldview or discourse level wherein multiple perspectives and stakeholder positions are included ; and the deepest level of myth and metaphor linked to culture that creates worldviews and where long-term transformation often occurs."

 

Selon ce concept, pour le dire moins emphatiquement et plus simplement, le futur d'un système socioéconomique dépend de quatre "variables" : l'inertie culturelle, les contraintes systémiques, les modèles dominants et les mythes fondateurs.

C'est totalement insuffisant. L'inertie culturelle relève du métabolisme du système. Les modèles dominants relèvent de son axiologie. Les mythes fondateurs relèvent de sa généalogie. Quant aux contraintes systémiques, elles relèvent de son écologie.

Il manque clairement une dimension capitale du système : sa téléologie, la justification qu'il se donne à lui-même, la formulation de sa raison d'exister.

 

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Le 15/12/20189

 

Paradoxe …

Un fonctionnaire des services publics est tout sauf au service du public.

 

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Le passage vers la nouveau paradigme ne passe pas par une réforme des Etats, mais par leur dissolution.

 

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De Pierre-Antoine Delhommais :

 

"La crise des gilets jaunes ne provient pas (…) d'un système fiscal inique ; elle résulte d'un modèle économique largement délabré, qui ne tient encore fragilement debout que grâce au 15 milliards d'euros empruntés chaque mois par l'Etat sur les marchés financiers, qui fabrique des richesses et de la croissance en très faible quantité mais de la dette dans des proportions faramineuses. (…) La crise des gilets jaunes marque les illusions perdues d'un modèle économique et social ainsi que d'un pouvoir d'achat financés à crédit. (…) A lieu d'aider le pays à sortir du déni des réalités économiques dans lequel il vit depuis des décennies, la crise des gilets jaunes l'y enfonce davantage. En laissant croire qu'une hausse durable du pouvoir d'achat peut se décider d'un simple claquement de doigts de l'Elysée, qu'il est possible pour les entreprises d'augmenter les salaires sans tenir compte de leurs gains de productivité ou pour les salariés les plus modestes de mieux gagner leur vie sans une meilleure formation. En laissant croire qu'il est possible de redistribuer des richesses sans auparavant en créer, qu'il peut y avoir progrès social sans progrès économique préalable. Les routes qui partent des ronds-points où sont regroupés les gilets jaunes mènent pour les unes à l'appauvrissement généralisés et pour les autres à la faillite du pays."

 

Tout est dit !

 

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De Nicolas Baverez :

 

"L'objectif consiste à basculer de la croissance quantitative vers la croissance qualitative, des ressources épuisables vers les ressources renouvelables."

 

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Statistiquement, le fils d'un crétin sera un crétin.

 

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C'est à celui qui consomme et non à celui qui produit, de payer la taxe.

 

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Peter Sloterdijk a raison : la farce insurrectionnelle des gilets jaunes est similaire au carnaval déguisé du moyen-âge avec son "prince carnaval" d'un jour qui joue au substitut du vrai roi. Un cirque … Mais la fête est finie ! Il faut rentrer chez soi et enlever les oripeaux jaunâtres. Le carnaval des imbéciles a assez duré.

 

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Le /12/2018

 

Les vertus sont l'expression d'une certaine morale (toujours relative, toujours locale et momentanée ... cfr. Nietzsche). La Vertu me semble être tout autre chose : la Vertu consiste à développer sans relâche ses potentialités intérieures (c'est le sens latin de virtus) afin de se mettre au mieux au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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Les "gilets jaunes" : des gens qui se croient pauvres et qui ne le sont pas, et qui voudraient être riches et qui ne le seront jamais.

Apologie du ressentiment ! Tartufferie barbare des minables et des médiocres !

 

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Le 17/12/2019

 

De l'ordre de 80% des métiers manuels vont être robotisés.

De l'ordre de 40% des métiers intellectuels vont être algorithmisés (ceux appelant la compilation ou la structuration d'un très grand nombre de données, comme par exemple : diagnostic médical, instruction de dossiers juridiques ou notariés, analyses statistiques, etc …).

Ne resteront "humains" que les métiers de haute virtuosité, non répétitifs, devant engager un dialogue holistique avec de la complexité sous quelque forme qu'elle se présente. Tout ce qui est facile ou compliqué sortira du domaine humain où ne restera que ce qui est, à la fois, complexe et difficile.

 

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De Jean d'Ormesson dans "Un hosanna sans fin" :

 

"Nous ne savons ni d'où nous venons, ni pourquoi nous sommes là, ni surtout ce que nous allons devenir dans un avenir plus ou moins proche, mais en tous cas inéluctable."

 

Si la troisième inquiétude du bon Jean est exacte puisque l'histoire personnelle n'est écrite nulle part, ses deux premières affirmations sont fausses …

Nous ne savons pas d'où nous venons ? Nous ne savons pas pourquoi nous sommes là ? Faux ! Nous émanons de l'Un pour servir son accomplissement, comme la vague à la surface de l'océan.

Plus généralement, toutes ces "angoisses métaphysiques" sont des enfantillages qui s'évaporent dès lors que l'on comprend enfin que nous n'existons pas, mais que nous ne sommes que des expressions de l'existence, des épiphénomènes, de pures manifestations, locales et éphémères, de la Matière, de la Vie et de l'Esprit cosmiques.

 

De même, ce cher Jean continue :

 

"Nous passons notre vie, un bandeau sur les yeux. Nous sommes abandonnés."

 

Je ne puis être en accord avec cela. Le fait que nous ignorions tout de ce qui nous arrivera et quand et comment, est la preuve éclatante de ce cadeau immense qui se nomme "liberté". L'indéterminisme (relatif) de nos vies ne doit pas être une source d'angoisse. Tout au contraire : celui qui comprend qu'il est au service de la Vie et de l'Esprit, dans un monde qui évolue selon les lois de l'accomplissement en plénitude, est doté de toutes les cartes et boussoles utiles pour se construire un chemin d'existence qui soit beau et joyeux.

 

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Un fabliau de la Renaissance :

 

J'avais peur d'être seule, jusqu'à ce que...

J'ai appris à m'aimer moi-même.

J'avais peur de l'échec, jusqu'à ce que...

Je me suis rendu compte que j'échouais si je n'osais pas.

J'avais peur que l'on me repousse, jusqu'à ce que...

J'ai compris que je devais croire en moi-même.

J'avais peur de la douleur, jusqu'à ce que...

J'ai appris qu'elle était nécessaire pour grandir.

J'avais peur de la vérité, jusqu'à ce que...

J'ai découvert la laideur des mensonges.

J'avais peur de la mort, jusqu'à ce que...

J'ai appris qu'elle n'était pas une fin mais un commencement.

J'avais peur de la haine, jusqu'à ce que...

Je me suis rendu compte quelle n'était pas autre chose que de l'ignorance.

J'avais peur du ridicule, jusqu'à ce que...

J'ai appris à rire de moi-même.

J'avais peur de vieillir, jusqu'à ce que...

J'ai compris que je gagnais en sagesse, jour après jour.

J'avais peur de ce que les gens pensaient de moi, jusqu'à ce que...

Je me suis rendu compte que de toute façon ils auraient une opinion de moi.

J'avais peur du passé, jusqu'à ce que...

J'ai compris qu'il ne pouvait plus me blesser.

J'avais peur de l'obscurité, jusqu'à ce que...

J'ai vu la beauté de la lumière d'une étoile.

J'avais peur du changement, jusqu'à ce que...

J'ai vu que même le plus beau papillon devait passer par une métamorphose.

Que nos vies soient chaque jour plus riches, et si nous nous sentons défaillir...

N'oublions pas qu'à la fin, il y a toujours quelque chose de plus et de plus beau.

