Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" - OCTOBRE 2018

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/10/2018

Les logiciels algorithmiques (selon moi, l'intelligence artificielle n'existe pas ; un de mes amis préconise l'expression : Intelligence Assistée par Ordinateur (IAO ou CAI en anglais), termes que je trouve excellents) sont une technologie nouvelle d'une puissance incroyable. Et comme toutes les technologies, ils peuvent être utilisées pour faire du "bien" ou pour faire du "mal" (il ne s'agit pas de morale, mais de positivité pour la vie).

Aujourd'hui, leur utilisation majeure (le big-data) est radicalement mauvaise et induit cette "phobie" ("peur" en grec) dont on parle : harcèlement commercial, destruction de la vie privée, délation assurantielle, bancaire, médicale, politique, idéologique, religieuse, spirituelle, etc …

Ce qui tue la technologie des logiciels algorithmiques, c'est Google et Amazon !

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Ma réponse à une question d'un lecteur :

"Il n'y a pas de maître taoïste au sens occidental.

Le Tao se vit de l'intérieur et ne s'apprend pas. C'est une attitude de vie.

De plus, nous ne sommes pas chinois et l'accès au Tao implique la maîtrise de la langue chinoise et de ses infinies subtilités.

Le zen japonais étant le fruit de la rencontre entre la méditation indienne et le taoïsme chinois, ce peut être une bonne voie de progrès."

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Le numérique ne résout aucun des vrais problèmes de l'humanité ; il est juste un outil de facilité et de confort, stimulateur d'échanges inutiles et de jeux stériles.

Il donne l'illusion d'une efficacité qui, en fait, consomme plus de temps qu'il n'en fait gagner.

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De plus en plus, j'apprécie l'expression de Trump : "les pays de merde".

C'est-à-dire la plupart des pays d'Afrique, d'Islamie, d'Amérique du Sud, d'Océanie et du sud-est asiatique. Ces pays où la dictature fleurit mieux que l'ibiscus. Ces pays qui quémandent continuellement "l'aide occidentale" ou "les aides humanitaires" (comme ces crapules de Palestiniens dont le fonds de commerce est la guerre permanente, financée par les "aides" occidentales) mais qui, depuis un siècle, continuent à ne pas se prendre en main et à ne pas résoudre leurs propres problèmes.

Ces pays n'ont aucun intérêt. Qu'ils prouvent d'abord qu'ils sont capables de faire autre chose que de pleurnicher et de tendre la main. Après, on reverra l'intérêt qu'on pourra leur porter.

La mendicité et le parasitisme ne font pas des hommes debout.

Et que l'on ne vienne pas avec le vieux réquisitoire stipendiant le "colonialisme" destructeur et oppresseur ; le colonialisme n'a rien rapporté à l'occident, mais lui a beaucoup coûté, et les investissements qui ont été faits là-bas et qui ont été "légués" aux autochtones, ne sont plus qu'un amas de ruines inutilisables.

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Il faut en finir avec le "social".

Il faut que chacun soit totalement responsable de lui-même. Il faut que chacun construise sa propre autonomie économique et sociale. Du travail (même non qualifié), il y en a plein partout, mais il n'y a personne pour le faire ; ce qui manque, c'est le courage.

Car le calcul est évident : il est plus lucratif d'être chômeur, de "chasser" les aides et de travailler (un peu) au noir, que d'être salarié ou indépendant afin de vivre de son travail. Il faut donc éradiquer les allocations de chômage (et toutes les allocations, notamment familiales ou de logement, d'ailleurs) et défiscaliser les revenus du travail.

 

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Surtout en milieu urbain, la densité d'incivilités augmente exponentiellement. Plus on parle du "vivre ensemble", moins il existe (c'est une constante : on parle toujours de ce qui manque).

L'idée même de "bonne éducation" non seulement passe à la trappe, mais est vilipendée.

Galanterie, politesse, savoir-vivre, bienséance, décence, bienveillance, courtoisie, tact, urbanité, amabilité, civilité sont désormais des vocables désuets, surannés.

La cause ? Le triomphe du nombrilisme ! Pas seulement chez ces jeunes qui ont été des enfants-rois à la Dolto (les nôtres, donc) et qui forment les rangs de la génération dite Y.

Car tout le monde y va de son nombril en avant : les vieux (parce qu'ils sont vieux et se croient tout permis), les aigris, les ratés, les minables, les ados (comme depuis toujours qui veulent se faire remarquer pour "exister" … mais les nôtres sont des barbares sauvages inéduqués), etc …

Et puis, il y a les Africains qui crachent et pissent partout, parce qu'en Afrique, on crache et on pisse par terre …

 

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Bourbaki est aux mathématiques ce que Sartre est à la philosophie, Marx à l'économie, Boulez à la musique et d'autres à la littérature : ennuyeux, inutile, compliqué et rébarbatif.

 

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Incivilités …

Trop de lois tuent l'éthique.

L'interdiction déconstruit, par révolte ou par défi.

Ce n'est pas interdire qu'il faut faire, mais bien éduquer.

Il faut éradiquer Dolto et tous les pédagogismes de l'enfant-roi : un petit enfant est un animal sauvage, égoïste et cruel ; il lui faut apprendre pour se tenir debout, pas seulement sur ses jambes.

 

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L'intelligence est la capacité d'engendrer de la cohérence.

 

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Le 02/10/2018

 

Ne pas oser parler, c'est déjà se soumettre.

 

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La liberté commence par dire "non".

 

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Patrick Wotling assigne la "philosophie de l'avenir" de Nietzsche la vocation de répondre aux questions suivantes :

 

"Comment faut-il vivre pour s'assurer un avenir ? Avec quel genre de préférences ? En d'autres termes, avec quel type de valeurs ? En particulier, comment faut-il penser ? Et comment convient-il, à cet effet, d'interpréter le monde, non pas pour rencontrer la vérité (une interprétation ne saurait être vraie), mais pour permettre à la vie de se réaliser pleinement ?"

 

C'est une autre formulation du projet taoïste : faire converger, pour les harmoniser, le grand Tao cosmique et le petit tao intérieur.

Plus pragmatiquement : comment survivre bien et fort ? Ou encore : comment construire durablement sa joie de vivre ? Ou aussi : comment s'accomplir en plénitude dans la durée ?

 

Cela conduit à une philosophie de l'Homme ne s'opposant pas à une philosophie du cosmos (qui, nécessairement, aboutit à un monisme radical et à une métaphysique du Devenir). Elle la complète en instituant une dialectique du Tout indifférencié et de la partie singulière.

Il ne s'agit pas d'une philosophie de la Vérité, comme on la construisait classiquement, mais d'une philosophie de la Cohérence et de l'Efficience (au sens capacité à atteindre une efficacité optimale).

 

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Selon moi, la "soumission" indique l'acceptation du chemin qui s'impose du fait des autres ou du fait du monde, alors que le "lâcher prise" indique l'indifférence aux chemins particuliers et l'attachement au cheminement lui-même.

 

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Axiologie : philosophie de la valeur.

Qu'est-ce qui fait valeur ? Qu'est-ce qui vaut la peine ? Qu'est-ce qui donne valeur à l'existence, au monde, à l'esprit ?

Au fond, ces interrogations sont une seule : qu'est-ce que le Sacré ?

 

Les "valeurs" sont les conditions de l'accomplissement. Certes, mais accomplissement de quoi ? De moi, de la société, de l'humanité, de la Vie et de l'Esprit, du Tout, de l'Un ?

Comme qui peut le plus, peut le moins, mieux vaut viser haut et chercher les conditions de l'accomplissement, en plénitude, de l'Un.

L'accomplissement de tout ce qui existe (moi et l'humanité compris), passe par l'accomplissement du Divin selon la voie du Sacré.

 

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Tout cheminement est intérieur, donc solitaire.

Qu'importe le chemin et ceux que l'on y croise ? Qu'importe ce qu'ils disent ou croient ou savent ?

Ce qui n'est pas construit par moi, pour moi, n'a ni importance, ni incidence.

Les paroles des autres ne sont que du vent, parfois doux et parfumé, souvent glacial et fétide. Ineptie du dialogue, du débat, des échanges …

Tout ce qu'il y avait à dire, a déjà été dit.

Tout ce qu'il y avait à écrire, a déjà été écrit.

Si j'écris, c'est seulement parce que l'écriture est ma méthode pour penser mieux pour moi et par moi.

 

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Les "valeurs", ces conditions d'accomplissement, forgent la "grande Santé".

 

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La "transmutation de toutes les valeurs" qui fut le moteur de toute la recherche philosophique de Nietzsche, ne visait qu'une seule chose : évacuer les philosophies classiques de l'Être, du permanent, de la stabilité, du contentement, … pour les remplacer par une philosophie aristocratique du Devenir, du mouvement, de l'activité, de l'accomplissement.

Déconstruction systématique de tous les "idéaux" statiques visant l'immuabilité : vérité, paix, égalité, etc …

 

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On ne comprend rien aux critiques de Nietzsche contre la métaphysique, si l'on ne comprend pas que, pour lui, le mot "métaphysique" s'applique à la seule  métaphysique de l'Être, conçue selon Aristote comme "la science de l'Être en tant qu'Être".

Ainsi, il oppose sa "philosophie historique" ou généalogique, à toute "philosophie métaphysique".

Nietzsche ne le sait pas, sans doute, mais il est le grand métaphysicien moderne du Devenir, successeur d'Héraclite d'Ephèse, de Baroukh Spinoza et de Hegel, et précurseur de Bergson, de Teilhard de Chardin, de Whitehead, de Prigogine, etc …

 

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L'Être est un point infinitésimal placé au zéro de l'axe du Devenir.

 

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Nietzsche prône un réalisme radical qu'il oppose à tous les idéalismes.

Telle est aussi ma voie.

 

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L'éthique issue de la métaphysique de l'Être, vise, en tout, des valeurs (minérales et matérialistes) basées sur l'immuabilité, la permanence, la stabilité.

L'éthique issue de la métaphysique du Devenir, vise, en tout, des valeurs (vitales et spiritualistes) basées sur la transformation, l'impermanence, l'instabilité.

Le Réel - et tout ce qu'il manifeste et qui le manifeste - est pleinement et radicalement processuel : voilà la grande nouveauté philosophique dont Nietzsche a été un grand précurseur.

 

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Le 03/10/2018

 

Elisabeth Kübler-Ross a parfaitement saisi les cinq étapes de l'assomption d'un problème grave : le déni, la colère, l'illusion, le désespoir et la sublimation.

Cela est vrai pour la personne humaine face à la maladie, à la mort ou à la souffrance.

Cela est vrai pour les sociétés humaines face aux crises systémiques.

Face à la bifurcation paradigmatique actuelle, quatre des cinq états d'âme sont parfaitement visibles :

  1. Le déni des institutions politiques, économiques et noétiques.
  2. La colère des populistes et des activistes.
  3. L'illusion des technolâtres et des transhumanistes.
  4. Le désespoir des écologues et des philosophes.
  5. La sublimation, quant à elle, est bien rare …

 

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La philosophie est la quête de la Joie de vivre par le Réel.

 

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Est vrai ce qui accomplit.

Ce qui accomplit apporte la Joie de vivre.

 

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Le problème n'est ni la vérité, ni l'erreur ; le problème est le mensonge c'est-à-dire l'affirmation consciente d'une fausseté.

 

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L'esprit est le point de confrontation de deux manifestations du Réel, l'une extérieure et l'autre intérieure. Cette confrontation exige une représentation du Réel et la nourrit.

Une représentation du Réel n'est pas le Réel.

Beaucoup de représentations du Réel sont possibles et souvent contradictoires.

Cela ne signifie nullement que le Réel soit incohérent.

Cela signifie seulement que la représentation que l'esprit s'en fait, n'a pas réussi à capter le principe même de cette cohérence du Réel au travers de ses manifestations.

 

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Le fait de comprendre que le concept de vérité est vide, n'implique nullement qu'il faille banaliser et tolérer celui d'erreur. Si l'idée de vérité est vide, celle d'erreur l'est aussi. Si l'on en reste là, le chemin aboutit à une relativisme radical donc à un nihilisme tel que celui de notre époque.

Pour éviter ce fléau, il convient d'entendre que de telles bipolarités appellent un dépassement dialectique.

Ainsi, la bipolarité entre vérité et erreur se résout dans une idée supérieure qui unit pertinence, efficience et cohérence.

C'est, in fine, la pratique de Vie qui triomphe de la théorie conceptuelle.

 

Il en va de même pour tous les grands binaires de la pensée philosophique : le vrai et le faux, le bien et le mal, le beau et le laid, le sacré et le profane.

A chaque fois, le nihilisme pointe sont nez sous la bannière du relativisme radical. Ainsi ce que l'on ose encore appelé "art" après 1930, n'est que la négation radicale du concept du beau, expédié et remplacé par le "n'importe quoi pourvu que cela soit original, que cela plaise aux snobs et que cela se vende". Cette négation contemporaine de l'art n'est pas une inéluctable conséquence de la négation du beau. Il y manque un dépassement, une transcendantalisation : le beau et le laid se résolvent dans le sublime. (sub-lima : sous l'oblique)

Comme le bien et le mal, dans la joie (qui n'est ni plaisir, ni bonheur).

Comme le sacré et le profane, dans l'ineffable (in-ex-fabula : qui ne sort pas d'un récit).

 

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Puisque les représentations du Réel sont conditionnées par les "valeurs" (au sens de Nietzsche) et que ces "valeurs" sont les conditions de l'accomplissement (de soi, de l'humanité, du monde, du Tout, de l'Un), alors il vient que l'objet de la philosophie n'est la Vérité, mais bien l'Accomplissement lui-même.

Accomplir le Réel, le rendre complet, l'amener à complétude, …

Accomplir ne signifie pas nécessairement "achever l'inachevé", car ce serait supposer, implicitement, que cet état d'achèvement est prédéterminé et qu'il suffit, donc, de l'atteindre ; ce serait sombrer dans un présupposé finaliste.

De même, accomplir ne pointe pas nécessairement vers une idée comme "amener à la perfection" car, là encore, on subodore une définition finaliste du "parfait".

Ni achever, ni parfaire, donc. L'accomplissement - comme son contraire : la décadence, la dégénérescence ou la barbarisation - ne vise aucun futur ; il est tout entier dans le présent : une intention sans but comme lorsque l'on dit que l'on veut vivre chaque instant le plus joyeusement possible.

C'est donc cette Intention qui est l'objet de la quête philosophique. Cette Intention universelle, cosmique que Nietzsche appela "Volonté de Puissance".

 

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Les périodes de plus grande éthique sont aussi celles de plus grande esthétique.

Les cent années qui viennent de s'écouler, se sont évertuées à détruire toute éthique et, par conséquent, toute esthétique. Le vingtième siècle fut, à la fois, nihiliste et horriblement laid !

Notre époque actuelle commence à comprendre que ce nihilisme et cet inesthétisme sont des maladies graves, des cancers immondes, des aliénations profondes.

Quoi de plus abject que les villes modernes avec leurs tours, leurs banlieues, leurs bruits, leurs routes, gares et métros surchargés, etc … ? Quoi d'étonnant à ce que ces villes engendrent de la haine et de la violence, de la folie et de la débauche ?

 

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Accomplir, c'est créer.

 

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Les niveaux d'accomplissement forment une échelle dont les échelons sont séparés par des effets de seuil. Le cheminement philosophique est donc proprement initiatique, discontinu, hiérarchisé.

On pourrait même dessiner cette échelle de Jacob avec ses sept échelons successifs (à lire de bas en haut) :

 

  1. Accomplissement mystique de l'Un.
  2. Accomplissement systémique du Tout.
  3. Accomplissement harmonique du Monde.
  4. Accomplissement noétique de l'Humanité.
  5. Accomplissement initiatique de Soi.
  6. Philosophies théoriques de l'Être.
  7. Vie animale et acéphale.

 

Ce cheminement est clairement un processus aristocratique et élitaire.

 

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Le processus d'accomplissement commence par une désintoxication et par une guérison : recouvrer la grande Santé et redevenir pleinement sain.

 

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Le regard noétique embrasse toutes les cultures, toutes les civilisations, toutes les religions, toutes les langues, tous les modes d'expression, …

Bref, la noétique étudie le processus d'émergence de l'Esprit à travers l'humanité.

 

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Dans le Réel, la relation linéaire de cause à effet n'existe quasiment jamais. Tout rétroagit avec et sur tout selon une circularité universelle.

Ainsi dire que "la faiblesse individuelle engendre l'organisation collective" est équivalent à dire que "l'organisation collective engendre la faiblesse individuelle".

La relation de causalité se mue en relation de corrélation.

 

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Un paradigme sociétal se réduit toujours à une poignées de valeurs qui conditionnent sa nature.

La mutation paradigmatique que nous vivons aujourd'hui voit l'effondrement des valeurs axiales de la Modernité : l'humanisme, le mécanicisme, le matérialisme, le progressisme et l'hédonisme.

Le paradigme qui émerge sous nos yeux et que l'on pourra, sans doute, qualifier de "noétique", devra se poser comme le contre-pied radical de la Modernité et de ses valeurs, faute de quoi, l'humanité vivra son propre effondrement.

Ses valeurs ? Probablement le panenthéisme, l'organicisme, le spiritualisme, l'illuminisme et le frugalisme.

 

 

Paradigme moderne

Paradigme noétique

Généalogie

Humanisme

Panenthéisme

Téléologie

Progressisme

Illuminisme

Axiologie

Mécanicisme

Organicisme

Ecologie

Matérialisme

Spiritualisme

Métabolisme

Hédonisme

Frugalisme

 

Ces cinq valeurs méritent quelque commentaire …

 

Panenthéisme : l'homme fait intégralement partie du Tout-Un et doit régler sa vie en conformité avec les lois de l'évolution cosmique, de la Vie et de l'Esprit.

Illuminisme : la vocation de l'homme est d'atteindre l'Esprit avec son esprit et, ainsi, de construire une sérénité et une joie de vivre permanentes.

Organicisme : l'homme appartient à l'univers qui est un vaste organisme vivant où tout est interdépendant de tout, où tout est relié à tout, où tout est cause et effet de tout.

Spiritualisme : l'homme, comme tout ce qui existe, est gouverné par un principe de cohérence et d'efficience qui se crée en permanence.

Frugalisme : l'homme doit apprendre à prendre le moins de place possible au sein de la Nature, à prélever le moins possible à l'extérieur de lui, à respecter ce qui est autour de lui et en lui.

 

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Le 04/10/2018

 

La majorité des meilleurs sportifs du monde sont des Noirs.

Les races existent donc et elles ne sont pas égales, ni physiologiquement (performance athlétique, réaction aux maladies, etc …), ni affectivement (sensitivité, sensibilité, …), ni intellectuellement (QI, intelligence collective, intelligence émotionnelle, communicationnelle, etc …).

N'en déplaise à l'universalisme humaniste qui s'aveugle dans un absurde déni de réalité.

Cette non-égalité exprime l'évidence de différences indéniables qui font la richesse de l'humanité.

Mais cette non-égalité et ces différences notoires qui la fondent, ne peut jamais devenir un prétexte d'asservissement des uns par les autres. C'est là qu'est le racisme : non pas dans le constat empirique des races et de leurs différences, mais bien dans la propension à l'asservissement.

 

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Pour en finir avec le marxisme !


Marx n'a pas compris Hegel. Il n'en a retenu que la parabole de la dialectique du Maître et de l'Esclave que voici … Et encore : très partiellement …

Thèse : il y a des Maîtres et des Esclaves.

Première négation : à force, l'Esclave apprend à tout savoir faire et le Maître ne sait plus rien faire ; le Maître, ainsi, devient esclave de l'Esclave.

C'est tout ce que Marx en a retenu : le Maître, ce sont les bourgeois rentiers détenteurs du Capital, et l'Esclave, ce sont les prolétaires fournisseurs de Travail. Et le tour est joué : la Révolution est l'équivalent de la première négation elle renverse les rôles et instaure la dictature du prolétariat afin d'éradiquer toute bourgeoisie.

Marx oublie que la méthode dialectique implique une deuxième négation qui, dans son cas, conduit à la thèse honnie de Proudhon : la disparition conjointe du bourgeois et du prolétaire au profit de l'homme coopérant, libre et autonome, responsable de lui, créant, autour de lui, un tissu associatif et collaboratif, producteur, à la fois, de valeurs économiques et spirituelles.

 

Au-delà de Marx (tellement au-delà de ce pitre idéologue), Nietzsche avait parfaitement vu que le christianisme et son succédané sans Dieu, le socialisme, par sa sacralisation des faibles et de la faiblesse, conduiraient au nihilisme et à la décadence, la dégénérescence et la barbarisation actuelles. Tout le rétro-activisme d'aujourd'hui (rétro-racisme, rétro-sexualisme, rétro-colonialisme, rétro-esclavagisme, rétro-sionisme, etc … NB : rétro = à l'envers, inversé, en retour) participe de cette absurde binarisation entre dominants et dominés, entre oppresseurs et victimes, etc … Cette binarisation infantile n'est, au fond, que le dernier avatar de l'analyse binaire marxiste reprise ci-dessus (l'étroite parenté entre marxisme et rétro-activisme est d'ailleurs une évidence). Comme si la société humaine réelle n'était composée que de purs bourgeois capitalistes et de purs prolétaires sans patrimoine ; une société donc sans artisans, sans paysans, sans professions libérales, sans commerçants, sans étudiants, sans professeurs, sans retraités, sans malades, sans infirmes, etc …

 

Face à cette stupide binarisation, Nietzsche pratique alors la deuxième négation hégélienne que Marx a ignorée : il l'appelle la transmutation de toutes les valeurs.

Pour régénérer l'humanité, il faut inverser les valeurs chrétiennes (le culte de la faiblesse, la victimologie, la martyrologie) et restaurer les conditions de l'accomplissement de l'humanité (non au Ciel, mais bien sur Terre). Il faut retrouver le moteur fondamental de cet accomplissement (que Nietzsche appelait la "Volonté de Puissance") qui anime non seulement les hommes supérieurs (les "Esprits libres" de Nietzsche), mais aussi tout ce qui existe.

La (re)connaissance de ce moteur cosmique est l'objet unique et définitif de la philosophie du Devenir qui dépasse et transcende les philosophies de l'Être et leur quête de la Vérité.

 

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Les deux citations suivantes m'ont été transmises par Daniel Bertheau …

Une citation de Jean-Pierre Changeux, neuroscientiste, dernier avatar du rationalisme matérialiste et réductionniste :

 

"Les possibilités combinatoires liées au nombre et à la diversité des connexions du cerveau de l'homme étant suffisantes pour rendre compte des capacités humaines, le clivage entre activités mentales et activités neuronales ne se justifie plus. Désormais, à quoi bon parler d'Esprit."

 

Une citation (en forme de réponse) d'Antonio Damasio, neuroscientifique :

 

"Le niveau mental ne se 'réduit' pas au niveau des cartes neurales parce qu'il possède des propriétés d'émergence créées par le mental. Ces propriétés d'émergence n'ont rien de magique, mais elles restent en grande partie mystérieuses, étant donné notre ignorance de ce qu'elles impliquent."

 

Il est tant que l'on fasse taire des idéologues rétrogrades et ignares, comme Changeux : la multitude des configurations possibles n'implique en rien l'émergence d'un  ordre supérieur !

Une probabilité non nulle ne signifie nullement une certitude !

Le très grand nombre de combinaisons des cinquante-deux cartes d'un jeu normal n'implique en rien qu'en les secouant, on parvienne à en faire naître un château de carte parfaitement ordonnancé et semblable à la tour Eiffel !

C'est simplement risible.