 

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Article paru dans "Le Point" :

 

"Si le premier tour de la présidentielle avait lieu aujourd'hui, le mouvement des Gilets jaunes changerait-il la donne ? C'est la question intéressante à laquelle tente de répondre "Le Journal du dimanche", qui présente ce 16 décembre les résultats d'un sondage Ifop mené sur un panel représentatif de 1 125 personnes inscrites sur les listes électorales entre les 11 et 13 décembre 2018. Alors qu'il est fréquent d'entendre des manifestants appeler Emmanuel Macron à la démission, le chef de l'État serait-il effectivement balayé par la colère des Français ? La réponse est non.

 

Selon le sondage présenté dans le JDD, le score d'Emmanuel Macron ne serait pas touché. Mieux, il gagnerait des voix. Dans les deux cas de figure présentés aux sondés, Emmanuel Macron (24 % au premier tour en 2017) y gagne : si, comme en 2017, François Fillon était le candidat des Républicains, Macron récolterait 25 % des voix, contre 27 % si Laurent Wauquiez se présentait aujourd'hui. "Le big bang électoral se poursuit, estime Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. On n'est plus dans une bipolarisation où un chef d'État impopulaire aurait déjà perdu la présidentielle. Au contraire, ça reste ouvert."

 

Marine Le Pen progresse

Mais la plus forte progression, celle de Marine Le Pen, est sans surprise. Après avoir récolté 21,3 % des voix lors du premier tour de la présidentielle 2017, la candidate du Rassemblement national est aujourd'hui créditée de 27 à 27,5 % en cas de candidature de Laurent Wauquiez. Elle est donc en tête de ce nouveau sondage. « La campagne ratée de Marine Le Pen en 2017 et sa prestation catastrophique lors du débat de l'entre-deux-tours semblent avoir été oubliées. Il y a un vrai effet Gilets jaunes qui la pousse », considère Frédéric Dabi, qui remarque « un score impressionnant chez les ouvriers à 58 % ».

 

Un effet Gilets jaunes pour La France insoumise ?

Du côté des Républicains, la chute est vertigineuse : contre 20 % en 2017, François Fillon n'atteindrait que le score de 13 % aujourd'hui. Et, si Laurent Wauquiez était candidat à sa place, seuls 10 % des électeurs lui accorderaient leur vote. Reste à savoir si La France insoumise a, elle aussi, bénéficié de l'élan populaire et de la colère des Gilets jaunes contre l'exécutif. Encore une fois, la réponse est non. Jean-Luc Mélenchon, qui estimait encore ce dimanche sur RTL et LCI que "70 % des revendications des Gilets jaunes" étaient dans son programme et que le mouvement lui "donne entièrement raison", perdrait jusqu'à 7 % (13 %, selon le sondage Ifop du JDD, contre 19,6 % en 2017)."

 

Voici qui remet les pendules à l'heure. Et qui amplifie, dramatiquement, le discrédit des médias qui ont fait de l'anti-macronisme un fer de lance pourri et délétère (les médias détestent Macron parce qu'il les méprise - à bon droit et juste titre - et ne communique pas à travers eux). Les médias feraient mieux de s'occuper de la France qui se tait et qui travaille, qui invente et qui entreprend, plutôt que de s'épandre sur quelques escouades de pleurnichards parasitaires.

Ce qui est, en revanche, confirmé au-delà de toute espérance, c'est la mort de tous les partis traditionnels (PCF, Les Verts, PS, LR). Quant à Mélenchon - déféquant sa "France insoumise" -, il joue le rôle du "pitre en politique" comme le remplissait si bien Georges Marchais en son temps (il y a du monde qui l'écoute pour se marrer, mais personne ne vote pour lui).

 

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Une confusion bien trop fréquente, de nos jours : celle entre science et technique. Il est clair qu'il ne peut y avoir technique sans science préalable. Mais des deux domaines se distinguent - voire s'opposent - sur leur finalité.

La finalité de la science est de comprendre et de connaître.

La finalité de la technique est de maîtriser et de dominer.

Il faut paraphraser Rabelais et rectifier sa formule : "Technique sans conscience, n'est que ruine du monde".

 

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La science, c'est de la métaphysique écrite en mathématique … suivie de tonnes de déclinaisons spécialisées.

 

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Il y a les savants. Il y a les croyants. Il y a les voyants.

Vérité. Foi. Evidence.

Science et métaphysique. Religion et religiosité. Mystique et spiritualité.

 

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Mes lacunes théologiques, sans doute, m'empêchent de voir la différence faite entre "grâce divine" (TLF : "Faveur, bénédiction accordée par Dieu") et "providence divine" (TLF : "Puissance supérieure, divine, qui gouverne le monde, qui veille sur le destin des individus").

Dans les deux cas, est pointée l'action directe et précise du Divin dans le monde humain, en contradiction évidente avec les lois divines elles-mêmes qui gouvernent ledit monde. Ces idées de "grâce" et de "providence" sont, en fait, porteuses d'une aberrante absurdité : l'homme aurait mission d'accomplir le monde pour que Dieu s'y accomplisse, mais ce même Dieu aurait pouvoir de manipuler ledit accomplissement ce qui rend toute Alliance avec les humains inutiles puisqu'il a le pouvoir d'accomplir tout ce qu'il veut, sans passer par l'humain et, plus profondément par la Vie et par l'Esprit.

Ces idées théologiques de "grâce" et de "providence" sont, en fait, de vieux vestiges des archaïques croyances magiques et animistes.

 

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De Jean d'Ormesson :

 

"Ce qui frappe dans ce monde, en dehors de sa complexité, c'est sa rigueur."

 

Oui. Ces deux mots sont essentiels : complexité et rigueur. Tous deux appellent un Logos, un Esprit, une Âme capable, à la fois, de vouloir et de chercher l'accomplissement par la complexification, et de concevoir et d'optimiser le chemin de la plus grande simplicité vers cette complexité.

C'est Esprit-Âme que j'appelle Dieu ou le Divin.

 

Et aussi :

 

"Les hommes (…) sont bien impuissants devant ce qu'il faut bien appeler la structure et le programme de l'univers."

 

Structure et programme ! Une organisation complexe tant dans l'espace que dans le temps.

 

Et plus loin :

 

"Ce qui est impossible et contradictoire, c'est la répétition des ces hasards allant tous dans le même sens pour former un ensemble cohérent."

 

Ni hasard, ni nécessité !

 

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La modernité fut le grand-œuvre de la subjectivisation  de tout. La centralité du sujet (Descartes, Hobbes, Locke, Kant, Bentham) est, au fond, le cœur de la modernité.

Rien au-dessus de l'homme : l'homme au service de lui-même.

Le grand combat entre le "Je" cartésien et le "Il y a" mystérique a vu, pour le malheur de l'humanité, triompher l'humanisme, l'anthropocentrisme, le narcissisme et le nombrilisme.

Et le subjectivisme humaniste devait forcément aboutir au nihilisme actuel. Si "l'homme est la mesure de toutes choses", alors rien n'est plus grand, plus précieux, plus important, plus sublime que lui-même : il devient l'absolu de l'absolument relatif.

Cet orgueil démesuré et pathologique débouche, évidemment, sur l'éradication totale du respect de quoique ce soit. Sur l'irrespect radical. Sur la désacralisation absolue. Tout ce qui existe est donc disponible, exploitable, instrumentalisable, chosifiable. Tout peut être dévasté, pillé, saccagé, détruit si tel est le bon plaisir ou le bon caprice du seigneur autoproclamé de la Création.

 

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Le 18/12/2018

 

J'ai déménagé 30 fois, vécu dans 12 pays différents, étudié dans 4 langues … et j'en ai tiré une conclusion claire : la mixité et l'intégration, cela ne marche jamais, nulle part. La pression du milieu étranger, épuise la résilience même la plus trempée, la plus souple et la plus positive. Déjà, la vulgarité de chez soi est pénible ; mais la vulgarité d'ailleurs devient très vite insupportable. J'ai toujours affirmé que la "densité de cons au mettre carré est approximativement la même dans tous les pays ; mais cette connerie s'y exprime très différemment, jusqu'à devenir, ailleurs, rédhibitoire".

Il faut renoncer, une bonne fois pour toutes, aux idéologies de l'intégrationnisme (normalisation extérieure dans la sphère publique), de l'universalisme (antinormaisation), de l'assimilation (normalisation intégrale dans les deux sphères), … Personne n'a ni envie, ni besoin de renoncer à sa culture, à ses racines, à ses croyances, à ses mœurs, à son identité … pour être heureux, ailleurs.

Je plaide pour la seule attitude qui vaille (un réseau de communautés autonomes au sein d'une fédération forte) : le communautarisme (normalisation interfaciale) surveillé et pacifié (mais sans pitié) à la mode anglo-saxonne. Bref : lze communalisme au sens de Proudhon.

A noter que les communautés ne se distinguent pas uniquement par les origines raciales, culturelles ou religieuses, mais aussi par des comportements sexuels, professionnels ou technologiques, par exemple.

 

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En physique, le théorème d'Emmy Noether démontre mathématiquement le lien fondamental qui existe entre la symétrie de l'espace-temps (isotropie dans la translation spatiale, la rotation et la transformation dans le temps) et les lois de conservation (impulsion, moment et énergie). Mais c'est une évidence logique puisque la conservation EST une symétrie radicale. Ce théorème est une merveille mathématique, mais un truisme physique.

 

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L'incivilité (la non-citoyenneté, étymologiquement) explose dès lors que la notion de "bien commun" n'existe plus.

C'est la notion de respect qu'il faut interroger. Qu'est-ce que "respecter" ? Que faut-il "respecter" ? Et pour-quoi ?

Le mot "respect" vient du latin respectus : "action de regarder en arrière"  de retro spectare … L'étymologie est paradoxale car il pointerait vers un certain refus de la tradition. Ici, ce n'est pas tout-à-fait de cela qu'il s'agit, mais de bien pire.

L'incivilité, c'est le non-respect, souvent agressif, de ce qui n'est pas soi, à soi, pour soi, de soi ; c'est le fait d'avoir un regard très différent sur son propre "petit" monde que l'on préserve ou encense, et sur le reste du monde (choses et êtres) qu'au mieux on méprise mais qu'au pire on dégrade, abime, humilie, agresse, viole, violente.

Il est un peu court d'accuser, comme nombre de sociologues,  la montée de l'égocentrisme, de l'individualisme, de l'égotisme car ces trois attitudes aboutiraient seulement - mais pas nécessairement - au mépris du monde des autres, du monde commun. Avec l'incivilité, on passe un cap : il y a volonté de nuire, de dévaster, de détruire ce monde des autres. Au fond de l'incivilité, il y a de la haine, c'est-à-dire, pour reprendre la terminologie nietzschéenne : du ressentiment.

L'incivilité est une vengeance plus qu'une négligence. Mais quelle vengeance de qui et contre quoi ? De la médiocrité des médiocres, de l'imbécillité des imbéciles, de la crétinerie des crétins. Ils se sentent minables et en rendent le monde extérieur (les autres, hors clan) responsable.

Or , des médiocres, il y en a toujours eu (beaucoup, une majorité) sans qu'ils se manifestent avec ce ressentiment et cette haine destructrice.

La plupart du temps, un crétin ne se rend pas compte qu'il l'est : il vivote sa petite vie et se repaît de panem et circenses avec des gens qui lui ressemblent dans sa "médiocrité joyeuse". Mais il peut arriver qu'il prenne conscience qu'il le soit. En ce cas, trois attitudes d'accusation sont possibles : l'accusation du "destin" (c'est ainsi et on pense très vite à autre chose en retournant au panem et circenses), l'accusation de soi (et c'est le début de la sortie du crétinisme, de la catharsis salutaire, de la rédemption magnifique) ou l'accusation des autres, de la société, du système (c'est l'option d'actualité de ces pitres appelés  "gilets jaunes").

La question alors, devient : pourquoi, aujourd'hui, est-ce ce troisième scénario qui soit tant en vogue ? Je pense que la réponse tient en ceci : le martèlement, depuis plus de cinquante ans des thèses égalitaristes. Au fond, dire sempiternellement  que tous les hommes sont égaux, mène à une idée simple : "puisque je suis égal aux autres en tout, mais que je ressens que je ne suis pas leur égal en tout, c'est donc que les autres m'empêchent d'être leur égal". Et voilà que s'installe l'infernale boucle paranoïde. Je suis une "victime" … des blancs, des hétérosexuels, des colonialistes, des mâles, des élites, des non musulmans, des nantis, du gouvernement, des banquiers, des partis politiques, des médias, du système libéral ou démocratique ou républicain, etc …

Nous vivons l'heure du victimisme ! Et, par symétrie, de la totale déresponsabilisation personnelle : je suis un minable non pas parce que je le suis vraiment, intrinsèquement, mais parce que je suis victime d'une cabale cosmique qui me vise personnellement et qui m'enferme dans ma déplorable médiocrité.

Et si l'on commençait par appeler un chat, "un chat" !

 

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Le 19/12/2018

 

De Wang Fuzhi :

 

"C'est folie que de vouloir trancher les liens qui nous unissent au monde, car il nous appartient et nous lui appartenons à tout instant (…) Qui imagine un absolu, perd le sens véritable du monde. (…). Le principe réside dans l'énergie et l'énergie n'est rien d'autre que le principe... tout n'est qu'un, il n'y a pas de dualité."

 

Ce philosophe chinois du 17ème siècle fut, à juste titre, un adversaire acharné du bouddhisme dont la seule finalité est de fuir le Réel.

 

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De Philippe Constant dans son manuscrit inédit : "Le monde selon Wang" :

 

"Ainsi, que sont ces appareils que vous appelez ordinateurs sinon de simples

'multiplicateurs' ? Accroissant l’intelligence des plus intelligents, ils multiplient la sottise des plus sots. Quant à cette invention pompeusement baptisée médias sociaux, que sont ceux-ci sinon des lieux où tous parlent alors que peu ont vraiment quelque chose à dire ?"

 

On ne peut mieux dire !

 

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Quelle est la nature du moteur de l'évolution cosmique. Est-ce un Dieu ?  Est-ce le Hasard ? Est-ce autre chose ? Une chose est déjà sûre : il n'y a pas de mouvement sans moteur et, puisque moteur il y a, puisque le Réel est Un et puisque rien n'existe hors de ce Un, le moteur de l'évolution du Réel est inscrit dans ce Réel lui-même.

Il n'y a pas de Dieu personnel, étranger au monde, qui puisse intervenir sur l'évolution de celui-ci avec sa Grâce, sa Providence ou les grosses ficelles de ses Miracles. Encore une fois, le monisme radical (imposé par le rasoir d'Occam) débouche sur un immanentisme tout aussi radical. Si un Dieu il doit y avoir (et je pense qu'il en faut un pour resacraliser la Matière, la Vie et l'Esprit … mais n'anticipons pas), alors ce sera un Dionysos immanent.

Si un Dieu il doit y avoir (et je pense qu'il en faut un pour resacraliser la Matière, la Vie et l'Esprit …), alors ce sera un Dionysos immanent.

Dans ces conditions, la réponse à la grande question : "pour-quoi le Réel évolue-t-il ?" proposera quatre pistes : le hasardisme (héritier de l'athéisme matérialiste), le causalisme, le finalisme et l'intentionnalisme.

Les trois premiers sautent immédiatement …

Le hasard est incapable, par essence et nature, d'engendrer de la complexité.

Si cause initiale ou cause finale il y a, alors qui ou quoi en est la source alors qu'il n'existe rien que le Réel qui n'a donc ni cause, ni fin extérieures.

Il ne reste donc que la piste immanentiste. Dont acte !