 

Le mécanicisme et le réductionnisme sont radicalement dépassés dès lors que l'on étudie des niveaux de complexité (d'intrication, de cohérence, d'interrelations) supérieurs. Les propriétés émergentes dont Damasio parle, rendent toute approche mécaniste absurde et stérile.

Jean-Pierre Changeux, c'est un peu comme un très petit Galilée ou Newton voulant donner un cours de physique quantique relativiste.

 

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Le plus évident ou le plus spectaculaire ne sont que rarement le plus probable.

 

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De Jacques Attali :

 

"L'immatériel dissout les lois du marché."

 

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Dans ce présent éphémère où nous vivons, coexistent les conséquences d'un passé absurde et les préfigurations d'un futur apocalyptique.

C'est donc ici et maintenant qu'il faut exorciser les sottises d'hier et neutraliser les poisons de demain.

Cela demande bien du courage et de la lucidité, deux vertus qui manquent cruellement aux masses humaines.

 

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Factuellement, le monde humain ne s'est jamais porté mieux. Les indices optimistes foisonnent et font recette.

Mais il demeure une question cruciale qui glace les sangs : comment l'humanité moderne a-t-elle financé ces bons résultats ? En puisant, sans vergogne ni retenue dans tous les stocks. La ficelle est bien connue : quand le revenu ne vient plus de l'extérieur, on puise éhontément dans le patrimoine et on alimente le compte de résultats et détruisant le compte de bilan.

On enrichit aujourd'hui en appauvrissant demain.

 

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Le 06/10/2018

 

Libérer de l'énergie afin de la rendre utilisable, c'est forcément détruire irréversiblement le milieu dans lequel cette énergie avait été encapsulée.

Il faut bien comprendre que cette irréversibilité (et les rendements inférieurs à un qui l'accompagne) est une loi de la physique contre laquelle les technologies humaines ne peuvent rien faire.

Pour chauffer le salon, on détruit la bûche.

Pour produire de l'électricité, on brise des noyaux lourds ou on crame des macromolécules d'hydrocarbure ou on calcine les cristaux de graphite du charbon, etc …

Pour moins détruire irréversiblement de milieux, il n'y a qu'une seule voie : libérer moins d'énergie et, donc, en consommer beaucoup moins.

 

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Le 07/10/2018

 

Quand Jean-Louis Aubert chante :

 

"J'ai rêvé d'un autre monde …"

 

bien des gens s'extasient devant une telle "poésie". Et c'est pourtant là le symbole de toute la misère philosophique et spirituelle de l'occident.

Un "autre monde" … Rêver un "autre monde" plutôt que d'assumer, de vivre et de faire vivre le Réel tel qu'il est et tel qu'il va, ce Réel qui est le seul monde qui puisse exister, ce Réel qui nous porte et nous nourrit et nous inspire à longueur de temps.

C'est tout le drame de l'idéalisme que cette chanson populaire souligne : une fuite hors du Réel. L'imagination est mise au service d'un rêve d'autre chose, plutôt que d'être mise au service de l'invention de solutions aux vrais problèmes.

Ce drame de l'occident est le fil rouge des trois derniers millénaires sous les avatars du pythagorisme, du platonisme, du christianisme, du socialisme, de l'existentialisme : le refus du Réel au profit d'un "autre monde" qui n'a jamais existé, qui n'existe pas et qui n'existera jamais.

Terrible malédiction et péché originel de l'occident : passer à côté du Réel et vivre de chimères adolescentes.

Il est temps, aujourd'hui, que l'humanité (largement inféodé au modèle occidental lorsqu'il n'est pas l'esclave de l'infantilisme musulman) sorte définitivement de l'adolescence et devienne adulte c'est-à-dire capable d'assumer le Réel tel qu'il est, dans sa finitude, avec ses imperfections, avec ses limites et ses impossibilités.

Les rêveries d'adolescent sont des futilités destructrices, des preuves de l'orgueil encore puéril d'un être inachevé qui veut se prouver, à lui-même, qu'il est un héros capable de tout, surtout du pire.

Il est vital que l'humanité entre, aujourd'hui, dans son âge adulte !

Un adolescent qui refuse de sortir des rêveries adolescentes, se condamne au suicide, par la corde ou par les drogues : c'est bien cette voie que nous vivons.

 

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Ne jamais oublier : d'une manière ou d'une autre, on finit toujours par devoir payer ses dettes !

C'est vrai pour les gouvernements populistes et socialistes à l'égard de l'économie globalisée.

C'est vrai pour l'humanité à l'égard de la planète.

 

Ainsi, d'Etienne Gernelle à propos des pitres italiens :

 

"(…) dans un système de monnaie unique, celui qui dépense de l'argent qu'il n'a pas se sert en réalité dans les poches de ses voisins. Mais qu'importe ! Pour justifier cette tentative de braquage, les banderoles de l'indignation dépensière vont ressortir : cigales de tous les pays, unissez-vous ! Nul doute que Le Pen et Mélenchon, chez nous, se joindront à la chorale.

Les représentants du peuple italien ont parlé. Qui sont ces méchants technocrates pour les contester ? Mais c'est bien sûr ! Votons donc au passage le doublement des salaires, la fin des maladies, les pluie pour les agriculteurs et le beau temps pour les vacanciers. Singulière conception de la démocratie que celle qui consiste à confondre suffrage universel et multiplication des pains. Elire des charlatans sur la base de promesses intenables expose à quelques déconvenues."

 

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Le 10/10/2018

 

Contre l'égalitarisme antisexiste, l'hyperféminisme et le rétro-sexualisme, une étude incontestable (David C. Geary et Gijsbert Stoet) faite dans les pays anglo-saxons (GB, US, Australie : des pays où l'hyperféminisme est pourtant extrêmement dominant), montre indubitablement que les facultés intellectuelles dominantes sont différentes chez l'homme et chez la femme.

Si l'on prend le ternaire Matière-Vie-Esprit, les hommes sont plus orientés Matière et Esprit (mathématique, sciences dures, ingénierie, industrie, économie, management, …) alors que les femmes sont plus orientées Vie (relations aux autres, droit, enseignement, politique, sciences humaines, …). Bien sûr, ces facultés intellectuelles donnent des répartitions gaussiennes avec de larges recouvrements … et Emmy Noether est une mathématicienne bien plus douée et géniale que la grande majorité des ingénieurs et des physiciens mâles.

Il n'empêche que cela démontre, une fois de plus, que la Nature induit la Culture et que la physiologie induit la psychologie .. N'en déplaise à Beauvoir ou à Butler, on naît bien homme ou femme, dans son corps comme dans sa tête et son cœur.

Au fin fond des fonctions de base, la reproduction sexuée a induit des comportements différenciés (la protection et l'alimentation pour les mâles, la procréation et l'éducation pour les femelles) qui, eux-mêmes, ont induit des grilles de lecture du monde très différentes.

Ces différences se sont irréversiblement transmises épigénétiquement … et c'est très bien ainsi car la richesse (et l'amour) tient à nos différences.

L'égalitarisme est une idéologie entropique qui nie les différences et qui tue la Vie !

 

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La pensée économique a trop négligé l'essentielle dialectique entre patrimoine et revenu. C'est une grave erreur, tant pour les dimensions matérielles que pour les dimensions immatérielles.

Toute activité économique a pour finalité de produire de l'utilité (matérielle et/ou immatérielle) en échange de laquelle elle récolte des moyens (matériels comme l'argent ou immatériels comme l'expérience).

La grande question est : que fait-elle de ces moyens ? Dépense-t-elle ou thésaurise-t-elle ?

Techniquement, qu'est-ce qui est vraiment représentatif d'un personne, d'une entreprise, d'un Etat : son compte de résultat ou son compte de bilan ?

Il est clair, aujourd'hui, que les classements économiques favorisent les critères de salaire, de chiffre d'affaire et de PIB. La notion de compte de bilan n'existe même pas pour les Etats qui, de ce fait, peuvent saccager, piller et épuiser, sans vergogne, leurs patrimoines naturels et culturels.

Jusqu'il y a peu (disons jusque vers 1975), le patrimoine importait bien plus que le revenu. Le financiarisme américain a inversé la donne avec, pour conséquence, une abominable propension à l'endettement (des ménages, des entreprises et des Etats). Une dette est un patrimoine négatif, ne l'oublions pas.

Bien des entreprises cotées en Bourse s'endettent afin de payer des dividendes somptuaires à leurs actionnaires … ce qui est proprement aberrant !

 

Mais l'heure de la frugalité matérielle a sonné c'est-à-dire l'heure de la fin du consumérisme matériel, de la croissance matérielle, des revenus matériels, etc …

L'heure est déjà à l'économie de l'immatérialité : économie de la connaissance (le patrimoine immatériel), de l'information (le flux immatériel), du talent (et non plus de l'argent), de l'être et du devenir (et non plus de l'avoir et du paraître), du bien-vivre et de la joie (et non plus du beaucoup-posséder et du plaisir), etc …

La richesse n'est déjà plus financière et matérielle, mais bien intellectuelle et spirituelle ; la richesse n'est déjà plus extérieure, mais bien intérieure ; l'unité de richesse n'est déjà plus la monnaie, mais bien la joie.

 

Bien sûr, comme toujours, les masses, enlisées dans l'éternel panem et circenses, et tellement demandeuses de "servitude volontaire", n'entendent pas cette mutation paradigmatique, n'en veulent pas et se révolteront violemment contre son avènement. Mais il n'y a pas le choix. Les dés sont jetés. Le patrimoine matériel de la Terre a été pillé et saccagé, et est devenu largement incapable de satisfaire aux caprices imbéciles des masses insatiables.

Face à celles-ci, les élites d'aujourd'hui sont déjà celles de l'intériorité.

Les patrimoines et héritages de demain s'appellent déjà "métier, connaissance, sagesse, art de vivre, joie, contentement, spiritualité, etc …".

A bon entendeur …!

 

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L'heure de l'anti-crétinisme a sonné !

 

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De Jacques Attali :

 

"(…) l'Histoire (…) s'inscrit, fondamentalement, dans une priorité croissante donnée au présent sur le passé et l'avenir. Dans une volonté tyrannique des vivants de profiter du monde, en détruisant ce qu'il fut et ce qu'il peut devenir."

 

La vision humaine du temps s'est effondrée de l'Eternité à l'Instant par sauts successifs via des horizons de vie et de pensée de plus en plus courts.

Tyrannie imbécile de l'instantanéité encore amplifiée par la révolution numérique. Abolition de la durée, c'est-à-dire de la mémoire et de l'histoire, des racines et des missions, des identités et des vocations, de la tradition et du patrimoine,

L'Ici-et-Maintenant, plutôt que de devenir la porte intérieure vers le Tout du Réel, au-delà de l'espace et du temps, est devenu la prison étroite et mesquine d'un non-vivre tout extériorisé.

 

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Le 11/10/2018

 

Le leitmotiv de la vie quotidienne d'aujourd'hui est l'amusement, la distraction (du verbe latin dis-trahere : "tirer loin de, tirer en dehors").

Se distraire (mais de quoi donc ?) est la préoccupation principale de nos contemporains : s'éloigner de soi, de sa vie et de sa vocation et se noyer (physiquement ou numériquement) d'extériorité, avec les autres, aussi paumés et vides que soi.

Tout cela n'est qu'une immense fuite dans des mondes artificiels, souvent virtuels, sans consistance ni réalité. Je sens croître une immense incapacité à assumer le Réel.

C'est sans doute cela que Nietzsche appelait la décadence ou la dégénérescence du "dernier homme".

 

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Il est terrible de constater que, systématiquement, surtout à gauche, on parle de la concentration des revenus et de la croissance des inégalités de revenus. Le hic est que l'on ne tient là compte que des revenus légalement déclarés sur les feuilles d'impôt et que l'on fait l'impasse sur les colossaux revenus illégaux, "en noir", en nature (potagers, vergers, basse-cours, micro-élevages porcins, ovins, caprins ou bovins, etc …) ou issus de trocs et trafics en tous genres.

Je suis prêt à parier qu'à l'échelle mondiale, les revenus déclarés ne constituent qu'un tiers des revenus réels totaux, alors que, dans les pays où se concentrent les personnes les plus riches du globe, les revenus déclarés représentent 80% des revenus réels. Or, 80% d'un tiers, cela ne fait plus que 24% des revenus qui se concentrent outrageusement et cela laisse 76% des revenus réels mondiaux hors toute statistique.

Ces revenus "inconnus" sont des flux non stockables et sont, par essence, terriblement disséminés.

Je suis, de plus, persuadé qu'à l'échelle mondiale toujours, la part de l'économie parallèle (donc des revenus non déclarés de toutes sortes) ne fait que croître.

L'économie officielle (donc les budgets des Etats) se vide progressivement au profit de l'économie parallèle.

Il faut être conscient que la "police fiscale" des Etats n'est efficiente que dans quelques grands pays développés qui ne totalisent, en gros, qu'un tiers de la population mondiale. Ailleurs …

 

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Le 12/10/2018

 

Le vieillissement de la population mondiale induit la privatisation et l'individualisation des pensions de retraite et l'abolition d'un âge légal de retraite. Chacun cotise pour soi-même et chacun choisit son moment de retrait du système économique.

Là aussi, enfin, la mainmise de l'Etat s'effondre.

De façon plus générale, la sphère privée reprend du terrain contre la sphère publique.

L'Etat recule ! Et avec lui, l'infection des solidarités anonymes et obligatoires.

 

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Fin du mythe des BRICS …

Le Brésil est en voie rapide de sous-développement et de dictature militaire …

La Russie est une dictature tsariste qui ne vit que de ses hydrocarbures en voie de pénurie rapide …

L'Inde s'appauvrit du fait d'une démographies démentielle …

La Chine pratique une savante fuite en avant généralisée dont le court terme assassine le long terme …

L'Afrique du Sud n'est qu'une illusion sanglante, fabriquée par la propagande américaine (comme le fantoche Mandela) …

 

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Le réchauffement climatique, les pénuries de ressources vitales, la démence spéculative avec ses bulles abyssales, la folie démographique, la prolifération des extrémismes idéologiques et religieux, l'explosion des pandémies diabétiques, allergiques, cancéreuses et neuro-dégénératives, la montée des psychopathologies urbaines, l'aliénation numérique, la dégénérescence des démocraties en démagogies profondes ou en populismes divers, la dévalorisation colossale de toutes les monnaies de référence, le vieillissement des populations induisant l'effondrement des systèmes de retraite et de santé, etc … : tous ces phénomènes profonds et durables conduisent l'humanité à la mort et les masses n'y comprennent rien et s'en fichent comme d'une guigne tant elles sont enlisées dans le panem et circenses, dans la distraction et l'instantané.

Je ne crois qu'il y ait grand' chose à y faire. L'homme de la rue est un crétin indécrottable.

 

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La sociologie - qu'il faudrait, d'ailleurs, cesser d'appeler "sciences sociales" puisque cette discipline, comme les autres "sciences humaines", n'a rien de scientifique et relève exclusivement de conjectures idéologiques - est clairement un domaine académique phagocyté par le socialo-gauchisme (ce qui procure bien des soucis à mon ami Michel Maffesoli).

Elle part du principe faux que la société est plus que la somme des individus qui la composent. En réalité, la société est moins que la somme des individus qui la composent puisque chacun y perd bien plus qu'il n'y gagne.

Cela explique pourquoi l'homme est fondamentalement un animal asocial (il sort du "sociétal" dès qu'il en a les moyens) et que le fait sociétal n'est que la résultante d'un leurre supposé nécessaire : celui de la sécurité (des faibles, surtout), une sécurité qui aliène tout (la "servitude volontaire" d'Etienne de la Boétie) !

Des points de vue systémique et thermodynamique, les sociétés humaines sont aberrantes puisqu'un système dont le tout est moins que la somme de ses parties, devrait, naturellement, disparaître. Et voilà bien le hic : malgré qu'elles le furent à leur origine,  les sociétés humaines ne sont plus du tout des systèmes naturels, thermodynamiquement sains, mais bien des systèmes purement artificiels. Leur déficit néguentropique doit donc, impérativement et constamment, être compensé par d'immenses apports énergétiques (aussi sous la forme d'idéologies et de morales), ce qui conduit, inéluctablement, à l'épuisement de leur écosystème.

Notre époque (que toutes les idéologies condamnent en conspuant "l'individualisme" qui la caractérise) entérine, en fait, ce simple constat que le système sociétal coûte bien trop cher (pas seulement en argent ou en matières) pour ne plus servir à grand' chose.

L'homme d'aujourd'hui n'a plus besoin de tout l'arsenal sociétal, étatique et politique pour vivre dans un monde qui a été totalement "humanisé" par la technique : de ce fait, les individus cherchent à reconstruire de petites communautés de vie, souvent éphémères et pas forcément locale, où ils se sentent bien quand ils le souhaitent.

La nostalgie sociétale a de beaux jours devant elle, mais elle ne changera rien à l'évolution à la fois néo-individualiste et néo-communautaire de l'humanité.

Toutes les sociétés humaines, avec les idéologies diverses qui les portent, sont irréversiblement moribondes. Il faut ainsi célébrer le triomphe clair de la thermodynamique systémique sur les illusions et utopies idéologiques.

 

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La procrastination est la stratégie dominante de nos jours, dans tous les domaines.

 

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Le mythe du "sauveur", du "messie", de "l'homme providentiel" a encore de très beaux jours devant lui. Malheureusement, il ne s'agit que d'un mythe !

L'espérance est la meilleure tactique pour ne rien faire et ne pas prendre ses responsabilités.

 

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Tout le système financier mondial parie sur une croissance matérielle qui ne viendra plus jamais du simple fait que le stock de ressources par humain ne fait que décroître exponentiellement.

Ce pari, perdu d'avance, engendre des bulles spéculatives immenses et de la production de monnaie de singe par les banques centrales (afin d'éviter que ces bulles n'explosent)

Cette immense arnaque planétaire devrait imploser dans les deux ans qui viennent.

 

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Le système boursier mondial décline. De moins en moins d'entreprises y entrent ; elles préfèrent se financer sans intermédiaire, de façon moins formelle, moins stéréotypée, moins procédurale et plus "sur mesure".

Il est donc possible que le principe même de la Bourse disparaisse. Ce sera un grand bien.

 

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Ce surprenant aveu de Jacques Attali :

 

"(…) depuis la faillite du socialisme et du communisme (…)"

 

Ouf ! Enfin un qui a compris ! A quand l'amende honorable ? A quand l'éradication du mythe Mitterrand ? A quand les excuses publiques pour collaboration avec l'infestation socialo-gauchiste de 1981 à 1995 ? A quand la condamnation sans équivoque de la CGT et consorts ?

 

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Au cœur de la mutation paradigmatique que nous vivons, les rétro-activismes s'opposent, en même temps, à l'ancien paradigme et au nouveau. Ils s'opposent, à la fois, aux institutions de l'ancien monde (on les dit alors populistes) et à la construction d'un nouveau monde (on les dit alors réactionnaires).

Dans tous les cas, ce sont des mouvements qui se fondent sur la peur et qui cherchent de la rassurances dans des mythes (la race, le peuple, la nation, la "nature", la socialité, la solidarité, la religion, l'idéologie, … bref : toutes les foutaises ancestrales).

 

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1907 à 1918 : crise bancaire et agricole puis militaire.

1918 à 1929 : génie artistique et scientifique.

1929 à 1940 : folies idéologiques.

1940 à 1951 : crise géopolitique et militaire.

1951 à 1962 : génie électromécanique.

1962 à 1973 : folie libératoire.

1973 à 1984 : crises pétrolières et financières.

1984 à 1995 : génie informatique et libéral.

1995 à 2006 : folie spéculative.

2006 à 2017 : crise généralisée.

2017 à 2028 : génie ???

 

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L'émotion est le niveau le plus bas et le plus primaire de la sensibilité (comme l'instinct est celui de l'intelligence).

Il n'est donc pas étonnant que notre époque de décadence et de dégénérescence se vautre constamment dans l'émotionnel.

Toute la communication médiatique ne vise qu'à exacerber des émotions primitives au moyen d'images ou de slogans le plus souvent falsifiés.

La plupart des séminaires d'entreprise se complaisent dans le youkaïdi-youkaïda des papouilles réciproques et des "échanges" lénifiants.

Tout doit être affaire de "cœur" malgré trois millénaires de mise en garde philosophique contre les affres de l'affectivité.

On confond sensibilité et sensiblerie, sentiment et sentimentalisme, ressenti et ressentiment. On croit progresser alors que l'on est en pleine régression pré-pubère. Le passage de l'adolescence à l'âge adulte, dont l'humanité a le plus grand et le plus urgent besoin, commande avant tout de se défaire, définitivement, de la tyrannie de l'émotion sur la raison et de la rêverie sur la réalité.

 

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En matière humaine, tout est affaire de gaussiennes. Lorsqu'on parle - comme toujours à gauche - d'inégalités, on parle en fait de l'ampleur de l'écart-type alors que le "progrès" parle de la croissance de la moyenne. Moyenne et écart-type n'ont aucune corrélation formelle entre eux.

Qu'importe la croissance de l'écart-type si la moyenne augmente beaucoup. Les riches deviennent plus riches ? Et alors … si, en même temps, ce qui est le cas, les pauvres deviennent moins pauvres.

Le vrai problème actuel est la régression de la moyenne, riches et pauvres confondus. La croissance matérielle est morte. Les pouvoirs d'achat vont diminuer (diminuent déjà). Les pénuries s'installent.

Qu'on cesse donc de nous bassiner avec les "inégalités" !

L'égalité est synonyme d'uniformisation, c'est-à-dire de maximisation de l'entropie … et rien n'est plus entropique que la mort !

 

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De Casanova :

 

"On ne désire pas ce qu'on possède."

 

 

Alors, nous possédons tellement trop que nous ne désirons plus rien.

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Peu importe qu'elle se fasse populiste, xénophobe ou autre, pourvu que l'Europe fédérale se fasse vite ! Après, on aura le temps de voir.

 

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Les frontières ne sont que les cicatrices de l'Histoire.

 

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De Jordan Peterson :

 

"Aujourd'hui, beaucoup de chercheurs en sciences naturelles s'y connaissent assez bien  en sciences sociales et dans les humanités, mais l'inverse est très rare. De nombreux chercheurs en sciences sociales prétendent alors que leurs théories sont valides, sans données pour les corroborer - c'est le cas, par exemple, du domaine des études de genre."

 

Il faut y insister : il y a les sciences et il y a des conjectures. Les "sciences " humaines ne sont que des conjectures, c'est-à-dire des idéologies, des religions, des affabulations.

Il n'y a pas des "sciences humaines". L'homme et ses sociétés relèvent intégralement de la physique des processus complexes (et de la thermodynamique qui la fonde), comme les forêts, les ruches, la physiologie ou l'esprit.

 

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L'Afrique (du nord, du centre et du sud) : le continent de l'inefficience et, par voie de conséquence, du parasitisme (lorsqu'on est inefficient pour soi, on compte sur l'efficience et la générosité des autres).

Inefficience orgueilleuse et revancharde au nord ; inefficience bon-enfant et rigolarde ailleurs.

Les religions n'y jouent qu'un rôle marginal. L'inefficience africaine est atavique.

Il ne s'agit pas de paresse ; loin de là. J'ai vécu et travaillé des années au Congo, au Mozambique, en Tunisie et au Maroc (comme aux Antilles ou à la Réunion). Il y a des paresseux comme partout, mais là n'est pas le problème majeur. La source profonde de l'inefficience africaine me paraît devoir être recherchée dans la relation au temps : entre l'instant et l'éternité, il n'y a rien. On vit là dans une profonde et illusoire philosophie de l'Être immuable : ce qui est, a été, est et sera. Il y a là comme un fatalisme irrémédiable, porté tant par l'islamisme au nord que par l'animisme ailleurs. L'aventure colonialiste n'a en rien réussi à changer cette mentalité ; au contraire. Le colonialisme a été vécu comme une fatalité de plus …

 

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C'est une grave erreur de croire que monte "la colère des peuples". C'est une fiction socialo-gauchiste toute emprunte de sentimentalisme révolutionnariste (une vieille maladie bien française). Les peuples ne sont pas en colère ; ils sont cupides, avides et jaloux. Ils cherchent à maintenir, à tout prix, leur mode de vie et de fonctionnement, même si cela conduit la planète et l'humanité à leur perte.