 

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Le 19/12/2018

 

De Philippe Clément, encore (même manuscrit) :

 

"(…) la quatrième clef explicative du fonctionnement de l’univers :

la vie s’écoule à la fois dans le visible et l’invisible."

 

En ce sens, j'écrivais ce matin ceci :

 

"Notre réflexe mental est de toujours ramener toutes nos représentations au seul espace géométrique qui n'est qu'un petit sous-ensemble volumétrique de l'espace des représentations. Et ce réflexe est une infirmité dans la mesure où il nous empêche de nous représenter des relations et interactions entre processus qui ne passent pas par les dimensions volumiques (spatiales, donc)."

 

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Cela fait deux siècles que la banque Rothschild est la cible de tous les antisémites du monde. Et elle est loin d'être une banque chrématistique. En France, il vaudrait mieux regarder du côté des crapules du Crédit Agricole, de BNP-Paribas, de la Caisse des Dépôts et Consignations, etc …

Oui, la Banque Rothschild a pris fait et cause contre Napoléon qui était une ordure de dictateur impérialiste ayant mis toute l'Europe à feu et à sang. Et elle a eu plus que raison.

Oui, Emmanuel Macron a (entre bien d'autres) été formé dans cette banque (comme beaucoup d'autres qui ne pensent, ni n'agissent comme lui), et il faut s'en féliciter car il a reçu, là, une formation de pragmatisme financier et d'éthique humaine.

Oui, le financiarisme est un cancer économique, mais il est, surtout, le fait de fonds de pension c'est-à-dire d'officines qui font fructifier les économies des "gilets jaunes" et de retraités qui pleurnichent. Ce sont ces parasites économiques qui favorisent la mise en coupe réglée de la planète, de la nature, des forêts et des océans, pour satisfaire leurs pauvres petits caprices d'oisifs intoxiqués de "pains et jeux".

 

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Un article assez fondamentalement vrai transmis par ma copine Néa :

 

Why do other Middle Eastern countries lag behind Israel? Is it because Israel gets the most aid from the US? What is it that poses a barrier to development? How did Israel do it?

 

Amit Klier, lives in Jerusalem (1970-present)

 

It amazes me that all the people who answered this question, pro- and anti-Israel alike, missed the most important aspect, the one basic thing that made the West so successful in recent centuries and left the Muslim world far behind. It has nothing to do with foreign aid or different starting points. South Korea had a much lower starting point than all Arab countries 70 years ago and look where it is now. Israel also had a very low starting point.

People tend to forget where Israel was 60-70 years ago, so let me remind you: Israel narrowly won a war, waged on her by all its neighbouring countries (with the help of not-so-neighbouring countries like Iraq). Israel lost 1% of its population in its war of independence, which it fought alone, with almost no one willing to sell it arms, not even the US (if you don’t believe me, read some history: The main supplier of Israeli weapons in 1948 was Czechoslovakia). The founders of Israel had to find all kinds of innovative side ways to get aid, and they did. They had no choice, they fought for their very lives and were determined to survive.

During the war and soon afterwards, Israel absorbed more than a million refugees, tripling its population in less than 10 years. These refugees, Holocaust survivors and Jews that were expelled from Arab countries, had very little property (lost it to their “kind” neighbours). Israel had no housing for them and had to put them in tents, in refugee camps called Ma’abarot. The Israeli economy was at its worst low, and food rationing (called Tsena) was imposed for 10 years.

So we see that it wasn’t a better starting point and not foreign aid. Then what is that thing that made Israel so successful while Arab and Muslim countries, some much richer, are left behind?

Some argue, rightfully, that it was hard work, honesty, rationality and innovation that made Israel such a success. But this is not the root cause, but rather the consequence, of a much deeper cultural identity. The actual reason Israel is successful, as much as Jews all over the world and the West in general, can be summarized in two elements: tolerance and self criticism.

The basic idea that different opinions can co-exist and if I don’t agree with you I don’t have to kill you, is essential for the advance of human society out of medieval way of thinking. The Jewish tradition is of scholars arguing endlessly on every single letter of the Torah, but even when differences seem to be unbridgeable, all sides were heard and no-one silenced. Similarly, in Europe of the Period of Enlightenment, tolerance to different opinions was the basis for creating the democratic societies of today.

The second idea is self-criticism. Israelis and Jews accept the idea that they are not perfect, and there is always room for improvement. It’s based on the old Jewish tradition of Tshuva (repentance). Self-criticism enables you to be responsible for your own actions and not put all the blame for your failures on others. This is one thing that Arab and Muslim culture lack dearly, and that’s one of the main reasons they fail to catch up with Israel and The West.

 

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Le 20/12/2018

 

Certes, la compassion bouddhique est plus noble et plus profonde que la pitié chrétienne. Mais l'idée me déplaît autant. L'idée de "souffrir ensemble" est cohérente avec la première des quatre vérités du sermon de Bénarès : "Tout est souffrance". Mais cette idée est idiote. Il y a de la souffrance, il y a du plaisir, il y a de la tristesse, il y a de la joie … Il y a de tout dans le monde réel. La souffrance existe, c'est indéniable ; mais tout le reste aussi. Il est patent que toute la pensée bouddhiste n'attache de prix qu'au négatif ; elle est foncièrement pessimiste.

Si, par compassion, on veut signifier le fait que tout ce qui existe est interdépendant et interagissant, solidaire au sein d'un Tout-Un qui contient, porte, nourrit, englobe et transcende tout, alors pourquoi seulement regarder le "souffrir ensemble" et non le "se réjouir ensemble" ?

Plutôt que "compassion", alors, je préfèrerais "connivence" ou "complicité" …

 

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De Philippe Constant :

 

"Quelque qui ne sait pas qu'il ne sait pas, ne cherche pas à comprendre."

 

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Le savoir s'accumule, mais ne sert à rien ; seule la connaissance est utile.

Un savoir ne devient connaissance qu'alors qu'il devient utilisable.

Une connaissance est scientifique lorsqu'elle est utile à la compréhension du Réel.

Une connaissance est technique lorsqu'elle est utile à l'exploitation du Réel.

 

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On dit souvent que les débuts de la Franc-maçonnerie spéculative, au 16ème et 17ème siècles, et donc de l'entrée de non opératifs dans les Loges, étaient le fait de la curiosité d'intellectuels marginaux en quête de quelque sagesse cachée, voire occulte. Je n'en crois rien. Je pense, à l'inverse, que ce sont les opératifs qui ont appelés - outre d'utiles hommes de loi, de finance ou d'influence - les érudits dont ils avaient besoin pour les aider par leurs connaissances architectoniques, bibliques, historiques ou iconographiques. Ce sont ces érudits qui ont fait évoluer la tradition maçonnique dans le sens d'une spiritualité accrue s'abreuvant à des sources exogènes.

 

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Le 21/12/2018

 

Les hommes préhistoriques (comme certaines peuplades primitives d'aujourd'hui encore) plaçaient le Divin au fond de la Terre d'où l'importance des grottes et cavernes (symboliquement peintes ou aménagées), de l'inhumation des morts, de l'enfoncement d'objets votifs dans des fissures ou enclavements de parois rocheuses souterraines, etc … Descendre dans les entrailles de la Terre nourricière ou percer des parois souterraines, c'était se rapprocher de Dieu et communiquer avec lui.

D'autres régions, époques et peuplades ont préféré, à ce Dieu chtonien, un Dieu azuréen (ce qui implique, aussi, que la crémation des morts ait alors été préférée à leur inhumation : monter au Ciel plutôt que descendre sous Terre). Pourquoi ?

Déesse-mère souterraine, ici, Dieu-père empyréen, là ?

Passage de la nature à la culture.

Passage du chasseur-cueilleur au cultivateur-éleveur.

Passage de la dépendance organique à la maîtrise technique.