Les peuples ne voient pas l'avenir. Les peuples n'ont pas d'avenir. Seules les personnes lucides en ont un.

 

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Les trois vertus indispensables pour affronter les séismes imminents : la lucidité, le courage et l'autonomie.

 

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Le 13/10/2018

 

Autonomie : dépendre la moins possible du "système" actuel car il va bientôt s'effondrer.

 

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La bien-pensance actuelle tient en cinq mots-clés que je réfute vigoureusement :

  1. Humanisme : non, l'être humain n'est pas une fin en soi ; il ne prend sens et valeur qu'au service de ce qui le dépasse et qui n'est pas humain.
  2. Universalisme : non, l'humanité n'est pas une, mais plurielle, avec de profondes divergences tant physiques que psychiques.
  3. Egalitarisme : non, les hommes ne sont pas égaux (rien n'est égal à rien puisque tout est unique et différent du reste) ; il faut cultiver les différences qui sont la richesse du monde.
  4. Extériorisme : non, le vraie vie n'est pas dans la relation à l'Autre, quel que soit cet autre, mais dans l'intériorité spirituelle et intellectuelle ; les autres sont parfois utiles, mais jamais indispensables et souvent nuisibles.
  5. Idéalisme : non, le Réel doit être accepté et assumé tel qu'il est et tel qu'il va ; si ce Réel ne convient pas à l'homme, c'est à l'homme de se changer.

 

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Nous vivons une mutation paradigmatique qui donne deux catégories d'entreprises : les entreprises de l'ancien monde (ma "courbe rouge") et les entreprises du nouveau monde (ma "courbe verte").

Le livre "La Comédie (in)humaine" de mes amis Nicolas Bouzou et Julia de Funès, décrit parfaitement les entreprises de la courbe rouge (souvent grandes, lourdes, hiérarchiques, bureaucratiques, absurdes, kafkaïennes,  etc … fonctionnant sur le modèle classique financiariste américain). En face, les entreprises de la courbe verte ne fonctionnent pas comme ça.

Le vrai problème d'aujourd'hui est celui-ci : les entreprises qui resteront sur la "courbe rouge" vont disparaître (comme les dinosaures à la fin du jurassique) si elles ne basculent pas dans l'autre modèle. C'est cela la "crise" (du verbe grec kritein : trier, tamiser, ne laisser passer que ce qui satisfait à certains "critères").

 

Il y a, aujourd'hui, une fuite en avant dans le ludique, dans le youkaïdi-youkaïda managérial où l'on joue puérilement à des jeux abêtissants, infantilisants, où l'émotionnel de base prend la place de l'intelligence, où les "coaches" (vous savez ces incompétents qui jouent aux psys) se prennent pour des sages.

Je sors de la convention nationale d'un gros réseau de cadres, à Carcassonne. C'était la caricature de ce que mes deux amis décrivent dans leur livre : des shows et discours débiles de jeunes startupers devant 1500 cadres salariés pour les faire rêver d'entrepreneuriat, des papouilles collectives coordonnées, de l'émotionnel ras-des-pâquerettes, des séances "méditatives" à la noix, de la sensiblerie infantile, des "échanges" d'un vide abyssal, de la puérile "fête" fusionnelle, de la fausse communion extatique, …

 

Ce qui est lénifiant et cucul, ce ne sont, en général, pas les membres (ils viennent surtout pour rencontrer des experts et pour se retrouver entre eux à faire quelque chose d'intelligent ou de sympathique, en toute amitié), mais c'est "l'appareil" salarié parisien qui est sensible aux "modes" managériales exotiques et aux "consultants" venus d'ailleurs.

De plus en plus, cela sombre dans le "développement personnel" et le syndrome "coach" (made in Québec ou Finlande : c'est la mode). C'est triste.

Tout cela est navrant et cause de gros dégâts car le temps perdu à "se distraire" avec toutes ces fadaises n'est pas consacré à l'indispensable révolution managériale interne pour faire basculer les entreprises dans le nouveau paradigme.

 

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De Yuval Noah Harari (in : "21 leçons pour le XXIe siècle") :

 

"Dans un monde inondé d'informations sans pertinence,

le pouvoir appartient à la clarté. (…)

C'est très injuste, mais qui a dit que l'histoire était juste ?"

 

L'histoire, c'est le Réel. La justice est un phantasme humain. Le Réel est toujours terriblement au-delà des phantasmes humains … Heureusement !

 

Et plus loin, ceci :

 

"Les algorithmes Big Data pourraient créer des dictatures digitales au pouvoir concentré entre les mains d'une minuscule élite tandis que la plupart des gens souffriraient non de l'exploitation mais de quelque chose de bien pire : d'être devenus inutiles."

 

Cette idée de la dictature digitale, dans un monde totalement robotisé et algorithmisé, implique donc l'inutilité des masses (toutes les tâches de production matérielle, voire immatérielle, seraient totalement robotisées). Ces masses seraient gérées selon un modèle imposé, mais suffisamment lénifiant et édulcoré pour permettre à chacun de vivre un bonheur aseptisé, artificiel et préprogrammé, taillé sur mesure.

Le film "Matrix" des frères (sœurs ?) Wachowski a clairement atteint le centre de la cible, dès 1999 ; il y a presque vingt ans.

Pourtant, je ne crois pas à ce scénario du simple fait que pour alimenter un tel système, il faudrait des quantités énormes de ressources qui n'existe pas ou plus. En 2050, il faudrait contrôler et satisfaire (artificiellement) dix milliards d'êtres dits humains ; il faudrait donc construire, programmer, entretenir des milliards de robots bien matériels qui nécessiteraient des milliards de tonnes de minerais inexistants et des milliards de kilowattheures impossibles à produire.

Ce qui va sauver l'humanité de la dictature digitale, c'est la pénurie des ressources matérielles.

 

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L'Union Européenne est un phénomène unique et incroyablement novateur dans l'histoire humaine. Voilà quelque chose de fantastique que ni les masses idiotes, ni les politiciens carriéristes ne comprennent (ou ne veulent comprendre).

Pour le première fois, des pays souverains ont entamé un processus pacifique d'abandon de souveraineté afin de créer, volontairement et librement, un espace économique, noétique et politique qui soit nouveau et puissant. Un nouvel imperium qui respecte (et cultive) les différences locales mais qui les fédère en une communautés de culture (judéo-helléno-chrétienne) et d'intérêt (en rapport avec la continentalisation socioéconomique du monde humain).

Pourvu que, malgré l'immense bêtise ambiante, les élections européennes de mai 2019 donnent un nouvel élan et une belle énergie à ce fabuleux projet européen.

 

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Il y a deux finalités incompatibles à l'évolution humaine : la sécurité et la liberté.

La sécurité (collective) est au centre des idéologies totalitaires (nazisme, fascisme, communisme, socialisme, gauchismes, etc …).

La liberté (personnelle) est au centre des idéologies libertaires (libéralisme, libertarisme, anarchisme, etc …).

Soit !

La fin du 20ème siècle a jeté les idéologies totalitaires à la poubelle de l'histoire humaine, et je suis le premier à m'en réjouir.

Mais cela ne signifie nullement que la majorité des humains soit devenue capable d'assumer sa liberté et d'assurer son autonomie.

C'est donc dire qu'après l'effondrement des idéologies totalitaires, c'est au tour des idéologies libertaires d'être mises à mal avec les tendances actuelles au populisme, à l'illibéralisme, au dirigisme,  à l'étatisme, au protectionnisme, etc …

Il faut donc en tirer la leçon : les humains préfèrent la "servitude volontaire" à la liberté intérieure. Ces 85% d'animaux humains exigent que la solution à leurs problèmes vienne de l'extérieur : les autres, la solidarité, le partage, le parasitisme, la société, l'Etat, etc …

Face à cette bipolarité castratrice, deux solutions sont possibles : soit le compromis qui est la voie choisie par nos "démocraties socio-libérales", soit la résolution dialectique par le haut symbolisée par la Surhumain nietzschéen.

Le compromis, comme tous les compromis, est intenable sur le long terme pour la simple et bonne raison qu'il ne satisfait, durablement, personne.

Reste donc la voie  du Surhumain … Mais la fin du prologue du Zarathoustra de Nietzsche, avec le "dernier homme", fait le point final de cette question.

L'humanité crèvera donc dans ses contradictions et dans son incapacité à choisir entre sécurité et liberté.
Cependant, je reste persuadé que la résolution dialectique de cette bipolarité inconciliable entre liberté et sécurité, est possible : par les chemins de la spiritualité !

Il faut dépasser l'humain. Il faut sortir de ce nombrilisme, de ce narcissisme, de cet humanisme, de cet anthropocentrisme qui enferment l'homme dans ses propres phantasmes égocentrés.

La dualité entre liberté et sécurité est un pur fruit (empoisonné) de la modernité. Mais la modernité est morte. Une page doit être tournée : celle de l'humanisme. L'homme n'est ni le centre, ni le sommet, ni le but du Réel. Il n'est qu'un ustensile au service de l'accomplissement du Réel. Ses états d'âme n'ont pas le moindre intérêt. Ce n'est plus des droits de l'homme qu'il faut parler, mais bien des devoirs de l'homme envers la Vie et l'Esprit.

Voici donc venir les vraies questions …

La liberté, oui, mais pour quoi faire et au service de quoi ?

La sécurité, oui, mais pour quoi faire et au service de quoi ?

La spiritualité, précisément, est le chemin pour y répondre.

 

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Les Systèmes d'Intelligence Assistée par Ordinateur (je pose mon terme SIAOs en lieu et place de cette imposture sémantique nommée "Intelligence Artificielle") sont déjà et seront toujours plus à même, que les cerveaux humains, de simuler l'évolution d'un processus semi-complexe (c'est-à-dire sans propriétés émergentes) et pour prédire les principaux effets et les principales conséquences d'une décision.

Ainsi, les SIAOs prendront naturellement en charge la modélisation et la simulation de processus comme l'évolution financière d'un Etat ou d'une grosse entreprise, comme le déroulement d'une guerre (surtout lorsque les armées seront composées uniquement de drones et de robots), comme l'optimisation d'un réseau de production et de distribution d'électricité, comme la régulation des trafics routiers ou maritimes, comme les stratégies d'expansion urbanistique d'une ville, comme les prévisions météorologiques et climatiques à long terme, comme les diagnostics et tactiques médicaux (Watson d'IBM, sur base de son immense mémoire statistique, fait de bien meilleurs diagnostics que les médecins humains) ou juridiques (aucun juriste n'est plus capable de compulser toutes les lois, toutes les interprétations et toutes les jurisprudences), etc …

Il faut cesser de regarder les SIAOs comme des "concurrents" de l'esprit humain ; ils en sont de purs produits, de simples caisses de résonance logique et d'incroyables amplificateurs d'intelligence - comme un avion supersonique est un incroyable amplificateur de la puissance motrice de l'homme.

On craint que les SIAOs inclinent à concentrer le pouvoir sur l'humanité dans les mains d'un tout petit nombre de techniciens géniaux capables de concevoir et de coder des algorithmes puissants. On pouvait craindre, depuis des millénaires, que les boulangers, vignerons ou brasseurs, seuls capables de produire notre pain, notre vin ou notre bière (ces choses indispensables et si difficiles à fabriquer convenablement), aient concentré, par leur savoir-faire, le pouvoir fondamental sur nos alimentations de base ; il n'en a jamais été ainsi. Pourquoi en serait-il autrement avec les développeurs d'algorithmes ? Le métier du développement algorithmique est difficile, mais il s'apprend comme le reste et ne nécessite pas de gros budgets pour s'exercer.

 

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Le 14/10/2018

 

  1. La description de la logique interne d'un processus complexe passe par cinq regards complémentaires : généalogique (la part activée de la mémoire, du vécu accumulé), écologique (le rapport au monde extérieur), axiologique (les principes et règles de fonctionnement), métabolique (les activités dominantes) et téléologique (l'intention, la vocation, la mission, le projet, …).
  2. On parle de bifurcation ou de mutation paradigmatique lorsque ces cinq regards changent radicalement, suite à des ruptures profondes et concomitantes (comme la naissance d'un premier enfant change radicalement la logique de la vie quotidienne d'un couple normal).
  3. On s'intéresse ici à la grande bifurcation que connait le processus humain (l'histoire humaine) de nos jours. De telles bifurcations se produisent, en moyenne, tous les 550 ans et marquent la fin d'un paradigme éculé et l'émergence d'un nouveau paradigme.
  4. Rupture du regard généalogique (quels grands modèles actifs ?)

 

 

AVANT

APRES

Noétique

Mécanicisme

Emergentisme

Politique

Liberté/Sécurité

(libéralisme/totalitarisme)

Intériorité

(spiritualisme)

Economique

Financiaro-industrialisme

Virtuosité néo-artisanale

 

  1. Rupture du regard écologique (quel rapport au milieu extérieur ?)

 

 

AVANT

APRES

Ecologique

Abondance

Pénurie

 

  1. Rupture du regard axiologique (quel principe organisationnel ?)

 

 

AVANT

APRES

Axiologique

Pyramide hiérarchique

(démocratie/dictature)

Réseau collaboratif

(communalisme)

 

  1. Rupture du regard métabolique (quelles activités dominantes ?)

 

 

AVANT

APRES

Métabolique

Production/Consommation

Qualité de vie

 

  1. Rupture du regard téléologique (quelles raisons d'exister, au service de quoi ?)

 

 

AVANT

APRES

Téléologique

Réussite personnelle

(plaisir)

Accomplissement impersonnel

(joie)

 

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On ne voit pas toujours que le principe même de la démocratie est lié au mode organisationnel pyramidal hiérarchique.

Le problème posé est celui de la désignation et du contrôle de celui ou ceux qui détiennent le pouvoir au sommet de la hiérarchie (au sommet de l'Etat, par exemple).

En fait, il n'existe que deux modalités pour cette désignation : la légitimité par le vote (au suffrage universel ou non) ou la légitimité par la force (avec ou sans soutien populaire).

Mais dès lors qu'il n'y a plus de pyramide hiérarchique, le mode de désignation et de contrôle de son sommet n'existe plus non plus, et la notion même de démocratie perd tout sens.

Lorsque le monde humain se sera réorganisé sous la forme de réseaux collaboratifs de communautés de vie (libres et labiles), la question de la démocratie - et de la dictature - ne se posera plus : comme dans toute association libre, lorsque les meneurs ne font plus autorité, les membres s'en vont ailleurs et ces meneurs restent tout seuls, Gros-Jean comme devant.

 

*

 

La Chine est redevenue un Empire confucéen.

 

*

 

On assiste, un peu partout, à un retour en force de la prééminence des racines culturelles et religieuses sur les "idéaux" humanistes, universalistes et égalitaristes. C'est aussi cela la fin de la Modernité.

La mondialisation (du modèle américain) est morte, la globalisation (des problématiques essentielles) est inéluctable, la continentalisation (des systèmes économiques et politiques) est en marche, … mais les nostalgies nationalistes et fondamentalistes accompagnent dangereusement ce mouvement, au risque de l'enflammer.

Le mouvement continentaliste doit s'opposer radicalement tant aux factions nationalistes qu'aux rêveries mondialistes.

 

*

 

Primo : les technologies ne font qu'amplifier les capacités humaines au moyens de prothèses au centre desquelles il y a toujours au moins un humain.

Secundo : les technologies, pour se développer, consomment de plus en plus de ressources qui se raréfient.

Tertio : les technologies prendront en charge la plupart des activités (sociétales ou anatomiques) qui sont analytiques (mécaniques ou algorithmiques), mais demeureront étrangères aux activités ou fonctions holistiques (systémiques et anagogiques).

De ces trois constats, trois conséquences sont à tirer.

D'abord, ne se développeront que les technologies vraiment utiles et très frugales en termes de ressources consommées.

Ensuite, le centre de gravité des activités humaines "nobles" se déplacera, d'une part, vers les métiers de conception de robots et d'algorithmes (les activités technologiques) et, d'autre part, vers les métiers systémiques et anagogiques, producteurs de propriétés émergentes (les activités holistiques).

Enfin, les activités technologiques et holistiques ne pouvant être assumées que par un petit nombre d'humains, la majorité sera exclue de ces métiers de très haute compétence, et devra se contenter d'activités vivrières et sociales

 

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Yuval Noah Harari (parce qu'il a, sans doute, trop fréquenté les transhumanistes californiens) se trompe complètement lorsqu'il affirme, avec les neuroscientistes, que l'esprit humain n'est que le cerveau et que le cerveau n'est qu'une machine neuronale algorithmique.

Cela l'amène, donc, à nier l'existence d'activités et de fonctions holistiques comme l'intuition, l'émotion, le sentiment, l'affection, la tendresse, la créativité, la résonance, l'empathie, l'analogie, l'anagogie, l'induction, l'improvisation, l'étonnement, etc … qu'un ordinateur pourra peut-être un jour plus ou moins simuler, mais qu'il ne pourra jamais maîtriser.

 

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Tout ce qui augmente la sécurité, diminue la liberté.

 

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Les SIAOs optimiseront la sécurité, donc minimiseront la liberté. On s'avance vers un monde humain hyper-sécurisé, certes, mais étonnamment stéréotypé, homogénéisé et procéduralisé … Ce sera le règne de la "servitude volontaire", de la prison dorée et du bonheur préfabriqué … sauf pour la petite élite cognitive qui maîtrisera les activités et fonctions holistiques et/ou technologiques.

On se trouvera là dans un monde continentalisé, fait de masses béates, passablement inutiles et réduites aux activités banales, et de deux castes (ennemies ou amies ?) : l'une quasi doctorale ou noétique (les holisticiens) et l'autre quasi impériale ou économique (les technologiciens). Cette bicéphalie serait calamiteuse si n'émergeait pas une troisième caste quasi sacerdotale ou politique (les gardiens du sens et de la vocation) dont la fonction régulatoire sera de coordonner téléologiquement les deux autres.

 

*

 

Pour bien vivre, il faut pouvoir s'appuyer sur trois piliers : de la connaissance, du talent et de l'énergie.

Les humains ne sont égaux entre eux sur aucun de ces trois moteurs de vie ; et ils ne le seront jamais du fait des héritages génétiques et épigénétiques.

L'humanité tire donc derrière elle trois boulets : les ignares, les crétins et les fainéants (trois caractéristiques aisément cumulables).

Ces trois populations croissent rapidement, aujourd'hui, tant en nombre absolu (démographie oblige) qu'en proportion relative (faillite des systèmes éducatifs).

 

*

 

Ne jamais oublier : les algorithmes (et donc les robots) n'ont pas de conscience.

Ni au sens psychique, ni au sens moral de ce mot.

 

*

 

Il faut se méfier comme de la peste de ces "consultants" inintelligents mais malins qui squattent des domaines à la mode où ils sont incompétents mais où ils font de l'argent par culot, plagiat, vulgarisation et compilation.

Un bel exemple actuel est cet imposteur d'Idriss Aberkane qui a même été jusqu'à me voler, pour son dernier bouquin, le titre d'un de mes livres : "L'âge de la connaissance" (paru chez M2 Editions en 2005).

 

*

 

On dit de certains SIAOs qu'ils sont "créatifs", au prétexte qu'ils mettent en œuvre des tactiques originales de résolution de problème auxquelles les humains n'ont jamais eu recours.

Il n'y a aucune créativité là-dedans. Lorsque le nombre des tactiques possibles est très grand, un SIAO ou bien les explore toutes et calcule les meilleures probabilités de succès avec des outils statistiques classiques de la théorie des graphes, ou bien calcule des optima d'occurrence grâce à l'inférence statistique de Bayés, sans savoir, dans les deux cas, qu'il pourrait y avoir là une quelconque originalité.

Les humains, quant à eux, n'ont pas la faculté mentale ni d'envisager toutes les tactiques possibles, ni de pratiquer l'inférence bayésienne ; ils procèdent donc par analogie et imitation, se référant aux tactiques qui ont déjà bien fonctionné. Ils s'interdisent, ce faisant, d'être très original par peur des risques encourus et de l'échec possible.

D'un côté, le simple calcul sans état d'âme ; de l'autre, la simple frilosité avec état d'âme.

Dans les deux cas : pas de créativité réelle.

Encore une fois, la conclusion pointe vers l'assimilation humaine des prothèses numériques (et vers leur bon emploi pour "faire du mieux") : il n'y a là aucune concurrence.

 

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De Margaret Thatcher :

 

"La société, ça n'existe pas. Il existe un tissu vivant d'hommes et de femmes (…), et la qualité de nos vies dépend de la disposition de chacun de nous à se prendre en main."

 

Tout est dit ! Merci à la Dame de Fer.

Les assistanats sont appauvrissants tant pour celui qui paie que pour celui qui reçoit.

 

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Les processus démocratiques au suffrage universel expriment des sentiments et des émotions, jamais des vérités et des rationalités.

 

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De mon ami Pierre-Olivier Gros :

 

"(…) au fond, beaucoup de nos problèmes sociétaux d’aujourd’hui ont été créés en pensant que l’on pouvait berner la physique et tous les défis de demain seront surmontables si et seulement si chacun se réapproprie les lois de la physique."

 

L'orgueil humain, conforté par deux millénaires de christianisme qui lui ont fait croire qu'il était d'une autre "nature", a cru pouvoir échapper aux lois de l'univers. Il commence a en payer le prix fort.

 

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* *

 

Le 15/10/2018

 

De Mark Zuckerberg parlant de la mission, selon lui, de FaceBook (Fesse-Bouc) :

 

"Depuis des décennies, l'appartenance à toute sorte de groupes a décliné d'au moins un quart. Cela fait quantité de gens qui ont besoin de trouver quelque part un sentiment de finalité et de soutien. (…) Nous allons nous mettre à déployer des outils qui aident à construire des communautés. (…) Si nous y parvenons, cela ne contrera pas seulement le déclin de l'appartenance à une communauté que nous observons depuis des décennies, mais pourrait aussi renforcer notre tissu social et rapprocher le monde."

 

Comme si le sens de l'existence se trouvait dans l'appartenance à une communauté. Les Américains en général, les Californiens plus spécialement, et Mark Zuckerberg en particulier, sont totalement incapables de comprendre que l'essentiel de la vie est tout intérieur et que l'extériorité n'est qu'un des canaux (et pas le plus riche, loin s'en faut) pour la nourrir.

Je me souviens de la parole du proviseur de l'école de Peachtree City (Ga) où mes enfants devaient entrer, en 1988 : "The aim of education is to socialize the kids ; to make them good citizens".

C'est consternant et cela aboutit à deux choses : les Américains sont totalement infantilisés , archi-dépendants à l'argent, au confort, à la facilité, à l'entertainment et à leur community, church  and friends, et ils sont profondément incultes et ignares de tout ce qui ne peut pas rapporter d'argent demain.

Au nom du pragmatisme et de l'utilitarisme, l'anti-intellectualisme y est religion d'Etat : surtout, ne pas penser par soi-même !

Malheureusement, mondialisation aidant, cette crétinerie américaine a contaminé le monde entier comme une gangrène, avec des conséquences colossales sur l'avenir - le non-avenir - de l'humanité.

 

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L'erreur fondamentale de notre époque est de croire que tout est calcul, soit arithmétique, soit statistique, de croire que la loi des nombres (grands ou uniques) gouverne ou doit gouverner l'évolution humaine.