 

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Nous entrons, sans doute, dans une civilisation post-technologique où il sera vital de renouer de solides liens organiques avec la Nature, avec la Vie et l'Esprit cosmiques.

Les trois principes essentiels en seront la joie (l'eudémonisme contre l'hédonisme), la frugalité (le minimalisme contre le consumérisme) et l'intériorité (le spiritualisme contre le matérialisme).

 

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Il y a une différence colossale, trop rarement soulignée, entre le Dieu-Un des monismes (par opposition aux dualismes et aux théismes), et le Dieu unique des monothéismes (par opposition aux polythéismes et aux athéismes).

Dans le Sh'm'a Israël que l'on considère souvent comme la "profession de foi" juive, il est explicitement dit (Deut.:6;4) :

 

"Entends, Israël,

YHWH de nos Elohim

YHWH est Un ('E'had)."

 

Le monothéisme juif est une invention rabbinique récente. Auparavant, la théologie juive était une monolâtrie (YHWH comme dieu tutélaire) au sein d'un polythéisme ambiant (les Elohim) ; toute la Bible hébraïque est construite sur une telle théologie. La kabbale (avec la notion de l'Eyn-Sof) a continué cette voie de l'Un.

 

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De Fiodor Dostoïevski:

 

"Moi, je suis seul et eux, ils sont tous."

 

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En réponse à un socialo-gauchiste opposé à mon opposition aux "gilets jaunes" et à mon "mépris insultant" pour le "peuple" …

 

Que d'erreurs en si peu de lignes.

  1. Le "peuple", ça n'existe pas : il y a des gens statistiquement répartis sur des gaussiennes.
  2. La lutte des classes est un modèle faux qui a fait les preuves de son ignominie ; les riches et les pauvres sont des catégories qui n'existent pas. Riches ou pauvres en quoi ? Encore une fois : la répartition des revenus et des patrimoines est une gaussienne, et la loi de Pareto (20/80) s'applique.
  3. Votre socialo-gauchisme est mort (comme le PS, le PC, la FI ou les Verts, mais aussi comme le LR).
  4. La finance n'est pas l'économie ; et la finance, c'est l'Etat (et son endettement faramineux pour financer les assistanats), les fonds de pension/retraite et les petits épargnants (les vraies fortunes sont tout ailleurs).
  5. Les gilets jaunes ne représentent rien d'autre qu'un tout petit pourcentage de la population qui refuse ce simple fait que nous changeons de paradigme et ce simple principe démocratique de base que la majorité a raison. … mais dont les méthodes et la violence sont bien fascistes ! La libre circulation des personnes est un des droits de l'homme les plus fondamentaux.
  6.  Le populisme (la "loi du peuple") est le chemin du totalitarisme (comme tous les socialismes de gauche comme de droite, du nazisme au communisme). C'est la dictature des crétins.
  7. Les élites, ce ne sont pas les apparatchiks des institutions (politiques, médiatiques, idéologiques), mais ceux qui développent  la connaissance et ceux qui ont l'audace d'entreprendre. Ne pas confondre "démagogue" et "élite". Les véritables élites sont discrètes et ne se mêlent pas des actualités.

 

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Le 22/12/2018

 

Le peuple, jadis, était défini par rapport au Roi. Il y avait le Roi et le peuple (son peuple). Celui-ci était l'ensemble des gens sur lequel le Roi régnait et qui n'étaient pas lui. Mais maintenant, il n'y a plus de Roi. Il a été remplacé par l'Etat. Le peuple est donc tout ce qui n'est pas l'Etat : il est une abstraction, comme la "nation". Mais en démocratie, l'Etat, c'est tout le monde. Il n'y a donc plus de peuple. Ou alors, si le peuple c'est tout le monde, il n'y a plus d'Etat. Il faudra bien choisir un jour.

Ou alors, on part sur une vision ternaire : d'une part, il y a le Roi et son peuple, mais aussi, d'autre part, ni Roi, ni peuple, il y a l'aristocratie d'épée ou de robe. De nos jours, cela donnerait l'Etat, le peuple et l'élite (économique ou noétique). Sauf que, pour l'Etat, tous les privilèges aristocratiques du sang (mais pas ceux du mérite) ayant été abolis, le peuple et l'élite sont une seule et même chose. De plus, l'élite n'est plus "élite" que de mérite ; elle n'est donc "élite" que pour le peuple des médiocres (c'est donc la médiocrité qui définit le peuple) ; en fait, comme l'idée de mérite est très subjective (la fortune ? la connaissance ? la gloire ? le pouvoir ?), l'élite est une abstraction floue, indéfinissable, qui rassemble tous ceux que le peuple rend responsable de sa propre médiocrité et des conséquences malheureuses qui en découlent.

Cette vision débile est typiquement française. La France vit toujours dans les catégories de l'Ancien Régime monarchique, avec une fascination maladive pour le pouvoir, quel qu'il soit ; fascination à la fois révérencieuse et haineuse.

Dans les têtes, en fait, 1792 n'a pas eu lieu ; le deuil du meurtre de Louis XVI par les jacobins n'a toujours pas été fait. Il est temps que vienne l'épreuve de la catharsis afin de guérir, enfin, définitivement, des inepties à la Mélenchon ou à la "gilet jaune".

 

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Toute évolution sociétale s'explique par une bipolarité (floue et subjective) : le mérite (très minoritaire) et la médiocrité (très majoritaire). Le mérite répugne à la médiocrité. La médiocrité jalouse le mérite.

Toute société est le terrain d'une guerre civile permanente (cfr. Nietzsche) : la majorité, formée des médiocres, cultive un ressentiment suicidaire pour la minorité des méritants dont l'action continue la nourrit.

Ce que l'on appelle pompeusement la "redistribution des richesses", ce n'est que le vol organisé des fruits du mérite des méritants au profit, immérité, des médiocres qui font légion. C'est un racket à la Robin des Bois. Et ce racket légal gave, au passage, l'Etat et ses fonctionnaires qui l'organisent.

 

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Dès le début - et c'est la grande cause de ses condamnations tant politiques que religieuses -, la Franc-maçonnerie moderne s'est définie comme une aristocratie de l'Esprit au-dessus des Etats souverains et des Religions instituées, en quête d'une universalité spirituelle qui unisse tout sans rien séparer. Une de ses devises n'est-elle pas : "Rassembler ce qui est épars" ?

Elle se répand partout en Europe (via des marchands et marins anglais) entre 1723 (Calabre) et 1749 (Oslo) ; et, presqu'aussitôt, pleuvent les condamnations entre 1735 (Amsterdam) et 1763 (Dantzig).

Les deux condamnations pontificales (1738 et 1751) ne font qu'emboiter le pas aux autres (d'abord politiques, puis religieuses ; d'abord protestantes, puis catholiques), et n'ont aucun caractère singulier.

 

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Le 23/12/2018

 

La loi de Pareto explique à peu près tout des réalités sociétales …

  • 80% des intelligences dans 20% des cerveaux.
  • 80% des connaissances dans 20% des têtes.
  • 80% des fortunes dans 20% des portefeuilles.
  • 80% des incivilités chez 20% de voyous.
  • 80% de la délinquance chez 20% de racaille.
  • 80% de l'audace sur 20% d'entrepreneurs.
  • 80% des infections chez 20% de malades.
  • 80% du courage chez 20% de méritants.
  • 80% de la fainéantise sur 20% de parasites.
  • 80% d'abus sur 20% de dirigeants.
  • Etc … ad infinitum

 

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De mon mai Luc B. :

 

"Je me réserve le droit inaliénable à la mauvaise foi."

 

L'idée est intéressante. Mélenchon devrait aimer, non ?

 

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Le 24/12/2018

 

La Franc-maçonnerie régulière possède, à l'image de tout fait culturel européen, trois pôles que l'on pourrait appeler anglo-saxon, germanique et latin.

Le pôle anglo-saxon est celui d'une philanthropie traditionnaliste (avec ses exagérations moralisatrices). Le pôle latin est celui d'une fraternité occultiste (avec ses déviances sociopolitiques). Le pôle germanique est celui d'une aristocratie spirituelle (avec ses exaltations illuministes).

L'Equerre. Le Compas. Et la Bible. Les trois grandes Lumières qui, séparées, ne disent plus rien, mais qui, ensemble, font tout.

 

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Pour en finir avec le mouvement des "gilets jaunes" …

Ce mouvement est la synthèse de tout ce qu'il existe de plus franchouillard en France : les guinguettes avec lampions et accordéons, le populo con mais fier de lui, les grandes gueules vides mais hurlantes, le mépris de l'étranger, le culte des barricades et des émeutes, la démangeaison du porte-monnaie, l'inculture économique, l'ambiance "camarades", le mythe et la mythologie révolutionnaires, la détestation des "élites", l'obsession sécuritaire, le rêve étatiste, les catégories monarchiques, …

Bref : tout ce que la France a de plus détestable, tout ce que la folklore français a de plus archaïque et de plus ringard, tout ce que l'âme française doit le plus à la nostalgie et au ressentiment.

Nostalgie et ressentiment de ceux qui ont profité, sans vergogne, de cet Etat-providence, à présent mort. Nostalgie marquant la fin d'un monde (celui de la Modernité et des obscures "Lumières", celui des inepties sociales et socialistes). Ressentiment contre ceux que l'imaginaire collectif désigne, en toute ignorance, comme les "responsables" de l'inéluctable et nécessaire changement de paradigme.

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Le monde qui vient ne fera plus aucune place à la médiocrité.

 

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Exister c'est tout à la fois émaner, relier, construire, transmettre et accomplir.

 

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Si l'Être est l'ensemble de tout ce qui existe, l'Être est un total Devenir … ce qui est oxymorique puisque ce qui est, ne devient pas et ce qui devient, n'est pas.

Il faut bannir le mot "Être" et le remplacer par celui de Réel. Alors l'existence manifeste le Réel et la réalité est ce qu'il manifeste.

Un étant quelconque possède une existence s'il participe au Réel et il a une réalité s'il participe du Réel.

 

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Le Réel est l'objet de la métaphysique.

L'existence est l'objet de la spiritualité.

La réalité est l'objet de la science.

 

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Le Réel est existence et rien n'existe hors de lui.

Le Réel est réalité et rien n'est réel hors de lui.

Le Réel est devenir et rien ne devient que par lui.

 

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Outre ce bannissement de l'Être au profit du Réel en Devenir, il est urgent de purger toute la métaphysique occidentale de la fausse dualité kantienne entre "sujet" et "objet", pour la remplacer par une bipolarité entre "projet" et "trajet".

 

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Toute dualité tend vers un dualisme séparateur.

Toute bipolarité s'inscrit dans un monisme intégrateur.

 

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Si l'existence est bien la participation au Réel et si l'existence est bien le domaine de la spiritualité, alors cette spiritualité induit, à la fois, une triple axiologie (pour fonder la valeur de l'acte) et une triple éthique (pour nourrir la volonté de l'acte).

 

Alors vient naturellement un ternaire de valeurs excluant toute dualité :

Le Bien métaphysique (sans référence au mal) face au Réel, le Sacré mystique (sans référence au profane) face à l'Existence et le Vrai scientifique (sans référence au faux) face à la Réalité.

 

Le Bien, ici, n'est pas la bonté parfaite, mais la mesure de la plus ou moins grande adéquation de l'accomplissement.

Le Sacré, ici, n'est pas la sainteté parfaite, mais la mesure de la plus ou moins grande consécration de l'acte.

Le Vrai, ici, n'est pas la vérité parfaite, mais la mesure de la plus ou moins grande cohérence de la pensée.

 

On pourrait aussi, à partir de là, fonder une triple esthétique et construire une triple définition du Beau comme sublimation du Réel, de l'existence et de la réalité.

 

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La philosophie occidentale connaît deux traditions, en fait complémentaires, mais souvent considérées comme antagoniques : la première regarde le Réel avec des yeux cosmiques et la seconde regarde le Réel avec des yeux humains. Les présocratiques et les socratiques, en quelque sorte. Les philosophies holistiques (qui partent du Tout) et les philosophies subjectivistes (qui partent du sujet). Ou mieux : la propension métaphysique (qu'est-ce que le Réel en lui-même ?) et la propension éthique (comment vivre dans le Réel en tant qu'homme ?). On comprend volontiers que les deux questions valent la peine d'être pensées, mais, selon moi, l'une est préalablement indispensable à l'autre : le point de vue cosmique (ou métaphysique) doit précéder le point de vue humain (ou éthique) : malgré qu'il se prenne pour le nombril du monde, l'homme est insignifiant … et le cosmos peut et doit se penser sans lui qui n'est qu'un accident local et éphémère.

Il ne peut y avoir d'éthique (ou de physique) sans une métaphysique préalable.

 

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La Vie se vit à travers moi et l'Esprit se pense à travers moi … et moi, je ne suis que leur insignifiant ustensile local et éphémère.

 

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Sagesse : l'art de vivre bien … c'est-à-dire l'art d'accomplir la Vie et l'Esprit en soi et autour de soi.

Philosophie : la recherche intelligente de cet art …

 

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Que ce soit dans le domaine de la physique des hautes énergie ou dans celui de la cosmologie, il y a belle lurette que la mesure directe d'un résultat prévisionnel ne peut plus se faire. Le test expérimental passe, aujourd'hui, par la collecte d'une immense collection de données hétéroclites dont on extrait le résultat escompté par des traitements statistiques adhoc (inférence bayésienne, par exemple). Autrement dit, dites-moi ce que vous cherchez à prouver et je vous le trouverai comme il vous plaira … et je passerai à côté de tout le reste (cfr. Roger Penrose, in : "La nouvelle physique de l'univers" § 1.1).

 

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Le 25/12/2018

 

De Marie PM sur la Toile :

 

"Non, le djihadisme et l'islamisme qui enflamment ce début de 21ème siècle ne peuvent se résumer aux interventions malheureuses et inopportunes de l'Occident au Moyen-orient ... Et pourtant on retrouve ce point de vue simpliste, ignorant de l'Histoire et du fait religieux, partout dans les forums."

 

Eh oui, chère Madame. Le simplisme est une des règles de base de la démocratisation de la parole et un des fléaux congénitaux des réseaux sociaux et des forums. Puisque tout un chacun, même - et surtout - le plus ignorant, inculte et stupide, a le droit imprescriptible de s'exprimer sans référence aucune,  tout se dit et se répand plus vite … et pénètre le plus facilement dans les cervelles dépourvues de culture, d'intelligence et d'esprit critique.

Par simple logique, ce sont donc les idées et opinions les plus crétines qui se propagent le mieux et qui ont le plus succès dans la tête des crétins qui forment la grande majorité de l'humanité.

Quand une opinion est exprimée dans l'éditorial d'une revue, il est loisible à chacun de s'enquérir du pédigrée du journaliste et d'en estimer la crédibilité.

Sur la Toile, l'anonymat empêche totalement cette enquête préalable, ce qui ouvre, toutes grandes, les vannes aux inepties les plus dévastatrices (dont le complotisme n'est pas la moins inquiétante).

La Toile est devenue un territoire de non-droit où personne n'est ni identifiable, ni responsable, ni justiciable, ni pénalisable. On y a oublié une notion simple mais capitale : les paroles blessent et tuent au moins autant que les M16.