 

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Les médecins actuels sont à la physiologie ce que les comptables sont aux entreprises : ils ne voient que des indicateurs et des statistiques, ils ne comprennent rien au fonctionnement systémique et processuel, qualitatif et humain de leur objet, ils ne (re)connaissent que le passé, ils se croient investis par la vérité divine, ils appliquent toujours les mêmes tactiques et recettes, ils sont totalement inféodés aux prescriptions de l'Etat et ils vivent "hors sol", incapables de s'impliquer dans le Réel tel qu'il est vécu.

Il suffit de confier la gestion d'une entreprise à des comptables (ou à des financiers, ce qui revient au même) pour tuer ladite entreprise. Donc …

 

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"Partager" est un verbe à la mode : partage expérientiel, partage connectif, partage économique, partage émotionnel, partage affectif, partage humanitaire, partage informationnel, partage cognitif, etc …

On oublie trop que pour pouvoir partager, il faut quelque chose à partager. Aujourd'hui,  c'est surtout du vide que l'on partage (il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir les "forums" ou "commentaires" sur la Toile : consternant !) ; preuve, s'il en faut, que nos contemporains attendent presque tout de l'extérieur. Pour eux, la demande de "partage" signifie surtout : "donne-moi la solution à mon problème que je ne prends pas le temps de penser et de résoudre moi-même".

Et comme l'autre ne possède que rarement cette solution, le "partage" se réduit à des palabres sur des commentaires de commentaires à propos du problème sans jamais édifier une quelconque solution.

 

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La Toile, tant au travers des "moteurs de recherche" (type Google) qu'au travers des "communautés" (type FaceBook), est une immense machinerie à conforter et renforcer chacun dans ses propres opinions, aussi débiles soient-elles.

On ne se rapproche et on ne se nourrit que de ce qui nous donne raison ; ainsi va la nature humaine commune.

La posture inverse est (devrait être) celle du philosophe et du scientifique : se méfier de ce qui véhicule une "vérité", même confortable, même séduisante.

Cela s'appelle l'esprit critique ; une denrée bien rare de nos jours.

 

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La vraie vie n'est pas dans les mondes virtuels.

Il faut donc pratiquer, avec volonté et assiduité, le minimalisme numérique.

Il faut aussi pratiquer, avec volonté et assiduité, le minimalisme audiovisuel.

 

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L'audiovisuel fabrique des idiots-visuels, des acéphales hypnotisés et hallucinés.

 

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Universalisme : une seule race humaine, une seule histoire humaine, une seule civilisation humaine, une seule nature humaine, une seule génétique humaine, une seule généalogie physique et psychique …

Rien n'est plus faux !

Mais ce n'est pas une raison pour évoquer et instrumenter un quelconque darwinisme civilisationnel : dans l'univers des croyances et des modes de vie, il y a place pour bien des différences … pourvu que chacun s'occupe de soi et des siens, et non des autres, pourvu que les minorités respectent la majorité locale et s'y résolvent.

 

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Depuis les temps les plus reculés, l'humanité est tripolaire en matière de races et de cultures.

Pour l'essentiel, il y a trois bassins civilisationnels fourmillant, chacun, de myriades de singularités et de nuances plus ou moins signifiantes. Ces trois bassins sont : l'Europe, l'Asie et l'Afrique, dont les généalogies génétiques et épigénétiques sont très différentes.

 

Ce qui est plus intéressant que le patrimoine génétique, ce sont les colossales différences qui existent entre ces trois grilles de lecture du Réel qui, depuis des dizaines de millénaires, forgent leurs relations à l'Autre (donc aux autres hommes, à la Nature et au Divin) et au Temps (donc les comportements, les priorités existentielles, les croyances morales et sotériologiques, etc …).

Caricaturalement, voici :

 

  • La culture européenne est fondamentalement dualiste,
  • La culture asiatique est fondamentalement moniste,
  • La culture africaine est fondamentalement pluraliste.

 

La grille africaine pluraliste induit une vision du monde compliquée de plus en plus inadéquate dans un monde humain porté par l'unification et la complexification ; elle est en voie de disparition rapide.

Il ne reste que la grille dualiste (le "camp" pythagoricien, juif, platonicien, chrétien, musulman, …) et la grille moniste (le "camp" hindouiste, taoïste, confucéen, shintoïste, bouddhiste, …).

 

La grille européenne dualiste est en pleine perte de vitesse pour les mêmes raisons que la grille africaine, mais de façon moins rapide : le dualisme européen est soit religieux (la croyance en l'existence d'un "autre monde" de perfection et de béatitude en parallèle avec le nôtre), soit idéologique (la croyance en l'avènement d'un "autre monde" à venir par le triomphe de la révolution politique ou spirituelle), soit un astucieux mélange des deux (à la fois sotériologique et eschatologique). Cette croyance en un "autre monde" ne tient plus la route, ni religieusement, ni idéologiquement, pour la simple et bonne raison que presque tout le monde a bien compris qu'il ne vit réellement qu'une seule vie (qui peut être la Vie cosmique), ici et maintenant, et aucune autre (ce qui n'exclut aucunement une vraie spiritualité, un vrai sens du divin et du sacré, un vrai dépassement de soi, un vrai sens de la transcendance dans l'immanence).

 

La grille moniste sera donc la grille civilisationnelle qui devrait logiquement unir spirituellement, éthiquement et métaphysiquement, toute l'humanité de demain (sachant que chaque bassin historique y mettra ses propres symboles, rites, ingrédients et interprétations, comme c'est déjà le cas dans les mouvances spirituelles venues d'Asie, mais en pleine conquête de l'Europe et des Amériques).

On actera ainsi le grand triomphe mondial d'Aristote sur Platon !

 

Bien sûr, les résistances seront (sont déjà) dures de la part des factions les plus fondamentalistes et orthodoxes, surtout du côté des musulmans salafistes (mais pas des soufis), mais aussi des chrétiens ultra-catholiques et américains (mais pas des mystiques), et parfois des juifs rabiques (mais pas des kabbalistes).

 

On peut aussi penser à d'autres grilles à venir : celle du nombrilo-narcissisme généralisé, celle de la fuite généralisée dans le monde virtuel, celle du "no future" et du suicide généralisé, celle de la fin de la Terre et de l'humanité, celle du je-m'en-foutisme généralisé,  etc …

 

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Rien d'organique et encore moins de psychique ne peut sortir du mécanique. (La vie n'est pas réductible à la matière et l'esprit n'est pas réductible à la vie, si l'on préfère une formulation métaphysique). Le réductionnisme scientiste est mort (n'en déplaise à Dawkins ou à Changeux).

Il ne s'agit pas de croire en une "supériorité" quelconque de l'homme : tous les animaux "supérieurs" ont évidemment une "âme", un esprit, un psychisme, c'est-à-dire, à la fois, une sensibilité, une intelligence, une mémoire, une conscience et une volonté (cfr. mon livre "Les autres dimensions de l'Esprit" chez OXUS - 2018) ; il y est question de degré mais pas de nature. Mais une machine n'est pas de même nature et obéit à des lois et processus de complexité "zéro", c'est-à-dire du niveau électromécanique !

C'est toute ma thèse. On ne se place pas sur les mêmes niveaux de complexité et, entre eux, il y a des effets de seuils énormes que rien de mécanique, d'analytique ou de numérique ne pourra JAMAIS franchir.

On peut simuler, c'est tout.

Sortez du mythe IA. La sacralisation du numérique, déjà en cours, n'apportera RIEN de bon à l'humanité : le moule numérique est bien trop petit et étroit pour enfermer la réalité de la Vie et de l'Esprit. Les SIAOs sont des prothèses, des amplificateurs. RIEN de plus.

 

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Il faut se garder de devenir victime de "l'illusion numérique" comme d'autres sont victimes des illusions d'optique.

 

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Juridiquement, les résultats (et la responsabilité) des processus algorithmiques sont le fait de l'humain (ou du groupe d'humains) qui a conçu l'algorithme.

Un ordinateur, chargé de tous les logiciels que l'on veut, ne sera JAMAIS une personne juridique : ses simulacres de "décisions" ne sont que les conséquences des logiciels (ou des méta-logiciels) algorithmiques  que l'homme lui a implémenté.

 

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Il ne s'agit pas de rejeter la technologie comme Foch refusait les avions ou comme des paysans voyaient dans les trains des machines infernales qui empêcheraient les vaches de produire du lait ; il s'agit, plus simplement, d'éviter le péché d'orgueil de croire que les inventions humaines sont divines.

 

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Le niveau salarial et le statut administratif, légal et fiscal des fonctionnaires européens sont proprement scandaleux.

Mais ce budget-là n'est qu'une goutte d'eau insignifiante dans celui de l'Union Européenne.

Cela dit, le statut éhonté de ces fonctionnaires européens donne trop de mauvais  grain à moudre aux eurosceptiques.

 

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Yuval Noah Harari …

Excellent historien (in "Sapiens") … (donc !) piètre prospectiviste (in : "Homo Deus") qui sous-estime, incroyablement, les impacts écologiques et démographiques et surestime, comiquement, les impacts numériques …

Dans "21 leçons pour le XXIe siècle", il se révèle pour ce qu'il est : sceptique dépressif, avant tout, mais aussi égalitariste, démocrate, socialisant, matérialiste, antispiritualiste, moderniste, universaliste, utilitariste, américanisé, marxo-nostalgique, pseudo-transhumaniste, israélien antisioniste, … et pas mal torturé par sa propre homosexualité. Bref : israélo-californien …

Brillante intelligence et réel talent d'écriture, belle pédagogie et réelle démagogie …

Comme historien, il défend un continuisme anthropique et historique assez linéaire contre une vision hégélienne de cycles et de ruptures, par négation et négation de la négation.

Ses livres sont nourrissants et donnent à penser … à condition de penser, souvent, dans l'autre sens.

 

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Le 16/10/2018

 

N'importe quelle fonction d'évolution de quoique ce soit dans le temps, est une fonction qui peut se développer en série de Taylor sous la forme :

F(t) = S0Aiti

Il suffit donc de négliger tous les termes sauf le premier (i=0) pour établir une évolution constante ( F(t)=A0 ) c'est-à-dire une loi de conservation.

C'est ce qu'ont fait les physiciens classiques pour l'énergie. Et comme la nature est paresseuse et choisit toujours la voie de la plus grande paresse ou, pour mieux dire, la voie de la perturbation minimale, dans la plupart des cas, cela suffit.

En revanche, lorsque les perturbations sont très importantes et les taux d'activité hallucinants, comme dans les noyaux galactiques ou au niveau subnucléaire des très hautes énergies, cette approximation ne fonctionne plus et les grandeurs représentatives ne se conservent plus.

C'est parfaitement le cas pour la désintégration b qui, pour préserver les principes de symétrie valables ailleurs, a impliqué des contorsions intellectuelles et formelles ahurissantes : invention du neutrino, de l'antimatière, etc …

Illustration récurrente de cette idée que les physiciens préfèrent compliquer le Réel que d'admettre l'imperfection de leur modèle.

 

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A la fin du paradigme précédent, lorsque celui-ci meurt faute d'être capable de prendre en compte les ruptures fondamentales vécues, le nouveau paradigme commence par chercher, dans la mémoire accumulée de sa partie d'humanité, des modèles qu'il croit être plus aptes.

Ainsi, contre la féodalité et la cléricocratie finissantes, la Renaissance a réactivé le modèle humaniste socratique, le modèle idéaliste platonicien et le modèle laïciste impérial.

Pour le monde européen (au sens large comme étant non-africain et non-asiatique), notre nouveau paradigme réactive, à sa sauce, le communalisme fédératif féodal  et l'intériorisme monacal du haut moyen-âge ; il réactive aussi un néo-aristotélisme (moniste et réaliste) en tant qu'anti-platonisme (dualiste et idéaliste).

 

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De Nicolas Hulot :

 

"La rareté, ça se pilote ; la pénurie, ça se subit"

 

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De Gaël Giraud, chef économiste à l’Agence Française de Développement (AFD) :

 

"Une des raisons pour lesquelles nous arrivons à raconter autant de bêtises, nous les économistes, c’est que nous avons des modèles qui n’ont pas grand-chose à voir avec le monde réel, dans lesquels il n’y a pas d’énergie, pas de matière, il n’y a que des dollars, ou des unités monétaires, qui permettent de mesurer à la fois du capital et du travail."

 

Les économistes, pour leur grande majorité, sont des idéologues, complètement ignorants des réalités physiques et naturelles : ils construisent des modèles et des théories totalement artificiels qui font tous l'impasse sur cette réalité.

Presque tous ignorent ou ne veulent pas savoir que les stocks de ressources que la Terre a fabriqués durant trois milliards d'années sont tous limités en volume et, pour la plupart, non renouvelables assez rapidement pour couvrir les besoins exponentiellement croissants d'une démographie humaine galopante. Les ressources dites "renouvelables" sont un leurre car, même si le "carburant" (la lumière solaire, le vent, les marées, les courants marins, la lave géologique, …) est momentanément "gratuit", sa transformation en ressources utilisables par l'économie humaine, nécessite la consommation d'une quantité de ressources non renouvelables d'autant plus énorme que la qualité néguentropique de ces "carburants" est toujours mauvaise.

Presque tous ignorent ou ne veulent pas savoir que nous vivons la fin de l'impossible course (fuite en avant) à la croissance quantitative illimitée, tout simplement du fait que tous les stocks de ressources sont limités et sont déjà en pénurie. L'abondance - de tout - a été un des grands moteurs de la modernité, par opposition à la frugalité ascétique monacale et à la pauvreté économique féodale. Aujourd'hui, cette abondance matérielle n'est plus possible.

Presque tous ignorent ou ne veulent pas savoir que les lois de la thermodynamique sont implacables et que la technologie humaine ne peut qu'améliorer les rendements des productions économiques, qui tendent, asymptotiquement vers un rendement maximal dit de Carnot, qui est largement inférieur à un, … et que cette asymptote est quasi atteinte dans beaucoup de cas.

Presque tous ignorent ou ne veulent pas savoir que, si la dette est nécessaire pour alimenter la croissance et la croissance pour rembourser la dette, le tout n’est possible que grâce à un accès à une énergie abondante et peu chère ; ce qui ne sera plus jamais le cas.

 

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Il n'y a ni "sciences" économiques, ni "sciences" humaines ; il n'y a là que des idéologies conjecturelles.

Les sociétés humaines et leurs économies relèvent exclusivement de la physique des processus complexes donc, in fine, de la thermodynamique.

 

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Luc Ferry est sans doute le dernier thuriféraire (du moins en France) de cette religion laïque appelée Modernité, "Lumières" ou Progrès. Certes, il n'est pas le seul, ni le pire, mais il est le plus nocif parce que le plus médiatisé !

 

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Faire le deuil de la Modernité et de ses dieux laïques : progrès, abondance, démocratisme, solidarisme, économisme, technolâtrie, etc …

Voilà le seul grand défi des deux ou trois décennies qui viennent.

 

Et pour cela, bien prendre conscience que les masses du panem et circenses s'en fichent comme d'une guigne dans un cocktail affligeant de : "après moi, les mouches" et de : "jusqu'ici, tout va bien".

Et pour cela aussi, encore et toujours se rappeler les cinq stades du tout deuil selon Elisabeth Kübler-Ross : le déni têtu (les institutions de pouvoir dont l'ancien paradigme est le fonds de commerce - cfr. supra : Luc Ferry), la colère accusante (les activismes gaucho-écologistes), l'atermoiement négociationnel (les ONG et les grand' messes ineptes du genre COP), le découragement suicidaire (les survivalismes, les terrorismes ou les tenants d'un "no future" généralisé) et la sublimation constructive (le tout petit reste qui reste).

 

L'effondrement du paradigme moderne est inéluctable et imminent. Mieux, il est souhaitable.

Mais pour l'assumer et s'en sortir à moindre dégâts, il est urgent de repenser, de fond en comble, tous nos modes de vie afin de construire un nouveau paradigme compatible avec la nouvelle donne écologique-économique-technologique-noétique ; mais aussi de se préparer à contrer tous ceux, d'ici ou surtout d'ailleurs, qui ne voudront pas changer leur mode de vie par goût d'un chant du cygne suicidaire ou, simplement, par bêtise, ignorance ou crétinerie.

C'est, sans doute, ce dernier point qui est et sera le plus difficile !

 

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L'économique est le domaine de l'organisation des actions et des énergies.

Le politique est le domaine de l'organisation des relations et des règles.

La noétique est le domaine de l'organisation des idées et des modèles.

 

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On ne peut jamais voir la lumière (même faible) que l'on émet.

 

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Rien n'est égal à rien, tout est unique et différent. La dualité est toujours trop simplificatrice. On retrouve la vieille question grecque de la compatibilité entre multiplicité et unité. La solution philosophique est évidente : la multiplicité est unité dans son essence, et l'unité est multiplicité dans sa manifestation.

 

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Le 17/10/2018

 

J'ai l'impression curieuse, arrivant pas à pas en fin de ma vie, que je vais bientôt pouvoir annoncer deux choses aux humains …

Le première est que l'univers physique est désormais totalement compris dans le cadre de ma cosmologie complexe.

La seconde est que cette connaissance est vaine car l'effondrement de l'humanité est pour très bientôt.

Atteindre la Connaissance absolue au moment même de la Mort absolue.

Quelle dérision !

 

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L'humanité est un autobus sur une route qui monte vers des sommets inconnus ; il de plus en plus de monde grimpe à bord, générations après générations ; son moteur s'essouffle du fait que sa technologie a atteint son quasi maximum ; il n'a plus beaucoup d'essence dans son réservoir et il en consomme de plus en plus (mais tant que ça roule …) ; étant usé de partout, il tombe de plus en plus souvent en panne ; ses rouages font de plus en plus de bruit (mais on met la radio de plus en plus fort pour ne pas inquiéter les passagers).

 

Dans ce bus bondé et cahotant, au bord de la panne définitive, 15% des passagers font ce qu'il peuvent pour que le bus continue d'avancer sur sa montée, 60% s'amusent, jouent et écoutent la radio de plus en plus tonitruante et les 25% restant freinent et sabotent le tout, par bêtise, ignorance ou méchanceté.

 

Ce que les passagers ne savent pas, c'est que la destination de l'autobus est totalement inconnue (il faut juste monter !) et qu'il lui est impossible de faire demi-tour sur cette route de plus en plus étroite.

 

Ce qu'on dit pour rassurer les plus inquiets des passagers, c'est qu'on va remplacer le conducteur par un robot vachement intelligent, et qu'on va mettre deux mâts et des voiles sur le toit pour quand il y a du vent (pour économiser l'essence) … bien sûr sans leur dire comment et avec quoi on va pouvoir fabriquer et entretenir le robot, les mâts et les voiles.

On ne leur dit pas non plus que la soute de boîtes de conserve est aussi presque vide et que bientôt, on devra rationner, voire jeûner. Mais tout va bien : la radio diffuse de plus en plus de chansons joyeuses, de gags désopilants et de jeux amusants.

 

Il y a bien eu quelqu'un d'un peu bizarre qui tenta d'expliquer l'absurdité de la situation … Mais il a été bien vite jeté sur le bord de la route. Nul ne sait ce qu'il est devenu, cet oiseau de mauvais augure.

 

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A l'intérieur de ses bassins de stabilité, un système complexe se comporte à peu près comme un système mécanique, avec des réactions linéairement proportionnelles aux sollicitations (la loi classique de la cause et de l'effet) ; mais loin de l'équilibre, hors de ses bassins de stabilité, un tel système bascule vers des comportements totalement non linéaires, imprévisibles, chaotiques et des "effets papillons" en cascade.

Le système écologique, économique et démographique humain est à présent totalement sorti de ses bassins de stabilité.

Les "crises" que nous vivons depuis 1973 en sont les manifestations (pénuries, migrations, climat, …). Et cela ne fait que commencer.

 

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La notion d'efficacité est toujours relative : ceci est plus efficace que cela par rapport à tel critère. Souvent, aujourd'hui, on compare des pommes et des poires sans spécifier le critère de référence. On obtient alors des slogans sans la moindre valeur.

Un exemple : la Norvège vient de décréter que le moteur automobile hybride est "plus efficace" que le moteur thermique. Cela n'est pas vrai ni du point de vue du rendement thermodynamique (du TRE, plus précisément), ni du point de vue de la tare du véhicule, ni du point de vue de la pollution chimique due aux batteries et à leurs effluents, ni du point de vue de la frugalité concernant le lithium et autres matières chimiques impliquées, en voie de raréfaction … cela est vrai concernant la pollution carbonée et la consommation moyenne en ville (mais pas ailleurs : sur longue route la consommation au kilomètre est supérieure).

Alors pourquoi cette stupide décision norvégienne a-t-elle été prise ? Par démagogie ignorante !

 

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La Chine, donc.

D'abord, elle est plurielle et inhomogène, mais paraît "une" du fait de la chape de plomb d'un totalitarisme qui se prétend encore marxiste-léniniste, communiste et/ou maoïste, mais qui n'est plus qu'un retour à l'Empire confucéen autoritaire des temps anciens.

Que ce couvercle vienne à sauter et on verra la Chine éclater.

L'économie chinoise n'est pas si brillante que cela. Des cinq BRICS, elle est la seule à avoir une économie réellement croissante encore aujourd'hui (le Brésil et l'Afrique du sud sont morts, la Russie vit à crédit sur ses hydrocarbures et l'Inde est en plein marasme).

Quant à la Chine, il ne faut pas y prendre les vessies pour des lanternes. La population chinoise vieillit très vite  dans une dramatique pyramide des âges inversée et le pays n'a pas les moyens de financer la retraite de ces hordes de "vieux" qui arrivent. De plus, outre une terrible bulle spéculative immobilière (genre "subprimes", mais en beaucoup plus gros), la Chine possède plus d'un trillion de dollars de bon du trésor américain dont plus personne ne veut et qui vont flamber comme de l'amadou à la prochaine crise financière (dans les 2 ou 3 ans). La corruption y est énorme. Les salaires ont augmenté de telle façon que la Chine n'est plus l'atelier à main-d'œuvre bon marché du monde ; elle sous-traite ces besognes au Vietnam, en Indonésie et au Bengladesh. En revanche, elle décolle du point de vue de la maîtrise des hautes technologies, civiles et militaires (elle possède les plus nombreux et parfois les meilleurs labos de recherche appliquée et écoles d'ingénieur du monde).

Culturellement, la langue chinoise est extrêmement difficile à maîtriser et l'on ne devient jamais Chinois ; aux yeux d'un Chinois éduqué et lettré, un Européen n'est pas loin d'une sorte de sous-homme (d'idiot utile) ; ce Chinois lettré est fondamentalement raciste (moins que le Japonais, mais tout de même …) ; il est parfaitement convaincu de la totale supériorité de sa culture (ce qui, sur certains points, philosophiques et spirituels par exemple, n'est pas faux).

 

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Le 18/10/2018

 

La modernité a besoin de croire en l'infini et refuse l'idée que tout ce qui existe est limité dans toutes les dimensions. L'infini n'existe pas dans le Réel. Sous aucune forme … Et cela est inacceptable pour l'idéalisme moderne.

Jusqu'en 1973 (première crise pétrolière majeure), il a voulu croire en l'infinité des stocks de ressources. Il a déchanté (sauf quelques arriérés malheureusement encore au pouvoir).

Depuis, il s'est mis à croire en l'infinité des rendements et, donc, des "miracles" technologiques. Il devra déchanté beaucoup plus vite !

 

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Faire de l'argent et produire de la valeur, ce n'est pas du tout la même chose.

Ainsi, les firmes du numérique ludique (FaceBook, Netflix, Instagram, Snapchat, les jeux vidéos, Amazon, e.Booking, Tripadvisor, Rb&b, Google, Apple, …) font de l'argent, parfois beaucoup, mais ne produisent aucune valeur.

 

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De mon ami Greg Guzzo :

 

"C'est parce que la vitesse de la lumière

est de beaucoup supérieure à la vitesse du son

que certains ont l'air brillant

avant d'avoir l'air con."

 

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Le 19/10/2018

 

En ce qui concerne les ressources en général et l'énergie en particulier, plus le rendement d'exploitation (dont le TRE est un aspect) est faible, plus il faut détruire vite et beaucoup pour produire de moins en moins. On peut évidemment choisir cette voie court-termiste et, donc, aller d'autant plus vite dans le mur. Ce dilemme est vieux comme le monde … et la comptabilité : que faut-il privilégier, le revenu immédiat (la production de plus en plus écologiquement coûteuse de ressources et d'énergie utilisées pour nos caprices) ou le patrimoine (préserver le peu de stocks qui reste et les processus de renouvellement naturel, avec comme conséquence de consommer le moins possible pour assurer la viabilité du monde humain sur le plus long terme).

Aujourd'hui, comme le font les grosses entreprises cotées en bourse qui s'endettent - donc détruisent leur bilan/patrimoine - pour payer des dividendes/revenus plantureux à leurs actionnaires -, nous détruisons notre patrimoine mondial pour consommer trop et inutilement.

 

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En Europe, le basculement d'une logique de patrimoine et de thésaurisation (donc d'enrichissement), vers une logique de revenu et de consommation (donc d'endettement), a commencé au début des années 1960 (ce fut dix ans plus tôt aux USA) et il s'est bigrement accéléré dans les années 1980 (les crises des années 1970 avaient un peu "refroidi" le mouvement) pour atteindre des sommets suicidaires aujourd'hui (même si une minuscule frange intelligente de la population mondiale commence à se poser les bonnes questions …).

Nous vivons très largement au-dessus de nos moyens. La sagesse ancestrale dirait que "nous brûlons la chandelle par les deux bouts".

 

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Ce qui est aléatoire est dépourvu de cohérence.

L'ordre et le hasard sont mutuellement exclusifs.

Si le hasard est le moteur de l'évolution cosmique, il ne peut y avoir d'ordre.

Or, il y a de l'ordre. Donc il n'y a pas (ou peu) de hasard.

Et s'il n'y a pas que du hasard, alors il y a de l'antihasard, c'est-à-dire de l'intention.

 

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La vraie Vie est cosmique ; elle unit tout ce qui est vivant et tout ce qui est vivant, n'est qu'une manifestation locale et temporaire de cette Vie cosmique.

Les stoïciens appelaient cela l'hylozoïsme …

 

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De Barack Obama :

 

"Je pense que le peuple américain a été, et continue d'être, si concentré sur notre économie, nos emplois et la croissance, que, si le message est quelque part d'ignorer les emplois et la croissance simplement pour traiter la question climatique, je ne pense pas que quiconque s'engagera dans cette voie. Moi, je ne m'y engagerai pas."

 

Voilà donc la position suicidaire du lobotomisé américain de base : mieux vaut mourir riche que vivre frugal, c'est-à-dire prôner la destruction massive et accélérée du patrimoine pour financer le maintien, voire la croissance, des revenus d'incultes acéphales, drogués de jeux et de hamburgers.

Il y a, aujourd'hui, au moins cinq milliards et demi d'animaux humains en trop sur cette pauvre Terre assassinée qui ne peut qu'en porter durablement que deux milliards au maximum. Il n'est pas difficile de les reconnaître, ces suicidaires, et de savoir qui ils sont.

 

L'affaire est close …

L'effondrement - puisque c'est désormais le nom consacré - du système monde-humanité-modernité est une certitude acquise.

L'échéance vraisemblable se situe vers 2100, mais le déclencheur probable (une profonde crise irréversible du système financier mondial) va commencer son œuvre dévastatrice dans les deux ou trois ans qui viennent.

La seule issue contre la disparition pure et simple des animaux humains de la planète Terre, est un changement radical de paradigme.

Celui-ci tient en une phrase simple qui couvre un processus difficile et complexe : renoncer aux richesses matérielles extérieures et développer des richesses spirituelles intérieures.

 

Dans "Par-delà bien et mal", Nietzsche affirmait déjà :

 

"Il faut que de nouveaux êtres se forment."

 

Et je reviens à ma conviction profonde : l'humanité resta dans l'enfance jusqu'à la période axiale du 6ème siècle avant l'ère vulgaire (cfr. Karl Jaspers). A ce moment, du moins en Europe et en Asie, elle entra en adolescence, c'est-à-dire dans l'âge de tous les orgueils, de tous les idéalismes et idéaux, de toutes les utopies religieuses, idéologiques et philosophiques, de toutes les illusions, de tous les caprices, etc …

L'âge de l'adolescence humaine se termine enfin (sauf, visiblement, aux Etats-Unis …). L'homme est devant ce choix terrible entre devenir adulte ou se suicider.

On en est précisément là.

 

La masse des animaux humains est-elle capable de devenir adulte ? Voilà la seule vraie question que pose notre époque …

Si l'on en croit le constat statistique des 15% de gens capables de passer le cap d'un changement de paradigme, cela donne un peu plus d'un milliard d'humains sur les sept milliards et demi actuels. Comment ce milliard, sur lequel repose tout l'avenir éventuel de l'humanité, pourra-t-il éviter d'être entrainer dans le suicide collectif des autres six milliards et demi ? Voilà la suite de la seule vraie question de notre époque …

 

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Dans la sphère humaine, il n'y a pas de vérité. Il n'y a que des croyances et la qualité d'un corpus de croyances se mesure à sa cohérence et à son efficience. Cela a déjà été dit. Mais il faut interroger ces deux critères de cohérence et d'efficience. Si le paradigme (l'autre nom d'un corpus de croyances) est incohérent, il va entraîner des dilemmes, des écartèlements, de conflits, des déchirures et, donc, des souffrances. S'il n'est pas efficient, il ne pourra pas résoudre les problèmes et questions que la vie pose, et il en résultera des indécisions, des doutes, des risques, des inconforts et, donc, des souffrances.

On le comprend enfin, ces deux critères visent à maximiser la joie de vivre, la joie étant l'antithèse de la souffrance.

Et il faut ajouter ceci : plus un paradigme est cohérent et efficient dans la durée, plus il est en convergence avec la réalité du Réel. On peut alors reparler de "vérité".

 

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De Claude Lelouch :

 

"Pour ceux qui croient en Dieu, je pense que la musique est sa représentante.

Elle convoque cette part d’irrationnel que nous avons en chacun de nous.

Contrairement à l’intelligence qui possède des limites, elle répond à toutes les questions."

 

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Le 20/10/2018

 

De Jiddu Krishnamurti :

 

"Vivre demande en fait beaucoup d'amour, un fort penchant pour le silence, une grande simplicité, énormément d'expérience ; il faut avoir un esprit capable de penser de manière très lucide, et qui ne soit pas sous le joug des préjugés ou des superstitions, de l'espoir ou de la peur."

 

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Dans le vocabulaire de la philosophie moderne, art est devenu synonyme de création et artiste est devenu synonyme de créateur, donc de générateur de nouveauté, d'originalité.

Ce n'est pourtant pas le sens du mot latin ars qui renvoie au grec technê.

Si l'on veut être cohérent avec ces étymologies, il faut postuler que l'art est l'ensemble de toutes les techniques qui permettent d'engendrer ou de faire émerger quelque chose de neuf, d'original.

L'art est technique d'engendrement.

L'art (latin) et la technique (grec) sont ainsi synonymes et ne s'appliquent pas seulement à l'engendrement du neuf et de l'original. On peut alors parler d'art de vivre, d'art d'apprendre, d'art d'aimer (comme Ovide) qui ne font pas nécessairement appel à de la création, à du neuf ou de l'original.

En revanche, cette idée de l'art pointe vers l'idée de virtuosité : l'artiste est le virtuose qui maîtrise parfaitement son art, c'est-à-dire sa technique.

Ainsi se réconcilie, comme avant la Renaissance, les notions d'artiste et d'artisan.

Les "beaux arts" ou les "arts plastiques" ne sont plus alors que des techniques parmi beaucoup d'autres qui, comme toutes, appellent à une maîtrise et à une virtuosité du meilleur niveau (ce qui n'est plus du tout le cas avec les "arts contemporains" qui, au contraire, rejettent la technicité et la virtuosité au profit du hasard, de la spontanéité, de l'immédiateté, etc …).

La mort de la modernité remet en selle cette acception ancienne de l'art comme virtuosité technique, puisque commence un ère néo-artisanale appelant le développement de toutes les virtuosités et excellences au sens compagnonnique de ces termes.

 

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L'art de la perfection minimaliste …

 

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La modernité, en toute cohérence avec elle-même, avait réduit la notion d'art au seuls "beaux arts", aux activités de l'artificiel et de l'inutile, de l'esthétique "libérée" de toute considération utilitaire. Ce qui est utile (artisanal) est "vulgaire", ce qui est inutile (artistique) est "noble".

Il est très symptomatique de l'idéalisme moderne, de ne considérer comme artiste que quelqu'un vivant au-dessus des contingences du monde réel, évoluant dans les hautes sphères éthérées de la "création pure".

Cette haine du Réel est, sans doute, le signe le plus distinctif de la modernité.

 

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Ce qui est admirable, ce n'est pas l'objet ou le trajet, c'est la virtuosité qui est inscrite dans cet objet ou ce trajet.

Telle est la signification queje donne au mot "esthétique".

L'esthétique, c'est cette sensibilité (aïsthêsis, en grec) à la virtuosité qu'elle soit celle d'un homme ou celle de la Nature, celle d'une main ou celle de l'Esprit.

 

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D'urgence, il faut cultiver l'esprit de virtuosité.

 

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La virtuosité culmine dans le Sacré dès lors que le virtuose est inspiré et induit une extase mystique.

 

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L'homme est un poète qui se prend pour un ingénieur.

 

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Le fond de la grande névrose de la modernité se niche au cœur de la dualité factice et artificielle entre le Sujet et l'Objet. Dès lors que cette dualité est posée, s'en découle toute une série de conséquences désastreuses :

  • Le Sujet est autre que l'Objet et ne participe donc pas du même Tout.
  • Le Sujet rejette sa subjectivité et part en quête d'une chimérique objectivité qu'il nomme "la vérité".
  • Le Sujet veut assujettir l'Objet.
  • Le Sujet s'interdit la connaissance de l'Objet en lui-même au prétexte de la distance infranchissable qui l'en sépare (Kant).
  • Le Sujet a conscience de l'Objet alors que l'Objet ne peut pas avoir conscience du Sujet.
  • Etc …

La pensée romantique avait commencé de rejeter cette dualité factice et de réunifier le Sujet apparent et l'Objet apparent comme deux manifestations d'une seule et même réalité unitaire et vivante.

Le binaire Esprit (Sujet) et Matière (Objet), devient ternaire : Matière, Vie et Esprit, comme trois modalités complémentaires d'expression et d'évolution de l'unité réelle sous-jacente.

 

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Il faut éradiquer la dualité Sujet-Objet et penser la vie et le monde en termes d'une bipolarité Projet-Trajet.

 

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Tout ce qui existe est la trace d'un Trajet poussé par un Projet.

Il n'y a ni Objet, ni Sujet ; il n'y a que des traces et des acteurs d'un même Projet.

De plus, tout Trajet qui se trace ici-et-maintenant, résulte d'une dialectique entre le Projet et le Déjà-là (lui-même accumulation intriquée de toutes les traces antérieures).

 

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La réalité dernière et ultime du Cosmos est d'être un Projet qui n'a d'autre source que lui-même et d'autre but que son propre accomplissement.

C'est ce Projet que l'on a appelé, faute de mieux, Dieu, Logos, Esprit, etc …

 

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Le "je" - l'idée d'ego - est un des rejetons de l'idée d'atome autonome et immuable, dernier refuge abdéritain de l'Être parménidien face au Devenir héraclitéen.

Mais l'idée d'ego n'est pas le seul de ces infâmes rejetons ; il y a aussi l'idée de Nation (ou, ce qui revient au même, d'Etat) qui pose l'évolution du monde humain comme la résultante d'un jeu d'influences, d'alliances ou de conflits entre des entités atomistiques (autonomes et immuables) incarnées dans des Etats souverains (qui sont "l'Être" des peuples, puisque Etat et Être ont même étymologie).

Il n'est pas possible de faire plus stupide !

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Nous avons besoin d'unités pour pouvoir compter : ce n'est pas une raison pour admettre qu'il existe de telles unités."

 

Dans le Réel, il n'y a aucun atome, il n'y a aucune monade, il n'y a pas d'Être.

Il n'y a aucun infini.

Le Réel est seul Un et pur Devenir.

Le Réel est un continuum dans toutes ces dimensions, mais un continuum fini, limité, fermé : un objet fractal possédant une grand nombre de dimensions, évoluant constamment vers son plein accomplissement dans chacune de ces dimensions (l'expansion de l'univers, par exemple, exprime la quête de son plein accomplissement spatial ; l'émergence de complexes, celle de son plein accomplissement eidétique ; etc …).

 

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L'homme : "un conglomérat complexe de pulsions et d'affects" (Patrick Wotling).

 

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La liberté, ce n'est pas l'absence de contraintes ; le liberté, c'est l'assomption et la sublimation des contraintes au service du Projet.

 

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L'humanisme a fait de l'homme son propre Projet. Cela aboutit à la destruction cataclysmique de tout ce qui n'est pas l'homme, y compris de beaucoup d'humains.

Il est temps, dans le cadre de l'actuel changement de paradigme, de redéfinir le Projet de l'homme, au-delà de lui-même. L'homme, doit se mettre au service d'un Projet que le dépasse. Lequel ?

Je n'en vois qu'un : l'évolution du Réel vers sa propre plénitude, autrement dit : au service de la Vie qui est déjà là, et de l'Esprit qui est en émergence, au service de la Nature et de la Culture.

 

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Il ne faut plus dire "ma vie" ou "mon esprit" ; il faut dire la Vie et l'Esprit qui tentent de s'accomplir au sein de ce processus local et éphémère que l'on appelle "moi", par commodité.

 

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La consanguinité sémantique entre "chose" (res) et "cause" (causa) est plus que troublante.

La chose est ce qui est causé ; elle est un produit, une production, une fabrication.

 

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Le côté lumineux de la "volonté de puissance" exalte le développement de potentialités, de virtuosités, de capacités que l'on cultive non pas pour asservir, mais pour servir.

Le côté obscur de cette "volonté de puissance" exacerbe le Sujet face au monde qu'il veut dominer et assujettir, dans une élan infâme d'orgueil et de fatuité.

 

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La poésie est l'art - donc la technique virtuose - du jeu avec des mots afin de dire de l'indicible et du sublime.

 

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Il ne peut y avoir de philosophie de l'avenir sans pratique obstinée de l'inactualité.

Celle-ci s'oppose, vigoureusement, tant à l'actualité (l'écume des événements) qu'à la conformité (la bien-pensance et le "camp du bien").

C'est bien dans cet état d'esprit ("l'esprit libre") que Nietzsche pense ses "Considérations inactuelles" (son premier ouvrage, selon ses propres dires).

 

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Il faut veiller à ne pas confondre "inactualité" (s'abstraire du présent) et "intemporalité" (s'abstraire du temps).

 

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Le mot "culture" a totalement été dénaturé par la pauvreté d'esprit de notre époque qui parle de "culture générale" pour parler de savoirs approximatifs, de "manifestation culturelle" pour parler de spectacles populaires ou d'événements vaguement artistiques, de "rubrique culturelle" pour parler de musique pop ou rap, de bandes dessinées ou de romans de gare.

Il n'y a pas de culture dans ce fatras, seulement des amusements pour cerveaux faibles ou fainéants.

 

La Culture (mettons une majuscule pour bien distinguer) consiste en l'ensemble des activités intellectuelles et spirituelles qui "cultivent" (au sens de labeur et de labour) l'Esprit, comme un paysan cultive son champ, son potager ou son verger.

 

La Culture vise à faire émerger l'Esprit du (si pauvre) terreau humain.

Il faut pour ce faire de bons outils (sensibilité, mémoire, intelligence, volonté et conscience), de bons engrais (des livres philosophiques, scientifiques et spirituels), de bonnes graines (quelques bonnes idées héritées de la tradition), de bonnes techniques (des langages, méthodes et modèles bien enseignés et bien intégrés) et … beaucoup de travail éreintant.

 

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La médiocrité est le signe du rejet et du refus de l'accomplissement.

 

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Si la notion de peuple se rattache à l'idée d'un Etat, alors ce peuple n'est qu'une kyrielle d'assujettis de natures divergentes.

Un peuple doit être le croisement d'une généalogie (une mémoire commune), d'une axiologie (des valeurs et des grilles de lecture communes), d'une écologie (des enracinements dans un terroir commun de ressources matérielles ou immatérielles), d'un métabolisme (une manière commune de vivre et de se comporter) et, surtout, d'une téléologie (un projet commun, viable et durable).

En ce sens, on peut parler d'un peuple juif ou breton, arménien ou corse, mais on ne peut parler ni d'un peuple français, ni d'un peuple palestinien qui ne sont que des artifices politiques.

 

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Le 21/10/2018

 

Dans un univers déterministe, comme celui de Laplace ou d'Einstein, toutes les trajectoires des systèmes dans l'espace des états sont des fonctions continues et continument dérivables.

Mais l'univers réel n'est pas un univers déterministe ; il est un univers constructiviste, ce qui implique que certains paramètres qui le caractérisent - sinon tous - sont susceptibles de sauts quantiques.

 

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De René Desserpillières :

 

"Je panse donc j'essuie."

 

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De Baroukh Spinoza :

 

"Non ridere, non lugere, necque detestari, sed intelligere."

 

("Ne pas rire, ne pas pleurer ni maudire, mais comprendre")

L'esprit de philosophie exige d'éradiquer les émotions qui sont le niveau zéro de la sensibilité.

 

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Quelle erreur de confondre légèreté et frivolité.

La frivolité est une forme de paresse qui s'abandonne à la distraction et à l'amusement ; elle est détestable.

La légèreté, tout au contraire, est difficile et demande bien des efforts car elle cultive ce qu'il y a de plus ardu : la simplicité et la frugalité.

Elle tend vers une sorte de minimalisme d'une fécondité inouïe, alliant concision, précision, sublimité, vivacité, candeur (qu'il ne faut pas confondre avec naïveté), spontanéité, authenticité, etc …

 

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L'intuitivité crée. La rationalité valide.

 

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La vie est cheminement ; elle n'a aucune destination.

L'éthique désirerait seulement que ce cheminement soit le plus riche et le plus beau possible.

Aucun chemin ne lui est tracé, mais le paysage a du relief et y pose ses pièges et ses obstacles.

Beaucoup s'assoient et s'assoupissent, ou tournent en rond autour de leur piquet.

Certains préfèrent la montée vers les cimes, certains préfèrent la descente vers les vallées.

Quelques uns tracent des cartes et des routes. D'autres herborisent ou oisèlent. On regarde le Ciel ou la Terre. Ou l'on ne regarde rien d'autre que ses propres pieds.

 

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La vérité est inhumaine. Comme l'éternité ou l'infinité. Comme le néant.

 

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L'idéalisme, parce qu'il hait le Réel, hait aussi la Vie. Il n'aime que ce qui est immuable … c'est-à-dire mort.

L'idéalisme est l'amour des momies pétrifiées.

L'idéalisme construit un univers d'idoles de marbre et d'airain.

 

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La joie n'est ni le plaisir (l'excitation de la jouissance), ni le bonheur (la chance qui sourit) ; elle se méfie de l'euphorie (le "bien se porter" tonitruant) ; elle n'est pas non plus l'enjouement (tendance à tout faire par jeu) ; mais elle nourrit bien la gaieté (tendance à la bonne humeur) et l'alacrité (tendance à la bonne vitalité) ; elle peut être allégresse (la joie qui se montre) ou liesse (la joie qui se partage).

 

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Un belle expression nietzschéenne : "La vie, moyen de connaissance"

Vivre pour connaître. Connaître pour vivre. Naître avec la Vie.

Non pas les savoirs pétrifiés des savants scientistes et érudits …

Le "Gai Savoir", plutôt … Sans illusion de vérité, mais avec une éthique de véracité (chercher le vrai pour soi, ici et maintenant) et de véridicité (dire et faire ce qui est vrai pour soi, ici et maintenant).

 

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Il est impérieux de passer de l'existence à la Vie !

 

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Cultiver la syntonie (c'est-à-dire la résonance harmonique) à l'intérieur de soi (avec le Divin) et à l'extérieur de soi (avec la Nature).

 

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La philosophie s'est bien trop peu intéressée aux processus initiatiques comme processus de connaissance non pas irrationnels, mais bien transrationnels, utilisant des rites et symboles à interpréter plutôt que des doctrines et concepts à comprendre.

Il y aurait sans doute une belle étude à faire sur la "philosophie initiatique".

Une philosophie du cheminement …

 

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L'idée d'une hiérarchie (échelle) des valeurs est intéressante …

Les valeurs, en tant que conditions des accomplissements, ne se posent pas toutes au même niveau d'efficience. Pour chacun, ici et maintenant, une telle hiérarchie des efficiences est un truisme. Mais peut-on étendre le concept aux autres humains, dans l'étendue et la durée ?

La Joie me parait une bien meilleure candidate pour accéder au niveau suprême de cette échelle des efficiences, que l'idée de Bien, chère au platonisme, ou celle de Vérité, chère au christianisme ("En vérité, je vous le dis …").

 

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L'égalité est un concept faux qu'il faut rejeter de partout : rien n'est jamais l'égal de rien puisque tout est unique et différent.

Mais ce rejet radical de toute égalité (et, par conséquent, de tout égalitarisme), implique-t-il nécessairement la hiérarchie, la domination et l'obéissance, l'assujettissement, voire l'asservissement, de l'inférieur par le supérieur ?

Notre époque est au cœur de cette question car elle rejette autant et avec raison, l'égalitarisme que le hiérarchisme. Existe-t-il une troisième voie qui puisse être cohérente et efficiente, et qui ne soit ni indifférentisme, ni nihilisme, ni individualisme ?

Il faut fonder un nouvel aristocratisme !

Un aristocratisme qui ne soit pas contre les masses, mais bien au-delà des masses. Un aristocratisme qui ne soit ni du sang, ni de la fortune, mais bien un aristocratisme de l'Esprit.

Les masses n'ont nul besoin d'être asservie par un quelconque "maître" ; elles pratiquent très bien toutes seules la "servitude volontaire". C'est d'ailleurs à cela qu'on les reconnaît.

Les masses sont esclaves d'elles-mêmes ; laissons-les.

Une aristocratie se définit par le simple fait que, contrairement au vulgaire, elle ne se met pas au service d'elle-même, mais bien au service de ce qui la dépasse de très haut, bien au-delà de l'humain, trop humain : en l'occurrence, l'Esprit !

L'aristocratie de l'Esprit a mission de définir et de formuler la raison d'être de l'homme, son "pour quoi", d'en déterminer la vocation afin de lui donner sens et valeur.

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"C'est notre vocation qui dispose de nous,

même quand nous ne la connaissons pas encore (…)."

 

Thèse spinozienne, s'il en est !

 

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Celui qui a besoin de certitude sera le premier à s'asservir.

Dialectique de la sécurité et de la liberté, de la dépendance et de l'autonomie.

 

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Il est un impératif catégorique qui meut tout ce qui existe : l'accomplissement en plénitude (la "volonté de puissance"). Il faut donc que tout y obéisse au risque, sinon, de souffrance ou d'éradication.