 

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Il est effarant de constater, en ce jour de Noël, le grand nombre des chrétiens qui croit, dur comme fer, que Jésus dit de Nazareth (village qui ne fut construit que deux siècles après sa naissance supposée) est vraiment né un 25 décembre, dans la mangeoire (crèche) d'une étable (???), à Bethlehem (la "Maison du Pain", en hébreu), sous la neige (en Israël !), entouré de bergers noctambules (???), entre un âne et un bœuf (animaux dont la cohabitation est interdite par la Torah), etc …, alors que toutes ces fables ne sont que des légendes et inventions médiévales (plus ou moins inspirées du seul Evangile qui en parle - celui de Luc, un médicastre grec -, écrit à la fin du premier siècle de l'ère vulgaire).

Je n'ai, bien entendu, absolument rien contre les traditions et leurs légendes ; mon inquiétude vient du fait que des gens puissent croire en leur historicité et que les autorités ecclésiastiques n'en dénoncent pas l'anachronique absurdité.

 

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Ce qui me gène chez les fondamentalistes religieux, c'est la confusion systématique entre historicité et spiritualité. Un récit mystique ou symbolique n'a absolument pas besoin d'être historiquement vrai, pour être spirituellement porteur.

La Bible hébraïque est une bibliothèque de légendes magnifiques, porteuses d'une mystique et d'un symbolisme richissimes, mais elle n'est pas un livre d'histoire.

Les Evangiles chrétiens ont été écrit des décennies après la mort de Jésus, par des gens qui ne l'ont pas du tout connu, dans le cadre de l'idéologie de Paul de Tarse, un antisémite et un misogyne, qui n'a jamais connu le Juif Jésus et qui a inventé un christianisme sur mesure, destiné aux laissés-pour-compte grecs et latins de l'Empire romain.

Le Coran n'a jamais été écrit par l'analphabète Muhammad, un chamelier inculte vivant au crochet d'une veuve ; il a fallu deux générations (et de nombreux contributeurs) pour arriver à la version actuelle qui est un recueil apologétique et idéologique à portée plus juridique, politique et guerrière que religieuse.

 

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Le 26/12/2018

 

Et voici la clé d'une énigme recherchée depuis quarante ans ….

Le livre premier, le Deutéronome (4;39) dit :

 

"Et tu connaîtras ce jour et tu méditeras pour ton cœur combien

YHWH, lui, est les dieux

dans le ciel en haut et sur la terre en bas sans témoin."

 

YHWH est la totalité des dieux de l'hébraïsme, c'est-à-dire l'ensemble des forces et intentions du réel qui nous concernent.

L'expression biblique YHWH-Elohim doit alors se traduire par : "YHWH-les dieux" ou "YHWH (les dieux)" ou "YHWH c'est-à-dire les dieux".

Alors prend un sens parfait la "profession de Foi" juive (Deut.:6;4) :

 

"Entends Israël,

YHWH (c'est-à-dire) nos dieux

YHWH est Un."

 

YHWH est l'unité de toutes les forces et intentions qui guident la Maison d'Israël.

En effet, l'adjectif possessif "nos" indique que YHWH n'est pas l'ensemble de tous les dieux imaginables ou imaginés par d'autres peuples ; il est l'ensemble de nos dieux hébreux, de nos Elohim : El-Shaday (le dieu démonique des champs), El-Elyon (le dieu d'en-haut), Adonaï (mon Seigneur), Mélèkh ha'Olam (le roi du monde), etc … sans oublier, bien sûr, les deux divinités féminines : Ashérah (la parèdre de YHWH) et la Shékinah (la Présence immanente). Il ne s'agit, en aucun cas, d'un polythéisme au sens indo-européen : il s'agit, plutôt, d'un monisme (le "Un") animiste (les "dieux" - les Elohim - sont comme des "esprits", des "forces", des "intentions").

 

Au-dessus du YHWH lévitique, il y a le 'Eyn-Sof kabbalistique qui englobe tout ce qui existe (YHWH compris) pour constituer le Tout-Un, absolu et cosmique ; c'est ce 'Eyn-Sof (le "Sans-Limite") qui est le "Il" du premier chapitre du livre de la Genèse :

 

"Dans un commencement, Il engendra des dieux avec le Ciel et avec la Terre.

Et la Terre devint vide et consternante, une Ténèbre sur les faces de l'Abîme et un Souffle des dieux palpitant sur les faces de l'Eau.

Et Il dira : 'Dieux, il adviendra une Lumière' et il adviendra une Lumière.

Et Il verra des dieux avec la Lumière : 'Comme c'est bon' et Il séparera les dieux entre la Lumière et entre la Ténèbre.

Et Il nommera des dieux pour la Lumière du jour et pour la Ténèbre il avait nommé : Nuit, et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour Un."

 

Tout a pris sa juste place …

 

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Du pape François :

 

"L'homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie. Ne pas glisser dans les ravins du consumérisme. Une insatiable voracité traverse l'histoire humaine, jusqu'aux paradoxes d'aujourd'hui ; ainsi, quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d'autres n'ont pas de pain pour vivre."

 

La condamnation de l'avidité et de la cupidité, de l'avoir et du paraître, de la consommation et des gaspillages doit être une évidence. Certes … Mais …

Toujours cette absurde antienne sur la "charité" et cette sempiternelle pleurnicherie sur le "partage".

Toujours cette même mauvaise chanson misérabiliste - et statistiquement tout à fait fausse : la pauvreté, la misère et la faim n'ont jamais autant reculé que ces cinquante dernières années … Mais à quel prix écologique ?

Le problème n'est pas de s'occuper des hommes ; le problème est d'accomplir la Vie et de l'Esprit. Les hommes ne sont qu'anecdotiques.

 

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Si l'on parle de "lâcher-prise", c'est qu'il y a prise. Qu'est-ce donc qui nous prend ? Le réponse est claire et ancienne, mais si peu entendue : ce qui nous prend et nous emprisonne, ce sont nos esclavages à nos idoles, ce sont nos "servitudes volontaires" (cfr. Etienne de la Boétie). Lâcher-prise revient, en somme, tout simplement, à nous libérer de nos servitudes volontaires.

 

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YHWH ; de HYH ("devenir") dont dérive YHY ("Il deviendra") et HWH ("devenant") … ainsi YHWH indique quelque chose comme : "il deviendra le devenant" ou "il est en train de devenir" ou "il devient le devenant" …

ELOHIM : les "dieux", l'indiscutable pluriel de ELH : "dieu" ou "déesse" ou "déité", dérivé de EL qui signifie "dieu", mais aussi "vers, pour" qui sous-entend la direction ou l'intention …

Ainsi, si l'on veut passer au plan métaphysique ou mystique, l'expression biblique YHWH-ELOHIM (idiotement traduite par "le Seigneur-Dieu) pointe vers : "il est le devenant et le devenir des intentions" c'est-à-dire d'un mot : il est le principe et le moteur de l'accomplissement du Tout, il est l'Accomplissant.

 

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Le 27/12/2018

 

Tant que l'Islam ne sera pas respectueux (des autres traditions et religions) et respectable (dans ses paroles et ses actes), il ne sera pas respecté.

 

Quand on veut se faire accepter, il faut se rendre acceptable. Mais l'objectif n'est pas de se faire "accepter", mais bien de dominer. L'islam ne connait qu'un seul type de relation : celle de dominant à dominé.

 

Quand on lit dans le Coran qu'il faut punir ou "tuer avec bienfaisance" … on croit rêver. Il faut donc lapider, décapiter, couper mains, langues ou jambes … avec bienfaisance, sans faire souffrir inutilement (sic).

 

Ailleurs, des commentaires de "docteurs et savants" musulmans disent, en même temps :

  • Que le Coran est la parole précise, immuable et définitive d'Allah pour tous les peuples, toutes les contrées et toutes les époques : le Coran est donc un absolu !
  • Mais les mêmes, lorsqu'on pointe la barbarie de la "loi" musulmane ou les clairs et indiscutables impératifs de soumission, d'humiliation, de punition et d'extorsion vis-à-vis des non-musulmans, expliquent qu'il faut remettre les versets du Coran "dans leur contexte historique" : le Coran est donc un relatif.