En cela, et en cela seulement, la Vie est totale obéissance. Mais une obéissance joyeuse (Amor fati) que la Joie récompense à chaque pas. Un obéissance libre qui, à chaque pas, choisit son chemin vers l'accomplissement.

Avec l'humanisme, depuis Socrate, l'homme s'est obstiné à s'accomplir lui-même au détriment de ce qui l'entoure et qui le nourrit. Cette erreur est funeste et met, aujourd'hui, la tête de l'humanité sur le billot de la hache de l'histoire des mondes. Il est temps que l'homme comprenne qu'il ne pourra s'accomplir lui-même, qu'en mettant tous ses efforts au service de l'accomplissement de ce qui le dépasse radicalement : la Vie et l'Esprit.

La partie doit se mettre au service du Tout ; et jamais l'inverse ! A force de l'avoir oublié depuis près de trois mille ans, l'humanité est désormais en très grand danger.

 

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Exemple d'application du principe : "la partie doit se mettre au service du Tout".

L'individu devrait, à en croire ce principe, se mettre au service de la société et, ainsi, donner raison aux socialo-gauchismes.

Mais ce même principe se retourne immédiatement contre ces idéologies en ceci que nulle part - et bien au contraire -, elles n'exigent que la société humaine ou l'humanité ne se mettent au service du Divin qui les englobe et les transcende.

Dans ce cas, il est impérieux que l'individu aristocratique se mette directement lui-même au service du Divin, sans passer par l'intermédiation dénaturée et faussée des sociétés ou humanité anthropocentrées.

 

 

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Je me mettrai totalement au service de l'humanité lorsque l'humanité se mettra totalement au service de la Vie et de l'Esprit, du Sacré et du Divin.

On en est diablement loin !

 

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Le 22/10/2018

 

Lors de la guerre de Kippour, alors que j'étais militaire à Tsahal, un de mes officiers disait parfois : "Un soldat qui a des états d'âme, est déjà mort !". Et pourtant la peur était souvent palpable. Et la tristesse aussi … Mais on a toujours peur ou l'on est toujours triste avant coup ou après coup, jamais pendant l'action même. Les émotions ne taraudent le moral que si on leur le permet et que si on leur en donne le temps.

 

Aujourd'hui, dans les mondes de l'entreprise, on voit s'installer une mode de  l'émotionnel, du partage permanent des états d'âme. Toute réunion vire quasi systématiquement à la psychothérapie de groupe. Sans parler des grand' messes de communions extatiques dont le Révérend Moon et les télévangélistes américains avaient fait leur fonds de commerce.

 

Et pourtant, depuis près de trois mille ans, les philosophes ne font que dénoncer la dangerosité des émotions. Car l'émotion n'est que le degré zéro de la sensibilité. Son niveau reptilien. Les épicuriens prônaient l'apatheïa (l'absence de souffrance et de sentiment) alors que les stoïciens, eux, promouvaient l'ataraxia (l'absence de trouble et d'émotion). Pour leur donner raison, il suffit d'observer les débordements - quasi bestiaux - d'exaltations, de délires, de vociférations, d'embrassades des supporters lors des matches de football.

En ce sens, les stades sont les plus grands laboratoires d'étude de la médiocrité humaine.

 

Mais revenons aux mondes de l'entreprise et du management. Je pense que l'on y vit une forme d'euphorisation émotionnelle très dangereuse. En effet, une guerre économique mondiale a été déclenchée tant par les Etats-Unis que par la Chine, relayée par la Russie, l'Arabie Saoudite et l'Iran. Dans cette guerre, l'Europe a choisi, faute de réelle fédération supranationale, de s'offrir en tant que champ de bataille plus que d'opposer une réelle armée (qui pourrait, pourtant, être la plus puissante du monde).

Nos entreprises sont en guerre. Nos managers en sont les soldats. Bientôt, dans les deux à trois ans au plus tard, un effondrement du système financier mondial va enclencher la plus grande bataille économique de l'histoire. Les pertes seront lourdes et les faillites nombreuses.

 

Je pense que nos entreprises et managers, inconsciemment, sentent tout cela, mais ils refusent obstinément de l'objectiver. Alors, ils s'enivrent de bons sentiments, de "peace and love", d'empathie et d'écoute, de "partages" et "échanges", de communions émotionnelles aussi vaines que superficielles. Tout cela ressemble à de la prophylaxie psychologique digne du café du commerce. On fait du psy. On psychote. On pratique - c'est à la mode surtout sur FesseBouc - la rencontre entre exhibitionnisme et voyeurisme.

On s'aime. On se papouille. L'heure est à l'euphorie conviviale rebaptisée "humanisme".

L'heure est à l'étalage des états d'âme.

 

Mais répétons-le : " Un soldat qui a des états d'âme, est déjà mort !". Et nous sommes déjà en guerre …

 

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Spirituellement, qui suis-je ?

Je suis un moniste radical (ce qui n'exclut nullement ni le sens du Sacré, ni le sens du Divin) et récuse radicalement tous les théismes qui affichent un Dieu personnel extérieur à l'univers : je suis, ainsi, un moniste antithéiste.

Je précise : je me sens (comme beaucoup de kabbalistes et comme Spinoza ou Einstein) panenthéiste.

Ce panenthéisme est le cœur de toutes les grandes traditions spirituelles orientales (hindouisme, taoïsme, shintoïsme, bouddhisme, …). Mais il alimente aussi cette partie-ci du monde au travers du kabbalisme juif, du druidisme celte, du stoïcisme grec, de l'hésychasme orthodoxe et du soufisme musulman.

Même la tradition catholique, à travers certains de ses mystiques - d'ailleurs tous condamnés par le Vatican - connait aussi une filière panenthéiste qui va de Jean Scot Erigène et Eckhart d''Hochheim, à Pierre Teilhard de Chardin.

 

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Sur le problème de la liberté, il faut pointer deux déterminismes : le déterminisme extérieur (celui du champ de contraintes imposé par la réalité du monde où l'on vit : la localité) et le déterminisme intérieur (celui du champ de contraintes imposé par la réalité du vécu antérieur et des héritages personnels : la personnalité).

Ces deux déterminismes jouent de concert et parfois convergent pour éliminer toute forme de libre arbitre (il n'y a alors plus de choix) ; mais souvent, heureusement, ils divergent et s'annulent mutuellement, ouvrant ainsi un espace d'indétermination où une liberté - toute relative - peut s'exprimer par des choix. C'est ce mince espace ouvert qui constitue le champ de l'éthique personnelle (et, par congruence, celui de la morale collective).

Il me semble évident que plus l'intériorité est puissante et riche, plus la capacité à neutraliser la détermination externe est grande et plus l'espace de liberté s'accroît.

 

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Je suis en total désaccord avec cet idéalisme néo-pythagoricien ou néo-platonicien d'un Dieu mathématique source et substrat immatériel du Tout-Un (comme le défendent des mathématiciens comme Alain Connes ou Max Tegmark).

Dans le même sens qu'eux, je pense que le temps, l'espace, la matière et la forme sont des produits (des émanations, dirait la Kabbale) et non des fondamentaux premiers. Mais je pense que c'est également le cas pour les lois de la physique (dont les formulations dans le langage mathématique - qui n'est qu'un langage humain conventionnel - sont plus qu'approximatives et souvent inadéquates).

Pour moi, le fondement premier du Tout de ce qui existe est spirituel et se manifeste sous la forme d'une intention éternelle et immanente qui pousse tout ce qui existe, à s'accomplir en plénitude, de manière optimale (c'est là qu'interviennent les mathématiques pour tenter d'approcher cette notion d'optimalité). Au Dieu-mathématisant, j'opposerai un Dieu-vivant (organique et désirant : un arbre majestueux qui pousse à la conquête de sa sublimité) : comme un tension immanente qui pousse tout à conquérir tous les possibles qui s'ouvrent, par émergences successives. L'univers est, en tout, poussé par trois propensions fondamentales (trois sèves) qui s'entre-régulent (c'est ici que s'ancre la notion cruciale d'optimalité) : celle qui vise la conquête du volume (la spatialité) : l'expansion de l'univers ; celle qui vise la conquête de la forme (l'organisation) : la complexification de l'univers ; et celle qui vise la conquête de la cohérence (l'harmonie) : la cohésion de l'univers.

 

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Comme, dans l'univers, aucun signal matériel ne peut dépasser la célérité du vide c, tout s'y propage de proche en proche faisant ainsi de l'univers un vaste ensemble d'archipels galactiques faits d'îlots stellaires, tous interconnectés, mais largement autonomes.

 

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La physique du 20ème siècle, confrontée aux contradictions flagrantes entre ses modèles hérités du mécanicisme, et les données de l'expérience, a été contrainte de formuler des hypothèses de plus en plus abracadabrantesques pour sauver ses modèles de l'effondrement.

Mais la plus monstrueuse de ces hypothèses est celle des "multivers" (dans sa formulation "forte") qui postule l'existence de plusieurs univers indépendants parallèles dont chacun serait construit sur un ensemble différent de constantes cosmologiques.

Le fond du problème est lié au principe anthropique : comment se fait-il que notre univers soit si finement réglé par les "bonnes" constantes cosmologiques qu'il soit capable de produire de la complexité au point de déboucher sur un homme capable d'observer, de penser, de comprendre et de modéliser ledit univers ?

La réponse à cette "énigme" métaphysique est d'une simplicité enfantine : les constantes cosmologiques ne sont pas des données a-priori, mais des variables d'ajustement qui, progressivement, ont pris leur valeur optimale sous la poussée du principe d'accomplissement (expansion optimale, complexification optimale et cohésion optimale). Il en va de même des "lois de la physique" qui sont des "recettes" (des heuristiques) qui ont bien fonctionné et qui, progressivement, sont devenues des règles de base.

L'univers est constructiviste c'est dire qu'il est un organisme vivant qui se crée progressivement et qui, se créant, met au point ses propres outils d'accomplissement optimal.

 

Une autre formulation de l'hypothèse des multivers est tout aussi farfelue et est due à Everett afin d'expliquer la coexistence (supposée) d'états quantiques simultanés tant que la mesure n'est pas faite (c'est la conséquence du pseudo paradoxe du chat de Schrödinger). Ce pseudo paradoxe n'est que la conséquence d'une interprétation particulière (et fausse) du formalisme quantique.

Le problème naît de cette idée erronée que c'est la mesure de l'état du système qui induit cet état : tant qu'aucune mesure n'est faite, l'état du système serait multiple et indécis. L'exemple souvent utilisé est celui du photon qui "choisirait" de se montrer "onde" si l'on fait un expérience de diffraction, et qui "choisirait" de se montrer "particule" si l'on fait une expérience d'effet photoélectrique.

Le paradoxe se résout immédiatement dès lors que l'on accepte que le photon, comme tout ce qui existe, possède à la fois les deux aspects (et bien d'autres) qu'il synthétise ; avec la conséquence que, bien sûr, une expérience de nature ondulatoire en révélera l'aspect ondulatoire et qu'une expérience de nature corpusculaire en révélera l'aspect corpusculaire.

Si je mets un filtre bleu sur mes lunettes, je verrais tout en bleu ; avec un filtre rouge, je verrais tout en rouge. Mais quel que soit le filtre que j'utilise, cela n'empêchera nullement les objets réels d'avoir leurs propres couleurs et d'être multicolores, ni tout bleu, ni tout rouge.

Chaque catégorie d'expériences agit de même, comme un filtre s'appliquant aux aspects eidétiques et holistiques des systèmes étudiés, dans le cadre de leur spatialité volumique.

 

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La lecture candide des textes, sans pré-interprétation, sans pré-jugement, est très difficile. Voire quasi impossible. Mais est-ce si grave ? Lorsque je lis un livre, ce qu'a vraiment voulu dire son auteur m'indiffère assez ; ce qui m'intéresse, c'est ce que ce livre me dit, ce qu'il me suggère, comment il me nourrit.

Pour moi, un bon livre est un livre qui me fait écrire plus que je ne le lis.

 

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Au fond, toutes les activités spirituelles, intellectuelles et culturelles ne prennent sens et valeur que comme contributions au service d'un seul projet simple, mais crucial afin de vivre en Joie : la cohérence et l'efficience de l'existence personnelle au service de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit.

 

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Le scepticisme a raison d'estimer la "vérité" dubitative et hors de portée, et à ne voir que des opinions, des modèles, des croyances et des interprétations toutes relatives.

Le scepticisme a tort lorsque, fort de sa raison, il prône le désengagement, la suspension de jugement, la prise de distance et le retrait du Réel ; il devient, alors, avec tous les revers de celui-ci, comme un idéalisme à rebours.

Ainsi de l'agnosticisme qui, fort de sa conviction que rien de spirituel n'est certain, affirme l'absurdité du cheminement.

 

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Il est inutile de connaître le Bien pour chercher le mieux.

 

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Ce n'est pas parce que le véritablement et absolument Vrai est hors de portée qu'il ne faut pas, sans cesse, chercher à dénoncer et à éliminer le faux (c'est-à-dire l'incohérence et l'inefficience).

 

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Je ne suis pas altruiste (ni égoïste). Je crois que la charité affaiblit les faibles. Et qu'elle favorise la mendicité et le parasitisme qui s'opposent à la dignité humaine. Ce qui est gratuit ne vaut rien et le don est vite perçu comme un dû. La pitié est un sentiment chrétien que je ne connais pas. La pitié induit le ressentiment. Je suis et reste nietzschéen. De plus, la générosité ne passe jamais par le don d'argent. Cet argent, pour 80% est détourné ou gaspillé. Il faut que les gens et les peuples apprennent à devenir autonomes et à se prendre en main eux-mêmes, et cessent de croire que la solution à leurs problèmes doit nécessairement venir de l'extérieur. Au lieu de faire des gosses à tour de bras, ceux qu'on appelle les "démunis" peuvent comprendre qu'ils doivent se construire eux-mêmes, de l'intérieur, comme l'ont fait tous les autres peuples qui furent, naguère, aussi démunis qu'eux, sans ONG ou fonds d'aide. La liberté et la dignité ont un prix que chacun a à payer pour lui-même. La liberté et la dignité ne s'achètent pas avec de l'argent ; elles se construisent avec de la volonté et du courage.

 

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Le 23/10/2018

 

Quand les comptables y font la loi, l'entreprise est morte.

 

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Elever l'homme vers le Réel et non plus abaisser le Réel vers l'homme.

Antihumanisme radical !

 

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L'existence doit expérimenter la Vie.

 

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La philosophie classique définit la vérité comme l'atteinte de la connaissance parfaite de l'être-en-soi. Mais il n'y a pas d'être-en-soi puisque tout est en devenir. En ce sens, il ne peut exister aucune vérité puisque celle-ci devrait être figée, immuable, intangible.

En revanche, tout ce qui est en devenir est le terrain d'une logique processuelle en marche, à l'œuvre. Comprendre parfaitement cette logique peut être considéré comme la saisie de la réalité ultime du processus étudié et correspondre à sa vérité. Encore une fois, cette logique intérieure du processus est l'expression de sa cohérence et de son efficience. On peut alors appeler "connaissance véridique", la cohérence et l'efficience du modèle (de l'interprétation du processus) avec la cohérence et l'efficience du processus lui-même. Plutôt que de vérité, vaut-il mieux parler d'adéquation du modèle interprétatif et du processus réel.

 

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D'après Nietzsche, le seul objet de la philosophie est le problème de l'accomplissement de l'homme, du passage de l'humain au surhumain. En éradiquant toute métaphysique (mais aussi en faisant table rase de toutes les philosophies antérieures), Nietzsche s'interdit de dire pour-quoi il faudrait que l'humain se dépasse et s'élève vers le surhumain. Par simple application du principe de la "volonté de puissance" ? Certes, mais pour-quoi faudrait-il l'appliquer ? Pour-quoi ne faudrait-il pas suivre le "dernier des hommes" dans le contentement de sa médiocrité ? Nietzsche, sans cesse, sous-entend implicitement la flèche du temps, le sens de la Vie et le principe d'accomplissement au plan cosmique ; mais, sa peur panique de retrouver le questionnement métaphysique le fait fuir devant la nécessité d'une explicitation de cet implicite. L'anthropocentrisme nietzschéen trouve ici sa limite et appelle  un cosmocentrisme ou un théocentrisme qui ne viendra pas. Zarathoustra se termine sur un échec !

Le Surhumain n'est pas dans l'humain (comme l'arbre est dans la graine), il est au-delà de l'humain (comme la galaxie est au-delà de la planète, tout en la contenant). S'il veut se donner sens et valeur, l'humain doit se mettre au service de ce Surhumain qui est au-delà de lui.

La partie ne prend sens et valeur que par sa contribution au Tout dont elle émane.

 

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L'homme de demain devra être ascétique, c'est-à-dire discipliné (askêsis, en grec, signifie "discipline, exercice, étude"), ce qui implique simplicité, frugalité, intériorité, spiritualité et humilité.

Une forme de monachisme laïcisé … Le monde humain devra devenir un immense monastère nu, dépouillé de toutes les idoles, au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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Par définition, les "valeurs" (dont l'ensemble constitue un paradigme) conditionnent les modes d'accomplissement de l'homme au sein du monde. Lorsque le niveau de qualité de ces "valeurs" baisse et que l'accomplissement de l'homme dans l'humain tombe en panne, on parle de décadence et de dégénérescence de l'homme (c'est la cas aujourd'hui avec le paradigme moderne qui s'effondre).

Le travail philosophique consiste à élever ces "valeurs" au niveau le plus haut.

 

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L'humain est le stade inaccompli de l'homme.

Et notre monde est "humain, trop humain".

 

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Au fond, la modernité n'a été qu'une vaste tentative de négation et de démolition de toute métaphysique : faire de l'humain le centre, le sommet et le but de tout.

Humanisme. Anthropocentrisme. Narcissisme. Nombrilisme.

La modernité ne fut qu'une immense expression du plus dévastateur des orgueils.

La modernité est née en Europe, mais, peu à peu, par le colonialisme et le mercantilisme, elle a été imposée aux autre bassins civilisationnels qui en ont été profondément infectés.

Nous commençons, aujourd'hui, à en mesurer l'incroyable échec et ses funestes conséquences.

 

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La servitude est le prix de la sécurité.

 

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L'homme moderne réclame de la liberté, mais il en refuse (majoritairement) les responsabilités ; il ne souhaite, en fait, que de la sécurité, mais il en refuse (apparemment) les servitudes (en fait, il les accepte allègrement si elles lui apportent confort et facilité, plaisir et ludicité).

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"(…) le grand dégoût de l'homme, Zarathoustra l'a aussi surmonté : l'homme est pour lui "non-forme", matière brute, pierre mal dégrossie qui attend un sculpteur."

 

Un Franc-maçon régulier n'aurait pas mieux dit !

 

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Le Surhumain nietzschéen n'est pas un idéal prédéfini à atteindre, il est un cheminement, une ascèse d'accomplissement … comme le chêne l'est pour le gland, sans qu'aucune des caractéristiques futures de ce chêne ne soit ni connue, ni connaissable ; ce sera un chêne, voilà tout, sans commune mesure avec le gland initial qui, lui, aura totalement disparu.

Le Surhumain, c'est le processus de dépassement de l'humain, comme le chêne est le processus de dépassement du gland.

 

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Partout, en tout, il faut impérativement sortir des "philosophies de la destination" (qui reposent sur un essentialisme idéaliste) pour cultiver les "philosophies du cheminement" (qui reposent sur un intentionnalisme réaliste).

La réponse à : "où vas-tu ?", n'est pas : "là-bas !", mais : "vers-là !".

Il est indispensable de bien comprendre la différence énorme entre, d'une part, le but, l'objectif et la destination, et, d'autre part, l'intention, le projet et le cheminement.

Le processualisme s'oppose radicalement et totalement à l'essentialisme et à l'idéalisme.

Il ne s'agit pas de définir le Bien, le Vrai, le Beau, le Sacré, … mais bien de construire du plus adéquat, du plus véridique, du plus utile, du plus respectable.

Il n'y a rien à atteindre ; il y a tout à construire.

 

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Le 24/10/2018

 

Le christianisme - surtout catholique - n'a jamais réussi à choisir sa voie entre Platon et la Bible, entre idéalisme grec et réalisme juif, entre dualisme et monisme, entre l'éternité immédiate "après la mort" et l'éternité différée "après la fin des temps", entre salut individuel et salut collectif, entre sotériologie et eschatologie.

Car il y a là une contradiction flagrante et irrémédiable : ou bien le salut est individuel, par l'âme immortelle, dès après la mort personnelle, ou bien le salut est collectif, par la résurrection des morts avec jugement dernier, à la fin des temps.

On ne peut pas être "sauvé" deux fois. La résurrection des corps et l'immortalité des âmes sont incompatibles.

On sent bien, à regarder l'histoire chrétienne, qu'il y a un glissement patent : l'ère médiévale adorait évoquer, avec grandiloquence, l'apocalypse, la parousie, le Christ en Gloire, la résurrection des morts et le jugement dernier (le tympan de la cathédrale d'Autun, près de chez moi, en est le parangon) alors que, manifestement, l'ère moderne a complètement délaissé ces scènes grandguignolesques pour préférer le sauvetage individuel des âmes immortelles, une par une, au fur et à mesure, dès la mort de leur enveloppe charnelle.

Signe complémentaire de la tendance générale à l'individuation et à l'individualisation des existences.

 

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Le christianisme est un enfant bâtard né de père grec et de mère juive.

Pour les masses chrétiennes, le père était un père lointain, inaccessible et largement absent … Mais la mère !

Freud aurait dû voir que l'antijudaïsme chrétien (dont vient l'antisémitisme européen et, maintenant, l'antisionisme musulman ; tout cela est tout un) a quelque chose à voir avec la rupture ombilicale d'avec la mère, le complexe d'Œdipe et l'interdit de l'inceste.

Psychose chrétienne …

 

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La figure du Surhumain nietzschéen est similaire à la figure de l'Initié maçonnique : c'est l'homme spirituellement, intellectuellement, affectivement et corporellement accompli.

 

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L'accomplissement du Réel n'a rien d'un processus évolutionnaire poussé par le hasard via des mutations aléatoires diverses. Le hasard, même si parfois, il peut jouer un rôle mineur, n'est pas le moteur de l'accomplissement du Réel ; il faut dépasser l'évolutionnisme hasardiste néo-darwinien qui n'est, comme le neuroscientisme actuel, qu'un des derniers avatars du matérialisme athée.

L'accomplissement est bien plus qu'une évolution.

L'intentionnalisme est bien plus qu'un évolutionnisme.

L'émergentisme est bien plus qu'un mutationnisme.

Ce "plus" tient tout entier dans ce simple fait que le Réel est un projet en marche.

 

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La tâche centrale et cruciale de la métaphysique et de la spiritualité de demain sera de spécifier rigoureusement l'Intention qui fonde et anime le Réel, et en fait un Projet global, holistique.

Le concept "Accomplissement" est une première ébauche de cette spécification ; il s'enracine dans la Bible hébraïque (Alliance), chez Aristote (Entéléchie), chez Spinoza (Conatus), chez Nietzsche (Volonté de puissance), …

 

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Dans "Par-delà Bien et Mal", Nietzsche définit, très correctement, le démocratisme comme "l'absurdité du plus grand nombre". Et il ajoute que la tâche la plus lourde, mais aussi la plus spécifique qui incombe au philosophe est :

 

"(…) de mettre (…) un terme à cette effroyable domination de l'absurdité et du hasard qui s'est appelée jusqu'à présent 'histoire'."

 

Nietzsche prend ici une position innovante qui récuse, à la fois, le déterminisme fataliste et le hasardisme nihiliste pour poser un constructivisme volontariste.

L'homme doit se construire au départ de l'humain non par "le hasard" ou par "l'absurde", mais par le biais d'un authentique et volontaire projet d'accomplissement, reflet de l'Intention cosmique (la "Volonté de puissance").

Par nature, un tel projet est aristocratique et récuse tout démocratisme, puisque le seul objectif des masses est du jouir du panem et circenses.

 

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Le 20ème siècle a consacré l'échec notoire à la fois du démocratisme (qui ne peut fonctionner durablement que par démagogisme assorti d'électoralisme) et du totalitarisme (qui ne peut fonctionner durablement que dans la violence et la coercition).

Le 21ème siècle découvrira, peut-être, que la seule solution est l'évergétisme qui, au fond, est un aristocratisme dévoué, généreux et bienveillant envers les masses.

 

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La doctrine de l'éternel retour, chez Nietzsche, doit être comprise comme une "valeur" c'est-à-dire une condition de l'accomplissement de l'homme ; comme le ferment d'une intention pratique permanente. L'idée est simple : pour s'accomplir en plénitude, l'humain doit vivre chaque instant comme s'il devait le revivre éternellement. Il faut donc que chaque instant soit vécu sublimement. Bien évidemment, c'est la spécification des critères de cette sublimité qui donnera de la consistance au concept d'accomplissement et de la praticité au concept d'intention (c'est la manifestation, en l'homme, de cette Intention cosmique, motrice et inconsciente, que Nietzsche appelle les "instincts" ou les "pulsions"). Nietzsche approchera cette spécification dans "Par-delà Bien et Mal" et dans "L'Antéchrist" : le Surhumain y est posé comme l'exact opposé du Chrétien.

 

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Notre époque sacralise la figure de la Victime. A cette figure faible et perverse qui tend à faire accuser tout le monde d'être bourreau, il faut opposer une autre figure : la figure du Chevalier.

Le victimisme - et la victimologie et la victimocratie qui l'accompagnent - sont de purs produits du christianisme et du socialisme qui le perpétue.

Les "béatitudes" du "sermon sur la montagne" (Matthieu :5;1-12) en fondent l'idéologie.

Il faut opposer à cette dégénérescence victimiste et misérabiliste, la figure chevaleresque : aristocratisme, abnégation, dévouement ; quête du Graal au service de la Dame.

Il faudrait écrire une "Philosophie du chevaleresque".

 

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De Nietzsche :

 

"Le 'progrès' n'est qu'une idée moderne, c'est-à-dire une idée fausse."

 

Rien à redire … !

 

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Nietzsche met en opposition la pitié et la sélection naturelle, la dégénérescence et la vitalité, la faiblesse et la force, la bêtise et l'intelligence. Il en infère, à juste titre, que la pitié affaiblit la Vie.

Mais jusqu'où peut-on aller sur ce chemin ? La Nature sait-elle mieux que la Culture ce qui est mieux pour la         Vie et pour l'Esprit ? Que la pitié pour la pitié soit intrinsèquement mauvaise, cela ne fait aucun doute : elle induit une philosophie de la Victime qui est déplorable.

On ne peut pas, on ne doit pas "sauver", par pitié,  toutes les victimes ; c'est un fait. Mais ne doit-on pas donner de la force à ces seuls affaiblis qui peuvent et veulent encore contribuer vraiment à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit ? Il ne s'agit pas, alors, de pitié larmoyante, mais de soin utile.

Il s'agit alors d'éthique et non plus de morale (et surtout pas de moraline).

 

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De Nietzsche encore :

 

"(…) comme si l'humilité, la chasteté, la pauvreté, en un mot la sainteté, n'avaient pas fait jusqu'à présent beaucoup plus de mal (…) que n'importe quels vices …"

 

Les vertus chrétiennes tuent la Vie et encensent la Mort.

 

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Il n'y a rien de plus laids que les "beaux sentiments".

Il n'y a rien de plus mauvais que les "bons sentiments".

Il n'y a rien de plus destructeur que la "bien-pensance".

 

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La pensée commence avec la sensation et l'intuition. La sensation en est le matériau et l'intuition en est la matrice première, le fondement de l'intelligence, bien avant la raison.

Avant de pouvoir raisonner, il faut résonner.

 

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Le 25/10/2018

 

De Dennis Meadows (interviewé il y a quelques jours) :

 

" Tout comme les termes 'soutenabilité' et 'développement durable', le terme ’économie verte' n’a pas vraiment de sens."

 

Tout comme 'énergie renouvelable' … Autant de leurres et de miroirs aux alouettes. L'idéologie dominante refuse de voir vraiment le problème démographique, l'épuisement des ressources, le réchauffement climatique et l'empoisonnement généralisé de la planète Terre et de ce qu'elle contient …

Et tout cela au nom d'une idole absurde : la croissance économique !

Il n'y a aucune autre issue - mais bien impopulaire et anti-électoraliste - que la baisse nette de nos niveaux de vie : la frugalité, "moins mais mieux" …

Cela fait plus de vingt ans que je le chante sur tous les tons.

Dennis Meadows conclut son interview  :

 

" On me parle souvent de l’image d’une voiture folle qui foncerait dans un mur. Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le déclin est inévitable."

 

Le scénario de l'effondrement ne fait plus de doute pour moi depuis 2015.

Son calendrier : déclenchement de l'effondrement financier et pétrolier dans les deux ou trois ans (2020). Processus d'effondrement d'abord lent (jusqu'en 2030), puis de plus en plus rapide. La messe de requiem du modèle moderne (ma "courbe rouge") sera dite avant 2070 (comme annoncé depuis plus de vingt ans).

Nous avons donc un demi siècle pour construire (conceptuellement) et faire flotter (socioéconomiquement) l'arche de Noé de ma "courbe verte". Une arche pour un à deux milliards d'humains au plus !

 

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Il est curieux de constater que, dans la bouche de la bien-pensance, l'adjectif malthusien soit devenu péjoratif, presqu'une insulte. Alors que le malthusianisme (le néo-malthusianisme, devrait-on dire) ne dit que trois choses évidentes :

  • Toutes les ressources sont limitées et certaines se renouvellent mais lentement.
  • Si la consommation (le produit d'une population et d'une consommation par tête) excède la capacité de ressource, le système est condamné.
  • Les rendements transformatifs que permettent la technologie, tendent asymptotiquement vers le rendement de Carnot qui est indépassable et largement inférieur à un.

Dans notre monde humain d'aujourd'hui, que constate-t-on ?

  • Les stocks de ressources deviennent largement inaccessibles et leur taux de renouvellement décroît.
  • La démographie humaine et les niveaux de vie croissent exponentiellement, et ne sont pas prêts à décroître drastiquement, comme ils le devraient.
  • Toutes les technologies transformatives ont quasi atteint leur rendement maximal.

La conclusion s'impose : l'effondrement ne peut plus être évité !

 

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Si l'on considère :

  1. une évolution linaire de la démographie humaine entre 1920 (2B) et 2050 (10 B), soit 8/130 B/an,
  2. une situation d'équilibre en 1920 entre production naturelle annuelle de ressources et consommation humaine annuelle de ressources, pour une population totale, à l'époque, de 2B (ce qui est vraisemblable),
  3. un triplement de l'efficience technique entre 1920 et 2050 (ce qui signifie que l'économie tiendrait trois fois plus longtemps, avec la même quantité de ressources, qu'elle ne l'aurait fait avec l'efficience de 1920 - ce qui est optimiste),
  4. une stagnation de la consommation moyenne par humain (ce qui est faux et optimiste),

alors, l'élasticité de la quantité de ressources disponibles tombe à zéro en 98 ans, soit en … 2018.

Cela signifie bien que le peak of everything, aujourd'hui, est dépassé depuis quelques années.

 

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YHWH, le dieu tutélaire d'Israël, symbolise l'essentiel du regard et de la grille de lecture du peuple de la Bible sur le monde, sur l'homme et sur l'avenir. Comme tous les autres dieux pour tous les autres peuples, il résume une mentalité. Mais, contrairement à la caricature qu'en a faite le christianisme, en phagocytant ce dieu qui n'est pas le sien et sa Bible qui n'est pas la sienne, ce dieu d'Israël n'est pas un dieu de bonté, de paix ou de béatitude. YHWH est un dieu immanent, partie prenante du monde ; il est jaloux, exigeant, féroce, dionysiaque ; il est un dieu de colère ; il est un chef de guerre contre l'idolâtrie ; il exige la réalisation de l'Alliance c'est-à-dire de l'accomplissement de l'homme au-delà de lui-même, aux termes d'un contrat (la Torah) qui ne souffre aucune plaisanterie ; il promet la Terre et la multitude ; il est le dieu de la destruction d'un passé corrompu au moyen du déluge ; il est le dieu de la condamnation sans rémission des sept peuples infâmes de Canaan ; ce dieu-là est un dieu de combat, l'opposé du dieu lénifiant qu'en a fait le christianisme.

Le dieu chrétien est un dieu de l'Être, de l'immuabilité, de la perfection, de l'idéalité éternelle. Ce dieu-là est tout à l'opposé du dieu juif qui est un dieu en Devenir, un dieu de l'Alliance, de l'accomplissement mutuel, du combat contre toutes les idolâtries et tous les esclavages, de la régénération de l'humain afin que l'homme émerge enfin, un dieu de la Vie et de l'Esprit (et non ce dieu chrétien de la non-vie, de l'éternité, de la perfection immuable, de l'idéalité, de l'après-mort, de l'autre monde, …).

 

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Un dieu qui ne serait pas un dieu de la guerre sans pitié, pugnace et hargneux, contre l'idolâtrie, contre la servitude volontaire, contre la médiocrité, la frivolité, la distraction, le jeu, l'amusement, la futilité, la bêtise, la barbarie, le crétinisme, la nonchalance, le laisser-aller, la paresse, la fainéantise, etc … ne serait qu'une chiffe-molle, un ersatz, une illusion, un miroir aux alouettes, un marshmallow (une guimauve, donc) myth(olog)ique.

 

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Le 26/10/2018

 

De Nietzsche :

 

"La conception chrétienne de Dieu (…) est une des conceptions divines les plus corrompues que l'on ait jamais réalisées sur terre (…) : Dieu dégénéré jusqu'à être en contradiction avec la vie, au lieu d'en être la glorification et l'éternelle affirmation ! Déclarer la guerre, au nom de Dieu, à la vie, à la nature, à la volonté de vivre !"

 

Ce Dieu-là n'est, en effet, ni le Dionysos du panthéon grec, ni le Dieu de la Bible hébraïque ! Il est le Dieu de la faiblesse et des faibles, le Dieu de ceux qui vivent en victimes, à genoux, pleurnichant à tout propos, quémandant tout, mendiant sans cesse.

 

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Le 28/10/2018

 

L'ambition hégélienne était de construire un "système complet de la science philosophique" où, après une introduction intitulée "Phénoménologie de l'esprit" (la seule partie de l'œuvre réellement écrite et publiée), auraient dû paraître un triptyque :

  • Science de la Logique.
  • Philosophie de la Nature.
  • Philosophie de l'Esprit.

N'ont été publiées, de ce vaste ensemble, qu'une "Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé" ainsi qu'une "Philosophie de la Nature" pour le moins discutable.

Mais le projet hégélien tient bien la route : une philosophie complète du monde extérieur (la Nature) et une philosophie complète du monde intérieur (l'Esprit) précédées, toutes deux, par la construction d'une méthode (la Logique) qui puisse assurer la cohérence et l'efficience du tout de l'œuvre.

Dans le but de construire cette méthodologie, force était de partir du lieu de toutes ces constructions : l'esprit (avec minuscule) du philosophe en tant que processus en fonctionnement (d'où l'idée d'une approche phénoménologique que Hegel nommera aussi : "Science de la conscience").

Quatre questions, donc :

  1. Comment "ça" pense en moi ?
  2. Comment assurer, à ce qui pense en moi, cohérence et efficience ?
  3. Que peut-on, alors, penser du monde extérieur, de la Nature ?
  4. Que peut-on, alors, penser du monde intérieur, de l'Esprit ?

On est là bien loin des trois questions kantiennes :

  1. Que puis-je connaître (critique de la raison pure) ?
  2. Que puis-je faire (critique de la raison pratique) ?
  3. Que puis-je espérer (critique de la faculté de juger) ?

On le comprend bien, la tentative (bien incomplète et partiellement avortée) de Hegel visait à dépasser la philosophie du sujet de Kant et à restaurer une ontologie globale, en dépassant la dialectique du sujet et de l'objet.

 

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Lle premier moment de la dialectique existentielle est la découverte du sentiment de Liberté (pour soi). Puis surgit l'autre de cette Liberté : le besoin impérieux de Sécurité (pour soi) qui marginalise la Liberté et instaure une "servitude volontaire". Puis vient le troisième moment qui transcende à la fois Liberté et Sécurité : la Volonté du dépassement de soi au service d'un universal.

 

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La grande question qui reste encore un tant soit peu ouverte, est celle du mystère de l'Individuation qui, par émergence locale ou autopoïèse, développe un processus local en autonomie relative, mais persistante.

C'est l'atteinte de cette autonomie qui est troublante.

Cette question dépasse, et de loin, celle de l'auto-organisation qui n'est qu'une réponse à une tension (et non un processus autonome en soi) et qui disparaît avec elle (comme les cellules de Bénart induites par un gros différentiel de température).

 

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Le 29/10/2018

 

Les risques de guerres pour demain ?

Peu de guerres militaires et sans beaucoup de pertes : des drones, des robots, des prises de contrôle numérique, des paralysies électriques, feront le sale boulot et les populations civiles fuiront … ce seront des guerres de capture des gisements de ressources naturelles (soit militaire comme au moyen-orient, soit financière, comme en Afrique noire.

Les guerres économiques et monétaires battent aujourd'hui leur plein ; dans les trois ans, le système financier mondial et le dollar US vont s'effondrer sous la pression de bulles spéculatives pharaoniques insensées.

Des guerres civiles vont éclater, ça et là, entre des villes et des campagnes, entre des autochtones et des migrants ; mais de nouvelles solidarités apparaitront et, avec elles, d'autres fonctionnements communalistes.

Moralité :

  • Vivre dans une campagne isolée et peu fréquentée plutôt qu'ailleurs.
  • Posséder des biens immobiliers et fonciers plutôt que du "papier",
  • Posséder le matériel de base nécessaire à une autarcie relative.

 

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Hegel est sans contexte un fondateur de la métaphysique du Devenir contre la métaphysique avorté de Kant et dans le sillage de la philosophie de la Nature de Schelling. Je reconnais Hegel comme mon mentor, mais un mentor nébuleux, compliqué enfermé dans des sémiologies et des phraséologies obscures et aujourd'hui dépassées.

Il n'en demeure pas moins qu'il fut le premier à entrevoir que :

  • Tout est Un et en Devenir (monisme et processualisme, organicisme et téléologisme, émergentisme et généalogisme). [Merci Schelling].
  • Par l'intuition et la résonance de l'esprit en l'homme avec l'Esprit cosmique, la connaissance absolue est accessible.
  • L'Esprit cosmique met, au centre du Tout, un principe téléologique d'accomplissement en plénitude (Entéléchie, Conatus) que Hegel appelle la "Raison universelle" ou "Raison divine" et qui englobe et enveloppe tous les projets d'accomplissement particuliers .
  • L'accomplissement cosmique suit une Logique qui est dialectique entre accompli et inaccompli, d'une part, et entre local et global, d'autre part ; il vise, selon Hegel, le double but, d'une part, d'élever l'homme vers la pensée de Dieu afin d'entrer en union avec elle (c'est le versant "religion" qu'il vaudrait mieux renommer "spirituel") et, s'autre part, d'atteindre l'intelligence du Présent (et de la Présence) et du Réel afin de réussir une saisie conceptuelle du monde dans son unité (c'est le versant "philosophie").
  • Cette Logique dialectique cosmique n'est pas mécaniciste, mais bien constructiviste et créativiste ; elle ouvre des espaces de liberté entre les divers déterminismes qui s'y exercent.
  • L'esthétique du sublime (et non du beau, ou du spectaculaire, ou de l'original) est le résultat sensible de la créativité de cette Logique d'accomplissement à l'œuvre.
  • La morale et le droit qui la formalise, ne font rien d'autre que spécifier, pour les non-philosophes, les tenants et aboutissants du devoir d'accomplissement.
  • L'histoire des hommes n'est qu'un cas particulier de l'accomplissement cosmique : elle n'est que le reflet humain de la Logique de l'accomplissement à l'œuvre.

 

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Ce que Hegel appelle "la phénoménologie de l'esprit" n'est autre que l'étude de la conscience en tant que phénomène immédiat inhérent au fonctionnement de l'esprit. La conscience, c'est la représentation qui apparaît à l'esprit, du processus qu'il est en train de vivre, dès lors que ce processus entre en confrontations avec les autres dimensions de cet esprit (mémoire généalogique, volonté téléologique, sensibilité écologique et/ou intelligence axiologique).

 

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L'Art s'est perdu dans les boues du spectaculaire et de l'original à tout prix, depuis qu'il a renoncé au critère du Beau pour se planter dans l'idée de créativité absolue.

Cette bifurcation est l'œuvre de l'immédiat après "grande guerre", à partir de 1918. Depuis, on assiste, impuissant, à un effondrement artistique : l'Art est mort !

Vers 1920, une bifurcation de l'Art (comme de tout ce que la Modernité avait engendré) devenait nécessaire : il fallait recréer le concept (au sens de Hegel) d'Art.  Deux chemins s'ouvraient : celui du Sublime transcendantal et celui de la Révolte idéologique (contre cette guerre-boucherie et la culture bourgeoise qui l'avait engendrée). La voie du Sublime fut écartée (trop difficile, trop mystique, trop métaphysique) ; il ne resta plus que la voie sordide de la protestation, de la contestation, de la provocation, du "n'importe-quoi" pourvu que l'on parle de soi et/ou que l'on fasse de l'argent, etc …

Leonardo da Vinci avait prévenu : "L'Art, c'est 5% d'inspiration et 95% de transpiration" … avec l'instantanéisme de "l'art contemporain", il reste parfois 1% d'inspiration , 3% de transpiration et 96% d'esbroufe.

 

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Face aux catastrophes écolo-socio-économiques mondiales qui arrivent à toute vitesses, en conséquences des mythes de l'infini et de croissance dont s'est gavée la Modernité, Raphaël Glucksmann suggère :

 

"La seule solution, c'est la 'rupture civilisationnelle' totale [ce que l'appelle, depuis plus de vingt ans la 'mutation paradigmatique] nécessitant une décroissance à marche forcée pour sauver la planète. Une décroissance qui suppose aussi, pour être mise en œuvre, de s'affranchir des règles démocratiques puisque les 'peuples' ne veulent absolument pas en entendre parler. Pas plus ceux des pays industrialisés, dont la première préoccupation reste la hausse de leur pouvoir d'achat, que ceux des pays en développement, qui éprouvent le désir légitime d'élever leur niveau de vie et de sortir purement et simplement de la misère.""

 

Le résumé est bon, mais l'essentiel n'est pas dit : la cause foncière et fondatrice de tout ce marasme, c'est la natalité délirante dans les "pays de merde" (aux dires de Donald Trump) c'est-à-dire, essentiellement l'Afrique noire (surtout), l'Inde et l'Islamie … c'est-à-dire dans les zones dominantes de l'influence raciale de l'homo africanus contre les influences néanderthaliennes, denisoviennes et florésiennes.

C'est là qu'il faut que l'humanité agisse et réduise la natalité à deux enfants maximum par femme par tous les moyens dignes, y compris la stérilisation volontaire et bien rémunérée, et la stérilisation obligatoire de tous les délinquants récidivistes.

Dans nos pays, il faut relever l'âge du départ à la retraite à 70 ans, supprimer les allocations familiales et les aide-ménagères, etc …

 

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Le chemin vers plus de liberté et vers plus d'autonomie (donc vers moins de dépendances et vers moins d'asservitudes) passe sous les arches de l'ascèse spirituelle, de l'enrichissement intellectuel, de l'étude des textes et de la Nature.

Il n'y a pas de liberté ou d'autonomie possibles pour les "pauvres en esprit" qui, eux, ne réclament que "du pain et des jeux", de la "charité", donc de la servitude volontaire.

L'humanité évolue très vite vers une grande et profonde mutation épigénétique dont elle sortira scindée en deux : d'un côté des masses volontairement asservies aux drogues de toutes sortes, maintenues dans un état d'hébétude heureuse , et de l'autre, deux élites aristocratiques opposées : une élite technologique pratiquant l'évergétisme envers la masses, et une élite sacerdotale pratiquant un monachisme décléricalisé tourné vers le Divin.

Ce sera, en gros, un monde du type de "Matrix", mais en moins technologiquement spectaculaire …

 

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Le 30/10/2018

 

Le chapitre de la modernité s'était inauguré sur la conviction de Galilée que le langage de Dieu est mathématique. Il se clôt et sa page se tourne sur cette conviction que je fais mienne, que le langage de Dieu n'est pas mathématique - ou seulement dans les cas les plus rudimentaires - parce que la Parole de Dieu crée de la complexité sans complication et que les mathématiques sont compliquées, mais inaptes à la complexité.

 

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La téléologie globale du monde est de transformer de l'énergie noire en matière complexe.

 

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Toute émergence vise la compaction et l'évacuation de tensions dans des "bulles" autonomes qui se rassemblent entre elles pour former des lithosphères, puis des biosphères, puis des noosphères, comme on compresse et empaquette des déchets pour les stocker dans des dépotoirs triés par nature.

 

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L'Esprit qui porte le principe d'accomplissement, engendre la Vie qui est activité hylétique : celle-ci, à son tour, engendre la Matière qui est concrétion de tensions énergétiques ; cette Matière, pour emplir sa mission d'évacuation des tensions dans des mondes autonomes, engendre les matériaux dont certains engendrent des vivants, dont certains engendrent des pensées. La boucle se boucle.

 

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Mes dix commandements de vie :

 

  1. L'essentiel n'est pas le bien-être, mais le bien-devenir.
  2. L'essentiel n'est pas l'abondance, mais la frugalité.
  3. L'essentiel n'est pas la facilité, mais la simplicité.
  4. L'essentiel n'est pas le confort, mais l'ascèse.
  5. L'essentiel n'est pas le plaisir, mais la joie.
  6. L'essentiel n'est pas le repos, mais le combat.
  7. L'essentiel n'est pas l'émotion, mais la conviction.
  8. L'essentiel n'est pas la pitié, mais l'exigence.
  9. L'essentiel n'est pas la tranquillité, mais la vitalité.
  10. L'essentiel n'est pas l'homme, mais l'œuvre.

 

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Quand on ne vit que pour l'argent, on finit par ne vivre que de l'argent.

 

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Les masses m'indiffèrent pourvu qu'elles me laissent vivre ma vie hors d'elles.

 

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Géopolitique : la nouvelle donne …

Géopolitiquement parlant, l'Afrique et l'Amérique latine ne joue aucun rôle moteur.

L'Inde non plus ou presque pas.

L'Islamie non plus, sauf trois trouble-fêtes qui, dans leur bonne tradition, essaie, par la "ruse", de parasiter les choses : la Saoudie sunnite, l'Iran chiite et la Turquie sultanesque (sur fond de Frères musulmans, épicentre du salafisme, dont les tentatives Al Qaïda et Daesh se sont soldées par de cuisants échecs).

L'Europe, parce qu'elle est en train de rater sa fédération au-delà des archaïsmes souverainistes des Etats nationaux, ne joue plus qu'un rôle d'idiot utile pour les uns et pour les autres.

Restent donc les Etats-Unis (épicentre du monde nord-américain), la Chine (épicentre du monde asiate) et la Russie (épicentre d'elle-même) : trois géants aux pieds d'argile.