Le Coran est donc relativement absolu tout en étant absolument relatif.

 

Les mêmes prétendent, en suite du Coran lui-même, que la "révélation divine" faite à Moïse sur la montagne du désert de Sin était exactement identique à la révélation coranique faite à Mu'hammad … mais que les Juifs ont volontairement falsifié cette révélation originelle et corrigé ce "Coran" originel pour en faire la Bible. Mieux vaut en rire qu'en pleurer, la grimace est plus belle ….

 

Et tout à l'avenant.

 

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De Victor Hugo :

 

" Le peuple est conduit par la misère aux révolutions

et ramené par les révolutions à la misère. "

 

" Qui n’est pas capable d’être pauvre, n’est pas capable d’être libre."

 

" Le savant sait qu’il ignore."

 

" Le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre."

 

" On est stupéfait de la quantité de critique que peut contenir un imbécile."

 

" N’imitez rien ni personne. Un lion qui imite un lion devient un singe."

 

" La grande erreur de notre temps, cela a été de pencher, je dis même de courber, l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel. Il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C’est là et seulement là que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même et par conséquent avec la société."

 

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Il circule, ces derniers jours, une pétition "pour introduire dans l’article 1 de la constitution le mot 'pluriculturel' (…)".

Il suffit de lire le nom de ses signataires pour comprendre que ceci est une nouvelle étape vers l'islamisation de l'Europe (avec la complicité de quelques bobos gauchisants et bien-pensants qui se font manipuler par des musulmans en voie de conquête).

L'Europe est déjà très diverse, mais elle est foncièrement helléno-judéo-chrétienne.

Le monde est en voie de continentalisation. La mondialisation et l'universalisme ont échoué ! Il y a des bassins culturels qui ont chacun leur généalogie et, donc, leurs racines. Et c'est très bien ainsi.

La France a tenté le multiculturalisme et l'intégrationnisme pendant 50 ans (depuis la fin de la guerre d'Algérie) : c'est un échec patent qui a coûté des fortunes aux contribuables français, qui a fait des banlieues des zones de non-droit pour tous les trafics les plus ignobles, qui y a induit l'explosion de l'inculture, de l'illettrisme et de la bêtise, qui nourrit aujourd'hui le foyer purulent de la violence et de l'antisémitisme  musulman.

Pluriculturel ? L'Islam n'est pas une culture, seulement une idéologie totalitaire et guerrière.

Pluriculturel ? Toutes les civilisations le sont depuis toujours ! Les cités grecques, l'empire romain et la chrétienté féodale en sont de bons exemples … Mais dans les trois cas, la loi et les us dominants s'imposaient à tous ceux qui voulaient y vivre, sous peine des châtiments les plus lourds.

Connait-on des communautés extrême-orientales de France réclamer du "pluriculturel" ? De même, connait-on des communautés juives de France réclamer du "pluriculturel" ? Non. Tous ceux-là s'en foutent et vivent leur vie entre eux, en respectant les lois de la République. Il n'y a que les musulmans (et les gauchistes toujours en quête de "victimes" à défendre contre … leurs propres racines) pour réclamer du "pluriculturel". Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas de la loi de la République, parce qu'ils veulent l'abolir (cfr. cette ignominie de RIC réclamée par cette fange appelée "gilets jaunes"), parce qu'ils veulent imposer leur dictature débile et ignoble.

 

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Le 28/12/2018

 

Pour la gauche, le progrès, c'est plus d'égalité. Or l'égalisation ne peut être qu'un nivellement par le bas et une augmentation de la médiocrité. Donc pour la gauche, le progrès, c'est plus de médiocrité.

Pour la droite, l'idéal, c'est plus de sécurité. Or la sécurisation ne peut être qu'une mise au pas générale et une augmentation de l'autorité. Donc, pour la droite, l'idéal, c'est plus d'autorité.

Or, la gauche et la droite sont une seule et même chose : la haine de la liberté (au nom soit de l'égalité puisque tout le monde n'est pas capable d'assumer sa propre liberté, soit de la sécurité puisque les hommes libres se moquent des élans sécuritaires).

Il ne reste alors que deux voies : celle de la merde égalitaire ou sécuritaire, ou celle de la quête libertaire.

 

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La devise française "Liberté - Egalité - Fraternité" est une arnaque sans nom.

Derrière l'idée "fraternité" se cache, en fait, le besoin angoissé de solidarité et de sécurité, expressions édulcorées de l'envie de parasitisme.

Derrière l'idée "égalité" se cache la pire des inepties rousseauistes : dans le monde réel, rien n'est jamais égal à rien puisque tout est unique et différent.

Derrière l'idée "liberté" se cache le péché originel français : presqu'aucun Français ne souhaite vivre vraiment libre car la "servitude volontaire" est gravée dans ses gènes autant que l'amour-haine de son roi.

 

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Un épicurien est un disciple d'Epicure c'est-à-dire quelqu'un qui se contente de très peu, qui se satisfait de ce qu'il a quand il l'a, quelqu'un qui ne refuse pas le plaisir lorsqu'il est simple (boire un verre d'eau fraîche lorsqu'on a très soif), mais qui ne court jamais après.

Quel erreur, en cette période de réveillons pantagruéliques, voire gargantuesques, de confondre "épicurien" avec "rabelaisien".

 

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Le 29/12/2018

 

L'évolution de toute communauté humaine est portée par trois moteurs : le moteur politique qui a charge de fournir un territoire de qualité, le moteur économique qui a charge de fournir des utilités de qualité et le moteur noétique qui a charge de fournir des modèles de qualité.

Le rapport entre ces trois moteurs est dialectique et doit être soumis à un principe pragmatique d'optimalité.

 

La France est le seul pays que je connaisse où seul le moteur politique compte, les deux autres devant lui être inféodés. On comprend donc pourquoi la France est un pays en panne qui tourne en rond.

 

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Le 30/12/2018

 

Mon message pour 2019 …

 

L'année 2018, comme prédit, a été une année de convulsions et de redistribution des cartes. Elle s'est terminée sur le ridicule cirque des "gilets jaunes", mais surtout sur l'effondrement des cours de bourse et du prix du pétrole, prémisses d'un effondrement économique majeur.

L'année 2019 sera celle de tous les dangers pour l'Europe, avec les élections de mai.

Le monde est en voie de continentalisation. La mondialisation et l'universalisme ont échoué ! Il y a des bassins culturels qui ont chacun leur généalogie et, donc, leurs racines. Et c'est très bien ainsi.

Il y a, aujourd'hui trois mondes moteurs : le monde anglo-saxon, la grande Chine et la grande Inde. Il y a deux hinterlands qui ne vivent que des trafics d'hydrocarbures : la Russie et l'Islamie. Il y a deux mondes en déliquescence : l'Amérique du Sud et l'Afrique.

Face à tout cela, l'Europe doit urgemment retrouver ses racines helléno-judéo-chrétiennes et devenir une vraie et profonde fédération de régions autonomes en balayant l'idée artificielle et stérile (née au 19ème siècle) des Etats-Nations souverains.

 

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Le 31/12/2018

 

D'Erwan Le Noan :

 

"L'État, en devenant une nouvelle Providence, a tout étouffé autour de lui et s'est chargé d'un fardeau qu'il ne peut assumer.

Paradoxalement, la fronde des 'gilets jaunes' le vérifie."

 

Une rébellion d'assistés qui veulent être toujours plus pris en charge par une économie qui n'en a plus les moyens.

La charité et les assistanats sont des luxes de riches dans un monde en voie de paupérisation.

 

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La Sagesse conçoit.

La Force exécute.

La Beauté orne.

 

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Chercher ce qui est perdu.

Rassembler ce qui est épars.

Répandre partout la Lumière.

 

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NOUVEAU : Le Tome 18 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)