Les Etats-Unis, dont la grande spécialité est de nier le second principe de la thermodynamique, est totalement gangrenée par le financiarisme et l'endettement.

La Chine, condamnée à la fuite en avant, est pourrie à la moelle par la corruption, l'endettement et les bons du trésor américain (elle en possède pour plus d'un trillions de dollars).

La Russie, toute enlisée dans le trafic des hydrocarbures qui s'épuisent, subit une contestation intérieure de plus en plus puissante que la superbe de Poutine ne parvient plus à maîtriser.

Ces trois ténors ont compris clairement l'inévitable logique d'un épuisement rapide et général des ressources et tâchent, donc, de placer leurs pions là où il en reste. A commencer par le pétrole dont les Américains croient, à tort,  en la suffisance de leur production domestique (le mythe américain de l'autarcie), et dont les gisements en Islamie seront de plus en plus contrôlés par les Russes (via les trois frères ennemis de l'islamisme). La Chine, elle, riche en charbon pour un temps encore, est plus préoccupée de faire main-basse sur les minerais d'Afrique et sur les terres arables, un peu partout.

L'avenir ? L'effondrement imminent du système financier international fera s'écrouler nos trois géants aux pieds d'argile ; et il se pourrait bien que l'Europe, si elle se fédère solidement et rapidement, puisse être le moteur et le terrain de la reconstruction du système mondial post-moderne.

 

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Suis-je islamophobe ?

Puisque, étymologiquement, l'islamophobie signifie la "peur de l'Islam" et que je n'ai aucune peur de l'Islam, je ne suis pas islamophobe.

Mais je n'ai aucun respect pour le monde musulman sunnite.

L'Islam sunnite est une religion hiérarchisante, faite pour des analphabètes.

L'islamisme en est le versant politique totalitaire (indiscernable de son versant religieux) qui vise la soumission du monde entier à la loi coranique.

Le salafisme en est la version fondamentaliste et archaïque dont les Frères musulmans sont les infâmes porte-étendards.

En revanche, l'Islam chiite (hormis la dictature des ayatollahs) et le soufisme sont culturellement et spirituellement bien plus dignes d'intérêt (ni René Guénon, ni Henri Corbin ne s'y sont trompés).

 

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Le socialo-gauchisme se fonde sur l'égalitarisme.

Le populisme se fonde sur l'anti-élitisme.

Où est la différence ? On ne voit pas !

De plus, ces deux mouvances sont menées par quelques idéologues autoproclamés (des élites, donc) contre lesquelles leur propre principe fondateur se retourne et qui appellent une résolution typiquement hégélienne : le totalitarisme.

Tout socialo-gauchisme et tout populisme sont totalitaires en puissance, par essence et vocation.

 

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Il y a émergence lorsqu'il y a encapsulation des tensions indissipables,  afin de les évacuer dans un espace autonome (ayant ses propres propriétés volumétrique, eidétique et holistique).

 

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La spiritualité, au fond, c'est l'effort pour devenir présent à la Présence !

 

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Comment se fait-il que cette crapule de Sartre (le "collabo") ait pu empoisonner toute la seconde moitié du 20ème siècle, alors que l'autre existentialisme, radicalement opposé au sien en tant que spiritualiste et non matérialiste, celui de Louis Lavelle, ait été écarté et comme étouffé ?

La réponse est simple : la seconde moitié du 20ème siècle intellectuel, surtout en France, a été intégralement phagocytée - que dis-je ? terrorisée - par le socialo-gauchisme qui a éliminé, à grand renfort d'insultes et d'invectives, toute la philosophie française authentique, de Bergson à Gauchet ou Hadot, en passant par Lavelle et tant d'autres.

 

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L'existentialisme philosophique est le pendant d'un processualisme et d'un constructivisme ontologiques. Il est donc une évidence, pour moi. Cependant, il est archi-faux de prétendre - comme le fit Sartre - que l'existentialisme doive affirmer l'absolue liberté de l'homme et le retrait de toute composante essentialiste. L'homme se construit, certes, mais, comme déjà exprimé maintes fois, aux confins de deux déterminismes, l'un extérieur (la pression des mondes), l'autre intérieur (la pression des héritages).

De plus, cette construction existentialiste de soi s'inscrit dans une perspective bien plus large qui y ajoute une dimension éthique : celle de la contribution personnelle à l'accomplissement plein du Réel dont chaque homme est partie intégrante et prenante.

 

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Pourvu qu'on y investisse le temps et l'énergie voulus, avec les outils adéquats, la Connaissance absolue (la Gnose) est accessible à l'homme initié parce que son esprit qui s'en préoccupe, est partie prenante et intégrante de l'Esprit qui la pense.

Ceci résout définitivement la dialectique kantienne entre Objet et Sujet.

 

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L'antisémitisme islamique est un fait ; il est nauséabond de le nier.

D'où vient-il ? De la propagande rampante mais omniprésente des Frères musulmans (fondés en 1928 en Egypte) qui ont fait de l'Etat d'Israël - donc de tous les Juifs - une insulte au Coran, donc à l'Islam, donc à Allah … et qui feignent d'ignorer que, depuis 4.000 ans (donc plus de 2.000 ans avant l'invention de l'Islam par Mu'hammad, le chamelier analphabète), les Juifs habitent la Judée, sans discontinuer, avec Jérusalem comme capitale et ville sainte, siège de son Temple.

 

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Un proverbe arménien - malheureusement véridique - dit ceci : "A celui qui dit la vérité, il faut un cheval" … pour fuir la horde des crétins bien-pensants du "camp du Bien" et de la victimologie, protégés par leur ignorance et leur bêtise de la lucidité minimale qui leur ferait voir leur propre crétinisme.

 

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Le gouvernement des Etats-Unis et sa CIA, durant toute la seconde moitié du 20ème siècle, un peu partout dans le monde (Amérique centrale et du sud, Afrique du sud, Congo-Zaïre, Indochine, …), ont financé et, souvent, armé toutes les mouvances, de quelque bord soient-elles, susceptibles de combattre de l'intérieur, des pouvoirs en place qu'ils considéraient comme nuisible, souvent parce que socialiste ou communiste.

Ainsi, dans le monde musulman, ce sont eux qui ont financé et armé, entre bien d'autres, les Talibans (contre l'URSS) et les Frères musulmans (contre Nasser), ainsi que, par voie de conséquence, le Hamas (contre Yasser Arafat et le Fatah, ex-OLP) qui émane d'eux, ou les Fedayin iraniens de Khomeiny qu'ils portèrent …

A chaque fois, cette "aide" s'est retournée contre le généreux "donateur" et ses "amis", et a mis le monde au bord du chaos. Et à chaque fois, les Etats-Unis se sont "barré" en laissant là la chienlit qu'ils avaient eux-mêmes semée (comme en Iran, au Pakistan, en Afghanistan, au Liban, en Lybie, en Irak ou en Syrie).

 

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Le mot grec d'Aristote : Entéléchéïa dérive de Entélês ("accompli") et Chéïa ("trou, manque"). Le sens du mot français "entéléchie" est donc tout simplement l'expression d'un manque et d'une quête de complétude, d'achèvement, de perfection ; il est donc bien synonyme d'accomplissement, de dynamique en vue d'atteindre l'état le plus accompli.

Aristote est le premier penseur de la complexité et de l'émergence. Il dit d'ailleurs dans sa "Métaphysique :

 

"Le tout est autre chose que l'assemblage de ses parties."

 

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Toute émergence est un enfantement, une expulsion.

 

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Le 31/10/2018

 

Dans le Réel, rien n'est infini et rien n'est permanent. Il n'y a pas de constantes universelles, il n'y a aucune loi stricte de conservation.

Tout est limité, dans toutes les dimensions envisageables.

Tout est en transformation incessante.

Il n'y a pas d'Être, il n'y a que du Devenir.

Rien dans le Réel n'est (comme en espagnol avec ser) : le verbe "être" ne doit être utilisé que comme copule c'est-à-dire pour exprimer une équivalence (ce livre est un roman), un jugement (ce livre est profond), un attribut (ce livre est lourd), etc … 

Mais tout dans le Réel existe (comme en espagnol avec estar) c'est-à-dire "se tient" (du latin stare) en "dehors" (du latin ex) : tout est émanation, expression, manifestation, émergence.

Toutes les métaphysiques de l'Être se sont construites à la recherche d'un noyau de permanence absolue : un Dieu créateur parfait (la version idéaliste) ou une Matière irréductible (la version matérialiste). Il s'agissait de faire du Devenir une modalité accidentelle, superficielle et contingente de l'Être. Il n'en est rien.

Le Réel est un processus dont la logique profonde, elle-même, - ce qu'il y a de moins impermanent en lui - évolue.

Quelque chose n'est apparemment et approximativement constant ou permanent, qu'entre deux bifurcations ; cette permanence apparente  n'indique, en fait, qu'une évolution extrêmement lente.

Tout cela signifie que, en-deçà de l'ontologie et au cœur de l'anthropologie, "l'être humain", si cher aux humanistes et aux droit-de-l'hommiste, cela n'existe pas. Il n'existe que des existants humains, locaux et éphémères. Il existe des humains ; mais aucun d'eux n'est l'homme ; l'Homme ni n'est, ni n'existe.

Chaque humain n'est qu'une émanation, un épiphénomène, unique et différent, irréductible aux autres, d'un Devenir qui le dépasse infiniment.

Alors, s'ouvrent les deux seuls voies anthropologiques cohérentes : ou bien chaque humain est tout (c'est la thèse de la reductio ad meum de Max Stirner aussi esquissée par Fichte), ou bien chaque humain n'est rien (c'est la thèse de la reductio ad totum qui met les humains au service de l'Absolu en marche, comme le font Shankara en Inde ou Teilhard de Chardin en Europe) ; les thèses intermédiaires de la reductio ad societatem (la thèse socialo-gauchiste) ou de la reductio ad humanitatem (la thèse humaniste) sont des compromis intenables qui déplacent la question sans y répondre (la société ou l'humanité sont deux existants qui n'ont aucun Être en soi, sauf à les extraire du Réel pour en faire des absolus artificiels - et c'est bien ce qu'ont fait les idéologies en question).

En ce sens, l a dignité humaine n'est jamais un droit acquis définitivement ; la dignité humaine, cela se construit continûment.

C'est, sans doute, cette construction de sa propre dignité, qui est le moteur de toute quête initiatique authentique : devenir une personne au départ d'un individu.

C'est sans doute cette idée de la personne (personnalisme) qui résout la dialectique anthropologique entre la reductio ad meum de Stirner et la reductio ad totum de Shankara.

Du point de vue théologique, le problème est identique : ou bien Dieu est l'Être suprême, donc totalement Être, immuable, parfait, intangible, éternel et éternellement Lui-même auquel cas il n'appartient pas au Réel et ne peut avoir rien de commun avec le Réel (donc du point de vue du Réel, Il n'existe pas, Il ne sort de rien, pas même de Lui-même car ce serait un Devenir) ; ou bien Dieu est le Devenir même, le moteur immanent de tout Devenir, de toute existence, de toute émanation, de toute manifestation qui sont toutes des expressions de Lui-même … et toute la théologie revient à professer - ce qui est ma posture - une ontologie moniste radicale.

 

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Je reprends et développe un paragraphe de ci-dessus qu'il est important, de bien méditer, car il trace la frontière (certes floue, mais l'effet de seuil est bien clair) entre les animaux humains et les hommes, entre les masses et l'élite authentique, entre la populace et l'aristocratie spirituelle …

 

La dignité humaine n'est jamais un droit acquis définitivement ; la dignité humaine, cela se construit continûment.

C'est, sans doute, cette construction de sa propre dignité, qui est le moteur de toute quête initiatique authentique : devenir une personne au départ d'un individu.

C'est sans doute cette idée processuelle de la personne en marche (personnalisme) qui résout la dialectique anthropologique entre la reductio ad meum et la reductio ad totum."

L'usage du "moi" est nécessaire sur le chemin du "non-moi".

 

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De Louis Lavelle, cette magnifique mise au point :

 

"Car c'est précisément l'intervalle qui sépare le sujet de l'objet qui fait naître la conscience. Toute connaissance parfaite, en confondant le sujet et l'objet, abolirait donc la conscience et l'individualité elle-même."

 

Je dirais que la connaissance absolue de l'unité radicale et de ses structures globales, abolit, effectivement, la conscience locale liée à l'intervalle entre le dedans (le sujet pensant) et le dehors (l'objet pensé), mais qu'elle magnifie et exacerbe la conscience globale (holistique, divine) qui mesure l'intervalle entre le projet (l'inaccompli) et le trajet (l'accompli) à l'échelle cosmique.

 

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Au niveau de ma conscience subjective et personnelle, le monde est, pour moi, la représentation que je m'en fait (Schopenhauer) : c'est mon monde.

Mais après Descartes et, surtout, Kant, il en a été inféré que le monde réel (le Réel, donc) est sans commune mesure avec mon monde qui n'en est que ma représentation toujours très partielle et très partiale (mon monde comme volonté).

Mais ces philosophies du sujet, ces subjectivismes radicaux oublient que ma pensée qui construit son monde, fait partie intégrante et tenante du monde réel, du Réel vrai, et qu'elle n'en est qu'un reflet hologrammique qui, par l'intuition, hisse mon monde vers le Réel.

La dualité entre sujet et objet n'est pas radicale ; elle n'est qu'une bipolarité relative dont l'écart peut se résorber, dialectiquement, dans une tension, un cheminement, une ascèse vers l'unité foncière.

Cette ascèse, Louis Lavelle l'appelle joliment : la "participation" qui est participation à la Présence.

 

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De Louis Lavelle, encore :

 

"Un phénomène isolé n'a pas plus de valeur ontologique qu'un concept isolé."

 

De même, un symbole isolé n'a pas plus de valeur spirituelle qu'un rite isolé.

 

Ce sont la cohérence et l'efficience (ontologiques, initiatiques, scientifiques, éthiques) émergeant entre tous les noèmes mis en œuvre dans ces divers domaines, qui sont porteuses d'intérêt et de fécondité.

 

Et Louis Lavelle d'ajouter que chacun de ces noèmes : "est un rameau d'un être plus vaste dont toutes nos pensées particulières font partie".

L'Arbre de la Connaissance est l'Arbre de Vie … Arbre séphirotique …

 

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Si l'on relit le second récit de la Genèse de l'homme (ch.:2 et 3) en partant de cette idée que : "L'Arbre de la Connaissance est l'Arbre de Vie ", alors surgit une tout autre interprétation du texte.

Il ne s'agit pas de deux arbres différents, mais d'un seul arbre, planté au milieu du Jardin d'Eden qui présente, disons, deux aspects complémentaires : l'un à la Lumière, l'autre à l'Ombre ; l'un au-dessus du sol, l'autre au-dessous ; l'un aux sèves montantes du printemps et de l'été, l'autre aux sèves descendantes de l'automne et de l'hiver ; etc …), mais dont le fruit est unique.

La dualité apparente se résout ainsi en une bipolarité réelle qui, comme toujours, sera le carburant nécessaire pour que le moteur de l'accomplissement puisse construire le trajet menant à la réalisation du projet de la plénitude.

 

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Une synthèse de tout mon système ontologique …

 

Principes fondamentaux de la dynamique universelle.

 

Toute la dynamique cosmique repose sur des tripolarités réelles qui sont le carburant nécessaire pour que le moteur de l'accomplissement puisse construire le trajet menant à la réalisation du projet de la plénitude.

 

Dynamique

  • Le Réel est un processus en construction.
  • Ni déterminisme, ni hasardisme : constructivisme.
  • Processualisme :
    • Dans le Réel, rien n'est infini et rien n'est permanent.
    • Tout est limité, dans toutes les dimensions envisageables.
    • Tout est en transformation incessante.
    • Il n'y a pas d'Être, il n'y a que du Devenir.

 

Projet

  • Il n'y a pas de dynamique sans projet ...
  • Projet :
    • Intention mais sans but précis et sans objectif
    • Pas de projection dans le futur, seulement une logique dans le présent ...
    • Il ne peut pas y avoir de projet sans mémoire (ne serait-ce que pour se rappeler, à chaque instant ce que l'on est en train de faire et pour-quoi)

 

Plénitude

  • Tout projet vise à réaliser, à actualiser optimalement l'état le plus accompli de soi : la plénitude.
  • Plénitude :
    • Epuisement de toutes les potentialités
  • Optimalité
    • efficience
    • économie

 

Trajet

  • Pour réaliser un projet, il faut parcourir un trajet.
  • Mais ce trajet n'est tracé nulle part.
  • Il doit être construit, pas-à-pas, en fonction des potentialités et des opportunités, des carences et des obstacles.
  • Constructivisme, encore ...

 

Accomplissement

  • Le trajet est l'acte de l'accomplissement du projet.
  • Ce principe d'accomplissement est le moteur de toute la dynamique universelle.
  • Tout accomplissement local doit être mené en harmonie avec l'accomplissement global (c'est le fondement de toute éthique).
  • Tout ce qui en distrait doit être évité.

 

Tripolarité

  • Pour que le moteur de l'accomplissement puisse construire le trajet vers le projet, il lui faut un carburant : des tripolarités, c'est-à-dire des tensions entre les trois dimensions de tout accomplissement :
    • sa substantialité (volume, puissance, existence)
    • sa logicité (organisation, règle, cohérence)
    • sa vitalité (activité, énergie, efficience)

 

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La neige est comme l'esprit idéaliste : elle recouvre et masque tout afin de ne garder que des courbes lisses et propres.

 

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Louis Lavelle pose cette question essentielle : "Pourquoi le Tout est-il un tout et non point une unité pure ?"

La seule réponse possible est celle-ci : parce le tout du Réel n'est pas un Objet, mais un Projet et qu'il évolue localement de façons différenciées.

 

Et il ajoute, fort à propos : "(…) le tout n'est point un collectif, ce qui semblerait indiquer qu'il est une juxtaposition de parties possédant déjà l'être par elles-mêmes, alors que c'est précisément dans le tout qu'elles puisent ce qui les fait être. (…) si la partie est présente actuellement dans le tout, le tout est aussi présent virtuellement dans le partie, ce qui justifie le caractère indivisible de l'être et fait de la partie, comme telle, un phénomène par lequel le sujet [celui qui pense la partie et le tout] réalise sa participation personnelle, mais échelonnée, à la totalité même de l'être. (…) ainsi le tout, qui est la puissance parfaite à l'intérieur de laquelle les individus ne cessent de puiser les ressources qui leur permettent de se réaliser, ne cesse en même temps de se réaliser lui-même par la collaboration ininterrompue de tous les êtres qui s'épanouissent en lui". Et tout cela nous donne : "(…) le spectacle d'un univers composé d'une infinité de parties dont aucune à son tour ne peut subsister indépendamment de toutes les autres".

 

Je n'aurais pu mieux dire …

 

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Plénitude …

Total épanouissement …

 

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D'Alexandre Soljenitsyne :

 

"(…) la démocratie elle aussi attend qu'on la flatte."

 

Critiquer la démocratie, sous quelque forme qu'elle se présente, c'est, illico, se faire traiter de fasciste. Comme si Benito Mussolini n'avait pas, ainsi qu'Hitler, été élu démocratiquement !

 

Et du même, de la même eau, dans son fameux discours de juin 1978 à l'Université de Harvard :

 

"(…) sous prétexte de contrôle démocratique, on assure le triomphe de la médiocrité. (…) les préjugés s'enracinent dans les masses, c'est ainsi qu'un pays devient aveugle (…) tout socialisme en général, dans toutes ses nuances, aboutit à l'anéantissement universel de l'essence spirituelle de l'homme et au nivellement de l'humanité dans la mort (…) le système occidental, dans son état actuel d'épuisement spirituel, ne présente aucun attrait. (…) La conscience humaniste se proclama notre guide, dénia à l'homme l'existence du mal à l'intérieur de lui et ne lui reconnut pas de tâche plus haute que l'acquisition du bonheur terrestre."

 

Et pour finir, la péroraison lumineuse de son discours :

 

"Le monde, aujourd'hui, est à la veille sinon de sa propre perte, du moins d'un tournant de l'Histoire qui ne le cède en rien en importance au tournant de la Renaissance sur le Moyen-âge : ce tournant exigera de nous une flamme spirituelle, une montée vers une nouvelle hauteur de vues, vers un nouveau mode de vie (…)."

 

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J'en ai assez de voir la psychologie (comme la biologie, la physiologie et la médecine, d'ailleurs) ignorer que la physique des systèmes complexes existe et qu'elle a tout à enseigner aux sciences dites de la vie et de l'homme.

Les soi-disant modèles tendant à "expliquer l'esprit" sur des analogies mythologiques (psychanalyse), mécaniques (psychométrie), systémiques (psychosociologie) ou informatiques (neuroscience) m'exaspèrent.

La physique des processus complexes a élaboré des modèles autrement plus pertinents (et qui dépassent déjà la théorie du chaos et celle des structures dissipatives d'auto-organisation de mon mentor Ilya Prigogine).

 

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L'establishment physicien ne jure encore que par les modèles standards cosmologique ou particulaire, et refuse de considérer l'univers comme une entité organique complexe dont le mécanicisme est exclu et où les phénomènes d'intention, d'émergence et d'interdépendance sont cruciaux.

Il est dans une monstrueuse impasse !

 

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Tout système (y compris notre esprit - qui est bien plus que notre cerveau) est sujet à quatre pressions distinctes : généalogique (le passé), téléologique (le futur) et, dans le présent, écologique (le milieu) et axiologique (la logique), le tout étant confronté, harmonisé et propulsé par le métabolique (l'activité).

Pour l'esprit, ces cinq dimensions donnent, respectivement : la Mémoire, la Volonté, la Sensibilité et l'Intelligence, dont le lieu de confrontation est la Conscience (qui est le réacteur central où se règlent les conflits entre les quatre pressions, soit par équilibrage, soit par refoulement, soit par émergence).

 

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Qu'il soit économique ou social, le progressisme est une imposture qui, au nom de la religion moderne du progrès, donne les pleins pouvoirs à une oligarchie soit ploutocratique (comme aux USA), soit idéocratique (comme en ex-URSS, en Chine ou en France).

L'évolution ni ne se décide, ni ne se décrète, ni ne se force : l'histoire des hommes est un processus en marche qui échappe aux pouvoirs humains. Elle a ses logiques, ses règles, ses bifurcations et ses cycles qui relèvent non du caprice des hommes mais du principe cosmique d'accomplissement.

L'histoire des hommes n'est ni déterministe, ni hasardiste : elle obéit à un constructivisme global qui relève de la Vie et de l'Esprit, au sens transcendant de ces termes.

Le skipper d'un voilier peut-il infléchir, de quelque façon que ce soit, la puissance et la direction des vents et des courants, la force et la hauteur des vagues, la position des astres, le cycle des jours, mois et saisons ? Ces forces constituent sont environnement donné. Son habileté consiste seulement à s'y adapter au mieux : les notions de progressisme ou de conservatisme - et plus généralement, celle d'idéologie - n'ont aucun sens à bord de son esquif.

C'est l'arrogance d'une idéologie technicienne qui a envoyé le Titanic par le fond.

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Ce qui a permis à l'URSS de tenir le coup si longtemps, c'est la collaboration forcenée de l'intelligentzia occidentale, hypnotisée par toutes les formes du socialo-gauchisme et par les mythes absurdes de "l'égalité" et du "progrès social".

Cette hypnose hallucinée et hallucinante perdure encore, de nos jours, en France surtout, principalement dans tous les médias.

On parle encore, la larme à l'œil, de cette crapule de Sartre, mais on se hâte d'oublier - voire de mépriser - Raymond Aron.

 

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NOUVEAU : Le Tome 18 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)